‹ Essai sur la statistique générale de la BelgiqueChapitre 254 sur 328 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Le grand problème à résoudre consiste donc à pouvoir prod dire à meilleur compte que les autres nations; en d'autres termes, à dompter la concurrence étrangère : cette victoire industrielle devient un préalable indispensable à l'écoulement de l'excédant de nos fabricats.

La nécessité d'obtenir des débouchés par suite de traités de commerce ne vient qu'en seconde ligne.

Cependant on se montre généralement plus préoccupé du soin d'obtenir des débouches nouveaux que d'aviser aux moyens de rendre la fabrication moins coûteuse.

Une des conditions essentielles pour arriver à ce dernier résultat consiste dans la jouissance d'un prix de main-d'œuvre proportionné; mais dans ces dernières années on s'est complètement écarte de ces vu os sage* en économie ; on a généralement, empiétant sur l'avenir, exécuté à l'cnvi d'immenses constructions; des sommes considérables ont été simultanément dépensées en bâtisses de toutes espèces; les ouvriers recherchés de toute part, parce qu'ils no suffisaient pas à la demande, ont exigé une augmentation de salaire hors de proportion avec leur travail.

Les combustibles, les matériaux ont renchéri audelà de la valeur réelle , le prix des subsistances s'est accru outre mesure, et la conséquence de ces augmentations successives ne peut aboutir qu'à une forte réduction des capitaux imprudemment employés dans une foule d'entreprises.

Ce renchérissement des salaires sous le rapport des manufactures, hauts-fourneaux, usines à fer, etc., tend à placer les ouvriers belges sur le pied des ouvriers anglais , et nous perdons ainsi les seuls avantages sur lesquels nous pouvions compter pour soutenir la concurrence de l'Angleterre.

En présence de cet état de choses, qu'il soit permis à la chamhre d'insister sur cette question vitale pour notre industrie, et dont la solution ne peut s'obtenir que par le concours réuni du gouvernement et des industriels.

Une des causes premières de la cherté de nos produits, et sans contredit la plus rationnelle, c'est le renchérissement de la main-d'œuvre , laquelle , à son tour, est en partie le résultat du prix élevé des céréales.

La loi qui admet ou prohibe l'importation de cette denrée équivaut en quelque sorte à une prohibition , puisqu'elle fixe le minimum du prix, et enlève à la spéculation toutes les chances favorables; en effet, le capitalisé qui, s étant enquis des besoins probables du pays, <-achètc 'dans le Nord des approvisionnements en grains, alors que l'entrée est permise eu Belgique, risque -toujours dè voir ses achats repoussés de nos marchés, vu qu'il peut, lorsqu'ils arriveront dans nos ports, survenir dans la cote des prix une baisse qui attoigne le taux auquel l'entrée est interdite.

Cette éventualité, qui entraîne à sa suite l'obligation d'entreposer, les déchets et la perte de qualité qu'essuient les grains en vieillissant., s'opposent à ce ' qu'il nous arrive de l'étranger des céréales susceptibles d'être livrées à la consommation à un prix con-

M'Il'ji'lf.

H. résulte encore de ce système de législation, qui 1 protège, outre mesure les intérêts agricoles, que le prix normal des grains sera celui auquel l'importation est prohibé ; ce taux est trop élevé, et tend non seulement à une augmentation progressive et permaneutc des salaires , mais aussi à propager le paupérisme. Les événements qui agitent en ce moment l'Angleterre nous disent assez combien il importe de garantir le pays de ce terrible fléau.

Une autre cause, qui concourt également à maintenir la cherté do la main-d'œuvre et des céréales, consiste dans lo prix du bétail, dont l'importation pourrait, dans les circonstances actuelles, devenir l'objet d'une transaction avantageuse dans les négociations entamées avec la Hollande.

Il est pour la vie industriollo un autre objet de première nécessité, qui en constitue l'élément générateur , c'est le charbon de terre. Les variations que. subit le prix de ce combustible réagissent d'une manière incessante sur toutes les branches de la fabrication.

Le taux auquel il se cote actuellement ne doit pas laisser aux productions métalliques, et surtout à celles du fer, l'espoir de se relever bientôt de l'état de langueur et d'inaction qu'elles éprouvent.

Il arrive ainsi que ni la fonte, ni le fer ouvré, non seulement ne peuvent s'exporter, mais cucore qu'ils peuvent à peine , malgré un droit protecteur, écarter des marches de l'intérieur les fabricats similaires des autres nations, aujourd'hui surtout que l'Angleterre cherche à faire argent à tout prix; cependant, nos moyens de production dépassent , ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer plus haut, les exigences de la consommation indigène.

Parmi les causes qui concourent à maintenir le prix exagéré du combustible , il en est une que la chambre croit devoir signaler à l'attention du gouvernement ; elle réside dans la singulière combinaison adoptée par la plupart des sociétés qui ont entrepris l'exploitation des charbonnages. ' 1

L'extension donnée à l'extraction de la houille , loin d'en diminuer le prix,. .tend au contraire à le faire hausser; c'est qu'en effet, à côté d'un producteur vient se placer un agent qui en absorbe Ic,,rfiyient sans compensation utile. ,

Tel est le résultat des hauts-fourneaux, qui semblent former l'accessoire obligé des exploitations, charbonnières; les bénéfices qui proviennent., de, cette dernière industrie compensent les. pertes , da lft.^rfcmière; il y a, pour ainsi dire,, une pr^duc^on, «gale en fonte et en charbon; e n sorte que bi bouille. nécessaire aux transformations diverses don^tc m £St susceptible manque ou bien est cotée à un pr^x trpp élevé, et refuse son indispensable concours, aux ^ irises branches de la fabrication.

Le moyen de parer à ces inconvénients^ c'es^ff admettre les houilles étrangères moyennant iinç diminution d'une moitié sur les droits d'entrée., Une exportation de bouilles de ^Angleterre contrite j^tf.' à rapprocher ce combustible à un taux uni forme'' pour les deux pays. ." '

KfcSUMÉ.

Cclte inintelligence dans la distribution des agents producteurs, donne pour conséquence finale une fonte qui ne peut s'exporter à l'état brut, ni devenir à l'intérieur l'objet d'une 1 fécondante industrie, et entraîne à sa snitc le renchérissement des produits de nos manufactures qui empruntent généralement à la vapeur les forces motrices qui leur sont nécessaires.

Placés dans celte position critique, les propriétaires des hauts-fourneaux fondent leur espoir sur une future augmentation du prix du fer.

Cependant, à moins d'une hausse sur Je mime métal en Angleterre, «elle qui pourrait avoir lieu en Belgique serait nuisible à l'intérêt de tous les fabricants qui emploient le fer pour des articles destinés à être exportés, car alors la concurrence sur les marchés étrangers n'est plus soutenable.

Ces observations conduisent à cette conséquence que le producteur de fente doit nccessaircmrnt trouver dans l'économie de ses procédés, dans l'abondance d'un minerai à bon marché, dans la diminution du prix du combustible, dans l'abaissement des salaires, et enfin dans la réduction de ses frais généraux, le moyen de réaliser un bénéfice modéré , tout en maintenant les cours actuels, aGn que le grand nombre d'industries dont le fer constitue la base puisse produire pour l'exportation.

La nomenclature de ces objets est des plus importantes; elle comprend les machines à vapeur, les locomotives , les mécaniques en général , les chaudières, les rails, les moulages en fonte, dont l'extension s'accroît de jour en jour, les armes, les clous, la quincaillerie, les outils de taillandiers, etc., etc.

Cette citation choisie dans les diverses branches' de la fabrication dont le fer est l'élément essentiel est susceptible d'être appliquée à d'autres objets de manufacture; mais clic suffit pour prouver que l'avenir industriel de la Belgique, resserrée dans ses étroites limites, dépend du bas prix de ses produits, et que les efforts du gouvernement, comme ceux des entrepreneurs d'industrie, doivent tendre à adopter les mesures les plus propres à atteindre ce but.

La question des débouchés et de l'économie des transports se présente dans les conjonctures actuelles, Corinne lune des plus dignes de l'attention du gouvernement.

1 Cernée depuis la mer du Nord jusqu'à la Prusse par les douanes françaises, et de là jusqu'à la Hollande

"pat cëllcs dc l'association allemande, la Belgique n'importe dans chacun de ces pays qu'une petite quantité des produits de son sol et de son industrie.

Lès scills pays qui présentent quelques moyens d'exportation, sont la Hollande, le Levant et les Amé-

'rlqùés'; mais l'introduction de nos fabricats dans ces cbntxért ne peut, dans l'hypothèse où l'industrie parvienne à produire à un taux qui soit en rapport avec les prix des objets similaires Fabriqués soit en France, soit en Allemagne et surtout en Angleterre, s'obtenir et s'accroître que sous la condit ion que le transport s'opère avec àutdnt d'économie que celui des nations rivales.

C'es^ 'nhe nécessité de notre situation au centre de grands états qui ont adopté un système exclusif ou

des droits équivalents à la prohibition , nécessite qui crée pour le gouvernement l'obligation de seconder l'industrie qui s'efforce de faire bien et à bon marche; le moyen dont il peut disposer consiste surtout à doter le pays de voies de transports à la fois faciles et pou coûteuses; les routes, les canaux, l'amélioration de la navigation de nos rivières et de nos canaux peuvent en partie contribuer à nous Taire jouir de cet avantage.

On ne peut se le dissimuler, les circonstances actuelles font naître à ce sujet de tristes ctdc désespérantes réflexions; de forts péages pèsent sur nos rivières sans en améliorer le cours navigalilc, un droit de barrière élevé établi sur nos grandes roules, le chemin de fer ne réalisant, au profit du commerce, qu'une partie des avantages qu'il avait promis, et tardant à arriver à la frontière prussienne : ces faits gênent et chargent de frais de toutes sortes le transport par terre et par eau.

L'état d'abandon de la Meuse est surtout déplorable : déjà M. le gouverneur de Kamur a signalé les inconvénients que la navigation rencontre dans la province confiée a son administration.

A Liège cette rivière, sur plusieurs points, présente des obstacles souvent insurmontables. C'est ainsi que depuis un mois les bateaux même d'un petit tonnage, et n'exigeant qu'un faible tirant d'eau, viennent journellement, au risque d'échouer, s'engraver à rentrée du Pont-des-Archcs.

Pendant la saison d'hiver, ses allcrrissements, résultant dn défaut de dragage, se convertissent en rescifs d'autant plus dangereux qu'ils sont moins apparents.

Le mauvais état des chemins de hallage, la construction vicieuse du pont, qui modifie le cours de l'eau, et dont les arches offrent, pendant une partie de l'année, un passage insuffisant sous le rapport de la hauteur du débouché, sont autant d'entraves suscitées à la navigation- Compromis par ces obstacles matériels, le batelagc sur la Meuse est menacé d'un complet anéantissement, si jamais l'arrêté du roi des Pays-Bas du 11 juin t859, qui applique à cette rivière le tarif de Mayencc, reçoit son exécution. 11 résulte des dispositions contenues dans cet arrêté , que les droits établis sur la navigation des eaux de la Hollande sont tels que les bateaux belges ne peuvent soutenir la concurrence avec les bateliers de Maestrichl et du Limbouxg hollandais, qui sont affranchis de toute redevance en ce qui concerne le batelago proprement dit.

Les mesures restrictives du gouvernement hollandais ont la double portée de favoriser le batelagc et d'encourager la construction des bateaux; c'est ainsi que, pour jouir de toutes les exemptions accordées au pavillon néerlandais, il ne suffit pas que les bateliers soient domiciliés et patentés en Hollande, il faut en outre que les bateaux y soient construits et baptisés.

Cet état de choses destructif du batclage aura en outre pour résultat de laisser aux bateliers hollandais la latitude d'adopter, pour les transports, un tarif d'autant plus élevé qu'ils n'auront aucune concurrence à redouter.

Ce traité et se» dispositions accessoires enlèvent nussi aux provinces de Liège et de faninr, outre leur industrie batelière, le moyen d'cxbcdier 'directement leurs produits dans les villes de Rottci-dam^ Dordrceht, Amsterdam, etc., «le., et par attirent la Faculté de rencontrer dans ces ports des navire* qui, entreprenant des voyages de long cours, prendraient à bord les'éXpéditions en destination soit pour les Étals-Unis, les' Indes, les côtes du Levant, soit pour d'autres contrées lointaines.

Cet intermédiaire qu'offriraient les villes maritimes serait d'autant plus important qu'il no se rencontre qnc bien rarement à Anvers des navires qui puissent se chai-gcr de nos expéditions pour les contrées que nous venons d'indiquer.

C'est ainsi, pour ne citer qu'un exemple, que, depuis 1830, nos fabricants d'armes sont obligés de confier leurs cbàrgemons au roulage, qui les voiture au Hâvrc, d'où on les embarque pour les États-Unis.

Outre cet inutile et dispendieux circuit, les fabricals sont soumis à de nombreuses visites douanières et sujets à essuyer les détériorations inséparables des déchargements successifs que nécessite le mode de transport par roulage.

Les inconvénients qu'éprouve de ce ebef la fabrication des armes s'appliquent à la plupart des brandies de notre industrie et de nos manufactures.

Cependant il font, néus le répétons, de toute nécessité, pour rendre 'possible ' la concurrence sur les marelles de l'extérieur, que l'exportation de nos produits puisse s'effectuer à l'aide de moyens de transport aussi 'prompte, aussi économiques que ceux dont jouissent les pays les plus favorisés sous ce rapport

La nécessité de contracter , avec les nations du continent, des alliances commerciales se présente aujourd'hui avec une importance qu'elle n'avait pas alors que notre état de guerre avec la Hollande plaçait la Belgique dans une position équivoque et exceptionnelle à l'égard de certaines puissances.

Aujourd'hui que notre indépendance est reconnue, que notre rang dans le monde politique est fixé, il est urgent de se soustraire , sous le rapport commercial, à J'influence de l'Angleterre et de la Franco, dont lés' actes et les tendances, semblent prouver qu'elles 'sont plutôt intéressées a notre ruine qu'à notre prospérité industrielle.

Les efforts réitérés du gouvernement pour obtenir de Ja Franco l'adoption d'un tarif de douanes approprié, aux besoins des deux pays témoignent assez du maqy«ajç vouloir 4e,, cette puissance et de l'insuccès réservé à de,, futures tentatives destinées à dompter l'esprit .exclusif dip cette nation qui, actuellement encore ', menace d'un nouveau droit d'entrée les produits de notre industrie linière et prouve ainsi que, loin' de vouloir consacrer pour l'avenir un système plu? liWral, elle persévérera au contraire dans sa politique anti-commerciale.

Quant à l'Angleterre, où les productions similaires aux nôtres surabondent, la réciprocité dans les relations -devient impossible, parle fiait de sa supériorité imlH^rirjte^i 'mannfacUiri&rp} héurrn'i si nous par-

venons à .écarter fie nés mwebés la, concurrence de nos yoislnsjd'^u^rc-ro.cr,!

Çc scraït; rcc^ une déco-

vante .n/q.sipn que do se repose^ sur la Fiance et 1 Angleterre du so,in de. pi o^ger nos.iplfliçta, industriels; comment, en effet, leur supposer, des intentions bienveillantes à notre çgard^aiors que l'es organes de Ja pensée ministérielle du gouvernement français invoquent, pour justifier l'augmentation progressive des droite de douanes, les services rendus à la Belgique lors de l'invasion de l'armée hollandaise, et qu'ils préconisent l'état avancé de notre industrie pour repousser toute alliance commerciale et douanière; c'est assez uous dire que la Franco ne consentira à donner accès à nos produite qu'alors qu'elle aura tout à gagner et rien à nous offrir en, compensation.

Là ne s'arrêtent pas les prétentions exorbitantes do la France ; pour conserver entière son influence sur les destinées de notre pays sans déroger à son système prohibitif; non seulement elle s'oppose à toutes concessions réciproques, elle s'efforce d'éviter à la Belgique toùt contact avec les autres nations, pt se montre, sous co rapport , d'accord avec l'Angleterre, pour préparer par cet isolement ja. chute de notre industrie, soit afin de nous rendre tributaires de la sienne, soit pour pouvoir lever les obstacles, qu'elle, rencontre dans le prétendu avahccmcnt,d,c notre industrie et nous présenter à U suite uj^ tra^ti qnj bj» assure tous les bénéfices.

Ce rôle , tout à fait seepn daire „ que voudrait nous assigner la France, ne peut se concilier, avec, la dignité de notre indépendance, avec notre fierté natioiuUe. La chambre, M. le Ministre, appla^di.^ à, la,, résolution que vous avez prise d'envoyer auprès, , des étets . de l'Allemagne des agents capables de prçssçqlir- les: dispositions de ces puissances et de,, pxqu ver,, ainsi que le temps est venu de scco.uer ; Iç'pj^toret de, la France, et qu'il y a moyen d'acquitter' envers elle la dette contractée au jour du danger , sa^S; cpmproraetr tre notre existence industrielle çt commerciale, , K . Vous avez compris^, M.„lc. ministre ...q»'^ y, ( ^xait hâte de sortir de cette fausse positio*, iqu.e 4 , pour l'industrie, attendre c'est languir» onplutôt^suceombcr sans espoir de se relever.

L'inaction pendant une apnée çonsommenait qoteo , ruine, nous perdrions en quelques mpi$ltepérj.en*e> si laborieusement acquise pendapt 20, années de dis-i pendicux essais et par l'avance dW capital oensjdé-

r ,. e / •»•••' S" » ••«»• » ; "*| iup * 1:

Liège deviendrait ainsi la victimq,.dA.ses B proprw. succès et de sa confiante dans le gopyçrnpment;, qui y par les encouragements qu'il a accordés ùj'indtfsfcriei, serait involontairement complice <je cette désastreusepéripétie.

Vous , ayes compris a ussj , , >I. le Ministre , que le temps presse % qu'U y « urgence ,de ,$c , «dlicj aux nations du continent chez lesquelles il est possible, do rencontrer des tendances r^mmewales, s»sc*pkibles de sympathiser avec les nôtres.

Inutile de dire quo, «o résultat, pe ^n* s'obtenir qu'autant qu'il se fonde sur l*s intérétfrmatériel*, qui

uÉscUé.

sonls-doiveft* étire int&rogcs cri pnrco que seuls ils peuvent do

fie occurrence, "&el de nales, oui ne

peuvent subsister qu'auta'ht qu'il y aifc en i re les parties contactantes mutaditc' r d'ovantoges et commu-

U ' fixité ft des convenn'orts intc^halmnàles f nui ne bsistcr'qaV-*" 1 ^ '^ m1 '- j itk ^«^'«t étantes hu nauté darts les profits

Dans cette situation toute précaire, nos regards et uos espérances ic reportent naturellement vers l'Âllemagne et la Hollande.

Mais les douariés allemandes., ramenées à un tarif uniforme pour les états qui font partie de l'association, comprennent déjà une population de 25 millions d'habitants et une surface de 8 millions de lieues carrées; les industriels de ces pays se sont déjà distribué leur genre de production d'après la nature de leur territoire respectif, et telle est l'intelligence et l'habileté qui président S cette confédération commerciale, véritable rénovation de la Hanse Teulonique, et qui promet de réaliser les avantages recueillis autrefois par cette puissante association , que les nations de la réunion douanière ne tarderont pas à se suffire à elles mêmes, que lés importations et les exportations diminueront d'année en année; c'est là, du reste, une conséquence ' naturelle , vu que, d'un côté, le marché s'est agrandi pour chaque état, et que, de l'autre, le pays qui en était isolé retirait du dehors les produits qu'il trouve actuellement dans l'union.

Ces résultats, obtenus après une période de neuf années seulement, ont révélé à l'association sa puissante influence sur le système industriel et commercial du contient : il v a' donc hâté pour la Belgique de négocier srih accession Aux étals de l'unipp allemande, sinon elle fcourt rtsq l dc''d r arriVer, trop lard : plus l'associatioha'cqiïerrni dfe Consistance et de développement, plus clle'së'mbfttrerâ'révfehe à agrandir le cercle de scs-agrégatiohs'abWniercs'.

Déjà 'là Bèïgifpié la fait, Tôrs du royaume des Pays- Bas 1 , l'éssal dèfs àWnWgcs qui résulteraient, pour son ind*fe«Htîv i d<hn-«ra'ité de cémmèree avec la Hollande basé sur un* Vérit»Wc rédproéîtê 1 d'intérêts.

Gomme ttelttmmémcttt a utie convention de cette nature il faut, dte toute nécèssité débarrasser la Meuse des droits' qui posent actuellement sur la navigation de ce fleuve et tendent à enlever ainsi aux provinces de W6gc«ie* dte'Wamtir la seule voie économique par laqu«lle«pouvait>s'exportcr l'excédant dés produits de leur Sol 'bt dô'lëtir industrie:

Ui^fte+a'Htéides intérêts qu'embrassent les observations qui précèdent, et que la chambre, M. Ic Mini&rfcna'r^ilmndut de vous présenter comme un

but'. .tLil.fi ji:, , r- r»l' iîj. J

chambre est convaincue que notre commerce, notre industrie métallique et manufacturière uc peuvent sortip.de l'ëtat de mahUôqui les minent, 'que pour aubmfe4<»f?o?T J* 11 h >v>!.n> ;

^•Qttete^bricatiôh sSH rendiic moins coûteuse;

2 4 Que les voies de communication et de trarispbrt tant. tà>i4P«irtéttour qu'fi l'extérieur'» deviennent plus prati<aWe$'«t phis économiques;

0 Que des alliances commerciales réellement, fruc^ uses se concluent, soit avec l'association allemande,

tueuses se concilient, soit avec I ' soit 'aWe ïa' Hollande, et mieux encore avec l'une et l'autre de ces puissances. . -

Le précaire dans lequel, la France et l'Angleterre cherchent à nous confiner ne peut avoir d'autre con-., séquence que'nolre ruine industrielle et commerciale,

La chambre, M. le Ministre, s'abstient de vous présenter le relevé statistique des changements qu'ont éprouves nos diverses branches de fabrication ; le tableau qui en a été dressé Tannée dernière n'a subi que quelques légères modifications; nos craintes d'alors se sont réalisées bien au-delà de notre attente, l'état de souffrance qui s'est manifesté dans les grands établissements a réagi sur ceux d'une moindre importance, et a généralisé ainsi les effets de notre crise industrielle.

Les circonstances actuelles sont d'autant plus critiques, qu'elles s'accomplissent dans un moment de véritable transition , et que la cessation des hostilités avec la Hollande avait fait concevoir des espérances d'amélioration; mais loin de les voir se réaliser, ic présent semble devoir rendre le provisoire du statu quo regrettable, car les 21 articles nous ont enlevé un territoire considérable sans aviver notre industrie , sans étendre notre commerce.

Telles sont, M. le Ministre, les réflexions que suggère l'état de l'industrie et du commerce de la province de Liège; 1» chambre, confiante dans la sollicitude du gouvernement, aime à croire qu'elles deviendront l'objet d'une sérieuse appréciation, et qu'il déploiera tous ses efforts pour porter remède au mal, pour arré ter les progrès d'une ruineuse stagnation qui dévore toutes les ressources de l'industrie et du commerce.

Veuillez recevoir, M. lç Ministre, etc.

Par la chambre.

Le vice-président,

PlRLOT TeRWANGNE.

Par la chambre, Le secrétaire , Fréd. Gilmas.

La Chambre de commerce de Liège a annoncé, au commencement de 1840, que les causes signalées dans son rapport du 50 août 1859, comme ayant directement contribué à la stagnation des affaires industrielles en général, continuent- à subsister, et qu'aucun changement, n'est survenu depuis lors ni dans le système commercial qui nous régissait, ni dans les obstactes mîri S'oppbi saient au développement de là fabricaliony si éé n'est une baisse dans le prix du charbon de terre

etdeiafoiue. ,;•<;;•';•

Maintenant voici comment Vétat axerai '.'.du commerce en 1839 est apprécié par l'un, de ses principaux organes, la Chambre de commerce d'Anvers :

Le traité de paix, qui a rétabli sur des bases régulières nos relations commerciales, avec la Hollande , en inéme temps qu'il nous a garanti la liberté de l'Es-

sto

COMMISSIONS l/EXQUÊTR

caut et l'usage des eaux intermédiaires entre ce fleuve et le Rhin, n'a point, jusqu'à présent, exercé sur le commerce les résultais avantageux qu'on était fondé à en attendre.

Divers événements ont concouru à empêcher ce développement : D'abord le fléau du désordre financier aux Etals-Unis, dont l'origine remonte h l'année 1837, • continué à exercer une influence désastreuse sur le commerce de l'Europe en général; ses ramifications se sont étendues de plus en plus, surtout depuis la suspension de la Banque des États-Unis, dont le contre-coup a été ressenti en France, en Angleterre, et quoiqu'à un moindre degré, en Belgique et en Hollande. L'affaiblissement des ressources de l'Amérique, les nombreuses catastrophes, dont ses principaux marchés ont clé atteints, ont répandu sur le continent Européen une défiance qui a an-été les opérations, et qui a plus tard amené une grande baisse, principalement sur les articles de production Américaine. Cet état de choses a occasionné des pertes sensibles, dont, grâce à son faible approvisionnement, notre pince est restée en grande partie préservée.

L'étal de stagnation où se trouvait le commerce à la suite de ces grandes secousses, a été aggravé par la cherté des grains. La population , obligée à dépenser une plus grande fraction de son revenu , pour se pourvoir de ces denrées de première nécessité, a dû réduire .sa consommation de produits coloniaux et manufacturiers. Comme toutefois la Belgique n'a reçu, jusqu'à présent , que de faibles approvisionnements do l'étranger, et que les grains de sa propre récolte lui ont presque suffi, les hauts prix des céréales n'ont pu avoir pour effet d'appauvrir le pays et se sont bornés » déverser sur l'agriculture une part des bénéfices, prélevés ordinairement par l'industrie et le commerce.

l>a cession du Limbourg et du Luxembourg nous a enlevé le débouché d'environ un dixième de la population à alimenter et ensuite la navigation vers î'Allemagno par les eaux intérieures de la Hollande, qui devait, d'après le texte et l'esprit du traité des 24 articles, nous être ouverte à des fiais permettant la concurrence avec les ports d'Amsterdam et de Rotterdam vers le Rhin, n'est jusqu'à ce jour qu'un bénéfice illusoire, celle voie fluviale nous étant interdite de fait, par les péages immodérés et injustes dont elle est imposée de la part do la Hollande, en vertu des arrêtés provisoires du H juin 1839.

Nonobstant les circonstances si défavorables que nous nvons traversées, l'état général du commerce n'a point subi une décroissance remarquable; l'on peut inéme dire qu'il est resté stationnairc, la place est d'ailleurs restée lidèlc à sa précieuse réputation de solidité; peu de faillites d'une certaine gravité ont été

déclarées en justice

Anvers a perdu par décès cl liquidation volontaire deux établissements, dans le courant de l'année, une maison de banque et un établissement ayant pour objet principal les importationsd'Amériquc. Par contre, trois nouvelles maisons s'y sont érigées.

En somme, la position du commerce doit être envisagée comme satisfaisante et de nature a faire espérer

de l'amélioration et du progrès, dès le moment qu'il sera affranchi des obstacles qui ont, jusqu'à ce jour, cntrav| sou développement.

Commissions d'enquête.

Sur la proposition d'un de ses membres (M. De Foere), dont la conviction est que la cause principale cl dominante du malaise dans lequel se trouvent plusieurs de nos industries, c'est le défaut de débouchés, de commerce d'exportation, cl que ce défaut de débouches doit s'attribuer à l'insuffisance de notre législation commerciale, la Chambre des Représentants, usant du droit que lui confère l'art 40 de la Constitution, a, dans sa séance du 18 mai 1840, institue une Commission d'enquête, composée de neuf membres cl d'un secrétaire, chargée de procéder à une enquête à l'effet : 1° d'examiner la situation actuelle du commerce extérieur dans ses rapports avec l'industrie et l'agriculture du pays; 2° de s'enquérir si la législation existante est insuffisante; 3° en cas d'affirmative, de présenter les hases du système commercial et naval qu'il conviendrait d'établir dans l'intérêt de la nation (i).

De son côté, le Gouvernement, qui paraît ne pas, partager en tous pointa les opinions de l'auteur de la proposition d'enquête, ni sur la situation fâcheuse de notre industrie et de notre commerce, ni sur les modifications à faire subir au régime auquel le commerce maritime est présentement soumis en Relgique, a invité les différentes Chambres de commerce du Royaume, ainsi que les Députations permanentes dds Conseils provinciaux du Limbourg et du Luxembourg, à déléguer chacune à Bruxelles On de- leurs membres, pour être interroges sur les souffrances qu'on attribue à l'industrie et sur les moyens propres à porter remède à celte situation. La réunion de ces délégués a eu lien, vers la fin du mois de septembre 1840, sous la présidence de M. le Ministre de l'intérieur.

Ces investigations de la Chambre dés Représentants et du Gouvernement amèneront, il faut l'espérer, la solution impartiale des'Vééla'mations qui se font entendre si diversement <fé ! la part des principales branches de notre' industrie manufacturière et commerciale. , t% t

({) La Commission d'enquête vieat'déjjàndo publier une partie de ses travaux. Cette partie comprend : N° 1 les documents parlementaires qui ont amené la création de la Commission d'enquête; N° 2 les avis des Chambres de commerce; 3 et 4 les Interrogatoires. Il reste à faire le Rapport à la Chambre'des Représentants, lequel complétera la série des publications de la Commission.

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