Suidas, art. Aouxcavoç
2. Photius, Biblioth.j 128. —Cf. Lactance, Instit. divineSj I, 9; etEunepe, Vieêdes PhUoKopheSf préface.
sanls donl se compose pour nous sa biographie ; mais ces faits sont en pelil nombre , et il y a malheureusement des périodes entières de sa vie dont nous ne savons rien. Il est impossible en conséquence d'offrir ici un récit suivi. Je vais exposer ce qui est connu, j'indiquerai ce qui est probable, je me tairai sur ce qui est ignoré.
La date de la naissance de Lucien est incertaine. Les conjectures les plus vraisemblables varient entre 120 et 130 après J.-C. Ce qui est sûr, c'est qu'il était dans toute la force de Tâge et du talent sous le règne de Marc-Aurèle (161-180), et que la plupart de ses ouvrages semblent appartenir à ce temps. On ne peut donc se tromper de beaucoup en admettantquMl vint au monde vers 125*.
Samosate , sa patrie, était une ville de Syrie , sur le cours supérieur de TEuphrate. Habitée autrefois par les rois macédoniens qui étaient devenus les maîtres du pays , elle avait dû subir dans une certaine mesure l'influence grecque. Il n'est pas douteux toutefois que sa population ne fût restée essentiellement syrienne*. Lucien lui-même nous apprend que quand il la quitta , vers l'âge de quinze ans environ , il portait le
1 . Suidas dit (art. cité ) : Fiyovs cirt toO KatTotpoç Tpatavoi) xat circxctva. Le mot yiyovc , dans cette phrase, ne me parait pas pouvoir signiôer autre chose que cil vécut i. Or il est hien certain que Lucien ne vécut pas sous Trajan. Preller ( art. Lucien , dans TEncyclop. de Pauly ) suppose que le nom de Trajan pourrait hien ici désigner Adrien, qui s'appelait aussi Trajan ; à la bonne heure ; en ce cas , Suidas se trouverait être de l'avis de tout le monde , ce qui est d'ailleurs sans importance. — La seule indication précise sur laquelle on puisse raisonner, c'est l'affirmation de Lucien lui-même, qui, dans son Hermotime (2 13 ), se donne pour âgé de quarante ans. J'indiquerai plus loin ( chap. II ) les raisons qui me font croire que ce dialogue a été composé en 165 ; c'est de la fixation de cette date que je m'autorise dès à présent pour supposer que Lucien est né en 125.
2. Sur Samosate, voy. Strabon , Géogr., XIV , 2, 28, et surtout XVI, 2, 3. C'était une ville fortifiée, ancienne capitale du petit royaume de Commagène ; son importance venait de ce qu'elle commandait le passage de l'Euphrate, et par conséquent l'une des routes de communication avec le centre de l'Asie. La Commagène était devenue province romaine en Tan 18 apr. J.-C.
costume oriental et parlait syrien*. II est certainement curieux que le plus grec des écrivains de ce temps ait été un barbare de naissance ; mais il n'y avait alors que deux patries pour les lettrés , la Grèce et Rome ; il fallait adopter Tune ou Tautre. En se faisant Grec, Lucien eut le bon goût de ne jamais rougir du pays où il était né. Il l'a mentionné au contraire , non sans une complaisance visible, en plusieurs endroits de ses œuvres*. Son amour-propre était flatté de la transformation qu'une fine et savante culture avait produite en lui. Mais peut-être cette transformation n'était-elle pas aussi profonde qu'il le croyait lui-même : le Syrien est naturellement ardent et léger, et Lucien a été Syrien à cet égard jusqu'à son dernier jour.
Tout ce que nous savons de sa famille et de son enfance , c'est ce qu'il en a raconté avec infiniment de grâce dans son dîscx)urs intitulé le Songe. A côté de la fiction facilement reconnaissable , il y a là des faits qui ne peuvent être mis en doute.
Bien qu'il ne nous dise rien de la profession de son père, il est fort probable que celui-ci exerçait un métier manuel. On voit, d'après le de'but de ce discours , qu'il était pauvre et que sa première pensée fut de mettre son fils en apprentissage 3. D'ailleurs, la mère de Lucien appartenait à une famille d'artisans. Elle était fille d'un fabricant de statuettes , et elle avait deux frères qui continuaient le métier paternel *. C'étaient tous en somme des gens d'humble condition , laborieux, sans grande instruction et sans aucune visée ambitieuse , vivant du travail de leurs mains et tout occupés de
(Tacite, Ann.^ II , 56). Caligula la rendit à nn Antiochus, prince de Tancienne famille royale du pays (Dion Cass., LIX, 8). Vespasien en fît de nouveau une province de l'Einpire, et cette fois définitivement (Suéton,Veap., 8). i. Double accusation y 27. BcépSapov tri Tijv ^«dvijv xal fjLOvovoxt^i xav^uv ffv^f^uxôra iç rbv A.<T(rJptov rpoTrov.
2. Double accusation^ 25, 27 ; Manière d'écrire l'histoire j 24 ; Pécheur ^ 19 ; Scythe^ 9.