A DOUAI
AUX Xin'' ET XIV'' SIF.CLF.S
Si', pour essayer d'exposer l'histoire d'une industrie textile urbaine au milieu du moyen âge,
1. Les documents d'où est extrait ce mémoire, règlements officiels ou actes privés, appartiennent aux Archives communales de Douai. Xous n aurions pu, sans allonger outre mesure cette étude, y renvoyer, d'autant mieux qu'ils sont presque tous inédits. Ils paraîtront, soit dans le t. II du Recueil des documents relatifs ii l'histoire de r industrie drapi'erc en Flandre, publié par M. Pirenne et nous-mème, soit dans un travail consacré spécialement à Douai. Six règleinents ont déjà été donnés partiellement par M. Fagniez dans ses Documents relatifs à l' histoire de l'industrie et du commerce^ t. I, n°' 164, 188 (en partie), 191 (de même), 192* fl''- partiel, 192«, 195 (que M. Fagniez rapporte d'ailleurs à tort aux tisserands de toile). .Joindre
nous avons choisi la ville de Douai, c'est avant tout parce qu'à cette époque aucun centre peutêtre, même dans la terre classique de la draperie, la Flandre, ne parait avoir conservé sur ce sujet une aussi riche collection de documents. C'est ainsi qu'au xiii" siècle, le règlement textile le plus ancien que l'on connaisse doit être un ban douaisien du 25 juillet 1229, relatif aux tondeurs; encore, au siècle suivant, bien que la décadence soit déjà sans doute arrivée, en 1335, les drapiers d'Amiens, dans une enquête faite parmi les villes du nord de la France à l'égard de la durée des heures de travail, déclarent « adjouster plus grande foy à l'ordonnance de la ville de Douay » ' . L'abondance et l'intérêt des pièces à utiliser n'empêchent cependant pas que leur manque de coordination et l'absence d'un traité spécial de technique, comme aussi, on doit l'avouer, le caractère particulier et un peu la nouveauté relative du sujet ne j^ermettent pas toujours d'obtenir des résultats précis et toute la clarté nécessaire : le titre « d'essai » doimé à cette contribution n'est donc bien que l'expression trop exacte de la réalité.
L'étude de la technique comprend, soit avant
G. Espinas, ,/. Boinebroke, bourgeois et drapier douaisien
(dans Vicrtc/fn/irsc/irift Social- /nul Wirtsr/ia/'lsi^csc/nc/itr,
1. Aug. Thierry, Recueil des nionuincnts im'dits, n" 2.'J^», t. 1, p. 576-583. "
DE L IM)DSTRIF: TRXTir.K A DOUAI. à
loiit celle des étoffes fie pure laine, soit celle des étoffes mixtes de laine et de lin ou de chanvre; (juant aux tissus de toile, quoiqu'il ne soit pas douteux qu'on en ait fabric|ué et (|ue même cette fabrication ait eu une certaine importance, il faut se contenter d'en mentionner l'existence.
Dans l'ensemble, deux parties sont à considérer successivement : la techiiique «jjénérale, celle de certaines étoffes en particulier'.