DIVISION. FABRIQUE DE FER
« La fabrique de fer renferme une masse de bâtiments de toutes dimensions occupant un espace de 300 mètres de longueur sur 230 mètres de largeur.
« Cette deuxième division se compose de deux hauts-fourneaux au coak, de deux fonderies, dont Tune a 70 mètres de longueur sur 30 de largeur, de 5 laminoirs, 9 gros marteaux, une grosse forge, 36 fours à caleiner la houille, 28 fours à chauffer et à pudler le fer, 2 affineries, 19 feux de forgeron, 9 tours, une briqueterie réfraclaire activée au moyen d'une machine à vapeur.
Les fiouillères forment une troisième division. Ces trois divisions couvrent une superficie de 18 boniers métriques. A gauche de l'établissement, longeant les trois divisions susdites, se trouve le pré, dit du Prince, d'une contenance de 25 boniers, formant une extension aux trois divisions primitives. Cette dernière partie comprend les ateliers de chaudières , les ateliers de scieurs de long, et de nombreux magasins de bois.
t Seize machines à vapeur, formant ensemble une force totale de 695 chevaux (équivalente à celle de 4865 hommes), fonctionnent presque nuit et jour, pour le service de tout l'établissement, dont le produit brut, par année, peut s'élever à quinze millions de francs environ.
« Un canal, partant de la Meuse, se terminant
par un port, pouvant contenir 50 bateaux de la grande espèce qui puisse naviguer sur celte rivière, permet d'arriver, avec les nombreuses marchandises, au centre de l'établissement. A ce port aboutit une quantité de chemins de fer qui sillonnent en tous sens; la superficie de l'établissement de ces chemins de fer forme une longueur totale de 9000 mètres.
c Le personnel de Seraing s'élève actuellement à 2500 ouvriers; mais, au-dehors, il occupe un grand nombre de bras.
< Cet établissement, dont les ingénieurs mécaniciens, dirigeant les travaux, ont été uniquement : M. John Cockerill, Martin Poncelet, ancien directeur, et M. Gustave Pastor, neveu de M. Cockerill, a coûté depuis sa création jusqu'à présent, la somme de quatorze millions environ. En prenant pour base le prix d'autres établissements de ce genre, acquis récemment dans le pays par la Société de Commerce de Bruxelles et la Banque de Belgique, Seraing avec ses dépendances vaudrait plus de seize millions.
« Les principaux objets que l'on construit à Seraing, sont : les machines à vapeur applicables aux fabriques et usines, à la marine; les machines à vapeur pour les chemins de fer, dites locomotives, les roues hydrauliques, presses hydrauliques, transmissions de mouvement; machines pour la fabrication du sucre, soit de betterave, ou aux colonies ; machines pour les fabriques de coton , pour la fabrication du fer en barre ou en tôle; moulins à blé; chaudières à vapeur et autres; enfin, une masse d'autres objets et machines employés dans les arts et métiers.
t Outre les diverses machines et objets qui occupent au moins la moitié des bras, on y construit, terme moyen, par mois, 150 chevauxvapeur, ou 1800 chevaux par année.
< Les plus fortes machines à vapeur qu'on ait construites à Seraing, n'ont été jusqu'à présent que d'une force de 500 chevaux, mais on en peut construire avec avantage de 800, tout ayant été calculé et monté pour cetle force.
t M. John Cockerill possède encore à Liège, au pied du Pont-des-Jésuites, celte belle et vasto fabrique-modèle de machines, d'où sortent toutes celles qu'il emploie dans ses divers établissements, qui occupent près de 800 ouvriers. Il possède do plus, à Liège, uu tissage mécanique, une fabrique de mérinos ainsi qu'à Verviers et à Aix-Ia-
FABRICATION
Chapelle; à Àndennes, près de Namur, une papeterie et une fabrique d'étoffes; à Cottbus en Prusse, une fabrique de filets; à Stolberg, des mines de zinc; à Przelborg en Pologne, une fabrique de draps; à Barcelone, une fabrique de coton; à Surinam, des moulins à vapeur, à Derlin et à Guben, des filatures pour les draps; à Aixla-Chapelle, une filature pour la laine peignée; à Liège, une filature de coton sous la raison Yates et C'«; a Tillear, une fonderie pour le moulage; an Val-Benoît, un établissement pour la fabrication des chaudières; à Amsterdam, une maison pour la vente des étoffes de coton; à Spa, une filature de coton.
t M. Cockerill est intéressé pour de fortes parts dans les hauts-fourneaux du département du Gard; dans quatre houillères; dans les hautsfourneaux d'Ougrée, de l'Espérance et de Châtelineau; dans une fabrique de fusils de guerre, et à S'-Dcnis près Paris, dans une grande manufacture pour la filature et le tissage du lin.
« Uélève,en cemomeiit,prèsdeS l -Pétersbourg, des ateliers pour la construction des machines à vapeur, locomotives et waggons, et commence l'exploitation d'une houillère dans les environs de SMÈtienne, où il se propose d'établir des hauts -fourneaux et une fabrique de fer par cylindres.
t Cette nomenclature est loin de comprendre tous lesdivers établissements auxquels M. Cockerill est intéressé. Bépandre partout l'industrie, peupler le monde de mécaniques, telle est la mission que M. Cockerill se croit appelé à remplir et à laquelle il a consacré jusqu'à ce jour sa vie et sa fortune.
t Doué des plus précieuses qualités du cœur et de l'esprit, il sait se faire aimer de tons ses ouvriers qui le regardent comme lenr père : il sait choisir les hommes qu'il emploie, leur inspirer à tous du dévoûment à sa personne et les identifier en quelque sorte à sa fortune, i -
Fonderie de canons. Un autre établissement de premier ordre, tant sous le rapport des immenses développements de ses moyens de fabrication , que de la haute perfection de ses produits, est la fonderie royale de canons à Liège, entretenue aux frais de l'État : elle occupe 127 ouvriers et se compose de deux grandes fonderies entourées de douze fourneaux à réverbère, de deux grands ateliers de forge de quinze feux, d'un
maka et d'un four à chauffer pour les grosses pièces ; enfin , douze bancs de forage et trois machines à vapeur complètent le matériel de ce grand établissement, le seul en Europe qui réunisse la confection des pièces de fer et de bronze. Depuis 1837 on y confectionne une pièce de canon et demie par jour.
Construction des machines. Plus de quatre mille ouvriers sont occupés dans le pays à la construction de métiers ou machines ; ils en ont produit, en 1839, pour dix millions de francs et plus, ci ......... 10,000,000
Dans la même année, la mise en consommation de machines étrangères s'est élevée à 2,945,586
Total, fr. 12,943,386 L'exportation des machines d'origine belge ayant été de ... . 2,808,558
Il en résulte que les machines livrées à la consommation intérieure, dans ladite année 1839, représentent une valeur de . . . . . fr. 10,155,028
Malgré que cette création de force productive soit plus du double de ce qu'elle était avant 1830, l'activité industrielle dans notre pays est aujourd'hui telle qu'il y avait disette de bras en 1859 et qu'il a fallu ordonner la rentrée des miliciens pour faire cesser le ralentissement de la production manufacturière. Est-il une meilleure preuve de l'abondance des produits que crée notre industrie? Puissent-ils toujours trouver des débouchés suffisants pour le maintien de l'équilibre si nécessaire entre la production et la consommation! Car la plupart des crises industrielles de tous les pays n'ont d'autre cause que le défaut de cet équilibre : un pareil mal semblait menacer l'industrie manufacturière de la Belgique, et c'est pour y parei\que le Gouvernement et les Chambres viennent de faciliter à notre commerce l'accès des marchés du Nouveau-Monde, par la création d'un service de bateaux à vapeur entre la Belgique et les États-Unis (i). — Parmi les ateliers pour la construction en grand des machines à vapeur, il feut citer au premier rang ceux de Seraing que nous avons décrits tout à l'heure, et du Phénix à Gand. Le Phénix livre à l'étranger tous les ans pour plusieursmillions de francs en machines à va-
(i) Voir pin» loin la Mark» marekaatle.
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peur et autres machines et métiers de toute espèce; le personnel des ateliers était, vers la fin de 1839, de 600 ouvriers et 250 apprentis; les moteurs consistent en trois machines à vapeur de la force totale de 50 chevaux. A Gand , plusieurs autres ateliers grands et petits, produisent aussi des machines à vapeur, ainsi que des machines à filer et à lisser le coton , à filer le lin, et des appareils pour les raffineries. Des machines à vapeur et des locomotives se confectionnent à Bruxelles et aux environs dans différents établissements, dont le principal est celui du Renard dans la rue du même nom, qui occupe 350 ouvriers. Outre Seraing, il faut encore citer à Liège l'atelier de S'-Léonard qui construit toute espèce de machines, et quelques autres ateliers secondaires pour la construction des machines à vapeur. Vervicrs et Tirlemont construisent des machines à filer la laine et des machines à vapeur; à Charleroi, les ateliers de Couillet, et ceux de Homu près de Mons, sont importants pour la fabrication des machines à vapeur; enfin on compte environ
500 ouvriers constructeurs répartis sur d'autres points du Royaume, mais principalement à Mons, Namur, Huy, Bruges, Tournai.
Armurerie. La fabrication des armes blanches est presque nulle dans notre pays; mais la réputation de nos fabriques d'armes à feu ne le cède en rien à celle des manufactures étrangères les plus célèbres. Le centre principal en est à Liège et aux environs qui, dans le temps le plus prospère (vers 1836) occupait sept à huit mille ouvriers : ses produits sont exportés pour l'Amérique, l'Egypte, la Turquie, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et même pour les États-Unis qui préfèrent nos armes à celles de Birmingham; on peut évaluer à 25 ou 30 mille par an les fusils fabriqués en dernier lieu pour le Brésil seul. Le tableau suivant offre la production de nos fabriques d'armes pendant les quatre années de 1855 à 1838; aujourd'hui cette fabrication est réduite de beaucoup, les demandes devenant moins fortes d'année en année.
Fusils de luxe et de commerce à un coup.
Pistolets de poche, par paire. ....
Fusils de munition, mousquets, etc. . .
La valeur totale des armes fabriquées pendant chacune des années 1829 à 1856, a été comme suit :
En 1829. . .
fr. 5,145,775
En 1830. . .
En 1851. • .
En 1832. . .
En 1855. . «
En 1854. . .
En 1855. . •
En 1836 environ.
Clouterie, aiguilles, épingles. Aujourd'hui, comme autrefois, les habitants de la campagne des environs de Liège (5,000 ouvriers) et de Charleroi (0,000 ouv.) sont occupés, pendant
l'hiver, à la fabrication des clous à la main; la mise en œuvre par année porte sur 12 mille tonnes de fer en verge, qui donnent onze millions de clous de toute espèce d'une valeur de six millions et demi. La fabrication des clous à la mécanique, introduite chez nous depuis une dixaine d'années, s'exerce avec succès, mais seulement pour la petite clouterie dont la longueur ne dépasse pas 15 à 14 lignes. Bruxelles, Gand, Liège, Fontaine-l'Évêqueet Vlrton fabriquent les pointes de Paris qui ne laissent rien à désirer et sont presque toutes consommées dans le pays; le fil de fer que cette fabrication emploie, se tire de la Prusse et de l'Angleterre.
Des aiguilles se fabriquent à Liège; mais les essais en ce genre n'ont pas été heureux jusqu'à-
FADRICATION.
présent, à cause de la concurrence des aiguilles d'Aix-la-Chapelle et d'Angleterre.
Toutes les qualités d'épingles, excepté toutefois les épingles superfincs de l'Angleterre, sont fabriquées en Belgique, où l'établissement de f-iége qui occupe 70 à 80 ouvriers, et celui de Saint- Nicolas dans la Flandre, sont les plus importants: deux fabriques de Liège fournissent le fil de laiton pour épingles.
Coutellerie et instruments de chirurgie. La coutellerie belge jouit à l'étranger d'une haute réputation : elle comptait, dans tout le Royaume en 1853, 1G3 fabricants patentes, dont 51, près du tiers, dans la seule province de Namur où cette branche de commerce est des plus importantes. Les principales fabriques de coutellerie de Namur et de la Belgique sont celles de M. Arnould-Raymond et de MM. Laderier : leurs produits consistent en coutellerie fine et sont aussi estimés que ceux de l'Angleterre qui est même surpassée pour les canifs et les couteaux; mais en revanche les rasoirs et les ciseaux de l'Angleterre, de la France et de l'Allemagne ont une supériorité marquée sur les fabricants belges. La grosse coutellerie se fabrique aux environs de Namur, principalement à Gembloux, et réunit le bon marché à la qualité. Le fer qu'on emploie est fabriqué dans la province même, mais l'acier vient d'Allemagne. Les couteaux les plus ordinaires se-font à Lierre dans la province d'Anvers; avant la révolution de 1850, il s'en fabriquait journellement 150 à 200 douzaines de la valeur de 00 centimes à 5 fr. la douzaine, et dont le principal débouché était la Hollande et ses colonies.
On fabrique à Bruxelles et à Liège des instruments de chirurgie qui peuvent soutenir avantageusement la concurrence avec l'industrie étrangère. Les instruments comme les appareils de M. Bonneels, de Bruxelles, sont toujours au niveau de la science, et se recommandent parleur ingénieuse structure autant que par leur perfection.
Quincaillerie et taillanderie. On compte en Belgique plusieurs ateliers consacrés à la fabrication des outils et ustensiles employés dans l'industrie et dans les ménages. On fabrique à Liège les limes fines, les scies, les faux et une foule d'autres objets en acier, en fer, en fonte et en argent blanc , ainsi que des objets en tole de cuivre et en fer-blanc; à Herslal, les couverts
en fer et en acier; Chénée fournil les enclumes à tous les ateliers du pays; Malincs produit les objets en fonte de cuivre coulés et tournés; Charte'Oi, la poterie en fonte émaillée; Huy et Bouillon, des ustensiles de cuisine en tôle estampés d'uno seule pièce, et en tôle brunie. Enfin Gosselies, Hervé, Laize, Soignics, Lierre, ont des ateliers pour la fabrication d'objets de quincaillerie et de taillanderie.
Chacune des provinces de Brabantet de Ilainaul comptait 255 ateliers de serrurerie en 1833; le Hainaut en avait 272, le Luxembourg M, le Limbourg 88, la Flandre occidentale 85, la province d'Anvers 79, la Flandre orientale 75 et la province de Namur 66; total 1223.
Poêlerie et cuaudronnerie. La poélerie [ en fonte, en tôle, en fer et en cuivre, continue à prendre des développements en Belgique, où l'on sait économiser le combustible par une meilleure distribution de l'air destiné à activer la combustion; sous ce rapport, les améliorations françaises ne sont que des procédés employés depuis longtemps en Belgique. La production annuelle de cette industrie, qui s'exerce principalement à Bruxelles, puis à Louvain, Liège, Gand, Anvers, Mons, Tournai, représente une valeur de treize millions de francs, dans laquelle Bruxelles figure pour plus de deux millions et demi. Les progrès de la poélerie belge sont satisfaisants pour la main-d'œuvre, mais on ne saurait en dire autant sous le rapport des règles du dessin et du bon goût qui laissent encore à désirer comparativement aux produits de la
Les principaux ateliers de chaudronnerie sont à Bruxelles et à Dinant; on y construit avec succès les appareils pour distilleries et sucreries. Un établissement à Huy, que nous avons déjà signalé pour la fabrication des objets de taillanderie, estampe des chaudrons de tôle d'une seule pièce de grande dimension.
Instruments agricoles. On compte en Belgique plusieurs ateliers consacrés à la construction d'instrumentsagricoies perfectionnés; celte industrie, sans cesse progressive, honore notre pays en l'enrichissant. L'établissement le plus remarquable en ce genre est celui d'Anthisnes dans la province de Liège, appartenant à M. d'Omalius- Thicrry, l'un des plus grands constructeurs de machines et d'instruments aratoires du continent.
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M. Delstanche, de Marbais dans l'arrondissement de Nivelles, a inventé ou perfectionné divers instruments d'agriculture dont l'utilité et le mérite ont été constates en 1859 par la commission d'agriculture du 13 ra ban t.
Carosserie et sellerie. Le goût des voitures se propageant de jour en jour et devenant plus vulgaire dans notre pays, il en résulte que notre carrosserie et notre sellerie se tournent généralement vers le médiocre; depuis une dixaine d'années, le nombre de voilures de maître a constamment augmenté dans nos principales villes, à Bruxelles, à Anvers, à Gand, à Liège. Sept à huit cents ouvriers employés en Belgique dans la carrosserie, produisent pour un million de francs par an ; presque tout le détail est tiré de l'extérieur : de la France, velours, reps, galons, glaces, ornements, soie, maroquins, etc.; de l'Allemagne et de l'Angleterre des cuirs, du fer, du platinage. La carrosserie de Bruxelles soutient son ancienne réputation : elle est en possession de fournir non seulement aux différentes provinces du Royaume, mais encore à l'étranger, ses produits qui, s'ils restent au-dessous de ceux de Londres et de Paris pour les formes, se distinguent pourtant toujours par leur beauté, leur solité et avant tout la médiocrité de leur prix.
Le commerce de la sellerie est assez répandu dans la Belgique, principalement dans le Brabant qui avait 55 ateliers en 1833, et dans la Flandre orientale qui en avait 49. Ensuite viennent, dans l'ordre du nombre d'ateliers : les provinces d'Anvers et de Limbourg, chacune 29; la Flandre occidentale, 25; la province de Liège, 21, le Hainaut, 29; le Luxembourg H, et la province de Namur, 4; ensemble 241.
Poterie, faïence et porcelaine. La Belgique n'est pas restée en arrière dans la fabrication des poteries, des faïences et des porcelaines. Les poteries les plus belles et les meilleures se font à Tirlemont; les fabriques les plus renommées, après Tirlemont, se trouvent à Termonde, à Louvain, à Gand. Tegeien, village près de Venloo dans le Limbourg cédé, produit des poteries communes que leur bon marché fait rechercher à l'étranger. On confectionne la poterie en grès à Bouvignes, bourg à une demi-lieue de Dinant, à Booffioulx (à une lieue de Cliarleroi) et à Laroche sur l'Ourte dans le Luxembourg. — Sept-Fontaines près de Luxembourg
et la ville d'Echternach dans la même province (l'un et l'autre dans la partie cédée) produisent la faïence d'argile; Sept-Fontaines, la plus ancienne fabrique de faïence et la plus avancée de tout le pays, se fait remarquer depuis quelques années par la fabrication de la porcelaine opaque qui tient le milieu entre la faïence et la porcelaine. C'est à Tournai, et à Nimy près de Mons, qu'on fabrique la plus belle faïence en terre de pipe, ainsi qu'à Andcnnes et à S'-Scrvais près de Namur. — Tournai possède deux établissements renommés pour la fabrication de la porcelaine dite de Tournai; il existe encore des fabriques de porcelaine sur d'autres points du Royaume : deux à Bruxelles, deux à Andcnnes et une à Leeuw-SMPierre près de Hal. Les dorures et les peintures que l'on applique chez nous, sur la porcelaine, surtout à Bruxelles et à Andennes, l'emportent de beaucoup, pour leur solidité, sur les peintures analogues des porcelaines étrangères. Les magnifiques porcelaines peintes ou décorées de M. Faber, de Bruxelles, font l'admiration de tous les connaisseurs, et peuvent rivaliser, pour le bon goût et la parfaite exécution du travail, avec les produits étrangers autres que ceux de la manufacture de Sèvres.
Verres et cristaux. La fabrication du verre a pris dans ces dernières années un développement considérable : elle produit des verres à vitre demi-blancs, communs, quelques verres de couleur, des bouteilles, des bocaux, des globes. Cette industrie compte deux établissements importants l'un à Namur, celui que Bill. Zonde et comp e y ont transféré en 1830 de Vonèche (arrondissement de Dinant), l'autre à Liège, celui du Val- S'-Lambert, ancienne abbaye transformée en une immense verrerie administrée par M, Kemlin. La fabrication des verres à vitre et des verres à bouteille est principalement exercée dans l'arrondissement de Charleroi où il existe une cinquantaine de fours; on n'y en comptait que 10 en 1823, 2i en 1829, 52 en 1855 et 57 en 1836. Parmi les établissements de verrerie de cet arrondissement, les plus importants sont celui de la Société des verreries de Charleroi dont le directeur-gérant est M. Léopold Dedorlodot, et celui de M. Houlart-Cossée à Marimont. Quantité de nos verres à vitre s'exporte en Allemagne, en Hollande et dans le Levant. — Les établissements de Namur et du Val-S l -Lambert fabriquent aussi le cristal;
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leurs produits luttent avec ceux de France et d'Angleterre, soit pour la perfection, soit pour le bon marché : les prix sont jusqu'à 25 p. c. au-dessous de ceux des fabriques françaises. L'art de tailler les cristaux est exploité à Namur, au Val-S l -Lambcrt, et par plusieurs maisons do Bruxelles, parmi lesquelles la maison Cappellemans se distingue par la hardiesse de la taille et la variété des dessins. — Il n'y a en Belgique qu'un seul établissement pour la fabrication des glaces coulées : il a été créé récemment dans l'abbaye d'Oignie, canton de Charlcroi, et forme une dépendance de la Société anonyme des manufactures de glaces et verreries (Val-S'-Lanibert). — Bruxelles possède depuis peu d'années un établissement pour la peinture sur verre par vitrification. Plus récemment encore un peintre de Bruxelles a obtenu un brevet d'invention pour un nouveau système de peinture sur verre, dans lequel l'inventeur a substitué l'emploi des couleurs à l'huile à celui des couleurs métalliques : on peut voir dans l'église de S'-Nicolas, à