‹ Essai sur la typographieChapitre 40 sur 44 · LE COMPOSITEUR · texte numérisé non relu

LE COMPOSITEUR

Voyons présentement quel est l'office de ce compositeur, qui se tient toujours debout. J'aperçois devant lui des casses, ou toules les lettres' sont rangées par ordre dans les cassetins. Il imitera par leur moyen les plus rares chefsd'œuvre de l'écriture. J'admire sa savante activité, qui tire de chaque cassetin la lettre propre à rendre ce qu'il lit sur sa copie. Rangées une à une sur son composteur, une espace en sépare chaque mot. Il donne à toules ses lignes une égale longueur; car sans cette attention la page nepourraitétreliée et bien arrêtée dans la galée.

Attendez que la planche soit en librement composée. Vous le verrez, fidèle à son art, la transporter d'abord sur un marbre bien uni, disposer tout avec ordre, et avec grand soin , alin qu'à l'impression tout marque bien sur le papier. Pour cela il place ses bois, prend des coins dont il serre la forme à coups redoublés. II la soulève ensuite pour s'assurer si rien ne remue, et s'il

sont serrées au moyen d'une vis adaptée à l'un des côtés d'un coffre en bois nommé coupoir, au milieu duquel le Justifleur est place. Le fer du rabot forme comme une gouttière ou canal au pied de la lettre en enlevant dans le milieu de toute la ligne les Inégalités résultant de la rupture du Jet.

8 L'ouvrier compositeur, qui est toujours debout, et qui prend les lettres dans les cassetins, en suivant sa copie pour les placer dans le composteur, qu'il tient dans sa main gauche.

9 Casse, espèce de tiroir de bois, divisé par petites cases carrées, qui contiennent les lettres.

10 Cassetins ou autres cases carrées plus ou moins grandes, dont chacune contient une seule sorte de lettres.

" Composteur, petit instrument de fer, fermé aux deux bouts et ayant un rebord sur lequel on range les mots: il rend les lignes d'une page toujours égales, afin que l'on puisse lier la page dans la galée, qui est un xarré de bois creux, ayant quelquefois une coulisse.

13 Coins de bois, avec lesquels on serre la forme dans un châssis de fer, où les pages, suivant l'ordre du discours, sont imposées sur un marbre uni. Chaque page est entourée de garnitures en bois ou en

In quadro dcnsare iteratis ictibus : alla Littera ne recidat, tenlabit; deinde levablt. Kit primum Spécimen : corrector menda perilus Kxpungit , calamo signans in margine chartu', Ut tenui retrahantur Acu de corpore forma;.

TYPOGRAPHUS

hein opifex aptat substratam marmore Preli

Hanc tabulam. Apparent mira instrumenta pre-

[ mentis Lamnœ i:\ quamnoslrasuspendimusarteColum-

[ nis.

Respice roboream Compagem u, Tympana lh

[Clathros ">' ,

lit Funes ", Cochleamque '\ Manubria l9, cerne

[Palangam20;

Uonec chalcociuphus 21 Quadri22 cum forlice

[chartam Rescindit, ne sint quaedam mordeotia signa. Hic capulo sumit Folles 23 de vellerc plenos Pellibus impacto, quos tingit utrosque colore, Et movet hinc illinc ; vi multa terque quaterque Immotam formam haud flaido inficit Alramen- Tenditur interea molli madefacla papyrus [to24. Membranae : exiguis remanet conlixa duabus Cuspidibus, conferta e Pannis Tympana25 volvens Preli opifex ducit sub Lamnam ; Vecte26 retracto Bis premit. Ecce refertcbarta haecrevoluta lypo- Efligiem, quorum serval signala liguram. [rum Plura brevis spatio sic verba typographus hora}

fonte. L'ouvrier sonde ou soulève la forme pour voir si rien ne peut tomber avant qu'il la lève; et quand les fautes sont marquées sur la première épreuve que l'on fait , il les corrige eu enlevant avec la pointe les lettres qu'il doit changer et en mettant à la place les lettres qu'il faut.

Pour l'impression d'une feuilie in-octavo on dispose huit pages dans le châssis qui doit servir à imprimer le recto, et les huit autres pages dans celui qui doit servir a imprimer le verso de la feuille.

15 ('latine, ou plaque de cuivre qui s'abaisse sur les tympans et sur la forme. Elle est attachée ordinairement avec des cordes, mais ici elle est suspendue par quatre colonnes d'airain (ce qui a été Inventé par l'auteur de ce poème).

»4 Les Jumelles ou tout le bois dont la presse est composée.

'* Deux tympans, ou cadres de bois et de fer recouverts chacun d'une peau de parchemin; ils s'ajustent l'un sur l'autre, et dans l'entre-deux on place des blanchets ou étoffes; à cet effet le petit tympan est mobile. Sur le grand tympan on applique une pointe de chaque côté. Ces pointes, placées sur les bords du tympan, vers le milieu, servent pour marger le papier, et font deux trous à la feuille, dans lesquels on fait rentrer le papier lorsqu'on imprime son revers, alin que les pages se correspondent et soient bien en registre. Voy. pi. xxix, fig. X.

16 Frisquette ou châssis de fer recouvert d'une feuille légère de carton, qu'on découpe avec des ciseaux, en suivant le contour des pa^es de la forme, de peur que rien ne morde et ne barbouille. Ce châssis, qui s'abaisse sur le grand tympan, y est attenant au moyen de deux brochettes et de deux couplets.

" Cordes ou vaches attachées par un bout au coffre de bois (dans lequel est enchâssé le marbre Jet par l'autre bout au derrière de la presse. L'ensemble, ou train, est mis en mouvement au moyen d'une manivelle.

15 La vis de l'arbre de fer, dont le bout d'en haut

ne se détache point de lettres. L'estel fait . il i lève. Alors on fait mu- première épreuve ■ i babilecorrecteuren marque les fautes a i avec la plume, et le compositeur I suitesursa (orme, an moyen d*ui laquelle il enlevé les lettl

Page 1