I.audent ergo ali! Polycletos l'arrhasiosve
Et quotvis alios id genus artifices, lngenuas quisqnis musarum diligit arles
In primis Ipsum laudibus afficiet.
Nec vero tantnm quia multa voluiuina, quantum
Quod perpulchra simul optimaque exhlbeat.
Il publia en outre cette même année les Offices de Cicéron; une nouvelle édition de Épltres de Cicéron ad familiares ; Priscien, De Arte Grammatica, où les passages grecs sont laissés en blanc; Martial, édition princeps; Quinte- Cur ce, et le Commentaire de Donat sur Térence. Chaque année il publia une suite nombreuse d'auteurs latins.
Cette même année 1470 le Français Nicolas Jenson, que Louis XI avait envoyé dès 1462 à Mayence pour y surprendre les secrets de l'art, vint s'établir à Venise. D'après le récit
(0 Au bas du verso de chaque page le mot entier de la page suivante est placé en réclame.
deLaire(i), lorsque Jenson revint i il trouva ton ; aye en pro e aui troul cités pai la ligue des mécontent* i\ ; • lée I du bien public, en sorte que le roi d il ubocer au projet qu'il avait formé.
Un autre manuscrit ra| ■ oi U* le n en e fait, mais sous* le réfene de Charles VII, en I .Jenson y est qualifié de maître de la monnaie de Tours; ce manuscrit dit qu'à sou retour de Mayence en France ayant trouvé Chartes vu mort, il alla s'établir ailleurs. Au surp ajoute M. Daunou, M. Sardini a fait en trois volumes in-(" une histoire assurément trèscomplète de cet imprimeur (2).
Jenson a donné dans son édition delà Rnélorique de Cicéron ad llcrennium, 1470, lé type du beau caractère romain, que Garamond a suivi, et dont on ne saurait s'écarte! tomber dans la bizarrerie ou le mauvais goût. Cependant en 1475 Jenson grava un caractère semi-gothique, avec lequel il imprima la Cité de Dieu de saint Augustin. En I47G il imprima une Bible en gothique. Enfin le Bréviaire in-fu qu'il donna en 1478 offre des formes encore plus gothiques (3). « Dans ce dernier ouvrage Jenson est appelé le prince des imprimeurs de son temps, comme si la perfection de l'art eût consisté dans les difficiles bizarreries qui en altéraient la pureté. »
Le premier livre que Jenson imprima fut la Préparation Évangélique d'Eusèbe que ces vers terminent :
Artis hic et fidel splendetmirabile nurnen : Quod faina aulores, auget honore deos.
Hoc Jenson Veneta Nieolaus in urbe volurnen Prompsit : cui felli Gallli terra parens. etc..
La même année il imprima Justin, la Rhétorique, et autres écrits de Cicéron ; et les années suivantes il continua le cours de ses éditions, aussi remarquables par la pureté de la forme des lettres que par la beaulé de l'impression. Gabriel Naudé a fait avec raison un grand éloge de ses nombreuses et belles éditions, dont il dit avoir vu «plus de trente gui ne le cèdent « en rien aux meilleurs et aux plus beaux li- « vies que nous ayons à présent ».
A Rome les imprimeurs allemands avaient introduit les formes demi-gothiques; mais les imprimeurs de Venise préférèrent avec raison les belles formes des manuscrits romains qui se sont conservées jusqu'à nos jours avec de légères modifications, effet de la mode, niais
(i) Typographia Romana, p. 42.
(2) Esame sui principii delta Fancese et Italiana Tipografla, ovvero storia criticadi Nicolao.it da Giac. Sardini; Lucca , Bonsignori, 179G-9--98.
(s) Il porte cette souscription ■ Nujits operis rorrector exstitit Gcorgius de Spathariis, presbyterorum miniums : impressor vero Aie. Jenson . Caliieus : hac nostra tempestate impressorum princeps. Daunou fait remarquer qu'autant la souscription de la Rhétorique avait été simple et modeste, autant celle du Bréviaire de U7n fut emphatique et fastueuse.
inconstantes comme elle (1). La faveur qu'obtinrent les éditions de Venise, surtout celles qu'ira primaient Jean et Vendelin de Spire, Nicolas Jenson, Jean de Cologne et Jean Manthen fut telle, que les libraires des autres villes avaient soin d'avertir que leurs éditions étaient faites avec des caractères de Venise.
Nicolas Jenson reçut du, pape Sixte IV le titre honorifique de Cornes Palatinus (2). Plusieurs ouvrages du quinzième siècle portent qu'ils ont été imprimés inclytis instrumentas Jenson, ou inclytis famosisque caracteribus optimi quondam in hac arte magistri N. Jenson, etc.
En 1471 Christophe Waldarfer imprima les Lettres de Pline, le Commentaire de Servius sur Virgile , le Décaméron de Boccace et les Discours de Cicéron, auxquels il ajouta ce quatrain :
Aspice quam mira libros impresserit arte, Qiiara subito veteruiti tôt monumenta dcdlt
Nomine Christophorus Valdarfer, gentis alumnus Ratisponensis Valdarfer, gloria magna soll.
En 1474 Jean de Cologne et Jean Manthen deGherretzem imprimèrent à Venise un grand et bel in-folio, intitulé Baldi Lectura super Codicem, etc. Jusqu'à la moitié ce livre est imprimé sans signatures; elles y sont ensuite introduites, et continuent jusqu'à la fin. C'est la première fois qu'on en voit paraître l'usage.
Un autre Français, Jacques des Rouges, en italien de Rossi,ea latin de Rubeis, vint aussi imprimer à Venise. Ses éditions sont justement célèbres. On cile entre autres une histoire de Florence de Léonard d'Arezro , 1476, et une autre du Pogge, même année, un Ovide de 1474, un Virgile de 1475.
Clément Patavinus, Adam de Ambergau et Erhard Ratdolt vinrentaussi s'établir à Venise, où ils imprimèrent un grand nombre d'ouvrages.