‹ Essai sur la vie et les ouvrages d'Étienne PasquierChapitre 17 sur 21 · MANUSCRITS DE PASQUIER · texte numérisé non relu

MANUSCRITS DE PASQUIER

On a parlé des manuscrits de Y Interprétation des Institulcs de Justinian et du manuscrit latin du Catéchisme des Jésuites : mes recherches dans les dépôts publics ont, du reste, été inutiles pour arrivera la découverte de quelque autre manuscrit, publié ou non, des ouvrages de Pasquier.

Seulement dans la collection Dupuy , conservée à la Bibliothèque nationale, j'ai trouvé au volume 57 ô une transcription du Plaidoyer d'Etienne Pasquier « pour le duc de Lorraine intimé contre les seigneur et dame de Bussy d'Amboise pour la terre de Mouguinville. « Ce plaidoyer a été imprimé dans l'édition d'Amsterdam, à la fin du premier volume 2.

En outre, le volume G63 de la même collection contient quatre lettres originales et autographes que Pasquier, en 1582, adresse, de

1 \oy. Lelong, Bibliothèque de b< 2 Dans cette cause , plaidée en 1572, France, t. I, p. yt37. devantle Grand conseil, Pasquier avait

pour adversaire le célèbre Marion,

CIKLIOGRAriIIE. 227

Pari;, en sa maison, h Loisel, résidant a Bordeaux. A la fin de l'une île ces lettres il le prie de la brûler après l'avoir lue1. Loisel était alors avocat du roi dans la chambre de justice de Guienne. Kilos ne roulent guère (lue sur des détails domestiques : ce qu'elles offrent d'intéressant a d'ailleurs été précédemment cité.

Le volume 712 de la mémo collection est également signalé comme contenant des lettres de Pasquier. Mais en le feuilletant plusieurs fois avec le plus grand soin, je me suis assuré que cette indication était erronée.

I il autre manuscrit de la Bibliothèque nationale', où sont recueillies des poésies de beaucoup d'auteurs du seizième siècle, de Ronsard , de Desportes, de Pibrac, surtout de Jodelle, etc., nous offre quelques vers que l'on signale comme étant de Pasquier. In'cn qu'une note marginale avertisse qu'ils ont été imprimés, ils ne se trouvent ni dans la Jeunesse de Pasquier ni dans la grande édition de 1723. C'est une pièce que suggère au poêle « l'amour d'une belle dame, » et qui est datée de 1580. Il n'y a aucune preuve qu'elle soit en effet de Pasquier.

OUVRAGES QUI CONCERNENT DIRECTEMENT PASQUIER. Fin du xvie siècle, commencement du xvnc.

Pasquier, ou Dialogue des Avocats du parlement de Paris : par Antoine Loisel , avocat au parlement. Cet ouvrage fut composé en 1002 : on le trouve dans les Opuscules de Loisel, édités par son petit- fils Claude Joly, Paris, in-4°, 1052.

Sur ce livre et sur son auteur, que l'on ajustement nommé le Plutarque de la robe, on peut voir le discours prononcé par M. Dupin pour la rentrée de la cour de cassation, en 1845.

Les Lettres de ISicolas Pasquier : elles ont déjà été citées plus haut.

La vie d'Etienne Pasquier, dans l'Histoire des Poètes français, de Guillaume Colletet, t. V; cons. sur cet ouvrage, demeuré manuscrit, la Bibliothèque du père Lelong, t. IV, p. 171 et suiv.

Celte biographie a d'autant plus d'intérêt pour nous, que l'auteur se félicitait d'avoir, dans sa première jeunesse, joui fréquemment de la compagnie de Pasquier, et reçu même plusieurs leçons de cet illustre vieillard.

•Celte lettre est du 23 novembre » Num. 2220 du catalogue de Collier!.

Polémique tics Jésuites,

La Vérité défend ne pour la religion catholique en la cansi det Jésuites, contre h plaidoyer d'Ant. Arnauldi Tolose, chez Coin niiez, l ;><);>, in-8", par François des .Montagnes : c'était principalement une réponse au plaidoyer, d'Arnauld en 1594 ; mais Pasquiei v éjtait attaqué dans les notes. — Sur cet ouvrage et sur les nui vants, on peut consulter Barbier, Dictionnaire des Anonymes.

Réponse de René de La l'on , pour les religieux de la Compagnie de Jésus, un plaidoyer de Marion, (qui avait provoqué contre eux l'arrêt du 16 octobre 1597) ; Villeffanche , 1599 , in-8°. Là encore Pasquier recevait plusieurs atteintes '.

La Chasse du renard Pasquin, découvert et pris dans sa tanl n du libelle faux marqué le Catéchisme des Jésuites , par Félix de la Grâce; Villeiranche , le Pelletier, 1G02, in-8°.

Ce fut la réponse des jésuites au Catéchisme de Pasquier

La Chasse du renard était réimprimée in- 12 dès ifiu.'J. En outre, Pasquier, dans h dernière lettre du vingt-deuxième livre, dit que le gentilhomme qui lui apporta ce livre « l'avait trouvé à Douai, imprimé chez Jean Béliers, jaçoit qu'on le put avoir imprimé Villeiranche chez G. Grenier ».

Plainte apologétique au roi, pour la Compagnie de Jésus: Avi gnon, 1G03, in-8°.

La Plainte apologétique était plus particulièrement une. réponse au Franc et rentable discours, parlequel, en 1G02, le célèbre Antoine Arnauld demandait à Henri IV que l'arrêt de proscription port' contre les jésuites fut exécuté dans toute sa rigueur. Mais l'auteur, en combattant Arnauld, revenait encore au Catéchisme des Jésuites et n'épargnait point Pasquier. Les jésuites envoyèrent, dit Lelong, t. IV, page 1 1, pour et renne au roi, en 1G03, ce livre, où ils se plai gnaient amèrement des calomnies avancées contre l'honneur de leur société, en vue d'en empêcher le rétablissement, et où ils era ployaient toutes leur forces à se disculper.

Le Franc et véritable discours ainsi que la Plainte apologétique lurent réimprimés en 1610.

C'est au jésuite Bicheome, qui prit, comme on voit, plusieurs

' "Voj. la critique de ces deux ouvrages clans le Catéchisme des Jésuites* p. 196

BIBLIOGRAPHIE. 2'2(.l

pseudonymes, que sontattribués tous ces ouvrages '« Il était Provençal : son esprit ardent et son caractère fougueux le rendaient très-propre à la polémique. 11 traitait sans pitié ses adversaires : pour lui ils étaient des ignorants, des menteurs, des calomniateurs; il ne voyait pas le bien en dehors de la Société. Aussi ne tarit-il pas sur les services qu'elle a rendus et les grands hommes qu'elle a produits. Son style, sans goût et sans mesure , mais non sans quel que chaleur grossière , est semblable à celui de Garasse. Hardi et véhément , il attaque toujours , même quand il affecte de se tenir sur la défensive. Ses écrits lui valurent la dignité de l'un des quatre assistants d'Aquaviva, « c'est-à-dire de l'un de ses quatre grands conseillers d'État, » comme le remarque Pasquier dans une lettre à ce général des jésuites (XXI, 3). Lorsque Y. Anti-Coton parut ( c'était une réponse à la Lettre dèclaratoire de la doctrine des jésuites sur la vie des rois, parle père Coton, dont l'anagramme « Perce ton roi » indiquait assez les doctrines), la plume de Richeome (Bordeaux, 1603, etParis, 1010, in-8°) futencore employée à réfuter cette pièce 2. En dernier lieu il écrivit contre l'avocat général Servin (Agen, 1G15, in-8°), qui avait porté la parole contre les jésuites \ On remarquera que dans ses publications Richeome dissimula toujours son nom : c'était une tactique familière aux jésuites. Pas quier fait dire à l'un d'eux < : « Par un nouveau formulaire nous faisons des livres sous noms supposés, comme sont les deux qui courent sous les noms de François des Montagnes et de René de La-

: Malgré l'opinion commune (voy. la même ville, voulut renvier par sa

Lelong, t. 1, p. 867), on peut douter Plainte apologétique ». Parla il sem-

cependant (pie la Chasse du renard ble reconnaître deux auteurs pour les

lui appartienne. L'auteur de ce libelle, deux ouvrages.

dama le chapitre où il juge le style de 2 Voy. la Bibliothèque historique du

Pasquier, 111, 12, cite entre les écri- père Lelong, t. 1, p. 870. Consult. aussi,

vains qui font honneur « à la langue sur le père Coton, le Bulletin publié par

et à la plume française », à côté de du la Société de l'histoire de France, Do-

N air, « un père Richeome, riche en son cumenis historiques, t. I; p. 28S. éloquence mâle, riche en belles concep- 3 On s'étonnera sans doute que Ri-

tions, pieuses inventions et délicieuses cheome, auteur de tant d'ouvrages

remarques de la nature », p. 352 de l'é- ( on peut en voir la liste dans la liiblio

dit. de 1603. Or il est peu vraisem- thèque citée d'Alegambe, p. Ô72 . et

hlable que Richeome se soit décerné mêlé à de si ardents débats, ait été

à lui-même cet éloge. Pasquier se con- omis dans la Biographie universelle et

lente de citer dans la dernière lettre dans le Supplément. Pasquier le loue

du XXIIe livre , comme auteur de la comme écrivain, dans son Catéchisme

Chasse du renard , « le jésuite de Bor- des Jésuites, p. 217, v° ; 234 et 278, v°,

deaux, qui avait vomi contre lui les édit. de 1G02; cf. Garasse, Doctrine

plus burlesques injures » ; et il ajoute : curieuse, p. 877. a Bientôt sur ce jésuite de Bordeaux, - Catéchisme des Jésuites, p. 195. Kicheome, provincial des jésuites dans

230 ÀPPENDIC1

ion ». «» Ils pensaient ett être quittes, ajoute encore Pasquier, quand sous nom supposé ils donnaient air a leurs injures. »

Amphithealrum Honoris, in qno calvinistarum in Sociclatcm Jesn criminationes jugutatœ ', 1606, in-'i".

Cet ouvrage parut sous le nom de Clarus Bonarcius, anagramme de Carolus Scribanius, jésuite, recteur d'Anvers , qui fut récompensé par le titre de « provincial dans tous les Pays-Bas » ( Lettres de Pasquier, XXI, 3 ). Arnaukl, faisant allusion aux doctrines subversives que renfermait ce livre contre la vie des princes, l'appelait, en jouant sur ces mots, « un amphithéâtre d'horreur ». L'auteur, pour justifier son titre, s'était fait représenter, sur le frontispice de son livre, tenant une épée nue dans sa main droite, et dans l'autre un bouclier, tandis que six hommes égorgés étaient couchés à ses pieds. Dans cet ouvrage il n'y avait d'ailleurs qu'un livre consacré à la polémique : les deux autres étaient des vers de la façon du jésuite.

Les Recherches des Recherches et autres Œuvres de maître Esliennc Pasquicr, pour la défense de nos rois , contre les outrages, calomnies et autres impertinences dudit auteur ; Paris, Chappelet, l622,in-8°.

Ce livre du père Garasse parut anonyme ; en voici l'épigraphe : « Scriptum est, principem populi tui non maledices (Actorum XXIII)»,.

« Les OEuvres de Pasquier, a dit G. Colletet, vivent encore dans la mémoire des hommes et éclatent dans toutes les fameuses bibliothèques, cependant que celles de Garasse contre Pasquier sont comme ensevelies dans des ténèbres éternelles. »

La Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps ou prétendus tels, contenant plusieurs maximes pernicieuses k l'Etat, à la religion et aux bonnes mœurs , combattue et renversée par le père François Garassus , de la compagnie de Jésus ; Paris, chez Sébastien Chappelet, lG23,;in-4°, 8 livres, 1025 pages sans compter la table ».

Jugement et censure du livre de la Doctrine curieuse de François Garasse; Paris, 1623, petit in-12.

1 Livre rare : sur l'exemplaire que perlegi), formule son jugement sur

possède la Bibliothèque de l'Institut, l'ouvrage en lui appliquant ce vers de

il y a bon nombre de notes manns- Martial :

crites, qui ne sont pas sans valeur. Sunt bona, sont qnsdam mediocria, sont

L'annotateur, homme' de sens et de sa- [main plura. voir, après une double lecture (bis

L'abbé François Ogier fut l'auteur de cet ouvrage. (I y relevait avec une violence digne de Garasse « les médisances et les ignorances que celui-ci avait commises , ses facéties , ses malignités , son style bouffonesque et pédantesque ».

Apologie de Garûsse par lui-même ; Paris, Chappelet , 1624, petit in- 12.

Outre les livres précédemment cités, ce défenseur compromettant des jésuites a composé encore un écrit satirique, en 1017, contre Je fameux magistrat Louis Servin , dévoué comme l'auteur des Hcclicrchcs au maintien de nos libertés religieuses et politiques. Il a laissé , de plus, entre autres ouvrages , des mémoires manuscrits « sur ce qui s'est passé concernant les jésuites depuis 1624 jusqu'en 1G26 », in-folio.

Défense pour Etienne Pasquier contre les impostures et calomnies de François Garasse; Paris, 1624, in-8°, de 945 pages.

Trois ans plus tard, suivant le témoignage de Brunel (Manuel rlu Libraire, v° Pasquier), on mit à cet ouvrage le nouveau titre (['Antigarasse : circonstance qui a fort embarrassé les bibliographe.-. et suggéré , comme on le voit dans Baillet, Jugements des Savants, t. VII, page 79-82, beaucoup de suppositions fort ridicules. L'ouvrage que nous avons cité est donc le même que celui que nous mentionnons à la suite.

VAntig a rassc, divisé en cinq livres ; Paris , chezRollin Baragnes, 1627, in-8°.

« On a quelquefois attribué, dit Baillet, au passage cité, ÏAntigarasse h Pasquier lui-même , avec assez de vraisemblance. > Mais La Monnoie , l'aunolateur de Baillet, remarque avec encore plus de vraisemblance « que l'assertion ne peut se soutenir, puisque Garasse n'a écrit contre Pasquier que sept ans après la mort de celui-ci ».

« V Antigarasse , continue avec moins de justesse La Monnoie, n'est pas d'ailleurs le titre du livre , à moins que par ce mot on n'ait voulu désigner la somme des fautes de la Somme théologique du père Garasse , ouvrage qui parut en 1626. »

Sur Y Antigarasse on peut consulter les Mémoires de l'abbé d'Aï tigni,t. III, p. 205 à 21 8, et t. VII, page 29 et suiv.;etle Dictionnaire historique de Prospcr Marchand, article Antigarasse, 1. 1, page 24-58.

rÉMOIGNAGES DES CONTEMPORAINS SDR PASQUIER.

( )n sait que l'Histoire universelle du président de Thon ue s'étend que jusqu'à l'an 1007. Cet écrivain apprécie avec étendue ceux dises contemporains qui se sont illustrés dans les lettres, mais ce n'est qu'en mentionnant leur mort : il n'a donc pas l'occasion de porter sur Pasquier un jugement définitif. Toutefois, en plusieurs occasions, et surtout lorsqu'il rapporte son plaidoyer contre les jésuites, il parle de lui dans les termes les plus avantageux '. Les suffrages dont Pasquier fut honoré dans son temps et peu après sa mort sont d'ailleurs innombrables : voici l'énumération des principaux, telle qu'elle est consignée dans l'importante biographie de Pasquier par Guillaume Colletet :

« Si je mettais ici, dit cet auteur, tous les témoignages favorables qu'une infinité de grands hommes ont rendus de sa vertu et de sa suffisance , il faudrait presque faire un livre aussi ample que le plus ample des siens. Je rapporterai seulement ici ceux dont il me souvient par mes nombreuses lectures : Pierre de Ronsard, qui faisait avec lui profession d'une amitié très-étroite et très-particulière, lui a adressé plusieurs vers que l'on voit dans ses Œuvres, comme, entre les autres, un madrigal du second livre de ses Amours, qui commence ainsi :

Hé n'est-ce mon Pasquier...

« Sur quoi le gentil Rémi Relleau, dans son commentaire sur ce même madrigal, dit que Ronsard l'adresse à Pasquier, fameux avocat au parlement, fort docte, de gentil esprit , et du nombre de ceux qui méritent bien d'entreprendre la charge d'une belle histoire, comme y étant des mieux versés de son siècle. Ronsard lui adresse encore une ode, que l'on peut voir dans ses ouvrages, et un sonnet, dont voici le commencement :

lié ! «[ue me sert, Pasquier, cette belle verdure?

« Scévole de Sainte-Marthe, outre son éloge 2, l'a hautement loue par une belle ode latine et française. Louis Carondas ou Le Caron,

'Comme homme public et comme la chambre des comptes , anx volontés

magistrat, il n'est pas mentionné moins arbitraires de Henri III : Vwt. 111 de IV-

honorablement dans la plupart des dit ion précédemment citée, p. (313 , < ti . histoires de France, notamment dans 2G. Colletet, qui a traduit les Éloge*

celle de Mézeray, qui rappelle avec de Sainte-Marthe, a beaucoup profilé du

de justes éloges, entre autres circon- livre de celui-ci pour son propre travail

.stances glorieuses de sa vie, la coura- sur Pasquier. lieuse opposition qu'il fit, à la tète de

après l'avoir introduit dans ses divers dialogues, parle encore honorablement de lui dans ses poésies françaises, et spécialement dans l'ode qu'il intitula le Ciel des Grâces; et dans un sonnet il ne feint point l de lui donner le titre de grand.

Le grand Pasquicr, qui à Platon fait honte.

•' Nicolas Vignier, dans sa Bibliothèque historique; du llaillan, danla préface de son Histoire de France et dans son avant-propos de l'État et sucres des affaires de la monarchie française; Bellcforest,danssa grande Histoire; Brisson,dans sesFonHu/es: Antoine Loisel ; Choppin, dans sa Police ecclésiastique ; François Ilofinan2 ; du Bellay; Nicolas Rapin, dans ses Poésies latines et françaises; Mstienne Tabourot, dans ses Bigarrures3: Loyseau, de IVvrat, dans ses Pccsies latines et françaises et dans son Histoire de la chapelle du roi; Gilles Durant, dans ses Œuvres poétiques ; Pierre t'ithou, dans ses Diversités latines et dans son Traite des Comtes de Champagne ; Jean Lemasle , dans ses Commentaires sur le bréviaire des nobles et dans ses Poésies françaises ; Pierre de la Ramée ou Ramus, dans sa BhcToriquc et dans sa Grammaire française ; Nicolas Richelet, dans ses Commentaires sur les odes de Ronsard; Claude Minos, dans sa préface latine sur les Emblèmes (YAlciat: Adrien Turnèbe'' et Odetson fils, l'un dans ses Poésies latines, et l'autre dans ses Commentaires sur quelques épitres de Ciccron qu'il lui dédie ; Louis et Scévole de Sainte-Marthe, en plusieurs endroits de leur Histoire généalogique ; André du Chesne, dans son Catalogue des Historiens de France; Claude Garnier, dans ses Amours d'harmonie; Nicolas Bourbon, dans ses Poèmeslatins ; Antoine de Mornac, dans ses Illustres de la robe; Jean Bisly, dans son Histoire des Comtes de Poitou, et plusieurs autres excellents écrivains ont parlé de lui avec de grands éloges et ont rapporté plusieurs pas-

1 11 De craint pas: cette acception miscrit, que l'auteur avait l'intention

du verbe feindre a subsisté longtemps de marquer postérieurement les ouvri-

aptès Pasqnier. Ou lit encore dans un ges où Pasquier était mentionné.

morceau imprimé en 1751 : « Noos ne 3 .Nous ajouterons que Tabourot,

feignons ]>as d'avancer que des traduc- seigneur Des Accords, avait de plus

tions excellentes pour notre siècle cou- dédie à Pasqnier le deuxième li\re d'un

rent risque de ne l'être pas pour les autre ouvrage, /-es Touches (158

siècles qui suivront, » Mémoires de avec des vers à son honneur.

l'Académie des Inscriptions, t. XVI, I Déjà , par les Lettres de Pasquier,

p. 27. ou apprend que Turnèbe plaçait son

1 a .espace, laissé vide après ce nom nom a côté des noms les plus glorieux

c( quelques autres, indique, sur le ma- de la France : \\J, 3.

sages de ses cscrits pour appuyer el confirmer leurs propres senlimenls. La Frcsnaye, dans son irl poétique, lui rend ce témoignage d'honneur :

Et Pasquier a montre par ses vers excellents Que Phœbus hante aussi les barreaux turbulents.

« Quant à nos bibliothécaires, Antoine du Verdier ', La Croix du Maine, l'auteur du Promptuaire des Livres, George Drande, etc., il it'y en a pas un qui ne l'ait reconnu pour un grand ornement de son siècle. Moi-même, dans mes premières poésies amoureuses, je lui adressai un sonnet pour Chloris, qu'il reçut favorablement 2, comme une des prémices de ma jeunesse et un augure de quelque chose de mieux. Finalement, depuis peu, le père Pierre de Saint-Romuald, feuillant, dans son Trésor chronologique et historique, remarque le temps de sa mort et emploie deux ou trois de mes périodes pour le louer... »

Colletet rappelait enlin les justes éloges accordés a Pasquier « dans le fameux recueil qui parut à cette époque sous le nom de /i«nutius Ghcrus 3 », et il concluait en exprimant par cette -apostrophe chaleureuse les sentiments personnels d'affection et de reconnaissance qu'il lui avait voués : « Pour récompense de tant de bons offices que j'ai reçus de ton humanité et de ta civilité , puisse la belle àme triompher éternellement dans le ciel, et vivre encore avec honneur sur la terre, par tes doctes ouvrages; puisse-t elle voir les écrits injurieux de tes adversaires avorter dès leur nais sance ; et toutes les fois que tu seras assailli , puisse naître ex ossibus ullor qui soutienne puissamment la parti de l'innocence violée et de la vertu combattue ! »

On peut ajoutera ces témoignages celui de Sauvai, presque son contemporain, qui parle ainsi de lui, Histoire et Antiquités de Paris, t. I, p. 41G : « 11 était en singulière estime, à cause de son grand savoir, de sa fermeté inébranlable pour le bon parti et de son désintéressement; et l'on peut dire qu'il a servi d'exemple

1 On remarquera que dans la Biblio- de Javigny, t. III, p. 526. thèquè de du Verdier il est en outre a II était tSre de ses Désespoirs amou-

question d'un Etienne Pasquier signalé relias, et il est>ité dans l'Histoire des

comme auteur d'une traduction de Poètes français t à l'article Pasquier. quelques opuscules de Platarqne, iin- ' C'est l'anagramme sous laquelle

primée à Lyon, in-8°, 1546. Celui-ci, Gruter(/on«s Gruterus) a publié les

recteur des écoles de I.ouhans, n'a rien Deliciœ poetarum Callorum (Franco-

de commun avec l'écrivain dont nous furti, 1609$ 3 roU in-16), que. désigne

nous occupons : voy. l'édit deRigoley ici Colletet.

aux gens dérobe, en menant une vie telle que doit la mener un sage magistrat, qui aime la justice. Son intégrité et l'amour ardenl qu'il avait pour sa patrie lui tirent entreprendre des affaires qui lui attirèrent des ennemis puissants et redoutables... »

Page 1