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VITESSE DE CIRCULATION DE LA MONNAIE

— Nous ne possédons sur ce point aucun renseignement même approximatif. À combien d'échanges une pièce de monnaie sert-elle en moyenne pendant un mois ou une année? Nous l’ignorons absolument. Il paraît y avoir à ce point de vue entre les diverses sortes de pièces des différences sensibles et permanentes, mais quelles sont-elles ? C'est ce qu’il n’a pas paru possible d'apprécier jusqu'ici,

M. des Essars a mesuré une certaine vitesse de circulation des comptes courants dans les grandes banques de France, d'Allemagne et de Belgique et en a tiré des conclusions particulièrement intéressantes relativement au phénomène des crises (*), mais les chiffres qu’il donne ne paraissent d'aucune application en ce qui concerne la circulation de la monnaie. Autre chose est le mouvement d’un compte, autre chose celui des espèces qui interviennent dans les différentes opérations qu'il enregistre.

47. FRAI DES MONNAIES. — Trois éléments paraissent influer sur le frai ou usure des monnaies par la circulation : 1° la dureté de l’alliage dont elles sont formées ; 2° la rapidité de leur circulation; 3° leur poids absolu. On a longtemps cru qu’au lieu du poids c'était la surface plus ou moins considérable des pièces qui les exposait différemment à l’usure (‘*). Les expériences faites à la Monnaie de Paris en 1888 (‘*) paraissent avoir définitivement ruiné cette opinion. Elles ont, au contraire, sensiblement confirmé la détermination opérée, dès 1884, de l'usure annuelle de la pièce d’or de 20 fr. On estime

(‘) P. des Essars. Mémoire présenté à l'Académie des Sciences Morales et Politiques. — Comptes rendus. Année 1895. P, 589.

(*) S. Jevons. La Monnaie et le Mécanisme de l'échange. P. 130.

(”) Bulletin de statistique et de législation comparée. Année 1891. Æome [TP

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cette usure à 3/4 de milligramme environ. Pour les pièces de 10 fr. la perte est un peu plus considérable parcequ'elles circulent probablement davantage. En Angleterre, l'enquête de 1888 a permis de fixer approximativement à 0 grain, 0396 la perte annuelle du souverain et à 0 grain, 0551 la perte annuelle du demi souverain (*). Le grain troy valant 0 gramme, 0648, on se rend compte facilement que les pièces d’or anglaises perdent sensiblement plus au frai que les pièces françaises : ce résultat trouve son explication dans ce double fait que l’alliage des premières est moins dur que celui des secondes et qu’elles circulent davantage. |

48. LES PRIX. — Les prix des diverses marchandises, exprimés en monnaie, subissent l'influence de facteurs de deux ordres différents. Ce sont, d’une part, des facteurs d'ordre général —- stock monétaire, population, activité ou dépression économique etc... — susceptibles d'agir simultanément sur tous les prix, de les élever ou de les abaisser de conserve dans une même proportion, sous réserve seulement, des inégalités passagères que l’extension dynamique de ce mouvement peut faire naître. D’autres causes au contraire — abaissement du prix de revient, modifications dans les besoins résultant de Ia mode, etc — exercent sur les prix une action différentielle, élevant les uns, abaissant les autres, bouleversant leurs rapports primitifs. Dans le cours de la vie économique, ces deux ordres d'influence se combinent et se pénètrent de telle sorte qu'il en résulte des variations absolument disparates des prix. En présence de ces mouvements innombrables et contradictoires, on peut se demander pourtant si d’une

() V. Pareto. Cours d'Economie politique. $ 373. Note 1.

période à une autre il y a eu, dans l’ensemble, une hausse ou une baisse générale des prix de toutes les marchandises. C’est un problème statistique pour la résolution duquel plusieurs méthodes ont été proposées, que l’on peut diviser en quatre catégories générales : 1° les systèmes d'indice unique ; 2° le système des moyennes budgétaires ; 3° le système des pourcentages douaniers ; 4° les systèmes de moyennes générales.

On a pensé d’abord qu'il pouvait exister certaines marchandises de première nécessité dont le prix de revient ne serait pas susceptible de se modifier sensiblement et dont la production s’adapterait nécessairement à des besoins sur lesquels les variations de la mode ne peuvent exercer aucune influence. On en concluait, que seules les causes générales devaient agir sur les prix de ces marchandises, et que leurs variations pouvaient fournir un indice unique et suffisant, des fluctuations du niveau moyen de tous les autres, Quesnay, Adam Smith, J.-B. Say, Cibrario, pratiquaient cette opinion à l'égard du blé, d’autres auteurs, notamment de Saulcy et Huguenin, accordaient la préférence au travail humain et à son prix, le salaire.

Il est manifeste, en premier lieu, que les uns ou les autres se trompent car il est établi que le rapport entre le prix du blé et le taux moyen des salaires, en d’autres termes le salaire moyen exprimé en blé, varie dans de larges proportions. Blé et travail éprouvent l’un ou l’autre, plus probablement l’un et l’autre, des causes particulières de changements de prix et ne peuvent servir d'indice unique comme on l'avait longtemps pensé. Cela ne fait aucun doute touchant le travail. En ce qui concerne le blé on admet généralement aujourd’hui que si son prix paraît dans une certaine mesure assez stable, en annulant par la considération de longues périodes l'effet des vissicitudes annuelles de la récolte, il éprouve cependant l'influence

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