‹ Essai sur la vie et les œuvres de LucienChapitre 11 sur 140 · Sur les êalariéa · texte numérisé non relu

Sur les êalariéa

2. Double accusation , 27. c Enfin , dit la Rhétorique , nous all&mes en- • semble jusqu'en Oaule , où je reorichis {tviropii(rOai ittoiriffa), i Le mot

sage , nous savons de plus qu'il y recevait un salaire public en qualité de rhéteur, et que ce salaire était élevé *. Évidemment , il enseignait la rhétorique grecque dans quelque ville des Gaules , aux frais d'une de ces municipalités lettrées qui tenaient à honneur d'attirer par l'offre de larges émoluments les sophistes en renom. Il n'y a d'ailleurs aucun indice qui permette de conjecturer quelle était cette ville.

Le seul souvenir de la Gaule qui subsiste dans les écrits de Lucien est celui du dieu Ogmios, qu'il a décrit dans son Héraclès , en l'assimilant au dieu grec de ce nom. Cette description est fort intéressante en elle-même , puisqu'elle constitue l'unique témoignage que nous ayons sur une des plus curieuses divinités gauloises *. Mais elle l'est aussi , à un autre point de vue , par la fidélité avec laquelle elle nous représente la manière d'être de Lucien au milieu des barbares. Nous voyons que tout en les questionnant à l'occasion , il ne faisait aucun effort pour se rapprocher d'eux. Il ignorait leur langue, et son goût était offensé de ce qui leur plaisait'. Dans ces conditions, ses pensées devaient se tourner fréquemment vers le pays où il avait été élevé. Il a parlé . dans un de ses écrits , des regrets que la patrie inspire à ceux qui vivent et prospèrent loin d'elle : a Ceux », dit-il, a qui se font une renommée loin de chez eux, » soit par les richesses qu'ils acquièrent . soit par la considéra- » tion qu'ils obtiennent , soit par la culture d'esprit dont ils » font preuve , soit enfin par un courage qui leur mérite des » éloges, ceux-là , sans exception, sont tourmentés du désir

Kc^TCxiq désigne bien ici la Gaule proprement dite, et non la Cisalpine. On voit dans V Apologie ,15, que le rhéteur Sabinus allait visiter les bords de l'Océan , quand il rencontra sur sa route Lucien.

1 . Apologiey 1 5 : 'Ent prixopt^ ^fioviçi fiiyifjraç fuvOofOpàç èvcyxâpfyoy, et , dans la phrase suivante : cvéru^cç n/xîv roiç pcya^optoGotç roiiv ffOfCOTûv haptOuovfiévùtç,

2. Amédée Thierry , Hiat. des Gaulois , IV, I. (t. I, p. 482, édit. in 12 ).

3. Héraclès , 4 : c Je restai longtemps à regarder cela , étonné , embar- 9 rassé , et offusqué de ce que je voyais ( davpaÇttv xac ttfropwv xot àyaf vonerâv). »

» de retourner dans leur pays ; car c'est là qu'il leur plaît de » faire voir tout ce dont ils s'honorent. Et plus on a obtenu » d'estime chez les étrangers , plus on est pressé de se retrouver enfin chez soi^ jd La situation décrite dans ces lignes est tellement semblable à celle de Lucien en Gaule, qu'il est difficile de ne pas voir là , soit une demi-confidence , si ce discours a été composé alors , soit un souvenir , s'il a été écrit un peu plus tard.

En tout cas . il semble bien qu'il ait quitté la Gaule aussitôt qu'il se trouva suffisamment richç et qu'il crut sa réputation assez solidement établie \ Il revint dans son pays. Nous le trouvons en lonie , puis à Ântioche, en Syrie , dans les premières années du règne de Harc-Aurèle , au moment où la guerre des Parthes sévissait sur les frontières orientales de l'Empire. Il entendit alors , à Smyme peut-être ou à Éphèse, quelquesuns des sophistes qui entreprenaient déjà de la raconter '. Il vit à Antioche, en 462 ou 463, l'empereur Lucius Verus, venu en Orient pour se mettre à la tête des armées , mais en réalité uniquement occupé de ses plaisirs et de son amour pour la belle Panthéa de Smyme ^. Nous avons aussi, dans le Songe, le témoignage d'un séjour qu'il fit vers ce temps à Samosate, tout heureuK de montrer à ses concitoyens ce qu'il était devenu et de les éblouir de sa prospérité nouvelle '.

Il est assez probable que Lucien resta quelque temps à Antio-

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