L'IMPRIMERIE A VENISE
Jean de Spire vint établir son imprimerie à Venise, où il débuta, comme avaient fait à Rome Sweynheim et Pannartz, par une édition des Épîtres de Cicéron ad/amiliares, 1469. On y lit ces vers à la fin :
Primus in Adriaca forrais impressit aenis Urbe libros Spira genitus de stirpe Johannes. In reliquis sit quanta vides spes, lector, habenda Quum labor hic trimbs cala ml superaverit arlcm. MCCCCLXVIUI.
On croit que la première édition de Tacite, sans date , mais qu'un distique latin placé à la lin déclare imprimée par Jean de Spire, est antérieure à l'édition des Épitres de Cicéron. En 1469 Jean de Spire publia V histoire Naturelle de Pline(\). Les citations grecques sont écrites en lettres latines. Les Épitres de Cicéron furent bientôt réimprimées au nombre de 300 exemplaires, indiqué par ces vers :
Hesperia; quondam Germanus quisque libcllos Abstulil : en plura ipse daturus adest;
Namque vir ingenio mlrandus cl artc Johannes E\scribi docuit clarius xre libros.
Spira favet Venetis : quarto nain mense peregit Hoc ter centenum bis Ciceronis opus.
En 1469 Jean de Spire obtint du sénat de Venise un privilège exclusif pour l'exercice
cmendatlsslmls mandentur t.vpis egregia Sanclorum Patruni Insigniorumque Scholastieorum scrlpta, partim injuria temporum, partim hominum vitio, igno-
ranter depravata Cuni lypographia in Ip-o Vati-
cano Palalio dlvinitus crecta, tamque arx munitissima sit veritatls orthodoxa;, non solum tuend.T , verum etiam propagande ; cv caque proditura sint emendatissima Palrum seripta, qua? auxilii ornamentique plurinnim alferrent christiana: pietati.
(i) Hardouin ne connut pas cette édition : en plusieurs endroits elle confirme ses conjectures ; mais elle donne pour d'aulres de meilleures licous.
de l'art de l'imprimerie à Venise, attendu, dit ce privilège, que l'introduction liiien est due, et qu'à l.i prière de tons il a imprimé déjà les Épilresde Cicéron vi le noble ouvrage de Pline, à un grand nombre, ^exemplaires , en caractères d'une forme admirable, ele.
Mais Jean de Spire mourut peu après l'obtention de ce privilège, dont il no put jouir, car on lit en marge : nullius est vigoris , quia obiit magister et auctor.
En présence d'un acte aussi authentique on ne saurait prétendre que Nicolas Jenson ait précédé Jean de Spire à Venise. La date de MCCCCLXI qui se trouve au Décor Puellarum, imprimé par Jenson, doit. donc. être réputée fausse; le chiffre X aura élé oublié, soit par mégarde, soit à dessein.
Jean de Spire avait commencé l'impression de la Cité de Dieu de saint Augustin ; son frère l'acheva en 1470, et mit a la fin :
Qui docuit Vendus exscrlbi posse Johannes Mense fere trino centena volumlna l'Uni lit totidera magni Ciceronis SriRA libellos Cœperàt Aurcli : suMta sed morte peremptus Non potiiit cœptum Vendis finire volurnen: Vindeuncs adest ejusdem frater, et arte Non minor, Adriacaque inorabltur urbe.
MCCCCLXX.
Il n'est point fait mention dans ces vers de la seconde édition des É pitres de Cicéron ni même de Tacite, sans date il est vrai, mais qui porte cette indication :
historla? pater est :
Insigni quem laude feret gens postera : presslt SriRA preinens : artis Gloria trima sua; (i).
Vindelin imprima en 1470 Sallusle, in-fol. ' à quatre cents exemplaires, et le réimprima l'année suivante. La même année 1 470 il fit paraître Tite-Live et Virgile, tous deux d'après l'édition qu'en avait donnée à Rome l'imprimerie de Sweynheim et Pannartz. A la fin du Virgile on lit ces vers :
l'rogenitus Splra formis monumenta Maronis
Hœc Vindelinus scripsil apnd Venetos.