‹ Essai sur la vie et les ouvrages de Gabriel PeignotChapitre 9 sur 14 · XXII. Bibliographie spéciale relative à l'Inquisition · texte numérisé non relu

XXII. Bibliographie spéciale relative à l'Inquisition

XXIII. Notice spéciale, historique, littéraire et bibliographique des hommes célèbres, anciens et modernes, soit dans les lettres, soit hors des lettres, qui ont laissé des mémoires autographes sur leur propre vie.

XXVI. Bibliographie analytique et raisonnée des principaux ouvrages singuliers , facétieux , qui de-

puis le XVP siècle ont paru pour ou contre les femmes (1).

XXYII. Petit manuel elzévirien à l'usyge des amateurs. Cette publication est désignée sous un autre titre dans les Recherches sur le tombeau de Virgile, p. 17, oii l'auteur annonce une c Bibliographie spéciale des Elzévirs de choix, les plus précieux et les seuls dignes de figurer dans le cabinet d'un véritable amateur. » 11 en a extrait quelques-uns des prix auxquels a été poussée l'édition de Virgile de 1676.

XXX. Notices extraites de quelques ouvrages remarquables par leur singularité, leur rareté ou leur bizarrerie ; suivies d'une bibliographie analytique de tout ce qui a été publié sur la magie , la sorcellerie et les procédures auxquelles elles ont donné lieu.

XXXIV. Histoire littéraire de tous les ouvrages à clef. Ce recueil était au moins commencé lorsque, en 1827, G. Peignot donnait un extrait de l'article Somaise, auteur du Dictionnaire des Précieuses, ou Clef de la langue des Ruelles. On le trouve dans les Documents authentiques et détails curieux sur les dépenses de Louis XIV, p. 46, note I. Il avait lui-même composé la clef qui se trouve à la suite de la Relation de Visle Bornéo.

(1) Voir notamment sur ce sujet le catalogue de la Bibliothèque du comte de Gh..., nos 685-703 (Potier, 1863).

XL. Bibliographie pogonologique , du Histoire, description et analyse de tous les livres qui ont été publiés sur la barbe.

XLV. Bibliographie encomiastique ou notice raisonnée de tous les ouvrages singuliers, facétieux, etc. (1).

XLIX. Recherches bibliographiques sur les auteurs anciens et modernes qui ont consacré leurs veilles à l'apologue.

L. Dissertation sur les théâtres d'éducation, suivie d'une notice bibliographique de tout ce qui a paru dans ce genre depuis le XVF siècle jusqu'au XIX% tant en latin qu'en français.

La plupart des ouvrages de G. Peignot sont remplis de citations littéraires et bibliographiques, d'analyses, d'extraits que ses immenses lectures lui permettaient d'accumuler sur une matière quelconque. Il conçut un instant le projet de réunir ces notes sous le titre de Myriobiblon français, cii l'on eût trouvé, par ordre alphabétique, une bibliographie raisonnée sur toutes sortes de sujets. Cet immense répertoire aurait porté pour épigraphe : Alius alio plus invenire potest, nemo omnia.

(1) Voir Répertoire bibliographique, p. 274. Tels sont : VEloge de la Folie, les Louanges de la Folie. YEloge de l'Enfer, VEloge de quelque chose... Laus Asini ; Laus Ululœ, Solatium podagricorum, VEloge philosophique de l'Impertinence: VEloge des Perruques; VEloge de la Fièvre- Quarte, VEloge de l'Ivresse, etc., etc.

Le titre de Myriobiblon est celui que Photius a donné à sa Bibliothèque analectique, oii il a cité 280 ouvrages de 163 auteurs différents. G. Peignot avait manifesté l'intention d'en donner une traduction dont l'importance avait été signalée, peut-être sous son inspiration, dans la préface du tome 1" du Bulletin du Biblophile. Il l'avait d'ailleurs annoncée dans la notice de ses manuscrits, sous le n" XIV.

Cependant, il avait compris de bonne heure la nécessité de faire un choix dans ses analecta, car il en avait donné les extraits les plus piquants dans ses Amusements philologiques , qu'il nous reste à faire connaître.

Il a fait subir plusieurs remaniements à cet ouvrage, la plus populaire de ses nombreuses productions ; il est précédé d'un apologue en vers de sa composition, lequel ne manque ni de grâce ni de piquant; il se termine par ces deux vers qui pourraient servir d'épigraphe aux œuvres complètes de l'auteur :

J'ai, par les cent fragments qu'on y trouve assortis, Tâché de contenter les divers appétits.

La première partie , intitulée petite poétique curieuse et amusante, renferme, dans un cadre de 200 pages , un recueil heureusement composé de tous les tours de forces poétiques que l'industrie des poètes latins et français a imaginés. Ces nugœ difficiles ne sont pas des modèles de bon goût ; mais elles sollicitent la curiosité du lecteur, et plus d'un

écolier rebelle aux vers latins, ou peu sensible aux charmes de la saine littérature, à senti s'éveiller son intelligence en lisant ces facéties. L'esprit le moins studieux fait volontiers un effort pour les comprendre; il se rend familier le tour d'un épigramme, et finit par goûter les beautés littéraires moins équivoques.

La seconde partie, intitulée : Variétés en tous genres, renferme plusieurs rapprochements ingénieux sur les emblèmes, sur les nombres, et des notices historiques et statistiques.

La troisième partie, intitulée : Notice de quelques découvertes anciennes et modernes, est un petit répertoire alphabétique rempli de faits et de dates, utile à consulter. L'ouvrage se termine par un essai de classification méthodique et chronologique des écrivains les plus remarquables dans tous les genres.

Les trois éditons des Amusements philologiques, qui ont paru en 1808, en 1824 et en 1842, présentent quelques différences : la première est précédée d'une introduction qui ne se trouve pas dans les deux suivantes, et oii l'auteur avait donné une notice bibliographique de tous les livres en ana, mélanges littéraires et philologiques. Elle a été reproduite en partie dans le Répertoire de Bibliographies spéciales.

Il a, en outre, éhminé de la première partie tout ce qui pouvait renfermer des allusions politiques, ou les passages qui, sans être hcencieux, n'auraient

pu passer sans inconvénient sous les yeux des jeunes gens.

Dans les deux dernières éditions, il a supprimé les chronogrammes sur le traité de Tilsitt et la bataille d'Austerlitz, ainsi que l'acrostiche sur cette victoire. On ne trouve plus, dans les vers en contrepetterie, la pièce sur Merlin, Bazire et Chabot; des triolets et un virelai galants ont été supprimés, de même que la pièce latine, intitulée : Virginum in Italia varia virtutum et vitiorum gênera, et le commencement d'une agréable pièce de vers de Panard, en écho.

Ces deux éditions ne donnent pas non plus la pièce farcie en vers léonins qui se trouvait au réfectoire des Jacobins de Beaune, ni l'article Rébus, ni la description du cheval en vers macaroniques.

Un excès de modestie aura déterminé l'auteur à supprimer une pièce qui me paraît être de sa composition; elle est intitulée : Alphabet moral à l'usage

des grands enfants, par M Je ne vois, en effet,

aucun autre motif de faire disparaître du recueil des maximes morales dont le tour est assez heureux;

Garde ta haine au mal et pardonne aux méchants... L'ami de la vertu ne craint point d'ennemis... Rends à la vérité son culte légitime, Sois-en, s'il le fallait, le prêtre et la victime...

On peut signaler quelques autres différences entre les trois éditions : le Calvorum cncomium est plus complet dans la première, mais elle ne contient pas

la citation du Virgile virai, non plus que la Mort de Michel Morin, ni le fragment du poème De choreando bene, qui se trouvent dans les deux autres.

11 est regrettable que l'auteur ait supprimé, dans la troisième édition, l'extrait du Journal deVEm- -pire^ de 1806, contenant une bonne dissertation sur les vers rhopaliques dans l'antiquité, qu'il avait donnée dans les éditions de 1808 et de 1824. En revanche, celle de 1842 renferme des additions aux chapitres des vers léonins et monorim.es, ainsi que des vers amphibologiques, corrélatifs, enchaînés et autres qui manquent dans les précédentes. Le chapitre de la Lo7igévité y est beaucoup plus développé, et le chapitre Emblèmes tirés des couleurs, y est précédé d'une notice.

G. Peignot a donné les raisons qui l'ont engagé à éliminer des deux dernières éditions les emblèmes tirés des cartes à jouer : il considérait ce chapitre comme trop futile, a On a également fait disparaître, dit-il, le vocabulaire étymologique des différents genres de divination, objet qui n'est pas moins futile que le précédent, quoique certains détails tiennent à l'érudition. Il en a été de même de la nomenclature du chant, ou cri des principaux oiseaux, qu'il n'était guère possible de rendre d'une manière satisfaisante ; car il est certains sons et certains modes d'articulation dont l'image ne peut être rendue par les caractères qui peignent la parole. Le de Philomela ^ pièce de vers qu'on attribue à Ovide, mais qui lui est postérieure, était jointe à

l'article précédent; il a été aussi supprimé. Nous n'avons pas non plus conservé le chapitre de la Prédilection de quelques grands hommes pour certains ouvrages, parce qu'il était très incomplet, et qu'on le trouve, avec de plus grands détails, dans le Manuel du Bibliophile (1). »

Il faut cependant convenir que les deux dernières parties ont reçu, dans la troisième édition, des additions plus ou moins importantes , qu'il serait trop long de récapituler, et qui sont marquées, à la table, par des astérisques.

Peignot annonçait, sous le n° XXXI de la notice de ses manuscrits, àe,& Nouveaux amusements philologiques^ en trois volumes ; mais il fit entrer les matériaux qu'il avait réunis dans le recueil intitulé : le Livre des singularités^ qui porte cettte épigraphe :

Non juvat assidue libros tradare severos, Sed libet ad dulces etiam descendere lusus.

Cet ouvrage, qui se compose de douze chapitres et de quelques additions, renferme divers documents qui auraient pu être utilement employés dans les précédents ouvrages de l'auteur. C'est ainsi qu'il y publia diverses curiosités de linguistique, sous le titre de Onomatographie amusante. Les singularités numériques complètent ce qu'il avait dit dans ses Amusements de quelques nombres et cal-

(1) Amusements philologiques, préface de la 2<= édition, p. xiu.

culs bizarres. Quelques lettres et documents singuliers empruntés aux anglais, composent un des chapitres les plus curieux dans la XIF partie. Il réunit les textes et citations bizarres qui n'avaient pu trouver place dans les Recherches sur la j)Grsonne de J.-C. ou dans le Predicatoriana. Les autres chapitres traitent : Des occupations de Dieu avant la création; de la Création de l'homme et de la femme, des Rêveries renouvelées des Grecs, de la Gastronomie, etc.

Le plaisir de décrire des livres n'a pas été le seul mobile qui l'ait poussé à publier, à deux reprises, le catalogue de sa bibliothèque. Vers 1808, parut la Notice des livres composant la bibliothèque de M. G. Peignot, directeur de V école secondaire communale de Vesoul^ bibliothécaire du département et de la ville, avec cette épigraphe : Otium sine litteris mors est. Elle est composée de 94o articles. Nous avons parlé, dans la partie biographique, de la médiocrité de sa position, qui l'avait décidé à publier ce catalogue, avec les prix auxquels il otFrait de vendre ses livres aux amateurs. Dans une introduction , il indiquait l'origine des ouvrages qu'il possédait et justifiait les prix élevés auxquels quelques-uns devaient être estimés. Tl fit, en 1826, une vente de livres, et le catalogue qu'il publia renferme 1474 numéros.

Deux ventes eurent lieu après son décès, l'une à Paris, sous la direction du libraire Techener, en 18S2; l'autre à Dijon, dans le courant du mois d'avril 1856. Le catalogue de la première forme un volume in- 8" qui contient 4,406 numéros : quelques

notes de G. Peignot y ont été conservées. On y trouve les Lettres facétieuses de Fontenelle, la Belation de l'isle de Bornéo et le Pot-Pourri de la Création; mais les Opuscules poétiques de notre auteur n'y ont pas été mentionnés. Ce catalogue est précédé d'une courte notice sur G. Peignot , signée J. T.

Le catalogue de la seconde vente parut à Dijon, et renferme 920 numéros.

Il nous reste à mentionner la Notice des ouvrages de bibliologie , d'histoire, de philologie, d'antiq^dtés et de littérature, tant imprimés que manuscrits, de G. P******. — Opusculum amicorum gratia tantum amici prelo subjectum. Paris , Crapelet, 1830, — publié par G. Peignot lui-même, et auquel nous avons eu souvent recours.

On a dû remarquer plus d'une fois le tour ingénieux qu'il savait donner aux titres de ses ouvrages : le travail auquel il se livrait avant d'en arrêter la rédaction définitive, dépasse toute idée : il a remanié plus de vingt fois le titre de la Notice qu'il publia en 1830; les notices et les titres qui accompagnent chaque article sont de véritables chefs-d'œuvre du genre (1).

Indépendamment des manuscrits annoncés dans

(1) Tel est; par exemple, le titre de la Bibliothèque xéniographiquBj ou Notice raisonnes des ouvrages qui ont paru sur les Etrennes depuis le XVI^ siècle jusqu'en 1828. Elle a été publiée dans les Archives historiques, statistiques et littéraires du département du Rhône (Lyon, 1828), t. IX, p. 114-137.

cette notice, G. Peignot en a laissé un certain nombre auxquels il travaillait, pendant les dernières années de sa vie : voici les titres que nous avons relevés : Dissertation sur l'origine et l'usage de la chemise chez les anciens et les modernes [Singularités, p. 202, n° I) ; Des allumettes, leur origine, antiquité et histoire, etc.; Des Baisers d'étiquette. Recherches civiles , politiques et littéraires sur les coups de bâton. Histoire curieuse de tous les nez coupés. Du Diable, etc. [Singularités, -p. 447, 448).

Il parle dans ses Acta diurna des recherches sur les Calendriers, sur le Procès de Ravaillac,la Chronique des machines à vapeur, les Animaux domestiques, l'Histoire des saintes Hosties, la Chronique de Dijon, le Procès du président Giroux, la Sainte- Chapelle, la liste des Bourguignons condamnés par le tribunal révolutionnaire, les Couleurs nationales ; sur les Souverains qui ont péri de mort violente, sur la Bastille, sur la valeur comparée des biens-fonds depuis 1291 jusqu'en 1838, sur les Soufflets mémorables, etc.

Nous savons que ces manuscrits ont été recueillis, et qu'un bibliophile, avantageusement connu du public, en prépare une édition.

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