FABRIQUÉ
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La production annuelle du tabac est évaluée à 5 employaient plus de 50 ouvriers;
douze millions de francs pour tout le pays qui 15 en employaient 14 à 32;
renfermait, en 1833, d'après le relevé des pa- il — 6 à 14;
tentes, 956 fabricants : en 1838, on comptait 490 — là 6;
dans le Royaume 1,037 fabricants de tabac, dont | 488 travaillaient seuls ou avec leur famille.
Bruxelles, un vitrail, peint d'après ce procède, représentant l'adoration des mages d'après le tableau original de Rubcns qui se trouve dans la cathédrale de Malines.
Tabacs. Nous avons vu, au chapitre des productions naturelles page 70, que le tabac n'est guère cultivé dans le pays : à ce sujet la Chambre de Commerce d'Anvers dit dans un rapport sur la situation du commerce et de l'industrie en 1839, que les fabriques de carottes, non seulement à Anvers, mais dans tonte la Belgique, sont fermées depuis bientôt deux ans, c'est-à-dire, depuis que les prix de la matière première, le tabac en feuilles, ont atteint un taux trop élevé pour permettre au fabricant de se livrer avec confiance à un travail qui, à cause du temps nécessaire pour porter les carottes à maturité, ne doit porter ses fruits qu'au bout de plusieurs années.
il se consomme en Belgique des quantités considérables de tabac, ainsi qu'il est prouvé par les chiffres comparatifs ci-après :
FABRICATION
Ou faisait usage dans les fabriques :
De 12 moulins à hacher on à râper le tabac mus par la vapeur; De 1 1 dîto mus par le vent ; De Al dito mus par des chevaux; De 65 dito mus à bras ou à la main.
Ensemble 127 mouline en 1858. Il y en avait 151 en 1855 : 4 à carotter le tabac; 105 à râper et 22 à hacher.
Bruxelles, Anvers, Gand et Liège sont les principaux centres de fabrication du tabac; mais c'est surtout à Menin qu'on réussit dans l'imitation des tabacs a priser et à fumer de la France : les prix de ces qualités sont 75 p. c. meilleur marche qu'en France; aussi la fraude en fait-elle passer dans ce pays pour des sommes considérables.
On fait bien en Belgique les cigares demihavane, dont l'exportation augmente constamment : elle était de 953 kilogrammes en 1851, et de 50,209 en 1858.
Produits chimiques. Deux savants distingués, MM. De llcmplinne à Bruxelles, et Van Mons à Louvain, doivent être cités entre ceux qui eu Belgique contribuent le plus à l'application de la chimie aux arts industriels. — La province de Namur compte le plus de fabriques de céruse, dont les produits remplacent avantageusement ceux que la Hollande a été longtemps en possession de nous fournir; Anvers, Malincs, Courtrai et d'autres villes possèdent des fabriques de bleu d'azur; la colle-forte et le noir animal se fabriquent principalement à Cand et à Bruxelles; cutin, nos industriels essaient de naturaliser chez nous la fabrication des couleurs, des vernis, des laques et des autres produits à l'usage des verreries, des savonneries, des teintureries, des blanchisseries, etc. La maison Van der Elst, de Bruxelles, est réputée pour la fabrication de l'eau forte, héréditaire dans cette famille depuis plusieurs générations.
Éclairage. Le commerce des chandelles est surtout considérable dans la province d'Anvers et dans le Hainaut. Les principales fabriques de bougies sont à Ypres et à Tournai. L'industrie des lampes perfectionnées s'exerce principalement à Bruxelles et à Liège. Le gaz, destiné à acquérir une bien grande extension , fournit déjà de la lumière aux villes les plus importantes du
Royaume, à Bruxelles, à Gand, à Anvers, ù Liège, à Namur, à Cbarleroi, à Verviers, â Louvain, à Courlrai (i). M. Jobard à Bruxelles a inventé, vers 1855, le gaz éclairant par la décomposition de l'eau; la ville d'Anvers est la première qui ait substitué ce gaz à celui de résine. Bruxelles et Liège possèdent des établissements pour l'éclairage au gaz portatif non comprimé importé en 1855. Les environs de Bruxelles, ainsi que plusieurs villes de province, sont éclairés d'après le procédé Pradal, qui consiste dans l'ingénieuse disposition de l'appareil réflecteur, qui permet non seulement d'obtenir, au moyen d'un bec unique, une intensité de lumière de beaucoup supérieure à celle des anciens réverbères, mais encore de projeter cette lumière dans telle direction voulue. On compte aujourd'hui dans le pays, particulièrement à Bruxelles, plusieurs fabriques d'allumettes à frottement.
Savons. On compte en Belgique un grand nombre de savonneries, et chaque jour il s'en forme encore de nouvelles. Les provinces d'Anvers, des deux Flandres, de Hainaut, fabriquent une grande quantité de savons noirs et bruns, mais peu de blancs; ces derniers se fabriquent principalement à Bruxelles et à Liège. Les savons de Tournai peuvent rivaliser avec ceux de Marseille auxquels ils sont parfois préférables. Depuis quelques années, on donne plus d'extension à la fabrication des savons de toilette parfumés.
Huiles. Les principaux marchés en huiles sont à Alost, Ninove, Boulers et dans d'autres villes des Flandres qui possèdent un grand nombre de moulins et tordoirs de toute espèce; nous faisons des exportations assez considérables pour l'Angleterre et pour l'Allemagne. L'épuration des huiles par l'acide sulfurique s'exerce dans plusieurs établissements dont les plus importants sont ceux de M. Debbauldt-Delacroix à Courlrai, et de MM. Robyns et Kcremin à Louvain.
Sucre. La consommation intérieure de cette denrée est évaluée constamment à douze millions de kilogrammes par an , ou trois kilogrammes par habitant : il est vrai que la balance de notre commerce extérieur, calculée sur les années 1857 et 1838, ne laisse à la consommation que sept
(i) C'est un Belge, le professeur Minketcrs, de l'nn- I demie université de Louvain , qui a découvert le gaz eu 1784, et en a fait le premier l'application.
F.innicvrios.
ou huit millions de kilogrammes par an, ou environ deux kilogrammes par habitant; mais il convient de tenir compte aussi de la fraude qui se fait à l'importation, et de l'extension toujours croissante de la fabrication du sucre de betterave. De sorte qu'il n'y a rien d'exagéré dans l'évaluation de douze millions, ou trois kilogrammes par habitant. Le droit de douane cl le droit d'accise sur le sucre s'élèvent ensemble à la somme de 37 fr. 02 c. par 100 kilogrammes jusqu'au commencement de 1838, la restitution complète des droits était accordée à l'exportation; d'où il est résulté qu'on a déclaré à la sortie des sucres qui étaient consommés dans le pays. Pour remédier à cet abus, une loi fut portée le 8 février 1838, laquelle stipule que la restitution des droits ne peut plus être accordée à l'avenir aux importateurs de sucre brut que jusqu'à concurrence des neuf dixièmes de la quantité de sucre brut importé. L'elfe t que ce changement de législation a produit sur l'industrie qui nous occupe, se trouve ainsi exposé dans le rapport que nous avons déjà cité de la Chambre de Commerce d'Anvers :
« L'industrie sucrière a continué en 1839 à lutter contre les obstacles que la loi du 8 février 1838 oppose à son développement. Son débouché extérieur, surtout celui de l'Italie et du Levant, a pris de l'extension depuis que le Gouvernement a permis de piler et de concasser les sucres, pour l'exportation avec décharge, dans un magasin spécialement affecté à cette destination. Le service de navigation à vapeur vers Hambourg a contribué de son côté à faciliter l'écoulement de nos sucres raffinés; cl la disposition récente du Gouvernement prussien d'admettre les lumps introduits par terre de la Belgique au droit de 5 i/s thalcrs par quintal , ouvrira à nos sucres concassés l'important marché des provinces rhénanes, dès le moment que le projet de loi qui accorde la décharge pour l'exportation de ces sucres par terre et par rivière, aura reçu la sanction de nos Chambres législatives. En un mot, la perfection que les raffineries ont atteinte en Belgique, jointe à notre heureuse position, préparerait à cette industrie une carrière plus large, si ses exportations n'étaient pas forcément restreintes dans des limites par l'obligation de livrer à la consommation intérieure un dixième de la fabrication totale. — El raalbeurcmeni ces
limites deviennent de plus en plus étroites : l'augmentation de la- culture et de la fabrication de la betterave, les quantités considérables des sucres qui s'infiltrent frauduleusement parla Meuse et les frontières de terre, la diminution de la population à alimenter depuis la cession d'une partie du Limbourg et du Luxembourg, tout concourt à réduire successivement pour nos raffineries l'importance de la consommation belge, tandis que c'est celle consommation qui détermine la quantité qu'elles peuvent écouler à l'étranger. — Nous n'hésitons pas à le dire : dès à présent les exportations de nos raffineries ont atteint les bornes que la loi empêche de dépasser; elles ont déjà opéré un grand encombrement à l'intérieur, et il est à craindre que sous peu plusieurs établissements sucriers ne doivent cesser leurs travaux. Espérons que ces malheurs, résultats évidents de l'art i* r de la susdite loi, qui ne permet l'apurement des comptes par décharge à l'exportation que jusqu'à concurrence de 9/10 des prises en charge, feront ouvrir les yeux à la législature sur la nécessité de modifier un système si directement contraire à la prospérité d'une des industries les plus intéressantes du Royaume. »
On compte dans le pays plus de 70 raffineries, situées principalement à Bruxelles, à Anvers et à Gand : elles sont activées par une fabrication de 25 millions de kilogrammes. Une seule raffinerie de Bruxelles, la plus considérable du Royaume cl qui emploie les procédés les plus perfectionnés, produit deux millions de kilogrammes de sucre raffiné par an : il s'y fait tous les quinze jours une vente publique aux enchères; le principal débouché à l'extérieur est Brème et Hambourg, où l'on trouve à placer une grande quantité de sucre candi. Les fabriques de sucre de betterave, au nombre de 55, livrent annuellement cinq à six millions de kilogrammes de sucre indigène qui se débite journellement dans le commerce et rivalise avec les produits des colonies. De ces 55 établissements, près de la moitié (seize) se trouve dans le Hainaut, neuf dans le Brabant, trois dans le Limbourg, et deux dans chacune des provinces de Flandre occidentale, Liège et Namur.
Les relevés de la douane fournissent les chiffres suivants :
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