‹ Essai sur la typographieChapitre 10 sur 44 · I IG · texte numérisé non relu

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immenses travaux littéraire! ettypograpliiqurs de ce savant imprimeur, el de la gloire qu'ai • quil Ptoléméea former une vaste bibliothèque, mais bornée par «tes murailles, tandis qu'Aide tondait une bibliothèque qui n'aurait d'autres bornes que celles de l'univers.

Aide donna aussi celte année une édition de Pline lejeune en formai ln-8°, et les Rhetoret Grxci, 1 vol. in-f°, très-bien impri s.

En 1509 Aide ne publia dans le formé! in-i que les opuscules de Plularque in-l°; e'esl la première édition. Dans le format in-8" il donna une seconde édition d'Horace, plus correcte que la première, accompagnée d'un excellent traité De Me/ris Horatianis, composé par lui avec tant de méthode qu'il fut souvent réimprimé.

La ligue de plusieurs rois de l'Europe contre Venise et les désastres qui en furent la suite forcèrent Aide à suspendre de nouveau les travaux de son imprimerie pendant les années 1510 et 1511. Elle fut enfin rouverte en 1512, année de la naissance de Paul Manuce.

Celte année parut la troisième édition de la Grammaire Grecque de Lascaris, formai in-4°, et dans le format in-8° les Erotemata de Chrysoloras , les É pitres Jamilières de Cicéron , Yalcrc- Maxime et Martial.

En 1513, dans le format ia-8°, les Commentaires de César , Ciceronis Epistolœ, et Pindare. Cette édition, belle et rare, est imprimée en caractères grecs plus gros que ceux de ses autres ouvrages. Jusqu'à la nouvelle recension des manuscrits faite par BœcMi , elle servit de base à toutes les éditions. Dans la préface adressée par Aide à AndréNavagero, il lui dit .

« Voici déjà quatre ans, cher Navager, que j'ai dû suspendre mes travaux, quand j'ai vu l'Italie tout entière en proie au cruel fléau d'une guerre acharnée. Je fus forcé de quittei Venise pour tâcher d'obtenir la restitution de mes champs el jardins perdus, non par ma faule, mais par celle de ces temps désastreux. Démarches inutiles ! etc. »

Celte même année parut dans le format infolio :

l° Rhetorum GrœcorumOrationeSten trois parties. On y trouve plusieurs discours de-

gnant la vitesse, à cause de la rapidité avec laquelle il fend les ondes, et l'ancre étant une marque de •...lidité et de constance, ce» deux emblèmes exprimeraient avec justesse que pour travailler solidemen' il faut travailler sans relâche, mais cependant avec une lente reflexion. A ce sujet on voit dès t«9 Aide éerire au prince de Carpi, à la lin du recueil des anciens Astronomes •• « Sum ipse miW opllmus testis ne semper habere comités, ut oportere aiunt, dclphinuin et anchuram. Nain et dedimus nuilta cunctanJo, et damus assidue. »

En 1371 l'empereur Maximilicn II, par un diplôme de noblesse du 28 avril icti .accorda a Paul Manuce le droit d'ajouter à ses armes l'aigle impériale. Mais la mort de Paul Manuce, survenue peu après, ne lui permit pas d'imprimer ces armes sur aucun de ses livres Elles ne parurent que sur ceux. d'Aide le jeune, son (ils.

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couverts au mont Athos par Lascaris, pendant la mission que Laurent de Médicis lui avait donnée pour recueillir des manuscrits en Grèce. « En sorte, dit Aide dans sa préface dédicatoire à Francisco Faseolo, que si ces discours nous sont conservés, c'est autant à Laurent de Médicis qu'à Lascaris, cet homme unique en savoir et en qualités de tout genre, qu'on en est redevable. » Dans cette préface il signale les bienfaits du ponlilicatdeLéon X(l).

2° Platon. Celte belle édition, aussi rare que précieuse, publiée par les soins réunis d'Aide et de Musurus, est dédiée au pape Léon X, dont Aide reçut de nouveaux privilèges. Aide écrit dans la préface qu'il voudrait racheter d'un écu d'or toute faute qui pourrait s'y rencontrer (2).

3° Alexander aphrodisiensis. Dans sa'préface au prince de Carpi, Aide lui raconle qu'un grand travail entrepris sur les Commentaires et sur d'autres auteurs et médecins grecs par F. V. Bergomas fut brûlé, ainsi que la bibliothèque si précieuse de ce savant , et qu'au moment où il imprime cet ouvrage « Vicinae ruptis inter se legibus urbes. Arma ferunt, sœvit toto Mars impius orbe.

Toutefois, ajoute-t-il, je ne cesserai pas de remplir mes promesses et de rouler le rocher jusqu'au sommet de la montagne. »

4U CornucopicC, ou recueil de grammaires et commentaires latins, tels que Jerentius , Varron, Festus, etc.

5° Un recueil d'ouvrages d'Aristole, de Théophraste, sur l'histoire naturelle, etc.

En 1514, Aide publia : dans le format in-folio le dictionnaire d'ffesychius, première édition; Athénée et Suidas; — dans le format in-4°, les traités de Rhétorique de Cicéron, les Agronomes, Caton, Varron, Columelle, etc.; Quinlilien, et une nouvelle édition de la Grammaire Latine ; — dans le format in-8°, Il Petrarcha, ÏArcadia di Sannazar, une réimpression de Virgile, Valère- Maxime.

En 1515, année de lamort d'Aide, parutdans le format in -8° Catulle, etc.; Lactance, Div'inœ lnstitutiones,où se trouve une espèce d'éloge funèbre d'Aide, par J.-B. Egnalius de Venise. Il y énumère les grandes qualités qui

(i) Hoc enim, Ponteficc, tôt rapinte, lot cœdes, tôt liominum seelera cessabnnt, et bella in priinis inalorura omnium causa, hoc pacis fllio renovabitur nnindus. Hic ille est quein afflicti, opressi. submersi promissum expectabamus. Hic vir hic est aurea condet secula, qui rursus l.atio regnata per arva Saturno quondam. Hic ille Léo, de quo scriptum est; vinect Léo ex tribu Juda.

Di patrli indigetcs.et rtomule, Veslaque mater, elc.

Cette epître est datée de mai iMr>o.

(î) « Etsi opère in magno fas est ohrepere somnum ( non enim iinius diei tiic Inbor est noster, sed inullornm annoruin , alque intérim nec mora née rcquies 1, sic tamen doleo, ut, si possem, raularcm mu t'iila errata miuiinn amen. »

RAPIIIK

rendent le nom d'Aide célèbre dans toute l'Eu. rope, et il y déplore sa mort, occasionnée par l'excès d'un travail de jour et de nuit.

Lucain,lâ Folie d'Erasme, le Dante, Lucrèce, parurent après la mort d'Aide Manuce, ainsi que sa Grammaire Grecque, publiée par Marc-Musurus.

Aide l'ancien mourut le 6 lévrier 1516. Par ses ordres, son corps fut porté à Carpi, chez le prince dont il avait été le précepteur ; il voulut aussi que sa veuve et ses fils allassent demeurer dans cette principauté, où ces princes leur firent don de quelques possessions. Aide fut enseveli dans l'église de Saint-Patrinian , avec des livres dont on l'entoura. Son oraison funèbre fut prononcée après le service par Raphaël Regius, professeur de cette ville.

Outre son mérite personnel, Aide fut doué des plus rares qualités morales, et sut s'attirer l'amitié et la confiance des savants et des hommes les plus distingués de son époque. H fut lié avec Henri Estienne, premier du nom; avec Arnold deBergel, l'auteur d'un poème sur l'origine de l'imprimerie, et avec Théodore de Bèze, Joach. Camérarius, les princes et les nobles les plus distingués de l'Italie. 11 eut pour collaborateurs : Démétrius Chalcondyle, Marc Musurus, Gir. Aléander, Érasme (I), etc.

C'est Aide qui eut l'heureuse idée de former une véritable académie, composée d'hommes distingués par leur savoir, qui se réunissaient à un jour fixé chez lui pour traiter de questions littéraires et s'occuper du choix des ouvrages les plus utiles à imprimer, des meilleurs manuscrits et des meilleures leçons à adopter.- La constitution de celte académie fut rédigée en grec. Pour en assurer la durée, Aide sollicita de l'empereur Maximilien 1er son autorisation par un diplôme impérial; mais celte académie, fondée en 1500, se trouva dissoute par la mort ou la dispersion accidentelle des membres qui la composaient et qui n'étaient pas remplacés. Voici la liste des membres de cette institution, appelée Aldi A'eacademia :

Aide, président; Pierre Bembo ( depuis cardinal) ; Daniel J\.\n\er\, sénateur vénitien et procurateur de Saint-Marc , très-savant en grec, en latin et en hébreu; Marino Sanudo, sénateur et historien de Venise; Nicolas Guideco, Vénitien ; Scipion Fortiguerra, rf/f Carleromaco, de Pistoie, et son frère ou son parent Michel Forliguerra; Valérien Bo\znn\o, de Bellune, religieux; Didier Érasme, de Rotterdam; (.irolamo Avanzio, de Vérone; Benedetto Ramberti, de Venise ; Pierre Alcyoneo, Vénitien; 3. B. Egnazio, Vénitien, professeur d'éloquence à Venise; J. B. Ramusio, de Venise, Jils de Paolo et auteur du célèbre recueil de Voyages; Aless. Boudeno , de Venise , dii Agathéméron; Marc Musurus, de Candie, depuis archevêque de Moncmbasia ; Marc-Antonio Coccio Sabellico, de Vicovaro près de Rome ;

(il Cette amitié se refroidit sur la fin.

J. Gregoropulo , de Candie , licnedelto Tyrreno; Paul Canale, noble vénitien; Jean Gioconrlo, de Vérone; François Roselto, médecin de Vérone; Girolarno Alëandro, depuis cardinal; Girolamo MenoccbiO, de Lucques; Jean de Lucca, médecin; Giustino Decadco, de Cor [mi; Aristobulo Apostolio, de Candie ; Arsenio, depuis archevêque de Monembasie; Thomas Linacre, Anglais, grammairien et philosophe; Gabriel Braccio; Jean Lascaris, Uhîhdacenus grec; Démétrius Ducas, de Candie; Angiolo Gabrielli, Vénitien ; Alberto Pio, prince de Carpi ; Andréa Torresano, imprimeur, beau-père d'Aide ; et les deux /Us Torresani.

Secondé par quelques-uns des membres de cette Académie, chaque mois Aide faisait paraître un volume (1).

A son arrivée à Venise, Aide s'était chargé de lire et d'expliquer publiquement les meilleurs écrivains grecs et latins ; il continua plusieurs années ce cours, qu'il faisait â une nombreuse réunion de jeunes gens.

C'est par un travail assidu , une constance énergique et une vie frugale qu'Aide put suffire à ces immenses travaux, accrus par la célébrité même attachée à son nom, qui le forçait de répondre aux lettres dont il était accablé , d'écouter les lectures qu'on lui venait faire, et de recevoir les curieux qui le questionnaient sur ses entreprises littéraires. C'était souvent en vers latins qu'on le consultait et qu'on lui conseillait d'imprimer tels ou tels ouvrages. Bien plus, des libraires, tels que Bologni de Trévise, lui écrivaient en vers latins pour lui demander des livres à crédit. Puis c'étaient des visiteurs de distinction, qui sollicitaient de lui la faveur de visiter son imprimerie; des curieux qui, n'ayant rien à faire, se disaient : « Allons chez Aide; » en sorte qu'il dut chercher à les éloigner par une inscription qu'il plaça sur sa porte (2).

(j) « Mille et amplius alicujus boni autoris volumina singulo quoque mense erniltimus ex academia noslra », dit-il dans sa prélace de l'Euripide, isos.

(2) Mini duo surit, praeter sexcenta, alia quibus studia nostra assidua interpellatione irapediuntur : crebrœ scilicet literœ vlrorum doctorum qua; undique ad me mittuntur, quibus si respondcndiim sit, dies totos ac noctes consumam scribendis epistolis : et ii qui ad nos veniunt partiiu salutandi gratia , partim perscrutaturi si quid novi agatur, partira, quae longe major est turba, negotii inopia. Tune enira , earaus, aiunt, ad Alduin. Veniunt igitur fréquentes, et sedent oscitabundi.

Non missura cutem nisi plena cruoris Iiiriulo.

Kltto qui veniunt recitaturi, alil carmen, alii prosa oratione aliquid, quod etiam excusum typis nostris publicari cuplanl, idque rude et incastigatum pleru nique

A quibus me cœpi tandem permolestis interpcllatoribus vindicare. Nam iis qui ad me scribunt, vel nibil respondeo , cura quod scribitur non raagni intersit; vel, si intersit, laconice. Quara quidem rem, quoniam nulla id a me ût superbia, nullo contemptu , sed ut quidquid est otii, consumam edendis bonis libris. Rogo ne quis gravius ferat, neve aliorsura atque ego facio, accipiat. Eos autem qui vel salutandi, aut quacuuique alia causa ad nos veniunt, lie poslbac

RAIMIIK

Aide l'ancien , après \ in^t-< »nq MM de pé nibles travaux et d'une vie économe el même

parcimonieuse, si l'on en eroil Erasme 'iy, laissa ses enfants presque sans loi tune, .i mourut a peu prêt pauvre.

Henri EstieDDC a COmpOté en -on honneur deux pièces, l'une en vêts grecs, l'autre eu vers latins.

André d'Asola ( Turri.sanus).

Beau-père d'Aide, André d'Asola (Torregiano), qui s'était chargé de la tutelle des quatre enfants laissés par Aide, acheva les travaux commencés. Secondé par ses deux fil-, François et Frédéric, il publia un grand nombre d'éditions grecques et latines fort estimées, qui portent cette indication : in JEdibus Aldi et Andrex Asulani soccri. La première édition du texte grec de la Bible des Septante in-f" parut en 1518, deux ans après la mort d'Aide. 11 avait consulté plusieurs manuscrits pour en établir le texte. Wallon le préfère à celui de la Polyglotte de Ximenès ; Morin en fait grand cas, quoiqu'il ne le trouve pas exempt d'extraits de Théodotion.

En 1529 André d'Asola mourut. Des discussions de famille firent fermer l'imprimerie jusqu'en 1533, année où Paul Manuce, qui avait fait de fortes études, rouvrit l'imprimerie paternelle; elle fut régie par lui au nom el au profil des héritiers réunis d'Aide et d'André : in jEdibus heredum Aldi et Andréa; Asulani soceri. Cette association produisit peu de publications importantes. En 1540 la société se rompit, pour recommencer au nom des seuls fils d'Aide : Aldïfdu.

Paul Manuce.

Paul Manuce devint à vingt-huit ans, et en quelque sorle malgré lui (2), le chef de l'imprimerie paternelle , à laquelle il rendit tout

molesti esse pergant, neve importun 1 interpellant labores ac lucubrationes nostras, curaviraus adiuonendos epigrammate, quod quasi aliquod cdictuin videre licet supra januas cubiculi nostri, his verbis ■ quisquis es , rogat te aldus etiam atque etjam : ut si quid est quod a se velis. i>ertaucis agas, deinde actutum abeas ; nisi tanquam Hercules, defesso Atlante, veneris surrosrruRUs humeros : semper enim erit,

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