COUP-D'OEIL SUB L'HISTOIRE DBS BELGES
Royaumes qui en furent formés : les États de Clovis, partagés entre ses quatre fils qui en formèrent les Royaumes de Paris, Soissons, Orléans, Austrasie, furent réunis par Clotaire 4 er , dont les quatre fils se les partagèrent de nouveau en 562. Clotaire II en effectua la réunion une seconde fois, et après lui commença la décadence de l'autorité royale, en 628; c'était le règne des Rois fainéants et des Maires du palais. En 658, la France est divisée en Neustrie, entre la Meuse et la Loire, et en Austrasie depuis la Meuse jusqu'au Rhin; l'ancienne Belgique était comprise dans l'Austrasie qui eut Metz pour capitale. Ici une famille du pays de Liège Ait, comme par droit héréditaire, en possession de la dignité de Maire du palais, ou d'intendant de la maison du Roi. Pépin , de Landen, étant mort dans cette charge en 640, Grimoald, son fils, lui succède et meurt assassiné. Pépin, d'Herstal, guerrier et grand propriétaire, prend le titre de Roi et confère au Pape le pouvoir temporel ; mort à Jupille, il laisse la couronne à son fils naturel, Charles dit le Martel, dont le fils Pépin, dit le Bref, réunissant sous le même sceptre les deux Royaumes de Neustrie et d' Austrasie, fut élu Roi des Franks : le plus beau titre de Pcpin-le-Bref à la reconnaissance de la postérité est d'avoir donné le jour à Charlcmagne qui devint la tige de la seconde race des Rois de France.
Charlemagne étendit les frontières de la France de l'Elbe à Béncvcnt, et de l'Ébre aux bords du Raab en Hongrie. 11 fit le plus souvent sa résidence à Aix-la-Chapelle, à Worms, à Paderborn, d'où il put observer et repousser les incursions des Saxons, auxquels il fit une guerre terrible qui dura trente-trois ans; il les soumit totalement et les fit transporter pour la plupart dans les contrées bclgiques. Il avait rétabli sur le trône pontifical Léon III qui, par reconnaissance, le couronna Auguste et Empereur d'Occident, l'an 800. Pendant son séjour en Italie, Charlemagne s'était voué au culte des lettres, et à son retour en France, il établit des écoles, fonda des académies et l'université de Paris. Il fit aussi les lois connues sous le nom de Capitulaires, un des plus beaux monuments de législation ancienne. Dans les dernières années d'un règne si brillant, les Normands , descendus de la Suède et du Danemarck, infestèrent les cotes de France dont la marine, quoiqu'asséz puissante pour son temps,
ne put cependant réprimer le ravages de ces pirates, qui se fixèrent en 811 dans la province nommée depuis Normandie. Charlemagne mourut le 28 janvier 814.
Le puissant Empire d'Occident ne put se soutenir dans les mains débiles du fils de Charlemagne, Louis-le-Débonnairc , et des fils de ce dernier : le trône s'écroule, l'ordre fait place à l'anarchie , les Normands pénètrent jusqu'à Anvers, enfin l'Empire est démembré. Par le traité de Verdun { 1 1 août 843) conclu entre l'Empereur Lolhairc et ses deux frères Louis-le-Germaniquc et Charles-le-Chauve, il reçoit, outre l'Italie, la Provence, la Franche-Comté et le Lyonnais, la vaste étendue de pays qu'on appela la Lotharingie, comprise entre le Rhône, la Saône, le Rhin, la Meuse et l'Escaut.
La Belgique, ainsi incorporée à l'Empire de Lothaire, est bientôt réduite à des proportions mesquines , divisée en une infinité de seigneuries indépendantes, sans lien politique, sans nom' commun, le nom si glorieux de Belgique étant presqu'oublié et ne se trouvant plus que dans les traditions. Ce fut là l'œuvre de la féodalité. Charlemagne et ses successeurs avaient accordé aux officiers nommés pour commander dans les provinces, des domaines en bénéfice; on désignait ainsi les terres dont le Prince s'était réservé la disposition. Peu à peu ces gouverneurs de province, qui portaient le titre de Duc, de Comte, de Marquis, de Baron, s'approprièrent les terres de leur souverain et les convertirent en alleux, c'est-à-dire qu'ils firent tourner à leur profit les droits féodaux qui les grevaient; ceux à qui des terres féodales avaient été cédées à perpétuité s'appelaient leudes ou fidèles. Les propriétés féodales portèrent le nom de fiefs , et l'on appela vassaux les sujets des seigneurs. Chaque seigneur se fit souverain dans ses États et affermit sa puissance à mesure que l'autorité royale était abaissée sans pouvoir et sans force. L'histoire de ce temps est celle des fiefs et arrière-fiefs, véritable chaos impossible à débrouiller et qui continue jusqu'au moment où des donations, des alliances, des conquêtes imposèrent à ces diverses seigneuries la suzeraineté d'une couronne plus puissante.
Les fiefs qui se formèrent alors en Belgique, étaient les Comtés de Flandre, de Ilainaut, de Namur, de Luxembourg; les Duchés de Brabant,