‹ Essai sur la tuberculose du segment antérieur de l'Œil et sur son traitementChapitre 14 sur 25 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION III

(Due à l’obligeance du Dr Lakah.)

Mre M.., 112 rue de Turenne, trente-neuf ans, marchande de comestibles.

11 mai 1914. — Malade est venue à la consultation particulière du D: Lakah parce qu’elle souffrait de son œil droit et que la vue baissait graduellement.

Depuis un an et demi, la malade a remarqué que son œil rougissait par moment, et elle en souffrait, mais tout de même pas assez pour s’en inquiéter, puisque c’est plus d’un an après qu’elle vient consulter.

A l’examen, on trouve :

1° Une très forte injection périkératique ;

2° Une descemetite intense, généralisée. Les dépôts sur la cornée sont plus abondantis au niveau de la partie inférieure,.

En outre, la cornée est trouble, et la chambre antérieure un peu effacée.

3 L'iris a une teinte sale, et des dépôts iriens sont disséminés sur la cristalloïde antérieure. D'autre part on

R. Perrin 5

du 70 — remarque quelques synéchies, formant un petit triangle, un fuseau très net, dont le sommet va vers le centre pupillaire.

La pupille est irrégulière.

Symptômes fonctionnels. — La malade souffre beaucoup, la tension est un peu élevée.

Maux de tête violents. Grande photophobie.

La vision n’est que de — a visio q 35

Un Wassermann est fait, qui est négatif.

L'intra-dermo est nettement positive.

Dans ces conditions, le diagnostic d'iritis tuberculeuse avec descemetite est porté.

Le traitement institué est : instillations d'atropine, lodagénol, viande crue. |

Comme antécédents chez la malade : une fausse couche, dont la cause ne paraît pas très nette.

Quelques bronchites, quelques glandes dans l'enfance qui ont disparu.

La malade revient le 15 mai 1914. Amélioration déjà sensible.

La malade souffre beaucoup moins. La tension est absolument normale. Il Y a encore de la descemetite, mais moins généralisée, plus localisée à la partie inférieure de la cornée.

Sous l'influence de l'atropine, les synéchies ont été rompues. Il ne reste des synéchies en fuseau, que comme une traînée de poussière, qu'à l'examen par l’ophtalmoscope, on voit comme autant de petits points noirs.

3 juin 1914. — L'amélioration continue, La chambre antérieure est normale, sauf qu'ont apparu en bas, au niveau

de l'iris, deux petits nodules très caractéristiques, blan-

es (IT qe

châtres très nettement localisés, et qui sont finement vascu-

larisés.

La descemetite existe toujours. Mais les colonies sont plus espacées, la cornée est absolument claire.

Il ÿ a toujours les deux petites nodules inférieurs de l'iris.

11 juin 1914. — Les nodules blanchâtres ont pris un aspect plus seléreux, plus fibrineux. Ils sont encore beaucoup

mieux circonserits, Et toute vascularisation a disparu, La malade ne souffre plus du tout. V — Ed et elle est

très satisfaite.

OBSERVATION II

M. L..…., quarante-quatre ans, découpeur, 19, rue Aristide, Parc Saint-Maur.

Le malade vient consulter, le 9 juin 1914, parce qu'il a un trouble, un voile sur l’œil gauche.

Aucune autre maladie oculaire jusqu'à cet âge.

A l'examen, on trouve :

1° Une injection périkérasique ;

2° Une descemetite généralisée.

Une trentaine de ces dépôts blanchätres occupe toute Ja surface de la cornée, les colonies microbiennes sont plus serrées et plus rapprochées à la partie inférieure de la cornée.

L'iris est absolument sain.

Antécédents héréditaires. — Père mort de bacillose,

Malade a eu une pleurésie à dix-huit ans, et depuis il tousse tous les hivers.

A l’auscultation des poumons, rien d'anormal.

Pas de manifestations ganglionnaires.

Quelques douleurs rhumatismales.

O Wassermann fut négatif.

+ Intradermo d'une réaction positive, avec quelque exagération des phénomènes locaux.

Le malade est soumis à l’iodogenol, XL gouttes par jour.

13 juin 1914. — Le malade revient après avoir suivi son traitement.

L'injection périkératique a complètement disparu. Plus de photophobie.

Au lieu de trente points de descemetite qui « criblaient » la cornée, on n’en compte plus qu'une dizaine.

Le trouble de la cornée a disparu.

La vision est de deux tiers faible.

Le malade va continuer son traitement.

OBSERVATION I

Mie C..., quinze ans, 25, rue Custine.

La malade vient consulter à la cliniquele 4 octobre 1913, parce que soni œil gauche la gène, et elle souffre de maux de tête.

Depuis huit jours, elle a remarqué que son œil devenait rouge. Elle se frottait constamment cet œil qui la génait. Elle avait, d'autre part, l'impression d’un voile léger qui était toujours devant son œil.

À l'examen. — 1° Injection périkératique ;

2° Côrnée : descémétite: on compte 35 points très nettement localisés avec un trouble de la cornée, très léger. Cette descémétite a envahi toute la cornée,

Pas de lésions du fond de l'œil.

Antécédents personnels. — Rougeole à six ans. Mais depuis enfance, rhumes fréquents.

Une bronchite à huit ans. Depuis tousse tous les hivers.

A neuf ans, on voit apparaître de nombreuses glandes. Ces glandes existent toujours. Actuellement à gauche deux gros ganglions, un sous-maxillaire à gauche, unautre le long de la gaine du sterno-cléido-mastoïdien à droite, un autre ganglion le long du trapèze entre le trapèze et le sterno-cléido-mastoïdien.

La malade a été soignée trois mois à Berck-sur-Mer pour sa toux persistante, son amaigrissement.

Wassermann fait négatif.

Intradermose très nettement positive, avec forte réaction

générale et locale.

Antécédents héréditaires. — Père mort tuberculeux. Frère chétif, réformé pour bacillose ; à Berck, fut soignée pour ses ganglions. On voit encore deux cicatrices apparentes.

Dans ces conditions, traitement par triade institué.

23 octobre. — Déjà amélioration. On ne voit plus que

7 points de descémétite.

O.D. Av. —5V.= >

5 novembre. — Très grande amélioration.On ne voit plus en bas que 2 points de descémétite.

D D AS ti ;

Malade continue son traitement, 9 décembre 1913. — Plus aucune trace de lésions quel-

conques.

Page 1