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SECONDE BELGIQUE

LesNerviens, capitale Bavay, plus tard Tournai et Cambrai {Flandre occidentale, Rainant et partie Sud-Est du déparlement du Nord), étaient une nation de guerriers la plus redoutée entre les Belges; ils ne combattaient qu'a pied, reje-

STOIRB DES DEMIES.

taient le vin et toutes les délicatesses de la vie qui tendent à énerver, se renfermaient dans leurs forêts imprenables, et tenaient dans leur dépendance plusieurs tribus de la côte de la Seconde Belgique, qui pour cela portait le nom de Nervicanus Traclus (depuis l'embouchure de la Seine à celle de la Meuse).

Lcsilforms, partie du Pas-de-Calais (Térouane, Boulogne).

Les Alrébalen (Arras); leur Rot Comius est célèbre dans les Commentaires do César.

Les Ambianois, capitale Amiens, où César tint une assemblée des États de la Gaule. A l'Est des Ambianois étaient les Ycromanduens , dont la capitale était Augusla Yeromanduorum ( aujourd'hui Saint-Quentin, ou suivant d'autres Vcrmand, à deux lieues Nord-Ouest de cette ville).

Les Bcllovaqucs (Bcanvais), étaient les plus puissants d'entre les Belges; ils pouvaient mettre cent mille hommes sur pied.

Les Suessonnais (Soissons) vivaient avec les Remois sous des lois et des chefs communs.

Les Rémois (Reims), peuple druidique, avaient pour clients les Carnutes dont les villes étaient Chartres et Dreux où l'on croit que les druides tenaient tous les ans leur assemblée générale; les Rémois et les Carnutes rendirent de grands services à César dans la conquête des Gaules. Les Calalauncs (Chàlons-sur-Marnc) formaient une dépendance des Rémois.

D'autres peuplades, qui faisaient aussi partie de la Belgique, en furent détachées par les Romains pour entrer dans la composition de la Germanie inférieure. Ce sont :

Les Bataves (partie de la Hollande), sauvages habitants des îles formées par les deux bras du Rhin, la Meuse et la mer; vaste marais entrecoupé de terres presque flottantes.

Les Ménapiens (Gueldre).

Les Toxandres (Campine).

Les Eburons (Liège) qui, détruits par César, dont ils avaient massacré une légion, lurent remplacés par les Tongrcs.

Les Aduaiiques (pays de Namur).

Les Condruses (Condroî dans le pays de Liège), et leurs voisins du Sud appelés Pœmaniens on Phœmaniens (Famenne).

Le successeur du conquérant des Gaules, Auguste , qui avait établi la nouvelle division du

pays, en obligea les habitants à se servir des lois romaines, sous l'autorité de préfets envoyés de la métropole. Sous le règne des Césars, la Belgique se couvrit de ces belles voies romaines, dont les restes commandent encore aujourd'hui notre admiration ; des villes furent fondées ou embellies, comme Soissons, S*-Quentin, Senlis; un canal fut creusé pour joindre la Meuse au Rhin, et les Belges, quoiqu'asservis, purent se policer par le contact de leurs vainqueurs bien plus avancés qu'eux en civilisation ; ils embrassèrent aussi avec empressement le christianisme, auquel la plupart d'entre eux étaient convertis lors de l'invasion des Allemands, des Golhs, tes Bourguignons et des Franks, peuples germaniques dont les noms étaient^ restés inconnus jusque vers le milieu du troisième siècle, et qui, avec d'autres hordes étrangères, parcoururent dans tous les sens le monde romain , se heurtèrent entre eux, se renversèrent, se confondirent et, embrassant la religion chrétienne, finirent par démembrer totalement le grand empire et poser les fondements des monarchies modernes.

Dans l'histoire de ces invasions, celle des Franks importe le plus à notre sujet, parce que ce furent eux qui, de tous les barbares venus d'au-delà du Rhin, envahirent nos contrées et s'y fixèrent.

Entre l'Océan, le Rhin, le Main et l'Elbe, habitaient des tribus germaines connues du temps de César sous le nom de Saliens, Sicambrcs, Chamaves, Brvclères, Frisons, Teuctères, Caltes, Chcrusques, UsipèUs, Cauqucs. Effrayées par les succès de César dans les Gaules, ces tribus formèrent, sous le nom de Franks, une confédération pour se protéger contre les Romains; les plus anciennes d'entre elles dont l'histoire fasse mention, furent les Cauques sur les rives de la mer du Nord , et les Colles entre le Main et le Wcser, vivant l'une et l'autre sous une constitution civile et militaire assez avancée, et connues dès le premier siècle après Jésus-Christ. Profitant des agitations auxquelles l'empire était livré à la lin du troisième siècle et au commencement du quatrième, les Franks passèrent le Rhin au Nord : l'Empereur Probus trouva les Franks Saliens établis dans la presqu'île batave, qu'ils échangèrent contre d'autres possessions à l'embouchure de la Mer Noire; mais bientôt après, le désir de revoir leur patrie leur fit prendre la

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résolution de s'emparer des croisières romaines pour retourner vers les Pays-Bas par la Mer Noire, la Mer Égée, la Méditerranée et le Grand Océan. En même temps les Franks continuèrent leurs émigrations; refoulés de la rive droite du Rhin par les Saxons, ils vinrent par hordes nombreuses s'établir dans le Nord de la Gaule , et furent bien accueillis par les indigènes fatigués du joug de Rome. Les pays qu'occupèrent ces étrangers reçurent le nom de Francia et formèrent la monarchie française dont Clodion , chef des Saliens, fut un des premiers Rois (le troisième suivant Grégoire de Tours). Clodion, après avoir fait la conquête de Tournai, de Cambrai et d'Amiens, fixa sa résidence dans cette dernière ville. Son fils et successeur, Mérovée, qui a donné son nom à la première race des Rois de France, se vit en possession de Chàlons-sur-Marne, du Vermandois, de l'Artois, du Cambrcsis, de Tournai, de Senlis, du Beauvoisis, de l'Amiennois, de Boulogne, d'une partie de l'Ile-de-France et du pays qui plus tard fut appelé la Normandie. Cbildéric, fils de Mérovée et père de Clovis, établit le siège de ses États à Tournai, où son tombeau fut découvert en 1653. A l'avènement de Clovis, l'an 481 , les Romains se trouvaient encore maîtres du territoire de Soissons, gardé par Siagrius, fils d'Aétius. Clovis battit le général romain qu'il fit mettre à mort, s'empara du Soissonnais, de la ville de Paris, de la Tongrie, et remporta sur les Allemands, à Tolbiac au Sud- Ouest de Cologne, une victoire complète, après laquelle il se fit baptiser par saint Rerai, et transféra sa résidence à Paris. Clovis, vainqueur des Romains et maître de la Gaule, ne dédaigna cependant pas de porter le titre et les insignes de patricien romain qui lui furent envoyés par Anastasc, Empereur d'Orient; un autre Anastase, Pape, qualifia Clovis de fils de l'Église, titre que ses successeurs ont conservé.

Comme on vient de le voir, la Belgique, habitée par un mélange de peuples d'origine gauloise cl germanique, fut le berceau de la France. Cette nouvelle monarchie n'était, jusqu'à Clovis, guère autre que la Belgique elle-même avec un nom différent; Tournai en était en dernier lieu la capitale. Après la mort de Clovis en 511, la France subit des démembrements si nombreux et si divers, qu'il devient presqu'impossible de déterminer VéU'ndue des nouveaux

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