‹ Essai sur la Théorie générale de la MonnaieChapitre 61 sur 82 · ESPÈCES · texte numérisé non relu

ESPÈCES

Son dernne par une méthode analo-

529 gue, déduit la valeur du

+310 EN ETS 595 stock d’or en circulation pire des données fournies par

leretraitdes pièces prévictoriennes opéré en 1889.

Ensemble. . . . 5,260 JEU ES 6,375

() Bullelin de statistique et de législation comparée. Novembre 1889, Page 487.

Ils ont estimé qu'à cette époque le stock d'or anglais pouvait varier entre 69 et 75 millions de livres st. On pense généralement qu’il atteint aujourd’hui 90 millions delivres. Aux Indes, la méthode des analyses d'échantillons est depuis longtemps appliquée à des sacs de roupies prélevés au hasard dans les caisses publiques. Elle a permis à M. F. C. Harrisson (*) d'évaluer en 1892 le stock d'argent circulant aux Indes et dans les Etats feudataires à 1.660 millions de roupies environ. Il est souhaitable que ces différentes tentatives pour donner à l'évaluation des stocks monétaires une base scientifique se perfectionnent et se généralisent.

La direction des Monnaies des Etats-Unis fournit périodiquement d’après des renseignements d’inégale valeur, puisés dans les différents Etats, une statistique d'ensemble des stocks monétaires existant. D’après les derniers chiffres publiés, il circulerait actuellement dans le monde 4.614 millions de dollars d’or, 3.835 millions de dollars d'argent et 2.846 millions de dollars de papier monnaie non couvert.

Ce qu’il faut retenir c’est que même les chiffres obtenus par les procédés les plus ingénieux, et, à fortiori, les autres ne fournissent des stocks monétaires qu’une approximation grossièrement approchée ; il serait absolument illusoire de leur demander des précisions dont ils ne sont pas susceptibles.

43. MOUVEMENTS DES MÉTAUX PRÉCIEUX ET MONNAIES. — Les administrations douanières des différents pays fournissent périodiquement le relevé des entrées et sorties de monnaies et métaux précienx, mais ces statis-

(‘) Article de The Economic Journal cité dans le Bulletin de Statistique et de Législation comparée. Année 1892. Tome Il. P. 95.

F] Et —

tiques sont des plus critiquables. Des quantités considérables de matières monétaires, notamment celles qui sont expédiées par exprès d’une banque intérieure à ses succursales à l'étranger et réciproquement, échappent à la vigilance des agent des douanes. M. Carlo Ferraris, dans un mémoire présenté en 1887 à l'Institut international de statistique, a signalé toutes ces causes d'erreurs. Sur son initiative le gouvernement italien avait, dès 1883, organisé une contre-statistique avec les éléments fournis au ministre de l’agriculture de l’industrie et du commerce par les grandes institutions de crédit et par les grandes entreprises de transports du Royau- TRUE EC Get e L me. Le tableau repro-

nt A duit ci-contre d’après le Rapport annuel de l'Administration des Monnaies et Médailles fait ressortir, pour six années récentes, les

ANNÉES

Statistique douanière Statistique commerciale Statistique douanière Statistique commerciale

Millions de lire

1893 | 5,8 | 15,0 différences qui se sont 1894 | 18,5 | 33,5 révélées entre cette sta- 18950053 MOT RIME, tistique commerciale 1896 | 5,7 et celle de l’adminis- 1897 | 3,4 tration des douanes 1898 | 1,7 | 5 italiennesrelativement

aux mouvements de l'or: elles sont, le plus souvent, considérables (*).

44. PARITE DES MONNAIES. — Dans toutes questions de statistique monétaire, on a fréquemment à exprimer en unités d’un certain pays des sommes

() Carlo Ferraris. La statistica dei movimenta dei metalli preziosi fra l'Italia e l'estero. Rome 1885.

formulées en unités d’un autre ou bien en unités d’une certaine période de temps des sommes formulées en unités d’une autre période. La considération de la parité ou équivalence des monnaies dans l’espace et dans le temps permet de rendre comparables des données exprimées par rapport aux unités les plus disparates. L’équivalence des monnaies est, soit matérielle, s'il s’agit de pièces dù même métal mais de poids ou de titre différents, soit commerciale ou légale, s’il s'agit de pièces taillées dans des métaux différents.

La parité actuelle des différentes monnaies du monde ne soulève pas de difficultés essentielles. Entre pays possédant une monnaie d’or la parité s'établit d’après les poids et titres respectifs des types frappés en or par un simple calcul de proportion. A l'égard des pays ne possédant qu’une monnaie d'argent on peut procéder de deux manières et calculer la parité soit d’après le rapport commercial des métaux, soit d’après leur rapport légal. On préfère généralement la seconde méthode, quitte à tenir compte ultérieurement, s’il y a lieu, de la dépréciation du métal blanc. Nous reproduisons plus loin, d’après les relevés périodiques du Bulletin de statistique et de législation comparée, le tableau de la parité, par rapport aux espèces françaises, des principales monnaies circulant actuellement dans le monde.

La parité historique des anciennes monnaies est singulièrement plus difficile à préciser. Il faut tenir compte des «amenuisements » successifs d’un très grand nombre de types monétaires servant parallèlement d'unités, ainsi que des variations arbitraires, sinon frauduleuses, du rapport légal de l’or et de l’argent. A ces difficultés déjà considérables s'ajoutent celles résultant de la diversité et de l’incertitude des unités de poids. Pour la France, la parité de l’ancienne livre tournois a fait l’objet de travaux statistiques considérables. Deux séries d'évaluation ont été établies par

Allemagne. .

Angleterre République Argentine.

Autriche-Hongrie . .

Brésil.

Chili

Egypte . :

Etats Scandinaves. .

Etats-Unis. . .

Indre Anglaise

Portugal Russie

Turquie.

Uruguay

Colombie-Haïti .

Chine.

Mexique. .

Monnaies d'Or

mark livre st.

peso couronne — milreis peso livre couronne = dollar livre st.

yen florin milreis

impériale — 1 livre 1 peso

1 piastre

1 taël haikwan —

1 taël shangaï 1 piastre 1 piastre

20 pfennigs 20 schilling 100 cents 100 hellers

— 1000 reis 100 centavos

100 piastres 100 œre 100 cents 15 roupies 100 sen

100 cents

— 1000 reis

15 roubles 100 piastres 100 cents

Monnaies d'Argent

— 100 cents 100 cents — 100 cents 100 cents — 100 cents

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M. N. de Wailly (et par M. le vicomte G. d’Avenel (*). Le premier, en considérant à la fois la parité de l'or et celle de l'argent et en prenant la moyenne, a calculé avec une

() Natalis de Waïilly. Mémoire sur les variations üe la Livre tournois depuis le règne de Saint-Louis jusqu'à l'établissement de la monnaie décimale. Paris 1857.

(”) Vicomte G. d’Avenel. Histoire économique de la propriété, des salaires, des denrées et de tous les prix en général depuis l'an 1200 jusqu'en l'an 1800. Introduction.

précision souvent excessive 369 variations de la livre tournois entre 1258 et 1793. M. de Foville (*) a résumé tous ces chiffres en considérant seulement les périodes de stabilité relative qui forment comme les paliers de l'échelle successivement descendus par la livre tournois. Le relevé fourni par M. G. d’Avenel, basé sur la seule parité de l’argent, donne des chiffres inférieurs de 10 à 25 0/0 en général à ceux du précédent. Pour la livre sterling, des travaux analogues ont été publiés par Th.Rogers (**) et W. A. Shaw (). Beaucoup plus tôt qu’en France, et, dès 1851, l'unité s’est, en Angleterre, définitivement fixée et n’a plus varié. M. A. Shaw a également fourni quelques renseignements précis et assez complets sur la parité des monnaies allemandes depuis le xrv° siècle.

45. LA CIRCULATION FIDUCIAIRE. — La statistique des banques d'émission, qui se heurtait jusqu’à ces dernières années à la mauvaise volonté de certains établissements intéressés, désireux de ne pas révéler le quantum de leur encaisse véritable et surtout sa composition. a fait de grands progrès. On peut dresser dès maintenant des tableaux d'ensemble remontant jusqu’à 1883. Pour la Banque de France, des chiffres complets ont été fournis remontant jusqu'à 1850 et même au-delà, pour certains éléments (****). Ces statistiques ne nous intéressent que pour la mesure de la valeur absolue des billets à découvert ou circulation productive. Nous en empruntons un résumé dressé à ce point de vue par M. Ed. Théry (**) d’après les

() Bulletin de statistique et de législalion comparée, année 1888. Economiste français, 13 et 27 avril 1895.

(”) Th. Rogers. History of agriculture and prices. () W. A. Shaw. Histoire de la Monnaie. Trad. Raffalovich. (‘”) P. Loubet. La Banque de France et l'Escompte. Thèse. Annexes.

(°**) Ed. Théry. Europe el Etats-Unis.

bilans fournis par les différentes banques au 31 décembre 1883 et au 31 décembre 1897.

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