‹ Essai sur la théologie d'IrénéeChapitre 97 sur 107 · QUATRIÈME PARTIE, — CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE, — CHAPITRE HI

et nourrit les anciens : zoo: rpssburégons ävarokost 1 2axhnsta (IV, 26, 5); ceux qui reçoivent de l'Église leur aliment spirituel possèdent le saint Esprit (III, 24, 1}; il en résulte que les conducteurs de l'Église sont les organes du saint Esprit : l'idée n’est pas formulée mais elle est indiquée, Puisque le saint Esprit n'existe que dans l'Église, la conclusion correcte est que ceux qui se trouvent à sa tête sont particulièrement inspirés, non comme individus isolés, mais par la nature de leur fonction. Le saint Esprit habitant dans l’Église trouve sa plus haute expression chez les évêques conducteurs de l’Église. De plus, les évêques possèdent le don ou signe certain de la vérité, charisma veritatis certum (IV, 26, 2), la tradition des apôtres; ils acceptent la règle de foi en même temps qu’ils en sont les soutiens. C'est le système épiscopal.

Irénée ne mentionne point les assemblées d'évêques, synodes ou conciles, les circonstances extérieures ne permettaient guère de semblables réunions; il suffira que les événements deviennent favorables pour que de telles assises puissent se tenir et que les évêques, réunis en collège, en viennent à prendre des décisions doctrinales, Bien que les évéques ne forment pas un corps organisé extérieurement, le principe est posé : l'épiscopat, succédant au collège apostolique, jouira des privilèges que possédait celui-ci. |

Dans la formation hiérarchique qui se poursuit sans relâche au second et au troisième siécles, formation qui cherche à assurer l'unité de l'Église dans tous les domaines, nous trouvons l'idée fondamentale que l'Église est le chemin exclusif du salut : cujus (Spiritus) non sunt participes omnes, qui non currunt ad ecclesiam (NII, 24, 1}; qu’elle seule possède la vérité, toute la vérité; qu’elle n’a rien de commun avec les tâtonnements et les fluctuations qui sont le propre de l’homme. C’est la pensée que Bossuet formulera d’une façon définitive dans sa préface à l'Histoire des Variations : « La vérité catholique, venue de Dieu, a d’abord sa perfection; l’hérésie, faible production de l'esprit humain, ne se peut faire que par pièces mal assorties ».

L'Église prend conscience d’elle-méme dans l'épiscopat et l'épiscopat s'oriente vers Rome,

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