Philostrate, Vies des Soph., I, 8, IV
3. Sur les salariés, 1. cJe connais beaucoup des peines qu'ils ont à subir, » ou plutôt je les connais à peu près toutes ; non pas, j'en atteste les dieux, » que j'en aie fait l'épreuve par moi-même ; jamais je n'ai été réduit à 1 cette nécessité, et je demande au ciel de m'en préserver toujours ; mais j'ai f reçu la confidence de beaucoup de gens qui avaient subi ce genre de vie. t
charmante et ragrément d'Athènes. Dans récrit Sur les salariés , il est phis violent encore. Suivant lui, les Romains, tout en accueillant les Grecs à cause de leurs talents , les redoutent , non sans raison : « car ils pensent que ces Grecs , introduits » dans leur intimité , vont faire connaître au dehors bien des » choses qu'ils voudraient tenir secrètes. Us voient en eux des » témoins trop bien informés pour lesquels ils ne peuvent rien » avoir de caché. Voilà l'inquiétude qui les étreint (touto toiVuv » àntyjtviyst ovtovç); car ils ressemblent tous sans exception à ces » livres somptueux, qui sont portés sur un rouleau d'or et revêtus » d'une couverture rouge écarlate. Ouvrez-les , et vous y voyez » Thyeste mangeant la chair de ses enfants , ou GBdipe parta- A géant la couche de sa mère , ou Térée devenu l'amant des » deux sœurs à la fois. C'est là leur image exacte. Au dehors, » ils sont glorieux et entourés de splendeur ; au dedans, sous » la pourpre , ils couvrent des infamies dignes de la scène » tragique. Déroulez la vie de chacun d'eux : vous y trouverez » un drame d'Euripide ou de Sophocle ; et pourtant la couver- » ture est brillante et les rouleaux du livre sont en or. Voilà ce » dont ils ont conscience. C'est à cause de cela qu'ils nous » haïssent et qu'ils cherchent à perdre celui qui , après les avoir » bien connus , s'éloigne d'eux pour aller publier leur déshon- » neur *. »
On sent , dans ces lignes , des impressions anciennes et profondes. Admettons qu'il les exagère quelque peu par l'entrainement naturel du style oratoire ; toujours est-il que la société romaine , dans son ensemble , lui a déplu. Je ne m'en étonne pas. Elle n'avait ni la discrétion dans le luxe, ni la délicatesse dans le plaisir, qui convenaient à son esprit fin et à son caractère tempéré.
Après l'Italie, ce fut la Gaule qui attira Lucien. Il nous apprend lui-même qu'il y fit fortune '. D'après un autre pas-