AUSONE
La correspondance de G. Peignot, àlaquellenous avons fait de nombreux emprunts, le peint tout entier. Les extraits que nous en avons faits suffisent pour donner au lecteur attentif une idée complète du caractère de celui qui les écrivait ; nulle part il n'a déployé autant de verve que dans l'expression, toujours variée, de ses goûts, de son activité intellectuelle et des sentiments que lui inspire l'amitié. On n'y rencontrera pas une phrase de convention, pas une réticence qui laisse soupçonner une arrièrepensée. Le style en est simple, les jugements qu'il exprime sur les hommes et sur les choses n'ont jamais rien d'amer ou de blessant. On doit s'étonner cependant de ne trouver sous la plume d'un érudit, lecteur infatigable, aucun de ces développements qui
nous mettraient dans la confidence de ses appréciations littéraires, au moment oii elles lui venaient à l'esprit. Il avait cependant un goût sûr ; mais comme il s'était voué trop exclusivement à la science bibliographique, en écrivant, il se préoccupait moins des qualités intrinsèques d'un ouvrage, que de la description du livre, de sa rareté et de ses rapports avec d'autres.
Dans ses lettres à Amanton (1), il se montre pareillement ami dévoué, empressé à rendre service, bienveillant pour autrui. Quant aux autres lettres que l'on a publiées de lui et qui sont classées par M. Milsand sous les if^ 42 à 59, elles ont pour objet quelques points de bibliographie, et nous en parlerons en leur lieu (2).
Nous avons donné à dessein un assez grand nombre d'extraits des opuscules poétiques de M. Peignot, afin de les faire apprécier par les nombreux lecteurs qui ne pourraient les consulter. Nos emprunts ont été faits exclusivement au volume des Bagatelles poétiques dramatiques. Nous avons à dire quelques mots de deux petits ouvrages composés dans la jeunesse de l'auteur, véritables enfants du dix-huitième siècle, dans lesquels il est impossible de re-
(1) Ces six lettres viennent d'être publiées dans le Bulletin chi Bibliophile, janvier-février, 1863.
(2) Deux autres, plus récemment découvertes, adressées à M. Grapelet, ont été publiées dans le Bulletin du Bouquiniste, u" du jer janvier 1862.
connaître l'esprit religieux, le jugement droit et le bon goût qui caractérisent les autres œuvres de G. Peignot. Le premier est intitulé : Opuscules philosophiques et jwétiques du frère Jéi^ôme, mis [sic] au jour par son cousin, Gabriel P. (à Paris, de l'imprimerie de Mercier, an lY de la République française, 1797). Un autre titre, le Cousin du Compère Mathieu, a été substitué ou ajouté au précédent en l'an VI, et accuse mieux encore l'esprit dans lequel l'ouvrage a été composé. Une approbation burlesque, datée du 22 novembre 1790, n'a sans doute d'autre objet que de rappeler l'époque de la composition de la première pièce que renferme le volume, sous ce titre : Songe sijstéma-physi-comico-moral de M. Jérôme, mis au jour par sa tante Barbe-Catberine- Charlotte iVmidon, des confréries du Sacré-Cœur de Jésus et du Saint-Rosaire. A Fbôtel de la Tolérance et de la Liberté, 30 novembre 1790, et amplifié le 25 mai 1792.
Le songe est précédé d'une épître dédicatoire en vers, adressée à M.Thomas Bou..., maire d'unclieflieu de canton. Cet opuscule, écrit sous forme de dialogue entre Jérôme et un génie, reproduit la plupart des facéties usées de Voltaire sur les dogmes religieux de tous les peuples ; deux pièces de vers y sont intercalées et résument la doctrine théologique de l'auteur, qui n'est autre que la théorie de V Uîiivers-Dieu de Dupuis.
Yient ensuite V Histoire de l'âme d'Ivriel, dialogue écrit dans le même esprit. Le Discours en vers sur la
Révolution française est l'œuvre d'un jeune homme en qui une foi enthousiaste dans l'avenir de la révolution n'exclut pas un certain fonds de sentiments religieux, qu'il exprime dans des vers assez bien frappés :
Et toi qui, d'un œil froid, avec pitié contemple Toute religion, tout ministre, tout temple, Tu refuses de croire à la divinité?
Quel bonheur te promet ton incrédulité?
Dans tes mains, le flambeau de la philosophie, Loin d'éclairer mon âme, y porte l'incendie. Pour les crimes connus si l'homme a des décrets, La vengeance est au ciel pour les crimes secrets.
On distingue, parmi les pièces qui suivent: VOde sur le départ de Beauchamps, consul à Mascate, qui a été reproduite dans les Bagatelles poétiques, et Y Histoire de la feue daine Alix, qui fait partie de quelques pièces erotiques peu nombreuses, composées à Arc en 1793 et en 1794. Le volume se termine par la petite comédie de société le Bailli cabaleur, oîj l'auteur remplit le rôle de Crin-Crin, ménétrier de village. Il y parut, armé de son violon, pour chanter quelques couplets qui terminent gaîment la comédie.
L'autre opuscule, intitulé la Création et le Paradis perdu, pot-pourri par un Bourguignon, se compose d'une épître dédicatoire et de trente-six couplets sur différents airs, dans lesquels sont racontées, sous une forme burlesque, la création du monde, celle de l'homme et de la femme, la tentation d'Eve, la faute et l'expulsion du paradis terrestre. Ce pot-pourri a
été imprimé à Vesoul, de même que les Bagatelles poétiques et dramatiques. Il a uue pagination séparée, mais Tauteur le rémiissait volontiers à d'autres facéties dont le recueil formait un petit volume qui a été décrit dans le Manuel du Libraire de M. Brunet, à l'article Fontenelle. G. Peignot lui-même , bien qu'il eût désavoué ces débauches d'esprit, les adressait, en 1835, à M. Ch..., de Mons. La note que nous avons relevée sur son carnet est ainsi conçue :
« Envoyé parla diligence, Bornéo complet, in-12, tel que celui qui a été vendu 41 fr. chez Nodier. » C'est le recueil décrit par M. Brunet (1).
L'auteur attachait fort peu d'importance à ces essais poétiques ; il s'exprimait en ces termes, dans l'avant-propos de ses Bagatelles : « Les voilà, mes bons amis, ces bagatelles fugitives auxquelles vous avez daigné sourire quelquefois. C'est sous les auspices de ce sourire que je les glisse furtivement sous presse, et c'est à vous seuls que je veux adresser ces enfants de mes loisirs que l'à-propos a fait naître, que la gaîté soutient un peu, mais que le dieu du Pinde a néghgé de châtier. »
(1) M. Brunet donne le titre particulier des opuscules ainsi réunis : Lettres facétieuses de Fontenelle, qui n'ont jamais été ijnprimées dans ses œuvres. Bagdad, Mcccccccciix. Au verso, nous avons lu la mention suivante : « Ce recueil, tel qu'il est, n'a été imprimé qu'à 60 exemplaires ; la Relation de Bornéo seule a été tirée à 90 exemplaires sur beau papier vélin, 3 sur vélin choisi, avec le portrait, 3 sur papier rose, aussi avec le portrait, 3 sur papier bleuet 11 sur satin. »
Il y fait allusion dans le début de son petit poème intitulé la Muse de U Histoire :
Aujourd'hui, renonçant à ces légères fleurs Que fait naître Erato sous ses pas enchanteurs, Ma muse, plus sévère, aux fastes de l'histoire Veut consacrer ses chants et confier sa gloire...
Il se proposait de décrire en vers un certain nombre d'épisodes historiques qui auraient composé dix-huit tableaux pour l'histoire sainte et trente-six à peu près pour l'histoire profane : chacun d'eux aurait eu cent à cent cinquante vers au plus. Il n'en a publié que trois, qui sont : la Création et le Déluge; la Tour de Babel; les Mœurs patriarcales. Il y définit ainsi l'histoire :
L'histoire, rassemblant tous les temps à la fois, Est le plaisir du sage et l'école des rois.
Cet essai, publié le 2o juillet 1809, n'a été tiré qu'à seize exemplaires.
On peut ajouter aux opuscules poétiques déjà cités, le conte qui précède les Amusements philologiques et la pièce tout récemment publiée par M. Aubry, avec la lettre d'envoi de l'auteur, sous le titre suivant : Relation cTun congrès tenu par les oiseaux de la Haute-Saône, à r occasion d'une certaine ambassade de Bartavelles qui fit so7i entrée, l'hiver dernier, dans la bonne ville de Vesoul (1).
L'analyse que nous nous proposons de faire des autres ouvrages de G. Peignot aura bien souvent
(1) Bulletin du Bouquiniste du 1" avrill863.
le défaut d'embrasser une trop grande quantité d'écrits divers , n'ayant aucun rapport les uns avec les autres. Au risque de confondre les genres, dès le début, il nous paraît utile d'embrasser, d'un premier coup d'oeil, un certain nombre d'ouvrages de notre auteur, et de rendre compte du plan qu'il avait d'abord conçu, au début de sa carrière de publiciste.
Les fonctions de bibliothécaire qu'il remplit, à partir de l'année 1794, lui donnèrent de bonne heure l'occasion de développer son goût pour les livres et la bibliographie. Bien qu'il n'ait exercé ces fonctions que jusqu'à l'année 1813, et que d'autres occupations l'aient distrait de cet ordre d'idées, il est certain que la nature, plus forte que ses devoirs officiels, le ramenait sans cesse à la bibliographie. Il aimait les livres pour eux-mêmes, à les classer, à les décrire. Puis, après les avoir feuilletés pour son propre compte, il éprouvait le besoin de communiquer aux autres les jouissances qu'il avait éprouvées, en promenant ses regards sur un chefd'œuvre typographique. Et comme, d'ailleurs, il était sensible aux beautés du langage, aux belles pensées , il oubliait un instant la physionomie extérieure du hvre pour Kre son auteur et se pénétrer de son esprit. Il ne quittait jamais la plume, il faisait de nombreux extraits, des rapprochements heureux; il complétait le sujet et il se trouvait, à son tour, avoir fait un livre à propos d'un livre ; de là à le publier il n'y avait qu'un pas. C'est ainsi que
— gela passion des livres lui donna le goût des lettres, et qu'après avoir fait un plan d'études et de bibliothèque pour les autres, il le mit en œuvre pour so.n propre compte.
De bonne heure, en effet, il composa le cadre d'une vaste encyclopédie qu'il voulait publier, qu'il n'exécuta pas dans son ensemble, mais d'où sortirent successivement la plupart de ses ouvrages. Il importe donc de rechercher d'abord quelle méthode il s'était faite, et quelle a été la marche de son esprit : nous le prendrons lui-même pour guide en consultant son Manuel bibliographique publié en 1800 (1).
Avant cette époque, il avait préparé les matériaux d'un ouvrage considérable qu'il destinait à l'usage des bibliothécaires et dont il avait même publié le prospectus en l'an YII : il a suffisamment développé ses idées à cet égard dans le Manuel qui va nous servir de texte. Ainsi qu'il le dit dans l'avant-propos, il avait compris qu'un bibliothécaire ne doit pas seulement avoir sous les yeux des catalogues méthodiques, connaître les éditions et savoir les décrire ; il voulait qu'il possédât des connaissances historiques sur les langues anciennes et modernes, sur la philosophie et les belles-lettres, sur l'art typographique. Comme il avait étudié lui-même ces
(1) Voyez le n» 66 du Catalogue de M. P. M... Le prospectus du Manuel du Bibliothécaire n'a point été mentionné par les bibliographes.
parties , il avait entrepris de faire part à ses collègues de ce qu'il avait appris. Son Manuel du Bibliothécaire devait être divisé en deux parties. Le premier chapitre de la première partie, qui n'était, à proprement parler, qu'une introduction à la bibliographie, devait comprendre un traité sur les langues anciennes et modernes, sur leurs origines, leurs différences, etc. ; sur les écritures des différents peuples. Ce chapitre se terminait par un catalogue des principaux ouvrages de linguistique.
Le second chapitre embrassait les belles-lettres, la philosophie, les sciences et les arts : l'auteur voulait donner, avec l'histoire des écoles philosophiques, des notices sur les poètes, les orateurs, les historiens et les savants de la Grèce et de Rome. Le même travail comprenait la renaissance des sciences et des arts en Europe, des tableaux chronologiques et des résumés.
Un troisième chapitre était consacré aux bibliothèques les plus célèbres et se complétait par des notices sur les manuscrits, les médailles, l'histoire de l'imprimerie et des imprimeurs, de la gravure et de la librairie.
La deuxième partie, consacrée à la bibliographie proprement dite, avait deux chapitres : le premier traitait des livres en général, de la matière des livres (écriture, papier, formats), de leur prix, des éditions et de leur conservation.
Le deuxième chapitre avait pour objet la classification des livres.
M. Peignot s'aperçut bien vite que l'exécution de ce programme remplirait toute sa vie et qu'il n'arriverait que tard et très imparfaitement à son but. La classification des livres, en effet, reléguée dans le dernier et le plus court chapitre de ce Manuel du Bibliothécaire, qui n'a jamais paru, était précisément le traité le plus nécessaire pour ceux auxquels il était destiné. L'histoire des langues, au contraire, aurait rempli d'ailleurs, à elle seule, plusieurs volumes et fait éclater, en quelque sorte, le cadre restreint dans lequel elle devait trouver place. Aussi préféra-t-il donner successivement au public les divers traités qui devaient composer ce vaste ensemble. Il tira d'abord des premiers matériaux qu'il avait réunis, son Manuel bibliographique, oii il résuma les connaissances les plus propres à former un bibliothécaire.
Cet ouvrage commence par la traduction du Traité des Bibliothèques de Juste Lipse, accompagné de notes biographiques et littéraires. Il compléta ce traité par une notice abrégée des principales bibliothèques modernes. A la suite se trouve une courte description des livres sacrés des différents peuples, des notions sur les formats, le papier et les livres, puis une méthode de classification bibliographique. Il compléta cet essai par une histoire très sommaire de l'art typographique et des principaux imprimeurs dans les différents pays de l'Europe.
Voici maintenant les titres des divers articles qui composent la deuxième partie de cet ouvrage :
Petite Bibliothèque classée méthodiquement (1); un supplément renfermant un certain nombre de noticesbiographiquestrès sommaires, dans lesquelles se trouve intercalée une liste des poètes épiques par ordre chronologique.
Petite Bibliothèque portative de format in-18.
De l'Instruction publique... et de l'Enseignement dans les écoles centrales (Extrait du discours prononcé à l'école centrale de la Haute-Saône, le 10 brumaire an YII.) (2).
Liste des principaux ouvrages à consulter dans chaque cours des écoles centrales.
Notice abrégée des principaux ouvrages considérables ou rares qui ne se trouvent ordinairement que dans les grandes bibliothèques.
Notice d'ouvrages dont les titres sont originaux et dont la plupart sont très rares.
Notice de quelques Livres qui ont été payés cxorbitamment cher.
Petites Bibliothèques : de Droit, — Médicale, — de Botanique, — Musicale.
Quelques-uns de ces articles, qui ne sont qu'ébauchés, renferment en germe des publications plus considérables, que notre savant bibliophile a prépa-
(1) Ce traité est la seconde édition d'un ouvrage qui avait paru sous le même titre en l'au VIII. Voyez le Catalogue de M. P. M..., n° 100.
(2) Il est très probable que ce discours a été imprimé en entier dans un journal de la Haute-Saône.
rées ou publiées dans le cours de sa carrière. C'est ainsi qu'il inséra dans son Dictionnaire raiso7iné de Bibliologie une notice plus complète des principales bibliothèques de l'Europe (1). 11 y fait, notamment, l'historique de la Bibliothèque impériale de France. On peut rapprocher de ces articles ce qu'il a dit de la bibliothèque du cardinal Bessarion, dans son Manuel du Bibliophile (p. xxxi), de sa lettre au Sénat de Venise, dont il avait donné un extrait dans le Dictionnaire raisonné de Bibliologie, au mot Livre.
Il était d'ailleurs naturel qu'il développât, dans ce dernier ouvrage , les notions qu'il avait données dans le Manuel, sur le papier, l'encre, en un mot, sur la partie matérielle des livres. Quant aux formats, c'est dans le Manuel du Bibliophile qu'il s'estle plus étendu à cet égard (2). Il convient de rapprocher de ces articles l'Essai, du même auteur, stir l'histoire du Parchemin et du Vélin, publié en 1812, dont il avait parlé aussi dans le Dictionnaire raisonné. Ce travail spécial traite de toutes les matières subjectives de l'écriture, le ccdamus, le stylus des anciens, l'encre, etc. Il dit même quelques mots de la reliure des livres, quia fait à son tour l'objet d'un opuscule inséré d'abord dans les Méinoires de l'Académie de Dijon pour l'année 1833, puis édité à part, sous la date de l'année 1834, et ayant pour titre : Essai his-
(1) T. I, p. 59 et suiv.; t. III (supplémentaire), p. 38 et suiv. Sur cet ouvrage, voyez M. P. M..., n» 18.
(2) T. II, p. 427.
torique sur la Reliure des livres et sur Vétat de la Librairie chez les anciens fi).
Cet Essai formait lui-même la première partie d'un traité beaucoup plus complet qu'il avait annoncé dans le catalogue de ses miinuscrits, publié par lui en 1830.
Les notes sur l'histoire de la typographie, qui terminent la première partie de son Manuel bibliographique, étaient trop écourtées; l'auteur les compléta dans son Dictionnaire de Bibliologie, où, après avoir tracé l'histoire sommaire de l'invention de l'imprimerie, il traite de la taille des poinçons, de la fonte des caractères, de l'impression ou composition. Il faut compléter ces notions par la lecture des articles : Caractère, Xylographie, Vignettes ou marques des imprimeurs, et par la liste des villes où Fart typographique a été introduit dans le cours du XV siècle. Elle se trouve dans le supplément ajouté au tome II et à la fin du tome III. Ce dernier volume renferme aussi, au mot Daunou, l'analyse d'un mémoire de ce savant . sur les origines typographiques. On trouve dans ce même volume, au mot Imprimerie, la liste des auteurs qui ont écrit sur ce sujet inépuisable; et il a
(1) Sur le Papier, voj-ez Dictionnaire de Bibliologie, t. pr et t. III. Dans ce dernier volume on trouvera, au mot Papier vélin, l'histoire de cette fabrication, telle qu'elle est rapportée par M. Didot à la suite de son Epître sur les progrès de l'Imprimerie. 11 avait parlé aussi de la Reliure, dans les tomes II et III de son Dictionnaire.
complété cet article dans son Répertoire bibliographique universel, publié en 1812 (p. 344-364).
G. Peignots'étaitbeaucoup occupé des imprimeries particulières; dès 1804, il en avait donné une liste dans le tome III de son i)zc^zonwffzV(? de Bibliologie, et cet article a été à peu près reproduit dans le Répei^toire de Bibliographies spéciales, curieuses et instructives (p. 70). Au fur et à mesure qu'il recueillait des notes sur ce sujet intéressant, il en faisait l'objet d'articles séparés qu'il publiait dans le Bulletin du Bibliophile, dont nous devons dire quelques mots. Il y fut, en quelque sorte, provoqué par un article deM.R. Chalon, inséré dans cette revue (1834-1835, p. 43) à titre de supplément à l'article du Dictionnaire de Bibliologie. L'auteur y donnait une notice sur l'imprimerie particulière du prince de Ligne, avec l'analyse de trois ouvrages qui en étaient sortis. G. Peignot donna, dans le volume de 1837 du Bulletin (p. S24), une Notice historique et bibliographique sur V Imprimerie particulière établie par sir Th. Johnes, à Hafod, en 1800, à titre de spécimen de son Histoire inédite des imprimeries particulières.
Ce grand ouvrage, dont le prospectus seul a été publié en 1841, et qui devait former un ou deux volumes, portait le titre de Recherches historiques et bibliographiques sur les Imprimeries particulières et clandestines, etc. Il est certain que l'auteur s'en était beaucoup occupé. Il en a fait mention à plusieurs reprises dans ses Acta diurna. Le 2o février 1840, il
avait envoyé à son éditeur, Alkan, sept pages manuscrites contenant la table de son ouvrage ; le 19 mars, il lui envoyait l'introduction et trois notices supplémentaires, désignées sous les n"' 86, 87, 88. Le 5 avril, il lui adressait la première partie de l'ouvrage proprement dit, comprenant 49 articles; et le 4 juin, il recevait les épreuves du prospectus. Enfin, dansles derniers jours du mois de janvier 1843, il terminait son manuscrit et il l'envoyait à son futur éditeur le 3 février (1).
G. Peignot envoya , en outre , à la rédaction du Bulletin du Bibliophile, divers articles sur l'histoire de riraprimerie : tel est l'article publié dans le volume de 1836 (p. 332-333) sur la date de l'introduction de l'imprimerie en Amérique, lequel se complète par un article rectificatif (inséré à la p. 357), dont l'auteur renvoie au Typographicol Gazeteer, oii se trouve le catalogue de dix-sept ouvrages imprimés
(1) Cependant cet intéressant sujet continua de servir de texte à de nombreuses notes insérées dans le Bulletin du liibliopJiile. Le volume de 1838 renferme un extrait du livre de Martin sur les livres privatehj printed, où se trouvent mentionnées les imprimeries particulières de George Allan de Darlington, mort en 1800; d'Alexandre Boswellj au château d'Auchinleck; celle du Bauuantyne-Club, fondée en 1823; celle d'Egertou-Brydges, au château de Lec-Priory; celles du Maitland-Club, à Glascow, et de la Société de Newcastle, p. 417.
Le Bulletin de 1839, p. 794, donne une notice sur deux ouvrages fort rares sortis des presses de la Correrie, imprimerie particulière de la Grande-Chartreuse, et celui de 1840, p. 407, donne une lettre de M. C. de Battines sur trois imprimeries particulières qui avaient été omises par G. Peignot dans le Prospectus publié en 1841. (Voyez Catalogue de M. P. M..., n" 116.)
à Mexico, avant 1S67. On trouve, en outre, dans ce volume une notice de G. Peignot sur les incunables exécutés dans les villes de France par des ouvriers d'Allemagne, typographes ambulants (p. 18-19), ainsi qu'une note sur les premiers livres imprimés à Besançon et à Dijon (1487-1491).
Il est impossible de séparer de cette analyse celle de l'ouvrage intitulé : Essai historique sur la Lithographie... imprimé en 1819. Dans cet opuscule, notre auteur a réuni divers articles qu'il avait successivement publiés dans le Journal de la Côte-d'Or, en 1818 et en 1819. Le premier, inséré dans le n° 88 de l'année 1818, n'est que le compte rendu de la notice de M. Mercier sur la lithographie, et a été reproduit à la fin de la seconde partie de VEssai (p. 41). Les deux articles suivants (n°' 89 et 90) renferment l'histoire de la découverte de Sennefelder et des premiers essais de cet îirt dans les principales villes de l'Europe, et se trouvent dans VEssai (p. 18-28). Les numéros 93, 94, 9o du Jowmal renferment des notices bibliographiques qui, sauf de légères modifications, forment la deuxième partie de l'ouvrage; enfin le numéro 96 de la même année complète les précédentes et renferme un article sur la pierre lithographique. Les numéros suivants de l'année 1818 et de l'année 1819, sur les différents genres de gravure qui ont plus ou moins de rapport avec la lithographie, complètent ce travail; G. Peignot, pour en faire un volume, y a ajouté une planche et un discours préliminaire sur la né-
cessité de recueillir les découvertes importantes (1). Nous avons à peu près analysé tout ce que l'auteur a écrit sur les premiers éléments de la Bibliologie, ou plutôt sur la matière subjective du livre (papier, écriture, typographie). Ces divers points ont été spécialement traités dans le Dictionnaire raisonné de Bibliologie, sur lequel nous reviendrons encore. On y trouvera, en outre, des articles plus ou moins développés concernant les manuscrits, les libraires, les relieurs, les peintres, les sculpteurs, les graveurs les plus célèbres, les médailles, les musées, les langues, les livres sac?'és, les poètes- lauréats, \' archéologie, la chronologie au mot Dates... Le cadre de cet ouvrage était heureusement choisi, et il est à regretter que l'auteur n'ait pas mis à exécution le projet qu'il avait formé d'en donner une deuxième édition (2).
(1) En citant les numéros du Journal de la Côte-d'Or, dont nous avons indiqué quelques-uns, M. P. M... a omis les n°^ 88, 89, 90 et 90 de l'année 1818. Le n" 98 du Journal, pour l'année 1819, renferine en outre un article très court, mais assez important, sur la découverte de la lithographie, à l'occasion de Sennefelder luimême. Cet article nous paraît devoir être attribué à M. Peignot.
(2) «Depuis que cet ouvrage a paru, écrivait-il dans sonRépertoire bibliographique [t^. 387), nous nous sommes occupé à le revoir avec soin et à y faire des additions considérables qui pourraient former seules trois forts volumes in S». »
Les langues et l'écriture en général. — les antiquités romaines. — La langue latine. — Histoire et origine de la langue française.
Res quibus occultas penitus convisere possis. (Lucrèce.)
Il est temps de passer en revue les ouvrages moins techniques que G. Peignot a successivement publiés, en se conformant au plan tracé dans son Manuel bibliographique. Il devait commencer par une notice historique et conjecturale sur l'origine et la différence des langues et sur l'écriture. Ce travail a été ébauché dans le Dictionnaire de bibliologie (au mot Langues)., oii il a fait entrer les divers articles qu'il destinait certainement au Manuel du bibliothécaire. Il y traite, suivant l'ordre qu'il s'était tracé : de l'origine, — de la différence des langues, — de l'écriture des différents peuples. Il y mentionne les douze langues-mères; il cite les ouvrages de Hickes sur les anciennes langues du nord ; ceux de Muller, de Hidde, de Meninski et de Richardson sur les rapports des langues de l'occident avec celles de l'orient, etc. Il donne ensuite la nomenclature des langues anciennes et modernes , classées géographiquement. Tout en s'excusant sur son inexpérience, il a donné quelques notions sur la généalogie des divers idiomes, question qui, à l'époque oii
l'auteur écrivait, était à peine entrevue par un petit nombre de philologues. On peut voir, d'ailleurs, dans l'article Etymologie QiEtymologistes ,({\i'A avait étudié les ouvrages les plus autorisés sur ce sujet.
En consultant les articles Alphabet, Ecriture, on aura sous les yeux quelques-uns des matériaux que G. Peignot avait préparés, à cette date, pour son grand ouvrage. De bonne heure , il avait senti la nécessité d'une Polyglotte universelle élémentaire, destinée à servir d'introduction à l'étude des langues, (c Nous proposerions, écrivait-il, d'adopter le format in-folio, dans lequel on ferait graver ou imprimer tous les alphabets connus; chaque planche offrirait : 1° l'alphabet d'une langue; 2° son syllabaire ; 3° son système numéral ; 4° une quinzaine de lignes d'un morceau de littérature qui serait toujours le même, traduit dans toutes les langues. Chaque planche aurait été précédée de deux ou quatre pages d'impression, qui donneraient en abrégé les principes élémentaires grammaticaux, et même l'historique de la langue à laquelle elles appartiendraient. L'ouvrage serait terminé par des vocabulaires traduits des langues particulières de rÂ.mérique, de l'Inde et des îles dont les habitants n'ont point d'alphabet (1). o
(1) Bict. de Bihliologie, p. 348, à la note. Voici le titre dont il avait arrêté la rédaction, tel que nous le trouvons en tête du Dictionnaire critique des principaux livres condamnés au feu, publié en 1806 : « Essai d'un Dictionnaire universel des langues anciennes et
Il avait dû réunir ou compulser de nombreux ouvrages sur ce sujet; car il avait composé une Bibliographie glossographique, qu'il désigne sous le n" 16 du catalogue de ses manuscrits, et qui pouvait former deux volumes in-S" (1).
Son ouvrage complet sur la linguistique se serait composé de trois parties : une introduction, don* il parle dans ce dernier opuscule ; le recueil de tables, ou l'histoire figurée des langues classées alphabétiquement ; puis la bibliographie proprement dite qu'il a publiée dans son Bépertoire bibliographique universel. Ce dernier travail qui n'occupe que huit pages, aurait certainement formé la matière d'un petit volume, si, au lieu de donner une simple indication des auteurs, G. Peignot eût énoncé le titre complet de leurs ouvrages, en l'accompagnant de notices analytiques.
D'autres extraits de cet ouvrage se trouvent dans les Mélanges; l'auteur y a donné la liste des bibles et autres livres saints polyglottes; celle des livres oià rOraison dominicale a été publiée en plusieurs
modernes des quatre parties du monde, précédé d'un discours sur l'origine des langues en général, sur leur diversité et sur les moyens d'en chercher et d'en établir la généalogie, suivi d'une Bibliographie des principaux ouvrages relatifs à l'étude des langues, 2 vol.. in 8°.))
(1) Notice des ouvrages.,,, tant imprimés que manuscrits, de Gabriel p*"^»***. Un essai de Bibliographie glossographique se trouve à la fin de l'article Langues du Dictionnaire. Voyez aussi le Répertoire bibliographique., p. 370, et les Mélanges littéraires, philologiques et bibliographiques, p. 80^
langues ; il a extrait de ces recueils un certain nombre de traductions de cette prière dans les principales langues de l'Europe (1). Il a terminé sa notice par la nomenclature des mots Ciel, Dieu, Homme, Pain, Père, traduits dans l'ordre alphabétique, en un très grand nombre de langues, qu'il a ensuite groupées suivant quelques analogies qu'il signale. Il a complété dans le même ouvrage l'article Ehjmologie du Dictionnaire de Bibliologie, par une notice des livres principaux à consulter sur ce sujet. Enfin, il faut rapprocher de ce travail trop sommaire une monographie assez curieuse, insérée dans les Mélanges sous ce titre : Lettre à M. Amanton... sur Vétymologie, V orthographe et la signification des noms propres des rois de France de la première et de la seconde race (2). L'auteur a donné à la suite une notice sur les noms propres en France et sur les dispositions législatives qui ont réglementé cette
(1) Il y a reproduit à peu près ce qu'il avait dit dans son Dictionnaire, sur les langues en général. On y trouve le mot de Charles- Quint, déjà cité dans le Dictionnaire, t. I, p. 389, puis répété dans les Amusements philologiques, p. 255; l'anecdote sur les langues parlées dans le Paradis terrestre, p. 81, citée ensuite dans les Amuseme)its philologiques, p. 247.
(2) Cette lettre avait été publiée en 1817, dans le Journal de la Côte-d'Or, n°^ 85, 86 et 89. On y trouve, p. 21, l'anecdote de Becanus sur le mot sac, qui a trouvé place dans les Amusements philologiques. Il faut rapprocher de ces notices celle qui a été insérée dans le Livre des Singularités, sous ce titre : Onomatographie; De certains noms propres chez les sauvages, p. 42; et l'article du Journal de la Côte-d'Or : Des Noms et des Surnoms, 2 juillet 181 7.
matièr3, puis une bibliographie des ouvrages principaux relatifs au même sujet.
Avant de passer aux essais publiés par G. Peignot sur la langue latine et la langue française, nous devons rappeler qu'il a donné quelques mélanges curieux sur les langues en général, dans les Amusements philologiques (p. 246 et suiv.), et surtout dansleLzwre des Singularités, sous le titre : Onomatographie amusante. On y trouvera une note sur le nombre des langues (n. B, p. 38); une note sur certains mots bizarres et remarquables par leur longueur (p. 56), et sur les mots composés d'une manière bizarre.
Quant à l'article Ec7iture, qui n'était qu'ébauché dans le Dictionnaire de Bibliologie, il a été complété dans iesMékmges, par un chapitre intitulé : De l'Ecriture et des diverses manières de disposer V ordre des lettres et des lignes chez les différents peuples. Le commencement reproduit à peu près ce que l'auteur avait écrit dans le discours préliminaire qui précède le Manuel du Bibliophile (1). Les divisions de ce chapitre portent les titres suivants :
De l'Ecriture perpendiculaire (on y trouve l'Oraison dominicale en chinois) ;
fl) Diverses anecdotes se trouvent simultanément dans deux ouvrages : Voyez le Manuel, p. xii et p. xv (note 1^^); et comparez les Mélanges, p. 118 et 122.
De VEcriture horizontale (avec l'Oraison dominicale en hébreu, écrite de droite à gauche);
De r Ecriture en boustrophédon (avec deux vers de Plaute) ;
De VEcriture orbiculaire.
A l'exception de quelques notices très écourtées sur les auteurs et les philosophes grecs, insérées dans \ç, Manuel du Bibliophile, nous n'avons rien qui indique que G. Peignot ait mis sérieusement la main à l'histoire des sciences et des lettres en Grèce, qu'il avait manifesté l'intention d'écrire.
Mais l'un des sujets qu'il comptait traiter avec le plus de développement était assurément une sorte d'encyclopédie romaine , dont devait faire partie l'histoire de la langue latine. Il en a tracé le plan soit dans le Manuel bibliographiciue , soit dans la notice de ses ouvrages manuscrits publiée en 1830, soit dans la Bibliothèque choisie des Classiques latins. Ce vaste travail embrassait les traités suivants :
Tableau historique de la grandeur et de la magnificence des Romains dans leurs triomphes (avec un supplément traitant des récompenses militaires, des impôts, des aqueducs, etc.) ;
De la magnificence des Romains dans leurs théâtres (avec une histoire littéraire de l'art dramatique, etc.);
Du luxe et de la somptuosité des Romains dans les repas (avec un appendice sur les repas chez les Gaulois, en France, etc.);
Recherches historicpies sur les fortunes particulières des Romains;
Des Monnaies ; des Poids et Mesures ; des Chiffres ; de la Mesure du Temps ; des Noms propres ; du Cens et du Lustre;
Recherches généalogiques sur la famille des six premiers Césars.
Ensuite il aurait donné une Bibliothèque choisie des Classiques latins, au nombre de trente-sept ; puis un Recueil historique, chronologicpie et analytique sur les découvertes des manuscrits cï Berculanum (1).
Les deux premiers sujets n'ont été traités par G. Peignot dans aucun de ses ouvrages imprimés ; on voit d'ailleurs par le Catalogue de ses livres, publié en 1852, qu'il ne possédait qu'un petit nombre de traités sur cette matière, tandis qu'il était assez riche en dissertations sur les autres sujets.
Dès l'année 1821, il donnait lecture à l'Académie de Dijon de son Trcdté des Comestibles et des Vins, on il a parlé des mets eux-mêmes (volatiles, quadrupèdes, poissons, légumes); de la manière de les apprêter ; de leur prix ; des vins et des mesures de capacité (2). Les recherches qu'il publia ensuite sur le Luxe des Romains et leur Ameublement, lui offraient un champ plus étendu : il y a parlé des constructions privées, des tableaux et des statues, des tables et des lits , des coupes et des vases , des lampes et
(1) Voyez la notice des manuscrits, n"» i à XIII.
(2) Imprimé dans la Séance publique de P Académie de Dijon, du 24 août 1821, et tiré à part à 50 exemplaires.
des candélabres, des pierres précieuses et bijoux, des étoffes. Ce travail se termine par un appendice sur le luxe de Commode, d'Iiéliogabale et de Néron ; sur le prix d'acquisition de certains animaux. L'auteur y a donné ensuite le tableau de quelques fortunes particulières à Rome. Des notes substantielles indiquent le prix de quelques tableaux précieux chez les modernes, celui des plus beaux diamants et bijoux de la couronne de France ; on y trouve une description des plus fameux diamants connus, et un précis des plus grandes fortunes de l'Angleterre (1). Quant au traité sur les Monnaies, on n'a sur ce sujet que l'article inséré dans le Dictionnaire de Bibliologie , oii le système monétaire des Romains n'est pas même ébauché, et quelques détails sur le prix des médailles dans l'Essai de Curiosités bibliographiques (p. XLU à XLVlIl).
Nous n'avons rien de son travail sur les Mesures. L'article Chiffre du Dictionnaire n'en donne que la nomenclature, avec la figure des nombres et des chiffres, hes Noms p7'opres, le Cens, le Lus t7'e, les Recherches sur les familles des Césars n oui ])as fait non plus l'objet de traités spéciaux ; et quanta la Mesure
(1) Sur les tableaux anciens et modernes, voyez V Essai de Curiosités bibliographiques, préface, p. XLViij ; le Livre des Singularités ■, p. 335. La note sur les diamants a été reproduite avec quelques développements dans les Amusements philologiques, p. 434-, et paraît avoir été extraite d'un traité inédit sur le Diamant, plusieurs ois annoncé.
du Temps, l'auteur n'en a dit qu'un mot dans les Recherches sw la Semaine. Dans ses notices publiées, G. Peignot a trop souvent perdu de vue le hut principal qu'il s'était d'abord proposé et qui eût consisté à préparer le lecteur à l'étude sérieuse des antiquités romaines. Il a voulu exciter la curiosité, en mêlant agréablement l'anecdote à la description et à l'archéologie; les détails piquants et inattendus abondent sous sa plume, et cette prédilection perce jusque dans les notes sommaires dont il a accompagné les titres de ses ouvrages en préparation. Il annonçait, par exemple, que son traité de la Mesure chiTemps serait terminé par un aperçu des occupations ordinaires d'un Romain à chaque heure de la journée.
On s'explique d'ailleurs qu'il n'ait pas donné suite à ce projet de publication. La traduction des Aiitiquités ro7naines d'Adam, publiée en 1826, venait de mettre à la portée des lecteurs ordinaires un excellent manuel qu'il était difficile de surpasser. G. Peignot avait suffisamment mûri le plan de sa Bibliothèque des Classiques latins : elle devait renfermer une histoire de la langue latine et, dans une introduction, un essai sur les divers peuples qui se sont établis en Italie. Cette étude, qui a fait l'objet d'ouvrages récents (1), était prématurée en 1813 ; toute-
(1) Aujourd'hui encore, si l'on s'en rapporte à un critique coropétent, les travaux des philologues modernes laisseraient lîeaucoup à désirer. Voyez Ed. du Méril, Mélanges archéologiques et littéraires,
fois les développements que l'auteur a donnés à son programme dénotent une véritable intelligence du sujet.
Afin de familiariser le lecteur avec les textes euxmêmes, il se proposait de publier dans son ouvrage les monuments les plus anciens et les plus authentiques de la langue latine : les vers saliens, les lois royales, les Douze Tables, une inscription d'une urne antique, celles de Duilius, du tombeau des Scipion, du tombeau d'Àtilius Calatinus, et un fragment du sénatus-consulte sur les bacchanales. jM. Egger n'a pas suivi d'autre plan, lorsqu'il a publié ses Latini sermonis vetustioris reliquiœ selectœ.
Ce programme se trouve à la fois dans la Bibliothèque choisie, publiée en 1813, et dans le catalogue des ouvrages inédits, n° xn. D'après cette dernière note, l'ouvrage n'aurait pas formé moins de six volumes.
Il nous reste de cette tentative une notice trop sommaire sur la langue celtique, considérée comme ayant concouru à la formation de la langue des Romains (1). Elle a surtout pour objet de passer en revue les principaux ouvrages écrits sur cette matière par C. de Gébelin, Le Brigant, La Tour d'Au-
p. 207, où l'auteur cite : Kampfe, Umbricorum spécimen, Berlin, 1835; Henooh, de Lingua Sabina, Alloua, 1837; Grotefend, Rudimenta linguœ umbricœ, ex inscriptionibiis antiquis enodata, Hanovre, 1839.
(1) Mélanges bibliographiques, p. 140.
vergne, Denina, Ballet; mais la conclusion n'est pas suffisamment motivée. G. Peignot penchait pour le système de Bullet, qui consiste à dire que les Celtes ont fait partie de l'invasion celto-scythique qui peupla toute l'Europe. L'accroissement de la population de la Gaule la força à déborder sur l'Espagne, d'un côté, sur l'Italie, de l'autre, où l'élément celtique se croisa avec l'élément hellénique dans le Latlum : de cette fusion devait sortir la langue latine. Cette conclusion lui paraissait ressortir assez naturellement de l'opinion des divers auteurs qu'il avait consultés, lesquels s'accordaient à reconnaître que la langue celtique avait contribué à la formation du latin : elle se résume dans la formule magistrale ainsi arrêtée par Funccius : Aviam linguœ latinœ incertam statua, matrem celticam, magistram grœcam.
Quant aux notices qu'il annonçait avoir préparées, au nombre de 37, sur les Classiques latins, il n'a donné, avec une certaine étendue, que celle de Perse, dans sa Bibliothèque choisie. Les autres lui auront servi à donner les notices abrégées, au nombre de 27 seulement, qu'il a publiées dans le Manuel du Bibliophile (1). Il y manque Cornélius Ne-
(1) Ce sont : Virgile, t. I,p. 59; t. Il, p. 118; — Horace (art. Malherbe), t. I, p. 110 et 281; t. II, p. 56. — Catulle, t. II, p. 19. — Tibulle, t. II, p. Î13. — Properce, t. II, p. 93. — Juvénal, t. II, p. 60. — Tite-Live, t. II, p. 114. — Quinte-Curce, t. II, p. 95. — Tacite, i. II, p. 107. — Senèrjue, t. I, p. 131, 323; t. Il, p. 102. — Ci-
pos, Phèdre, Lucrèce, Valère Maxime, Maniliiis, Varron, Caton, Martial, Valerius Flaccus et Quintiliiis, qui, avec Perse, compléteraient le chiffre de 38 auquel il s'était arrêté.
Il faut rapprocher de ces notices la brochure intitulée : Quelques Recherches sur le tombeau de Virgile cm mont Pausilippe, extraite des Mémoires de l'Académie de Dijon pour l'année 1839-1840. Elle commence par une dissertation sur le lieu où est mort le poète de Mantoue. L'auteur y décrit ensuite le tombeau de Virgile à différentes dates ; il rappelle les noms des littérateurs qui l'on visité , les honneurs rendus au poète par l'Eglise, etc. (1).
Quant à l'essai sur les manuscrits, qui devait terminer l'ouvrage, l'auteur paraît avoir eu un instant la pensée d'en faire l'objet d'une publication particulière, qu'il a indiquée sous le n° 13 de la notice de ses manuscrits. On trouve des traces de ce travail soit dans le Dictionnaire de Bibliologie, soit dans le Répertoire Bibliographique , au mot Classiques. Le paragraphe consacré à ce sujet est intitulé :
céron, t. II, p. 24. — César, t. Il, p, 21. — Térence, t. II, p. 109. — Salluste, t. II, p. iOi.— Pline-l' Ancien, t. II, p. ^k. — Pline-le- Jeune, t. II, p. ^^. — Velleius, t. II, p. 117.— Claudien, t. II, p. 30. — F/orus, t. n, p. 47. — Justin, t. II, p. 59. — Lucain, t. II, p. 66. — Ovide, t. II, p. 78. — Plante, l. Il, p. 83. — Sénèque le Tragique, t. II, p. 103. — Silius Italiens, t. II, p. 104. — Stace, t. II, p. 105. — Suétone, t. II, p. 106.
(1) La plupart de ces points out été traités avec un soin particulier par ISI. Ed. du Méril, dans ses Mélanges archéologiques, dans le chapitre intitulé : De Virgile l'Enchanteur, p. 425.
c( Notice sur la découverte de quelques manuscrits des auteurs anciens, lors de la renaissance des lettres, c'est-à-dire depuis le XV siècle. »
Dans cet article de son Répei^toire, l'auteur a développé, avec un soin particulier, les notices consacrées à Phèdre, à Tite-Live et à Pétrone ; il l'a terminé par quelques pages concernant les manuscrits d'Herculanum (1).
La bibliographie des classiques latins, ébauchée dans cet ouvrage, a été traitée avec plus d'étendue dans la quatrième partie du Manuel du Bibliophile ; elle se complète par une notice intéressante sur les éditions jyrmce/J5, insérée dans les Variétés bibliographiques, p. 57 et suiv. L'auteur explique les causes de la rareté de ces éditions et de leur valeur, par le petit nombre du tirage, la fidélité du texte et la destruction d'un certain nombre d'exemplaires. Il donne la définition de la véritable édition lorinceps, les caractères qui la distinguent, et il termine par un spécimen des abréviations souvent inintelligibles, usitées par les imprimeurs du XY'' siècle.
Au nombre des opuscules qu'il a tirés de ses matériaux sur les antiquités romaines, nous ne devons pas omettre ses Recherches sur les diverses opinions
(1) Dans les Curiosités bibliographiques, G. Peignot a aussi parlé des rouleaux, p. xxv, de certains manuscrits de Virgile, de Térence, du Codex argeuteus, p. xxix, et du prix que plusieurs écrivains de l'antiquité ont tiré de leurs ouvrages, p. xvj.
relatives à l'origine et à V êtijmologie du mot Pontife, qui ont été imprimées dans les Mémoires de V Académie de Dijon, année 1838.
Nous avons déjà dit quelques mots des premiers travaux de G. Peignot sur la langue française et ses origines. Dans une Lettre à M. A77ianton sur un ouvrage intitulé : Les Poètes français depuis le XIP siècle jusqu'à Malherbe (1824),ils'cxprime en termes bien sentis sur l'énergie et la vivacité du français du moyen âge. La même pensée se trouve dans une autre Lettre à Amanton sur V ouvrage intitulé : Lettres de Henri VIII à Anne Boleyn (1826). Enfin, dans une lettre à l'éditeur Crapelet, qui précède l'édition de \ Histoire de la Passion de Jésus-Christ, G . Peignot annonçait l'intention de publier un certain nombre d'anciens monuments de la langue française, plan qu'il avait exécuté en partie dans son ouvrage de la Maison royale de France, oii il avait donné, siècle par siècle, un choix des textes les plus propres à marquer les progrès de notre idiome. Il inséra ensuite dans le Tableau des Mœurs au X^ siècle, publié par Crapelet, en 1832, un chapitre intitulé : Monuments de la Langue française en usage en Normandie aux XP et XIIP siècles. Il y traite de l'introduction et de l'histoire de notre langue en Angleterre, et il donne, à titre de spécimen, cinq fragments, parmi lesquels figure un extrait des lois de Guillaume-le- Conquérant.
Cependant le plan qu'il s'était proposé était conçu dans de grandes proportions; l'auteur devait y faire
entrer des /rtc-s/w^e/e des anciennes écritures : «J'aurais choisi, dans chaque siècle, dit-il, ceux qui m'auraient paru les plus intéressants sous le rapport calligraphique, et, descendant ainsi jusqu'au XVIIP siècle, j'aurais présenté un recueil assez intéressant, tenant, d'uuepart,à l'histoire générale de l'écriture depuis les siècles les plus reculés, et, de l'autre, à la description des fac-similé... (1). »
Il exécuta ce projet sur une moindre échelle dans son Essai sur V origine de la Langue française, imprimé dans les Mémoires de V Académie deDijori, année 1834. Le fonds en est emprunté aux travaux de M. Raynouard et de M. Gley. On y trouve un précis assez complet de nos origines celtiques, latines et germaniques ; bien que l'auteur ait adopté l'hypothèse de cette fameuse langue romane intermédiaire entre la langue latine et les idiomes modernes, cette donnée inexacte, que peu de personnes étaient en mesure de combattre avec succès en 1834, n'ôte rien de leur intérêt aux faits nombreux, aux observations ingénieuses que M. Raynouard a mis à la portée des lecteurs.
La seconde partie de l'Essai de G. Peignot se compose de trente extraits des monuments de notre
(1) Variétés, notices et raretés bibliographiques , p. 51, note. Ce projet avait déjà été exécuté, à un autre point de vue, par les auteurs des divers traités de Diplomatique que G. Peignot a cités dans son Dictionaire de Bibliologie.
langue, depuis le fameux serment de 842, jusqu'à Montaigne. Quelques-uns sont accompagnés de planches. Enfin, le recueil se termine par une analyse succincte des treize volumes de la collection publiée par Crapelet, dont font partie V Histoire de la Passion de Jésus-Christ et le Tableau des Mœurs au X" siècle, donnés par notre auteur.
La méthode qu'il avait adoptée a été, depuis, suivie par un anonyme qui a publié, dans le Bulletin du Bibliophile (année 1836, p. 63), une notice sur les origines de la langue française, accompagnée d'un choix de textes, classés dans l'ordre chronologique, depuis le IX'" jusqu'au XIP siècle, et dont plusieurs ont été puisés aux mêmes sources que les extraits donnés par G. Peignot.
Il a complété ce travail en 1838, en publiant, dans les Mémoires de l' Académie de Dijon, des Becherches sur d'anciennes Traductions françaises de VOrcdson dominicale (du XP au XVP siècle). On y trouve en outre le Symbole de saint Athanase, en langue romane du X* siècle, quelques fragments des Psaumes, le Symbole des apôtres et les Commandements de Dieu, l'Oraison dominicale en sept langues, et enfin, un chapitre sur la prééminence de la langue française (1).
(1) Il faut rapprocher de ces extraits celui que G. Peignot a donné dans un article inséré dans le Bulletin du Bibliophile (année 1839, p. 588), sous ce titre : Notice sur quelques prières manuscrites de
On aura une idée complète des travaux de G. Peignot sur l'histoire littéraire en parcourant les notices qu'il a données dans son Manuel du Bibliophile ; nous avons déjà parlé de celles qui concernent les classiques latins. L'une des plus importantes est la notice qu'il a consacrée aux Livres saints (t. I, p. 219-2S8), et qu'il a reproduite dans le Mémorial religieux et biblique; une autre traite de V Imitation de Jésus-CJmst et de ses auteurs. Les titres des principales divisions de ce Manuel indiquent suffisamment à quel point de vue s'est placé l'auteur pour faire mieux goûter les classiques dont il ne se lasse pas de faire l'éloge. La seconde partie traite ce de la prédilection particulière que des hommes célèbres de tous les temps ont eue pour certains ouvrages et surtout pour les chefs-d'œuvre littéraires. » Chacun de ces hommes célèbres fait, bien entendu, l'objet d'un article particulier.
La troisième partie renferme : a La notice indicative des morceaux les plus beaux et les plus estimés que l'on a toujours distingués parmi les chefsd'œuvre littéraires des auteurs du premier ordre, et de quelques écrivains du second. » Les auteurs grecs, latins et français y sont classés par ordre alphabétique. Malheureusement, on peut regretter
la fin du XVI^ siècle. L'auteur les a empruntées au Psalterium intemeratœ Virginis, conservé dans le cabinet des estampes du Musée Dijon.
que les étrangers ne figurent pas dans cette liste ; il nous suffît de signaler, parmi les italiens, Dante, Pétrarque, l'Arioste et Boccace, qui auraient pu y trouver place au mêine titre que Milton (1).
Nous rattacherons à ces opuscules les Essais de moindre importance qui sont épars dans plusieurs recueils ; ainsi l'on trouvera, dans les Mélanges littéraires, un Essai sur l'origine de quelques mots de la langue française, la date de leur création et le nom de leurs auteurs ; ce travail est, à proprement parler, une notice sur le néologisme.
Citons encore sa Lettre sur une nouvelle édition des œuvres de Ducerceau, extraite du Journal de Dijon, année 1828, n"^ 100 et 101;
hç^^ Remarques morales, johilosophiques et grammaticales sur le Dictionnaire de l'Académie française (Paris 1807);
L'opuscule intitulé : Petit Dictionnaire des locutio7is vicieuses, et dont la partie la plus considérable est ï Abrégé des principes de VArtépistolaire, qui précède le Dictionnaire.
La curiosité, qui était le faible de notre auteur, devait le pousser à l'étude des patois; il avait formé
(1) L'auteur aimait les parallèles; ou peut consulter ceux qu'il a empruntés à diverses sources entre les littérateurs et les peintres : Manuel, 1. 1, p. 275; Dictionnaire de Bibliologie, t. II, p. 47; Amusements philologiques, p. 501. Quant au tableau chronologique de tous les hommes célèbres depuis la renaissance des lettres, annoncé dans le prospectus du Manuel du bibliothécaire, on le trouvera dans les Amusements philologiques, p. 534 etsuiv.
le projet de publier un travail bibliographique sous le titre de Bibliothèque idio-hourguignonne^ qu'il annonçait dans sa notice De la liberté de la Presse à Dijon^ au commencement duXVlF siècle, extraite de la Revue de la Côte-d'Or, 1. 1, p. 89-98. Elle est consacrée à l'examen de Ylsmenias ou \ Ebolation de Tailan, poème satirique en trois cent vingt-huit vers. L'auteur l'a complétée par quelques recherches sur les auteurs de cet opuscule en patois bourguignon, œuvre de Jean Richard et de son fils, Jean-Baptiste Richard.
Il a extrait des matériaux qu'il avait réunis une dissertation sur les auteurs du Virgile virai en Bourguignon, dont il est fait mention dans les Ménioires de l'Académie de Dijon (compte rendu pour l'année 1820, p. xLi et xLn). Elle a été reproduite en tête de l'édition donnée par M. Amanton. Chacun des auteurs fait l'objet d'une note très succincte, et l'introduction se termine par une facétie de l'abbé Barthélémy, intitulée, Histoire d'Enée, dans un genre nouveau (1).
Il est très vraisemblable que la lettre insérée dans le Journal de Dijon^ à la date du 11 janvier 1826, et signée *** est de G. Peignot ; elle renferme une notice sur la famille des imprimeurs Ballard, dont
(1) L'édition du Virgile virai (Dijon^lSSl) se compose des livres II, IV, VI de l'Enéide; des épisodes de Cacus, du bouclier d'Enée, des funérailles de Pallas, de l'épilogue, et d'un glossaire.
l'un a édité la musique des Noëls de La Monuoye, pour l'édition de 1738.
Enfin, dans une Notice sur quelques Poésies bourguignonnes, insérée par notre auteur dans le Bulletin du Biblioqhile, année 1841, p. 33, il restitue à leur véritable auteur, P. Malpoy, mort à Dijon le 7 juillet 1844, des poésies galantes, latines, françaises et bourguignonnes qui avaient été faussement attribuées à Aimé Piron dans le catalogue de la bibliothèque Pixéricourt.
Nous ne mentionnerons que pour mémoire la courte analyse du roman intitulé le Comte de Charny, dédié aux Bourguignons, laquelle a paru dans le Journal de la Côte-d'Or, du 1" avril 1829.
Histoire. — Notices historiques et liograiphiques.
nec nisi operta legens,
Wateries sermonis eranl, qusecumque libelles Fusa per innumeros nunc monumenta dotent. (Valesh poem.)
L'abrégé intitulé : Géographie statistique spéciale de la France, est un opuscule destiné aux écoles primaires, qui ne présente aucun intérêt.
Le principal ouvrage de G. Peignot est l'abrégé qui porte pour titre : De la maison royale de
France (1), Il est regrettable qu'il n'ait pas écrit l'histoire des deux premières races avec les développements qu'il adonnés à l'histoire de la troisième. Le précis généalogique des Mérovingiens et des Carlovingiens , que l'auteur ne considérait que comme une introduction à l'Histoire de la maison de Bourbon, est cependant plein de recherches exactes et variées. Il lui eût été facile de grouper autour
(1) Augmenté du Précis chronologique du règne de Louis XVIII, l'ouvrage porte le titre suivant : Abrégé de l'Histoire de France, composé de recherches curieuses, la plupart négligées par les historiens et contenant; dans l'ordre chronologique, la généalogie détaillée des princes de chaque race. Paris et Dijon, 1819.
La première édition devait paraître en février 1815 : « Mais les événements de la fin de mars en firent suspendre l'annonce et déterminèrent le lihraire propriétaire de l'ouvrage à en supprimer plusieurs passages et à en supprimer le titre ; l'ouvrage ainsi tronqué fut, après un nouveau dépôt d'exemplaires à la direction de la librairie, mis en circulation en 1815, sous le titre de Précis chronologique, généalogique et anecdotique de l'Histoire de France, etc. Après la seconde Restauration, en 181 G, on rétablit l'ancien titre... » Quérard, France littéraire, t. VU, p. 10 et suiv.
Voici, d'après l'exemplaire que possède la bibliothèque de la ville de Dijon, les différences qui distinguent les deux tirages de cette première édition. Dans le frontispice, le portrait de Clovis a été substitué à celui de Louis XVIIl. La préface tronquée n'eut que VI pages au lieu de xiv. La table générale des rois de France (p. xxi-xxTV) fut remaniée et reportée à la page 2. Les pages xxxix et XL du discours préliminaire furent refaites. Le titre de la page 1 : Précis généalogique et anecdotique de la maison de Bourbon, depuis Hugues-Capet jusqu'il Louis XVIII, fut remplacé par le suivant : Précis généalogique et anecdotique de la troisième race, depuis Hugues Capet. Les pages 1 à 6, les pages 261 à 266 ont été remaniées. Il en a été de même de la page 320, des pages 317 à 334, des pages 349, 350, 355-358, 363-396, 401, 402, qui renferment l'histoire du premier Empire et de la première Restauration. La page 432 elle-même, où se trouvait l'annonce de l'ouvrage, a été remplacée.
des premiers règnes des documents sûr les ordres religieux, les institutions, les monnaies, les découvertes, les progrès de la langue, comme il l'a fait à partir du règne de Hugues-Capet jusqu'à la Révolution. Nous posséderions ainsi un mémorial complet sur l'histoire de France , lequel aurait fait oublier tous les abrégés publiés antérieurement. Mais, dans sa modestie, loin de chercher à supplanter ses devanciers, l'auteur n'annonça dans sa préface d'autre ambition que le désir de les compléter.
Il avait publié, en 1816, un Précis chronologique du règne de Louis XVII I, qu'il réimprima, en poussant le récit des événements jusqu'en 1819, pour le réunir à l'ouvrage précédent. Ecrit sous l'impression des événements de 1814 et de 1815, le discours préliminaire est plein de considérations politiques sur l'avenir du régime nouveau, qui, dans la pensée de l'auteur, devait clore l'ère des révolutions et réconcilier pour jamais l'ordre avec la liberté. Le Journal de Dijon du 30 septembre 181o renferme un Petit résumé chronologique de la carrière qu'à parcourue Napoléori Bonaparte. Cet article, non mentionné dans le Catalogue de M. P. M., est certainement de G. Peignot, puisqu'il l'a reproduit littéralement dans le Précis chronologique du règne de Louis XVIIL
Un troisième ouvrage, qui complète en quelque sorte les précédents, est le Précis historique, généalogique et littéraire de la maison d'Orléans, par un membre de l'Université (Paris 1830). A la différence
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des deux autres, écrits sous forme de chronique, et dont le plan, sous ce rapport, laissait à désirer, ce précis peut se lire avec plus de suite. L'introduction renferme une généalogie de la branche de A^alois-Orléans ; vient ensuite celle de la branche de Bourbon-Orléans ; chaque duc y est désigné avec ses alliances et sa descendance, puis, une notice historique renferme sa biographie et se complète par une notice bibliographique toujours curieuse et intéressante. Le plus remarquable, à tous égards, est celle du Régent, surtout à cause de la bibliographie des pamphlets dirigés contre la personne de ce prince. L'auteur a reproduit complètement les trois pièces suivantes, toujours très recherchées des curieux : Histoire de Papijrius^ surnommé Pille-argent, gouverneur des Francs-sots (1721);
Les aventures de Pomponius^ chevalier romain ;
La Chronique de Dom Philippe d'Aurélie.
Nous devons revenir en quelques mots sur les écrits politiques que G. Peignot pubha sous la Restauration. U lmpro?nptu sur le rétablissement des Bourbons (avril 1814), et le Nouvelliste des campagnes (1816), sont écrits tous deux sous forme de dialogue. Dans ce dernier, qui eut deux éditions, l'auteur s'efforça de dissiper les préventions qui s'opposaient à la réconciliation du peuple des campagnes et de l'armée avec la Restauration, à celle des acquéreurs des biens nationaux avec les classes supérieures dépossédées pendant la Révolution.
En 1816, il publia pareillement le Testament de Louis XVI, qui eut deux éditions, et le Testament de Marie- Antoinette. Le premier est précédé d'une sorte de panégyrique du roi et de l'histoire de ses derniers moments. La note relative aux connaissances littéraires et scientifiques de Louis XYI a été complétée dans le Manuel du bibliophile, tome I, p. 372. L'auteur a suivi le même plan pour le testament de la reine ; il a ajouté à cette publication l'histoire de la découverte de ce document et rappelé les communications qui ont été données aux Chambres à cette occasion.
Nous ignorons si l'ouvrage suivant, annoncé dans la notice de ses manuscrits sous le n°xxi, aurait fait double emploi avec son Abrégé de l'Histoire de France. Il avait préparé un manuel intitulé : Les dates de l'Histoire de Frayice, présentant siècle par siècle et règne par règne la date précise de tous les événements remarquables , de tous les établissements, de toutes les découvertes. Les éléments de ce livre ont été, en partie, mis à profit dans les Amusements philologiques., où l'on trouve un répertoire de quelques découvertes anciennes et modernes (p. 404 à 534.) Dans cette partie du livre, G. Peignot a publié, au mot Voyages., une notice des principaux voyages et des découvertes géographiques, laquelle devait former elle-même un ouvrage spécial avec des développements plus considérables, annoncé sous l'art, xlvi de la notice de ses écrits.
D'après la même notice, nous voyons qu'il avait
préparé des Recherches historiques, chronologiques et bibliographiques sur tout ce qui concerne Jeanne d' Arc, et une Notice analytique de tout ce qui a été écrit sur le Masque de Fer.
Nous savons que, de bonne heure, G. Peignot s'était rendu familiers les grands ouvrages qui forment comme les sources de notre histoire : on peut voir à l'article Dates de son Dictionnaire de Bibliologie, qu'il avait étudié les principaux systèmes de chronologie. Il aimait à entretenir le public du magnifique ouvrage Y Art de vérifier les Dates, dont il donna un aperçu dans une Lettre à Amantoji qui parut successivement dans le Journal de la Côted'Or (1817), dans le Journal de la Librairie (1818), puis dans les Mélaiiges littéraires, philologiques et bibliographiques. ,
G. Peignot avait réuni dans son Abi^égé de l'Histoire de France, un grand nombre de détails sur les mœurs et les institutions ; il publia, à la suite de Y Annuaire de la Côte-d'Or pour l'année 1827, une suite de Notices chronologiques sur les mœurs, coutumes et usages aiiciens dans la Bourgogne. On y trouve en germe les éléments qui lui ont servi plus tard à composer la monographie intitulée la Selle chevalière qu'il publia dans la Revue de la Côted'Or, en 1836 (1). Il y est question de l'humiliation
(1) Dans les carnets de G. Peignot, on lit que cette brochure a été tirée à 179 exemplaires sur papier ordinaire, 2 roses, 2 verts, 2
subie, en 1025 et 1235, par deux chevaliers qui furent obligés de porter à une certaine distance, sur leur tête, la selle de leur cheval. L'auteur a notamment puisé dans le Glossaire de Du Gange, aux mots Hermiscara, sellam gestare. Cette petite dissertation est suivie du récit de deux traits concernant P. de Courtenai et Barnabo Visconti, duc de Milan.
Les Notices publiées à la suite de l'annuaire renferment en outre quelques détails sur la Mère-Folle (année 1454), sur les livres de Philippe-le-Hardi, sur les modes et usages domestiques au XIV^ siècle, les vêtements au moyen âge, sur quelques redevances singulières, sur les dettes de la ville de Dijon, sur le supplice d'Hélène Gillet, etc.
G. Peignot publia, dans le tome ni de la Revue des deux Bourgognes, un article sur le Gouvernement féodal, la prestation de foi et hommage, et la réunion des grands fiefs à la couronne, où il cite plusieurs exemples assez curieux du cérémonial de l'hommage féodal. Celui du comte de Champagne, en 1268, a été emprunté à la chronique des évèques de Langres, de Mathieu. Celui de Jean Baillol, de l'année 1292, avait déjà été mentionné dans le Tableau des mœurs du X" siècle, dont nous allons parler. Le tableau de la réunion des grands fiefs, qui termine cet
ventre de biche et 4 jaunes. Il n'en indique que 80 dans la liste des ouvrages qui suit la notice sur le Tombeau de Virgile.
opuscule, a été reproduit par l'auteur dans ses Amusements philolofjiques. Nous y avons remarqué quelques omissions sous les règnes de Lothaire , de Henri I", de Philippe I", de Louis VI, de Charles IV et de Charles VI. Il est facile de combler ces lacunes, en se reportant à VAb?'égé chronologigue des grands fiefs.
Une étude qui présente quelque analogie avec les précédentes, est le Tableau de mœurs au X^ siècle, ou la cour et les lois de Hoel-le-Bon, roid'Aberfraw,
de 907 à 948 Des notes biographiques sur Hoel,
quelques extraits de lois publiées par Guillaume Wolton et William Robert, forment la première partie de cet opuscule. De même que dans la Notice sur les mœurs de la Bourgoqne, G. Peignot s'est plutôt attaché à la partie de cette législation qui concerne les coutumes singulières et la vie privée, qu'aux grands côtés historiques. Nous avons déjà dit quelques mots des chapitres qui traitent de l'histoire la langue française et de la langue anglaise.
11 faut rapprocher de ces notices les détails qu'il a donnés sur le caractère sanguinaire et le rôle politique de Henri VIII , dans la lettre à Amanton, qui parut en 1826, dans le Journal de la Côte-dOr., à l'occasion de la publication de Crapelet. Il y donne des notes sur la suette, sur Thomas Morus, sur les victimes des vengeances du roi. G. Peignot a reproduit dans le Livre des Singularités (p.2S0), quelques articles d'un règlement pour le service de la maison de Henri VIII, la lettre d'Anne Boleyn à son amie
Marie (1); la description des repas du couronnement de la reine, le 2 juin 1533 (p. 236). Le même ouvrage renferme également un fragment intitulé : Quelques documents singuliers empruntés à V histoire, à la législation et à la littérature chez les Anglais (p. 237).
Le fragment d'histoire intitulé : Nouveaux détails historiques sur le siège de Dijon, en 1513, tiré à un petit nombre d'exemplaires, se recommande par un grand mérite d'exactitude. Les documents que l'auteur a consultés (tels que la Relation de Tabouret, le Panégyrique de La Trémouille et le mémoire de M. de Zurlauben), lui ont permis de rectifier et de compléter les relations inexactes de Varillas et de du Bellay. Cette notice se termine par la description de la tapisserie du musée de Dijon, commémorative du siège de 1313.
Le même mérite d'exactitude appartient à l'opuscule intitulé : Détails historiques sur le château de Dijon, imprimé dans les mémoires de l'Académie de Dijon, en 1832. On y trouve un certain nombre de faits relatifs à l'histoire de la ville et de la province ; des indications bibliographiques ; quelques horsd'œuvre qui font l'objet de notes intéressantes. Le plus important est une notice chronologique sur les
(1) Ce document fait partie d'un recueil de lettres singulières^ écrites par des papes, des rois et des princes, inséré dans le Livre dea Singularités (p. 191 à 235),
entrées des rois et reines de France à Dijon, qui reproduit, en le développant, un fragment que l'auteur avait publié d'abord dans le Guide du voyageur et de l'amateur à Dijon (1822).
Ses études sur l'histoire locale et les mœurs lui ont donné l'occasion d'annoter les Lettres sur Dijon dont M. P. Milsand vient de publier nne nouvelle édition (Aubry, 1863).
La lettre sur VE?neute du Lenturelu, insérée dans le Livre des Singularités (1), la note sur le château de Talant (dans la Liberté de la presse à Dijon) et la Liste chronologique des maires de Dijon, publiée dans l'annuaire de 1842, rentrent dans la même catégorie.
L'un des ouvrages qui ont été composés avec le plus de soin par G. Peignot est le recueil intitulé : Documents authentiques et détails curieux sur les dépenses de Louis XIV en bâtiments et châteaux royaux... publié en 1827. L'auteur fut assez heureux pour découvrir trois volumes manuscrits renfermant les dépenses de Louis XIV, de 1664 à 1666. En comparant ces précieux documents avec les notes sur les dépenses de 1664 à 1690, extraites d'un mémoire de Guillaumot , ancien architecte du roi, notre bibliophile fat frappé de la concordance qui existait entre les chiffres donnés
(1) P. 425. Elle avait été publiée dans la Revue rétrospective, t. II, p. 454.
dans ce mémoire et les états de dépenses rapportés dans le manuscrit. 11 en publia la description, il analysa et résuma avec une grande netteté les différents articles de dépenses concernant les nombreux bâtiments où le roi fit travailler, pendant ces trois années, avec son activité habituelle. Il fut amené à en conclure que Louis XIV n'avait pas dépensé, pendant tout son règne, plus de lo4 millions, monnaie du temps. Il ajouta à ces détails un peu arides des notes curieuses sur les savants et les littérateurs, et sur les gratifications qui leur furent accordées, sur les mœurs et les usages du temps.
L'exactitude des résultats donnés par Guillaumot et par M. Peignot a été fortement contestée : Lémontey avait eu, en effet, entre les mains le mémoire du commis de Mansart , d'où le travail de Guillaumot a été extrait, et il a composé, à cette occasion, un article qui a été publié dans la Beviie rétrospective (1). 11 est difficile de ne pas se rendre aux observations suivantes : Ce prétendu état général ne comprend que vingt-sept années... il faut nécessairement y ajouter toutes les dépenses faites pendant les vingt et une années antérieures à 1664 et pendant les vingt-cinq années qui ont suivi 1690. L'hôtel des Invalides, dont il n'indique les dépenses
(1) T. II, p. 329. On trouve dans cet article le Mémoire où l'architecte Guillaumot avait puisé ses extraits. M. Taschereau, qui dirigeait cette publication, a rendu d'ailleurs pleine justice à la notice de G. Peignot.
qu'à partir de l'année 1679, était construit et habité depuis quatorze ans. Postérieurement à l'année 1690, on trouve celles de la chapelle de Versailles, celles de Marly. On sait que le plomb seul employé au château et pour la conduite des eaux coûta 32 millions; les jardins et les fontaines, d après Le Nôtre, coûtèrent plus de 200 millions, monnaie du temps. Pendant le ministère de Colbert seul, la dépense en bâtiments s'était élevée à 300 millions... Il faut conclure des ces observations que les documents que l'architecte Guillaumot et M. Peignot ont consultés présentent d'énormes lacunes. La plus grave, c'est que l'on n'y voit figurer que les fonds affectés aux bâtiments , tandis qu'en réalité on faisait de larges emprunts, pour ces dépenses, au département de la guerre, aux caisses des Etats provinciaux, etc.
Un ouvrage considérable, qui rentre dans la catégorie des mélanges historiques, avait été préparé par G. Peignot; il en a donné le plan dans la notice de ses manuscrits, sous le n" xlvui, que nous reproduisons :
ce Notice historique et détails sur les mœurs, usages, modes, costumes, lois somptuaires et vie privée des François sous les divers règnes; avec la description de beaucoup de meubles curieux et objets de grand prix qui ont appartenu à des rois, reines, princes, grands hommes, etc. Le tout terminé par un tableau sur deux colonnes, présentant le rapprochement de divers événements qui, passés
à de grands intervalles les uns des autres, offrent cependant, sous la même date du jour et du mois, une coïncidence de faits vraiment extraordinaire. »
C'est dans ce cadre qu'il aurait vraisemblablement placé sa notice Du mois de Juillet considéré comme fatal aux provocateurs de révolution [\ ) ; sur le nombre quatorze, relativement à Henri IV; sur le chiffre titulaire de quelques-uns de nos rois ; sur quelques rapprochements historiques (12).
Enfin il avait préparé une notice sur la petite ville d'Arc-en-Barrois, où il était né; elle est annoncée dans la notice de ses manuscrits.
G. Peiguot avait un goût particulier pour les biographies, qui, dans un cadre restreint, lui donnaient l'occasion de réunir à la fois des anecdotes et des détails bibliographiques. Le Votjage de Piro?i à Beaune, dont il donna deux éditions, renferme une Vie anecdotique de Piron ; le Compliment des dames poissardes; l'Ode sur le prix de l'Arquebuse, remporté à Dijon par les Beaunois (1715); la Lettre de Piron à son ami le^ conseiller Jehannin sur sa mésaventure (11 septembre 1117), et trois pièces épigrammatiques. La biographie proprement dite n'est qu'un abrégé de la notice de Rigolley de Ju-
(1) Voir cet article dans le Spectateur de Dijon du 28 juillet 1839.
(2) Voir, sur ces dernières particularités, X&i Amusements philologiques, p. 321, 327, 352.
vigny, dont les traits piquants ont été fidèlement reproduits (1).
C'est pareillement d'après les Mémoires historiques sur la vie et les écrits de La Monnoye, donnés par Rigolley de Juvigny, que G. Peignot rédigea sa notice sur le même auteur. Mais il sut donner à son travail une forme originale en classant les ouvrages et les principaux traits de la vie de La Monnoye dans l'ordre chronologique, et en y ajoutant des notes nombreuses. Celles qui ont été renvoyées à la lin de la notice renferment des liors-d'œuvre intéressants, tels que la liste des évêques de Dijon, le taux des charges du Parlement et de la chambre des Compte ; l'indication des maisons de Dijon jadis habitées par quelques personnages de renom (2) ; des notices sur les éditions des Noëls et sur celles du Menagiana; la liste des Bourguignons qui ont fait partie de l'Académie française et de celle des inscriptions; et la description de la statue de Louis XIV,
(1) La relation du Voyage de Piron à Beaune vient d'être publiée par M. A. BoDhomme, sur un manuscrit de la main de M™^ Gapron, nièce de Piron, beaucoup plus complet que les textes suivis par G. Peignot. Cette nouvelle édition comprend : la relation datée du 10 septembre 1717 ; des pièces accessoires; le complément de ce premier voyage, écrit par Piron; le récit, non terminé, d'un second voyage à Beaune, une notice sur les détracteurs et apologistes des Beaunois.
Ce petit volume est intitulé : Voyages de Piron à Beaune... Paris^ .1. Gay, 18G3.
(2) Cette note avait déjà été insérée dans le Guide du voyageur à Dijon, de 1822, ainsi que la Chronologie des anciens rois et ducs de Bourgogne.
qui était jadis placée au milieu de la place d'Armes de Dijon.
J^es> Notices nécrologiques sur madame d'Andelarre et sur X. Girault sont trop p«u développées pour se prêter à l'analyse. Celle qu'il a lue à l'Académie de Dijon en 1836 sur son ami Amanton, est aussi complète que le comportait un éloge académique : elle emprunte une partie de son intérêt à la bibliographie qui la termine. Nous ne mentionnerons non plus que pour mémoire la Notice sur la Vie et les Ouvrages de Bom Jamin, placée en tête des trois ouvrages de ce religieux, publiés par les soins de G. Peignot, en 1 82S ; la très courte notice sur BufTon qui précède le Voyage à Montbard, de Héraut de Séchelles; les notes sur le peintre Demoustier, mort en 1651, sous ce titre : Quelques Anecdotes sur un original (dans le Bulletin du Bibliophile de l'année 1836, p. 251 ); la note Sur un passage de la vie de Pétrarque relatif au pape Benoît XII (dans le Bulletin de l'année 1839, p. 737 ). L'auteur de cette vie, qui se trouve en tête du Pétrarque de Bâle, de 1554, imputait au pape d'avoir ofïert au poète le cbapeau de cardinal , en échange des faveurs de sa sœur. C'est pareillement dans le Bulletin de l'année 1838, p. 356, que G. Peignot donna une Notice sur Gilles de Borne, précepteur de Philippe le Bel, et sur son Traité du Gouvernement des Princes, avec la bibliographie manuscrite et imprimée de ses ouvrages. Enfin il publia, dans le Journal de la Côte-d'or, année 1825, une Lettre sur le centenaire anglais
Thomas Parr, dont il parle en outre dans une note des Amusements philologiques, p. 223.
En tête de l'édition du Cours de Littérature de La Harpe, publiée par MM. Frantin etLagier, en 1820, parurent les Recherches historiques, littéraires et bibliographiques sur la vie et les ouvrages de l'auteur, dont on tira à part cent exemplaires. G. Peignot prit pour guide les notices données par MM. Auger et Petitot, et suivit le plan qu'il avait adopté pour la biographie de La Monnoye. Cette méthode, qui consiste à classer les faits et les publications d'un écrivain année par année, rend la lecture de cette notice moins agréable que ne le serait un récit plus suivi; mais les recherches y sont plus faciles que dans une notice où les faits seraient présentés dans un ordre plus arbitraire. M, Peignot y a signalé le caractère apocryphe de la fameuse prophétie de Cazotte ; il y révoque en doute l'existence de la lettre à Robespierre dont Garât fait mention dans ses mémoires ; mais il résulte d'une remarque de M. Ravenel, que si ce document ne figure pas dans les pièces justificatives, à la suite du rapport de Courtois, c'est que la lettre dont il s'agit avait été restituée par ce représentant à son auteur. (1)
Il convient d'ajouter à ces opuscules les articles qu'il a publiés dans la Biographie universelle de
(l) Voiries Causeries du Lundi, de M. Sainte-Beuve, t. V, p. 108, et l'opuscule que nous analysons, p. 118.
Michaud et qui, pour la plupart, sont consacrés à des imprimeurs et des libraires, dont il avait déjà dit quelques mots dans le Dictionnnaire raisonné de Biôlioiogie. Telias sont les notices concernant Augereau, Aussurd , Baglioni, les Barbou , Bernard (Jean-Frédéric) , Nicolas Bischop , de Baie , etc. Toutefois celle de Pbilippe Pot, qui est signée de de notre auteur, sort de cette catégorie.
Il a décliné toute participation aux deux derniers volumes du Dictionnaire historique et bibliographique portatif des personnages illustres , célèbres ou fameux, imprimé cliez Pbilippe, sous le nom de G. Peignot, soit en 1822, soit en 1832 (1).
Il est d'ailleurs l'auteur de plusieurs articles insérés dans la grande édition du Dictionnaire universel de MM. Chaudon et Delandine, dont le précédent n'est qu'un abrégé, et de la table littéraire chronologique qui termine cet ouvrage.
La i\oAic(i de Pierre Arétin, imprimée dans \d, Revue de la Côte-d'Or^ 1. 1, p. 345-352, est moins une biographie qu'une « notice sur sa fortune et sur les moyens qui la lui ont procurée et sur l'emploi qu'il en a fait. » Elle contient une récapitulation des gratifications que l'Arétin a obtenues de divers personnages, lesquels, pour se soustraire à ses attaques
(1) Voir l'art. 17 du Catalogue de M. P. M., la lettre adressée par M. Peignot au Journal de la Côfe-d'Or, le 14 a^Til 1822, et le tome II du Manuel du Bibliophile, p. 403, où l'auteur convient qu'il a rédigé le quart de la lettre A.
ou payer les éloges de sa plume, lui faisaient des présents considérables.
Cet article, dit l'auteur dans une note, est tiré d'un ouvrage inédit ayant pour titre : CImjsopée littéraire ou Histoire des récompenses, sommes, bénéfices et profits que certains auteurs anciens et modernes ont retirés de leurs productions littéraires, soit en les dédiant aux grands, soit en cédant leurs manuscrits aux libraires, avec cette épigrapbe, Multi vocati, pauci vero electi. » — Ce recueil a été annoncé par G, Peignot dans la notice de ses manuscrits, publiée en 1830, sous le n° xxxv. 11 devait avoir beaucoup de rapports avec Y T Histoire littéraire des dédicaces, qu'il avait mentionnée sous le numéro suivant.
L'auteur avait classé parmi ses opuscules de jurisprudence son Histoire d'Hélène Gillet, qui parut en 1829. Cette notice anecdotique , qui a fourni à Cb. Wodier, la matière d'une nouvelle publiée dans la Revue de Paris (année 1831, p. 18 à 36), est extraite de la relation insérée dans le Mercure François (t. XI, p. 326 à 541), et de quelques documents empruntés aux arcliives de la ville de Dijon et du département.
Depuis lors, deux autres publications ont paru sur le même sujet : 1° Une Poésie sur le jugement, supplice et rémission d Hélène Gillet de Bresse, Gand et Paris, 18S7;
2° Le Discours fait au parlement de Dijon sur la présentation des lettres d'abolition obtenues par
Hélène GiJlet, condamnée à mort pour avoir celé sa grossesse et son fruit, inséré dans les Variétés historiques de M. Fournier (t. I, n" 4).
A la suite de cet opuscule, on trouve les lettres de grâce accordées par Philippe, duc de Bourgogne, en 140o, à Jean Moreaii et quelques documents sur la grâce qu'obtenait le condamné qui, au moment de l'exécution, trouvait une femme qui consentît à l'épouser.
G. Peignot avait classé cette notice dans la série de ce qu'il appelait ses œuvres de jurisprudence, et il le rattachait au livre manuscrit qu'il avait préparé sous ce titre :
« Recherches historiques, judiciaires et même littéraires sur les fonctions relatives à l'exécution des jugements criminels chez toutes les nations, depuis la plus haute antiquité jusqu'à nos jours ; ouvrage rempli d'anecdotes singulières; suivi d'une dissertation sur l'ancienneté du supplice en usage en France, depuis le 25 avril 1792, avec la preuve qu'il était connu et usité depuis près de quatre cents ans en Allemagne , en Ecosse et en Espagne (1). »
D'après une lettre du 8 février 1829 à son ami Baulmont, l'ouvrage aurait eu un titre plus simple : Sur le Bourrmu^ recherches historiques, éty-
(1) Notice des Manuscrits, n» xxix.
mologiques, juridiques et littéraires, par un ancien avocat.
Voici les principaux chapitres puisés dans la table des divisions : Du bourreau chez les anciens (les Asiatiques, les Grecs, les Romains, etc.). — De l'étymologie du mot bourreau. — Des droits du bourreau sur la dépouille du patient. — A défaut du bourreau, qui doit en faire les fonctions. — Des tourmenteurs jurés au moyen âge. — Du costume et do la demeure du bourreau. — Des femmes bourreaux du temps de saint Louis... etc., etc.
Aux opuscules de G. Peignot il convient d'ajouter le résumé qu'il a donné des travaux de l'Académie de Dijon, pendant les années 182S et 1826, résumé qui a été publié dans le compte rendu de 1826-1827. Il y passe en revue deux notices de M. P. de Breuil, sur le xxxf livre de Y Histoire de Venise du comte Daru et sur une préface des œuvres de J. J. Rousseau, un morceau de philosophie de M. le président Riambourg, et les Annales du moyen âge de M. Frantin. Il a inséré dans le même volume son Rappoj't sur le concours ouvert pour le prix d éloquence qui devait être décerné en 1826 , et sur le mémoire couronné dont le sujet était : Saint Bernard et Bossuet, comparés dans leurs écrits, dans leur caractère et dans leur influence sur leur siècle.
Religion. — Mélanges. ~ Facéties. — Archéologie. — Danses des Morts. — Testaments remarquables. — Dissertations singulières.
Memor, celer ignoratis
Assidue in chartis, nec nisi operla legens. Exesas tineis, opicas que evolvere chartas Major quam promptis cura tibi sludiis.
(AusOiNE, xxn).
Nous aurions dû peut-être commencer l'analyse des ouvrages historiques de notre auteur, par l'examen des Recherches historiques sur la personne de Jésus-Christ; mais ce livre appartient aussi à la série des ouvrages sur la religion et la morale que nous allons passer en revue.
La première partie de ces Recherches a pour objet la personne même, c'est-à-dire la figure, la taille, les traits, les habitudes de Jésus-Christ, tels qu'ils ont été décrits par les auteurs les plus accrédités. On y trouve la lettre de Lentulus, les portraits des apôtres saint Pierre et saint Paul, un abrégé de la vie de Mahomet (dans un appendice de la préface), une bibliographie des ouvrages qui ont paru sur la beauté de Jésus-Christ. Les principales divisions sont intitulées : Des différents portraits de Jésus- Christ, que l'on croit avoir été exécutés de son vivant et sur sa propre figure ; De la statue érigée à Jésus- Christ par l'hémorroïsse ; Dissertation sur la beauté de Jésus-Christ, par Dom. Augustin Calmet.
La deuxième partie de l'ouvrage est intitulée :
Recherches historiques sur la personne de la sainte Vierge.
Le troisième partie contient un Essai analytique sur la généalogie et sur la famille de Jésus-Christ. L'auteur a exposé avec beaucoup do netteté les systèmes qui ont été adoptés par les divers écrivains qui ont traité ce sujet épineux ; l'érudition, l'histoire, la bibliographie ont été mises par lui tour à tour à contribution , sans confusion et avec une sobriété de détails qui ajoute au mérite des recherches.
Cet ouvrage devait être suivi d'une publication considérable que l'auteur avait sans doute remaniée à plusieurs reprises. Ala fin du volume que nous venons d'examiner, il l'annonçait sous le titre suivant : « Tableau chronologique de l'histoire évangélique et apostolique, comprenant, dans un ordre très suivi, tous les événements et les monuments relatifs à la fondation et à l'établissement du christianisme, pendant la durée du premier siècle de l'ère vulgaire... etc.
a Tous les événements, disait-il, sont présentés, année par année, ou plutôt consulat par consulat, et précédés d'une dissertation sur les ères anciennes, mise en rapport avec l'ère vulgaire (1) »
(1) Cet ouvrage devait avoir de grands rapports avec les Recherches historiques sur le cens ou le lustre, annoncées dans la Notice des Manuscrits, n" x. Voir aussi le n" xviii.
11 annonçait, dans la Notice de ses Manuscrits, une Dissertation historique sur une correspondance entre saint Paul et Senèque, accompagnée d'une traduction. (.( Il n'en existe, écrivait-il en dernier lieu, que des débris, consistant en quatorze lettres, dont huit de Sénèque et six de saint Paul. Elles ont été imprimées, pour la dernière fois, en 1719, dans le Cad. apocr., t. II, p. 892-904. » Livre des Simjularités, p. 193.
En 1817, il avait publié le Précis historique et analytique des Pragmatiques, dont M. Amanton rendit compte dans le Journal de la Côte-d'Or, du 10 décembre de la même année. « Ce nouvel ouvrage du savant et infatigable M. Peignot, écrit son ami, ne pourrait paraître plus à propos que dans le moment où les Chambres ont à délibérer sur un projet de loi relative au Concordat passé récemment avec le souverain pontife Pie YII et S. M. Louis XVIII... » L'auteur y a donné l'histoire de la Pragmatique de Charles YII, des Concordats de François I" et de Léon X ; des conventions de 1801 et de 1813. Il a complété cette notice par un Traité des libertés de l'Eglise gallicane, extrait de Fleury, une chronologie des Conciles et l'état des circonscriptions épiscopales de la France, avant et depuis 1789.
La Relation des deux Missions de Dijon (l'une de 1737, l'autre de 1824), écrite et imprimée en une semaine, eut une première édition qui fut rapidement épuisée. La deuxième fut augmentée d'une courte notice sur les missions et d'une bibliographie.
La relation de la mission de 1824 est une chronique de peu d'intérêt, un opuscule purement édifiant, qui témoigne des sentiments de piété dont l'auteur était animé à cette époque.
Nous avons déjà dit quelques mots du Mémorial religieux et biblique, a. l'occasion des Notices de G. Peignot sur les Livres saints. C'est un recueil d'extraits sur la divinité et la beauté de la religion, que l'auteur avait transcrits, au jour le jour, sans indiquer les sources auxquelles il les empruntait. Il les mit en ordre et il les fit imprimer en 1824.
Dès i 809, il avait publié les Principes élémentaires de la 3^ orale, ou Traité des devoirs de l'homme en société ; une seconde édition parut en 1833 ; enfin, la troisième fut publiée en 1838, sous ce titre : Eléments de Morale. Ce petit manuel est une sorte de catéchisme par demandes et par réponses à l'usage des classes élémentaires. La dernière édition se termine par deux opuscules de Franklin, la Science du bonhomme Riehard et le Sifflet.
C'est en 1809, pareillement, que parut \e Portrait du Sage, tiré à 7o exemplaires seulement, qui, à ce titre, figure dans la Notice bibliographique des ouvrages imprimés à petit nombre d' exemplaires (au commencement du Répertoire de Bibliographies spéciales.) c( C'est, dit l'auteur, un recueil des passages les plus frappants des moralistes pour engager l'homme à suivre le sentier de la vertu, et pour le convaincre qu'elle est la source du vrai bonheur. »
Au premier rang des ouvrages qui touchent indi-
rectement à l'histoire de la religion, il faut placer le Predicatoriana ; dès l'année 1810, G. Peiguot avait tracé le plan de ce recueil, qui ne parut cependant que dans le courant de l'année 1841. Dans le Répertoire de Bibliographies spéciales, le titre était ainsi indiqué : « Predicatoriana, ou choix d'anecdotes sur les prédicateurs, particulièrement sur ceux des XVP et XVIP siècles, avec des extraits piquants de leurs sermons originaux, singuliers ou burlesques ; et l'indication des meilleures éditions des principaux sermonaires; précédé d'une notice bibliographique des livres enAna (1). » Cet ouvrage se compose d'anecdotes et d'extraits d'anciens sermons, pour la plupart burlesques; les principaux fragments sont empruntés à Barlette, à Menot, dont il donne en partie les sermons sur l'Enfant prodigue et sur la Magdeleine; à Olivier Maillard, à Marini, à Roulin, aux prédicateurs de la Ligue, à Valladier,àP. de Bresse, etc. (2). La seconde partie de cette publication ne se rattache qu'indirectement à la partie anecdotique ; l'auteur y a publié le poème de Sanlecque sur les mauvais gestes des prédicateurs : La Vie de Nostre-Dame, glorieuse vierge Mcme; sensuyt la Vie de Judas Scarioth, lequel fut séneschal de Nostre-Seigneur Jésus-Christ,
(1) Voir pareillement la Notice des Manuscrits, n" XLiii.
(2) Il a été rendu compte du Vrcdirxdoriana dans le Bulletin du Bibliophile (année 1841, p. 628), par M. G. Brunet, qui cite plusieurs prédicateurs singuliers omis par G. Peignot.
et le ve7idit (1); les Recherches sur riristrument de pénitence nommé discipline (qui ont été publiées à part); une notice sur les saints patrons ; enfin, dans un certain nombre d'exemplaires on a ajouté le Songe du petit père André, et le Panégyrique de sainte Madeleine, par le P. Belon,
Une grande partie des anecdotes rapportées dans ce curieux recueil a été empruntée par l'auteur, et à Y Art de désopiler la, rate, et à X Apologie pour Hérodote, de Henri Estienne, qui y a inséré de nombreux fragments de sermons de Barlette, de Menot et d'Olivier Maillard. Roquefort avait déjà donné quelquesunes de ces citations dans l'introduction publiée en tête de son Dictionnaire des prédicateurs.
Plusieurs années auparavant, G. Peignot avait publié, avec un soin tout particulier, \ Histoire de la Passion de Jésus-Christ, co7nposée en MC C C CXC , par leR. P. Olivier Maillard... (Paris, Crapelet, 1828.) Le volume est précédé d'une lettre de l'auteur à M. Crapelet, d'une notice sur Olivier Maillard, d'après M. Labouderie, et renferme des extraits des sermons du fameux franciscain sur la confession générale et pour la fête de la Pentecôte. Cette publication eut du succès, car, en 1835, l'auteur en donna une deuxième édition, qui est devenue rare. Elle
(1) Il faut rapprocher de ces citations le chapitre inséré par l'auteur dans le Livre des Singularités, sous ce titre : De quelques ouvrages sitiguliers relatifs à la vierge Marie, p. 370.
forme le quatrième volume de la Collection des anciens monuments de la langue française, donnée par Crapelet. Nous n'insisterons pas sur le genre d'intérêt que présente Y Histoire de la Passion, écrite dans la langue populaire du XY" siècle. C'est une peinture de mœurs, pleine de traits piquants, quelquefois touchants, qui devaient avoir plus de succès que les sermons solennels, hérissés de raisonnements et de citations des docteurs graves du même temps (1).
Il faut rapprocher des dissertations curieuses qui font l'objet des notes, celles qu'il a données dans le Bulletin du Bibliophile. Telle est la notice sur Une sincjulière Relique. « La queue de l'âne qui porta le Sauveur, lors de son entrée triomphale à Jérusalem, laquelle queue est conservée dans le trésor du couvent des Dominicains de Gênes. » Elle se trouve mentionnée dans ÏOfficium hebdomadœ sanctœ (Venise, Pierre Turrin, 1636). L'auteur cite, en outre, le Philologema sacrum de asino Messice Christi in
(1) Les notes ne sont pas la partie la moins intéressante de cet opuscule. On y trouve l'épître de Lentulus et celle d'Agbare, déjà publiées dans les Recherches Idstoricjues sur la personne de Jésus- Christ; des dissertations sur le prétoire de Pilate et \!iScala sancta; sur le vêtement de Jésus-Cbrist ; sur la femme de Pilate ; sur la flagellation et la couronne d'épines; sur la supputation des heures; sur la sentence de Pilate ; sur le Calvaire, la croix, les clous, l'inscription INRI; sur le bon et le mauvais larron ; sur la robe de Noire-Seigneur, l'éponge, les ténèbres, la lance, le sépulcre, etc. Voir en outre sur la sentence de Pilate et le testament de Jésus-Christ, le Livre des Singularités, p. 389 et 393.
urhem JerosoUtncmi vectore, ex 'prœlectionihus J. B. Carpsovii excerpiwn a Johanne Luske {Bulletin, année 1838, p. 2o2-2S4).
Dans ce volume (p. 306-308), G. Peignot a donné en outre un extrait de la Légende dorée, sous ce titr£ : Origine du petit Cochon de Saint- Antoine. La notice se termine par le rondeau de Piron, « De saint Antoine, exemple des ermites... »
Dans le même recueil (année 1839, p. 885-893), il a publié une notice et des extraits du livre intitulé : Exhortation aux dames vertueuses, en laquelle est démontré le vray poinct dlionneur.
Notre auteur avait formé le projet de publier un recueil de descriptions singulières, bizarres ou sublimes du Paradis, telles qu'on les trouve dans les ouvrages de divers auteurs, depuis le XIP siècle. Il en a extrait d'abord, pour le Bulletin du Bibliophile [mmée, 1838, p. 255-239), une notice intitulée : Sottises incroyables des errants touchant la vie de Vautre inonde..., et qu'il a empruntée à l'ouvrage du P. Garasse, sur la Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps ou prétendus tels. Il y donne des citations bizarres sur les déjections des bienheureux, suivant Mahomet; sur les animaux qui doivent entrer au Paradis, suivant Luther...
Enfin, il a inséré, dans le Livre des Singularités (p. 405), un chapitre intitulé : Bu Paradis, de ses Merveilles et de ses Joies, qui termine le volume.
Au nombre des traités qui se rattachent à l'histoire de la religion, nous citerons : Les Recherches
sur l'époque où les pre7niers Chrétiens, les Romains et les peuples cV occident ont commencé à adopter la semaine; un article très sommaire sur le Concile de Màcon, tenu en 58S (publié dans Les deux Bourgognes, t, I, p. 189-197) ; un autre article publié dans la Revue de la Côte-d'Or (t. II, p. 379-386), sur le Synode tenu à Auxerre en 578, une note sur Pâques de 1818, insérée dans le Journal de la Cote-dOr (année 1817, 26 novembre).
Le Bulletin du Bibliophile renferme en outre : un article Sur un Missel curieux (année 1836, p. S9- 60) : il s'agit du missel des carmes de la bibliothèque de Semur, avec l'indication des frais de parchemin, de copie, d'enluminure et de reliure (p. 6-8); une notice dHUn Livre rare et singulier; \\ s'agit du triomphe du Calvaire, ou histoire de la mort de Jésus-Christ, par P. S. (Paris, l9oS), « espèce de poème en prose et en vers par un bourreau ; i) une Notice sur cpielques Prières manuscrites de la fin du XVL" siècle, d'après le Psalterium intemeratœ Dei genitricis virginis Mai^iœ, conservé dans le cabinet des estampes de Dijon (année 1839, p. S88-591). Une lettre de G. Peignot à M. Chassant a été publiée dans le Bulletin du Bouquiniste, au sujet des Or ay sons très dévotes, plaisantes et bien composées, en V honneur de la Royne du Paradis (année 1838, p. 540j.
Nous avons relevé dans le Journal de la Côteci'' Or une note sur le Catéchisme raisonné de M. Aimé (année 1817, 11 janvier).
Enfin, indépendamment de la correspondance de saint Paul et de Sénèque, G, Peignot avait annoncé dans la Notice de ses manuscrits, n° XXI, un Abrégé chronologique de l'histoire religieuse, littéraire et politique de rinstitut des Jésuites : « Ouvrage où tous les événements, toutes les pièces, toutes les anecdotes avérées sont rapportées à leur ordre de date avec la plus scrupuleuse et la plus impartiale exactitude.... »
A la suite des Mélanges sur la religion et la philosophie, il convient de parler des Opuscules que l'auteur a désavoués plus tard et qu'il a publiés, moins sans doute par bravade anti-religieuse que pour satisfaire ses goûts de bibliophile et donner aux amateurs une rareté bibliographique. Nous voulons parler de deux pièces tirées à part, puis réunies pour former un recueil factice, sous ce titre : Lettres facétieuses de Fontenelle, qui 7i ont pas été imprimées dans ses œuvres, Bagdad, MGCCCCCCCIIX.
La première est la Lettre de Fontenelle au marquis de La Fare sur la résu?Tection (en Europe, MDCCCVII).
L'auteur se demandait comment le Créateur trouverait des matériaux suffisants pour rendre à chaque esprit le corps qui l'avait autrefois animé, ce pour rendre contemporains tant d'hommes qui n'ont chacun un corps que parce qu'ils semblent avoir pris leur temps et leurs mesures pour se le céder les uns aux autres? » Dans une Lettre additionnelle sur le
même sujet (1), signée Giovano Plaisantino, noble milanais, membre de l'académie des Indomiti , G. Peignot suppose plaisamment que le Créateur empruntera la matière nécessaire aux animaux; par exemple : « La race des singes, des serpents, des caméléons, des loups cerviers, sera merveilleusement employée pour refaire de nouvelles langues, de nouveaux cœurs, de nouvelles mains à messieurs
les folliculaires »
L'autre pièce est la Relation de Visle de Bornéo (en Europe, MDCCCVII). Elle se compose d'une préface, d'une note sur l'ile de Bornéo et de trois lettres. La première lettrç, qui est de Fontenelle, renferme une histoire satirique , très abrégée, des luttes du catholicisme et du prolestanli'^me, de Rome et de Genève, sous les noms de Mcro et Enègue. La seconde lettre, écrite dans le même esprit, est de G. Peignot, et parle de la révocation de l'édit de Nantes, de la querelle des Jansénistes et des Molinistes, etc. ; elle se termine par quelques mots sur la Révolution et sur la restauration du culte. Une troisième lettre, adressée à l'éditeur et signée /?<c/œz<6' Apella, renferme la clef (2).
(1) La Lettre de Fontenelle a été réimprimée en 1819, mais sans la Lettre additionnelle de notre auteur.
(2) 11 faut consulter sur cette publication trois lettres de Ch. Nodier à G. Peignot, et qui ont été insérées dans le Bulletin du Bibliophile, année 1839;, p. 84. Nodier hisiste beaucoup afin d'être instruit des causes de la rareté de cette relation de l'île de Bornéo : « Je sais, dit-il à son ami, que vous n'avouez pas ces innocents juveni-
Archéologie. — les danses des morts. — Testaments remarquables, etc. — Dissertations singulières et facétieuses.
Ipsa varietate tentamus efficere ut alla aliis, quœdam fortasse omnibus placeant.
(Plinii sec. Epist. xiv, liv. IV).
Il est difficile de classer les genres traités par M. Peignot avec toute la précision désirable; il nous eût été possible, assurément, de ranger dans Farcliéologie les Détails historiques su?' le Château de Dijon, la Selle chevalière et les Notices sur les antiquités romaines. Mais nous avons préféré les distinguer des dissertations que nous allons examiner, qui rentrent plus spécialement dans le domaine de l'ar cbéologie.
Telle est entre autres la Notice sur quelques pierres tumulaires antiques et sur une inscription moderne qui se trouvent dans le cimetière de Saulieu (Côted'Or). Elle est imprimée dans le Compte rendu des travaux de V Acadérniede Dijon., année 1829, p. 276, 279. L'auteur faisait partie de la Commission des
lia, et mon catalogue vous gardera le secret. » Lettre du 17 novemlire 1828. — V. sur la Relation, le Répert. de Bibl. spéc, p. 57. Avant de clore ce chapitre, nous mentionnerons parmi les opuscules religieux, le Supplément au Catéchisme de M. Couturier; à Dijon, 1823.
antiquités établie dans le sein de l'Académie et lui communiquait, à ce titre, les notes qu'il pouvait recueillir dans ses voyages.
Dans le même genre, nous citerons la Notice sur un bas-relief représentant les figures mystérieuses et symboliques dont les quatre Evangélistes sont ordinairement accompagnés, suivie de recherches sur l'origine de ces symboles. Dans cette Notice, qui a été insérée dans les Mémoires de la Commission des antiquités du département de la Côte-d'Or, 1. 1, p. ISo, M. Peignot a complété les articles publiés par MM. Petit et Boudot sur un bas-relief du XlIP siècle, qui provient de l'église Saint-Bénigne.
Il publia, en outre, un certain nombre d'articles archéologiques dans le Voyage pittoresque en Bourgogne (Dijon, 1833).
Au premier rang des ouvrages sur l'archéologie se placent les Recherches histonques sur les Danses des Morts et sur l'origine des Cartes à jouer, Dijon, 1826. Une première esquisse de cet ouvrage avait fait l'objet d'une lecture à l'Académie de Dijon et avait paru dans le Compte rendu de l'année 1825, p. 212-239.
L'ouvrage se divise en cinq parties. La première traite de la Danse des Morts peinte à Bâle, et de la Danse des Morts peinte par Holbein ; la deuxième parle de la Danse macabre; la troisième de la Danse aux Aveugles; et des éditions qui en ont été publiées; la quatrième contient la description des anciens livres d'heures sur les marges desquels on
a gravé la Danse des Morts; dans la cinquième, l'auteur a donné la notice de quelques ouvrages, tableaux et gravures isolés qui ont rapport soit à la Danse des Morts, soit à la Mort personnifiée.
L'introduction n'est pas la partie la moins originale du livre : l'auteur y passe en revue les diverses Danses des Morts qu'on a pu signaler dans plusieurs villes de l'Europe.
Ces recherches ont été citées avec éloge TDar M. Fortoul, dans son Etude sur les jjoèmes et sur les images des Danses des Morts. Il a éclairci un point d'histoire qui avait été mal compris par G. Peignot. Ce dernier avait exprimé l'opinion que la Danse des Morts, dont parle le Journal de Paris, sous les règnes de Charles YI et de Charles VU, en 1424 et en 1429, n'avait pas été représentée par des personnages vivants, et que cette chronique a seulement fait allusion à une peinture qui existait sur le mur du Charnier des Innocents. M. Fortoul pense qu'elle fut à la fois l'objet d'une représentation scénique et reproduite par la peinture. On sait, en effet, que les Frères Mineurs firent représenter une Danse des Morts, en 1433, devant un de leurs chapitres provinciaux, par des hommes à qui l'on distribua ensuite quatre mesures de vin (1).
Dans le même volume, G. Peignot a publié une
(1) Voir les Recherches, p. 83, 84 ; Fortoul, Etudes d'architecture et d'histoire, t. I, p. 370 ; Dulaure, Hisioirede Paris, t. II, p. 552; et le Journal de Paris, édit. de 1729, p. 103 et 120.
A nalyse critique et raisonnée de toutes les recherches 'publiées jusqiià ce jour sur Vorigine et l'histoire des Cartes à jouer . Cet essai est moins un ouvrage original qu'une revue bibliographique, dans laquelle l'auteur examine les livres et les opinions des écrivains les plus accrédités sur ce sujet.
Le plus populaire des opuscules qui rentrent dans la même catégorie est Y Illustre Jaquemart de Dijorn publié sous le pseudonyme de P. Bérigal (1832). Cette notice est précédée de détails intéressants sur les anciennes horloges ; l'auteur y donne l'analyse d'une pièce en patois bourguignon intitulée Mairiaige de Jaiquemar ; il a donné ensuite en entier La Tiequaite de Jaiquemar et de sai faune ai Messieu de lai Chambre de ville de Dijon (1714), par Aimé Piron. Enfin la notice se termine par des extraits de l'Orloge amoureuse^ dittié du XIV" siècle, par Jehan Froissart. Cet opuscule est l'un des plus agréables de l'auteur et l'un des spécimens les plus complets de sa manière: elle consiste à relever par des horsd' œuvre piquants les recherches de pure érudition, qui, autrement, ne présenteraient qu'un intérêt médiocre (1).
U Essai chronologique sur les hivers les plus rigoureux , suivi de quelques recherches sur les effets
(1) Il faut rapprocher de cette notice celle qui a été publiée par M. Boudot, alors archiviste de la Côte-d'Or, dans le tome II des Mémoires de la Commission des Antiquités (\xx-i°), p. 159.
les plus singuliers de la foudre — se compose de plusieurs parties. Dans un discours préliminaire, l'auteur traite de l'hiver en général, des causes du froid, de la distribution de la chaleur à la surface du globe, de la formation de la glace. Puis viennent des notices sommaires sur les hivers les plus remarquables depuis l'année 39G avant J.-C. jusqu'en 1820. L'essai se termine par quelques notes sur les hivers les plus doux et par une table des climats d'heures et de mois.
Les recherches sur les effets de la foudre ne remontent pas au-delà de l'année 1676 ; elles devaient avoir une deuxième édition plus complète qui, dans la 'Notice des manuscrits (n° XLIV), porte le titre suivant : Tonitruana, ou recueil d'anecdotes sur les etfets les plus singuliers de la foudre depuis les temps les plus reculés jusqu'à n®s jours
Le Choix des Testaments anciens et modernes se compose de deux volumes qui ont coûté des recherches considérables. « Un testament, dit l'auteur dans son discours préliminaire, pris indistinctement dans les différents siècles, peut, par sa forme, par son style, par ses dispositions, être considéré comme un coup de pinceau produisant un heureux effet de lumière dans le tableau de la civilisation, desmœurs, des usages, et n'est pas moins utile pour juger de l'état de la langue au moment oii il a été rédigé...»
Ce recueil comprend plusieurs sortes de documents :
Les testaments réels, depuis Platon jusqu'à nos
jours; — les testaments faux; — les testaments fictifs, dont la série commence au t. II, p. 239. Tels sont ceux de Sergius de Pola, de Grunniiis Corocotta Porcellus; — une Notice bibliographique de divers écrits littéraires, satiriques, etc., qui ont paru sous le titre de Testament; — une Notice sur les testaments, dits politiques (Richelieu, Mazarin, Colbert, Louvois, etc.); — l'indication des recueils renfermant des testaments; — les épitaphes singulières; — enfin, un supplément, qui forme le quart du deuxième volume, renferme des documents fort remarquables qui n'ont été découverts par l'auteur qu'au moment oii l'ouvrage était sous presse.
Aux articles les plus importants ont été ajoutées des notices intéressantes; telles sont les notes historiques qui accompagnent le testament d'Auguste, la relation de la mort de Philippe le Bon, duc de Bourgogne; les notes qui suivent le testament de Napoléon, et notamment celle qui fait mention d'un séjour de Napoléon à Autun, etc....
Dans sa Dissertation historique et pJiilologigue sur un Poisson d'argent et sur un OEuf d autruche....^ insérée dans la Revue de la Cûte-dOr, t. III, p. Ho- 126, G. Peignot a résumé les renseignements donnés par M. Migneret, auteur d'un Précis de l'histoire de Langres, sur le poisson et l'œuf qui étaient conservés dans le trésor de la cathédrale de Saint-Mammès. Il a dit quelques mots de l'œuf considéré comme symbole religieux, et du poisson employé comme signe de reconnaissance entre les premiers
chrétiens. Ces derniers détails sont empruntés à un ouvrage de M. Belloc, sur la Vierge au Poisson, de Raphaël, explication nouvelle de ce tableau (Paris, 1833).
G. Peignot a publié dans la même Revue (t. I, p. 427), les Souvenirs relatifs à saint Paul de Londres, et quelques détails sur la Tour de Londres : a Ces souvenirs, dit l'auteur, datent de loin, car c'est le samedi 21 mai 1791 que, dans un voyage de pure curiosité sur les bords de la Tamise, nous avons visité en détail ce vaste monument. »
Parmi les dissertations singulières, nous mentionnerons d'abord l'opuscule intitulé : D'une pugnition divinement envoyée aux hommes et aux femmes pour leur incontinence désordonnée (en 1493), par Stephen Aliberg, D. M. A Naples et en France, Paris, 1836.
L'auteur y a pris pour épigraphe ces vers du poème de Fracastor :
Qui casus rerum varii, quœ semina morbum Insuetum, nec longaulli per singula visum, Attulerint!...
Le sujet lui-même, qui consistait à rechercher l'origine de la contagion, disparait au milieu des citations el des analyses bibliographiques qui donnent un intérêt particulier à cet opuscule. Cinq citations, empruntées aux ouvrages suivants, lui ont servi de texte :
Recueil d'aucuns cas merveilleux advenus de nos ans et aux siècles passez (1563); — un extrait des
Annales d'Aquitaine, de Jean Bouchet (f" 130);
— un arrêt du parlement de Paris du 6 mars 1497 ;
— un extrait de Jean le Maire des Belges : Cupidon etAtropos ; — les statuts donnés par Jeanne ?% reine de Jérusalem, le 8 août 1347.
L'ouvrage se termine par une bibliographie des livres imprimés sur le même sujet, du XV^ au XVIP siècle.
Nous avons déjà dit quelques mots des opinions politiques exprimées, sous une forme burlesque, dans Y Histoire morale, civile, politique et littéraire du Charivari , publiée en 1833.
Cet opuscule est l'un des plus originaux et des plus complets de G. Pcignot. Il a commencé par rappeler les dispositions réglementaires de toutes sortes qui interdisaient les charivaris (conciles provinciaux, constitutions svnodales, arrêts des parlements), ainsi que les conflits qui s'élevaient entre l'université et la justice séculière à l'occasion des désordres causés parles étudiants (1).
Le chapitre V, consacré aux charivaris les plus remarquables, contient la relation de celui du 16 avril 1335, à la suite duquel la ville de Toulouse perdit momentanément ses privilèges. Yient ensuite le récit du charivari de 1392, rapporté par Le Laboureur, et qui occasionna le premier accès de folie
(1) G. Peignot fait allusion à ce document dans sa lettre à Baulmont, du 23 décembre 1832.
de Charles YI. Enfin, l'une des citations les plus curieuses est celle du facétieux réquisitoire prononcé par Etienne Bouchin, procureur du roi de Beaune, en 1612, à l'occasion d'un second mariage.
Dans le chapitre YII, qui traite des charivaris donnés depuis l'année 1830, l'auteur n'avait indiqué que les initiales des hommes politiques qui avaient reçu ces auhades, mais dans la seconde partie de cet ouvrage, oij se trouve la nomenclature de plus de quarante charivaris, les noms sont rapportés en toutes lettres. Cette seconde partie est intitulée : Complément de riiistoire du Charwari jusqu'à l'an de grâce 1833, par Eloi-Christophe Bassinet, sousmaitre de l'école primaire de Saint-Flour et aidechantre à la cathédralco
Dans l'opuscule intitulé les Bourcjuignons salés, puhlié en 1833, l'auteur a passé en revue les opinions des divers auteursqui ont voulu remontera l'origine de ce sohriquet; Pasquier l'attribuait aux Allemands, qui, se trouvant en butte aux fréquentes agressions des bourguignons , leur auraient donné cette épithète par allusion aux nombreuses salines qui existent en Franche-Comté. Palissy pensait qu'elle venait de la coutume des bourguignons, qui mettaient du sel dans la bouche des enfants qu'on baptisait. La Monnoye y voit un sobriquet injurieux qui rappelait le désastre d'Aigues-Mortes, de 1421. Mais comme cette expression était usitée dès l'année 1410, il faut renoncer à cette explication.
Quelques notes complètent cet opuscule; l'une est
relative aux collections réunies dans le musée de Dijon; l'autre donne la liste des ducs de Bourgogne.
Les Recherches historiques et philologicjues sur la Philotésie... imprimées dans les Mémoires de V Académie de Dijon, année 1833, se composent de deux parties : dans la première, le sujet est traité dans ses rapports avec les usages anciens et modernes ; la deuxième est un appendice intitulé : Des toasts, ou de l'usage de boire à la santé en Angleterre,
Dans les Nouvelles recherches sur le dicton populaire : Faire ripaille (1836), l'auteur a donné une notice sommaire sur le premier duc de Savoie, Amédée VIII, élu pape sous le nom de Félix Y, en 1440, et qui , avant cette élection , s'était établi dans le prieuré de Ripaille, près de Thonon, a dont il rendit le séjour fameux par la vie paisible et agréable qu'il y mena, sans négliger surtout les plaisirs de la table. » Après avoir examiné les diverses opinions émises sur l'origine de la locution proverbiale qui fait l'objet de sa dissertation, Peignot conclut par les lignes suivantes : « Le pacifique Amédée termina ses jours à Genève, le 7 janvier 1451, âgé de 69 ans, laissant la réputation d'un bon prince, d'un faible anti-pape, et de digne fondateur du fameux dicton : Faire ripaille. »
Au nombre des dissertations archéologiques, il convient de classer la lettre à M. Amanton sur la Galerie françcdse des femmes célèbres par leurs talents, leur rang ou leur beauté, lettre qui a été imprimée dans le Journal de Dijon, année 1829, n"' 67 et 9.
Nous mentionnerons pareillement les lettres publiées dans le même journal : sur une Secousse de tremblement de terre ressentie à Dijon (23 février 1822); sur les Bois de France du nom de Charles (28 févr. 1827); sur la longévité de certains animaux (19 sept. 1827).
Nous aurions pu classer parmi les essais de l'auteur sur les Antiquités romaines la notice imprimée dans la Séance publique de V Académie de Bijon de 1827 : Bu luxe de Cléopâtre dans les festins avec Jules César, puis avec Marc-Ajîtoi?ie , ainsi que le Mémoire
publié dans le même volume sur différents objets
don t les Romains faisaien t visage pour le service de table.
La lettre à M. Crapelet, sur la Vie de Jeanne d' Arc, aurait du être mentionnée par nous page 120, à côté du manuscrit de Fauteur sur la même héroïne. Cette lettre a été publiée dans le Bulletin du Bouquiniste du 1" janvier 1862. Nous avons aussi omis de mentionner dans ce chapitre III la notice nécrologique sur M. le baron Perreney de Grosbois , qui a paru dans le Journal de la Côte-cVOr du 22 mai 1840.
Bibliographie. — Amusements philologiques. — Livre des singularités.
A desenor muert à bon droit Qui n'aime livre ne nu croit.
{Rommi du Renart.)
En esquissant, au commencement de notre essai analytique, le plan des travaux de G. Peignot, nous avons dû dire quelques mots de ses premiers traités
de bibliographie. Le Manuel bibliographique nous a servi de point de départ pour étudier les ouvrages qui se trouvent en germe dans ce recueil ; nous nous sommes contenté toutefois de restreindre nos recherches aux traités ou aux chapitres que notre auteur à écrits sur la matière des livres proprement dite, nous réservant de parler, dans une dernière partie, des ouvrages de philologie ou dans lesquels il a décrit et analysé des livres rares (1).
Obligé par ses fonctions de bibliothécaire de manier un grand nombre de volumes bons et mauvais, il a gémi plus d'une fois soit sur la licence des publicistes qui s'attaquent à la morale, à la religion ou aux personnes, soit sur l'immense quantité de livres produits par l'imprimerie. Dans le Dictionnaire des Livres condamnés, il avait déjà parlé de la répression des écarts des libelhstes à Rome (p. xni) ; il traita spécialement ce sujet dans son Essai Jdstorique sur la liberté d'écrire chez les anciens et au moyen âge, sur la liberté de la presse depuis le XV' siècle, etc.
(1) Nous avons parlé ci-dessus des opuscules de G. Peignot, relatifs à l'art typographique et aux imprimeries particulières. Il faut rapprocher de ces articles une Lettre à M. Crapelet du \^' décembre 1840, sur les imprimeries de Dijon. Elle a paru dans le Bulletin du Bouquiniste du l«r janvier 1862. Nous mentionnerons pareillement la Lettre à M. CJiassont du 10 juin 1841, au sujet des imprimeries clandestines (même Recueil, année 1859, p. 88), et une noie sur Vimprimerie particulière de Goltzius (dans les Archives du Bibliophile, wanée 1858, p. 119).
L'auteur y touche à tous les sujets : invention et progrès de l'imprimerie; histoire de la Réforme; règlements et surveillance de l'université sur la librairie, les manuscrits et leurs transcriptions; opinions singulières touchant la liberté d'écrire, etc. Mais on lira surtout avec intérêt la notice chronologique des principaux moyens de répression et des actes de l'autorité relatifs à l'imprimerie et à la librairie.
Le jurisconsulte pourra consulter une notice chronologique des dispositions législatives qui ont réglementé la presse depuis l'année 1788 jusqu'à la loi du 8 décembre 1831, sur le cautionnement des journaux. Enfin, on trouve dans ce volume le tableau du nombre des imprimeurs, tel qu'il a été fixé pour chaque ville, conformément aux arrêts du conseil de 1704 et de 1739, et au décret de 1810, avec l'état numérique des imprimeurs et libraires en 1830.
Partisan d'une sage liberté, ennemi de la licence, l'auteur, découragé par les catastrophes politiques auxquelles il avait assisté, termine son livre par ces lignes peu concluantes : « Cette partie de la législation, si belle, si séduisante en théorie, sera toujours, dans la pratique, le plus embarrassante et la plus difficile de l'administration, sous quelque gouvernement que ce soit. »
D'un autre côté, il aimait à calculer approximativement à quel chiffre pourrait s'élever l'énorme quantité de livres produits par la typographie : «Le savant Struve à écrit, dit-il, qu'il serait plus facile
de transporter le mont Atlas que de faire une bibliographie universelle, c'est-à-dire un catalogue de tous les livres qui existent, et qu'il faudrait au moins 150 volumes in-f" pour ce catalogue; je crois que 300 ne suffiraient pas. » [Répertoire de bibliographies spéciales, p. 11 1 .) Le nombre des ouvrages imprimés est évalué par lui à plus de 3 millions et demi, et, en supposant que chacun se compose de 3 volumes et qu'il ait été tiré à 300 exemplaires, il en résulterait que le nombre des volumes s'élèverait à plus de 3 milliards 313 millions : a mais les deux tiers au moins de cette masse énorme ont été détruits ; il ne nous reste donc plus, pour nos menus plaisirs, dans toutes les bibliothèques publiques et particulières du monde, que 1 milliard 104 millions 588,000 volumes Et si tous ces volumes étaient rangés les
uns à côté des autres, comme dans un rayon de bibliothèque, ils formeraient une ligne de 15 millions 341,500 toises, ou de 7,670 lieues de poste (1). »
Aussi, tout en faisant l'éloge des livres, G. Peignot insistait sur la nécessité de faire un bon choix, et il rappelait ces mots de Pline : Midtion légère, non multa, et ce précepte de Sénèque : Paucis libris im- 7norari et innutriri optortet^ si velis aliquid trahere quod in animo fideliter hœreat. » Tous les ouvrages
(1) Manuel du Bibliophile, t. I, p. 2 Dans un article du Bulletin du Bibliophile (1841, p. 574), M. Brunet rappelle que dans la seule année 1840, en France, et sans compter les journaux, il a été tiré plus de 115 millions de feuilles.
de notre auteur ont précisément pour objet de guider le lecteur, en lui signalant les bons livres et les bonnes éditions et en lui enseignant les meilleures méthodes de classification.
A cet égard, son expérience lui apprit à se défier des systèmes trop absolus; mais au début, il tomba dans ce défaut en acceptant avec trop d'empressement les divisions de la grande Encyclopédie, dont il se contenta de modifier les dispositions dans les sous-divisions. Après avoir ébauché son plan dans le Manuel bibliographique, il le fit précéder, dans le Dictionnaire raisonné de Bibliologie, au mot Systèmes bibliographiques, d'un exposé des diverses méthodes de classification professées par les auteurs français et étrangers, au nombre de plus de vingt. Mais, plus tard, il revint aux saines traditions,, telles que les avaient mises en pratique les hommes les plus expérimentés du dernier siècle.
A la fin du Manuel du Bibliophile, il ne dit plus rien du système qu'il avait un instant ébauché, et il reconnaît que celui du P. Garnier, remanié par Martin (1), et complété par Debure, doit être suivi de préférence.
Cependant, dans son impatience de faire jouir le
(1) Martin avait dressé, depuis l'année 1703 jusqu'en 1761, époque de sa mort, près de 150 catalogues. Dans un article du Bulletin du Bibliophile, M. Faucheux a analysé le système du P. Jacob (164S); celui de Garnier (1078); ceux de G. Martin, Debure etLeber (cinuée 1841, p. 505).
lecteur du fruit le plus précieux de ses recherches, G. Peignot n'attendit pas qu'il fût en état de publier le Répei'toire bibliographique universel, qui devait donner sur chaque matière la nomenclature des principaux livres qui en traitent ; il voulut, tout d'abord, allécher les curieux par une publication capable de flatter leur goût. Dès l'année 1804, il fit imprimer, avec un soin rare à cette époque, ?,onEssaide Curiosités bibliographiques, 011 se trouve la liste des livres dont le prix atteint ou dépasse 1,000 francs. Les articles les plus précieux sont accompagnés de notes intéressantes, oij l'auteur s'est complu et qu'il a reproduites avec une prédilection particuhère, chaque fois qu'il en a trouvé l'occasion. Dans l'introduction, il ne put s'empêcher de toucher à un grand nombre de sujets qu'il comptait reprendre plus tard avec de nouveaux développements. Il y inséra de nombreux extraits des Additions à Vhistoire de Louis XI, oii Gabriel Naudé a parlé avec discernement du prix des livres et des manuscrits au XV siècle.
Il compléta ce premier travail dans les Variétés, Notices et Raretés bibliographiques, oii il donne une liste d'ouvrages imprimés ou manuscrits, au nombre de80, dontle prix a dépassé 100 louis ou 2, 400 francs. Enfin, dans le Livre des Singularités, sous le titre de Variétés bibliographiques, il a esquissé le plan d'un « petit cabinet d'amateur, composé de dix ouvrages et de dix tableaux seulement, dont le prix contant n'excède guère la modique somme de 2 millions. »
Dans Y Essai de Curiosités bibliographiques, G. Pei-
gnot avait en outre dit quelque chose des prix payés aux écrivains de l'antiquité et de la renaissance pour leurs ouvrages. Ce sujet devait former un traité spécial intitulé : « Chrysopée littéi^aire, ou notice historique chronologique des prix auxquels, depuis le XVIP siècle jusqu'à nos jours, un grand nomhre d'auteurs ont cédé leurs manuscrits à des libraires.» ['Notice des Manuscrits, n° XXXV. )
Les Curiosités hibliographiciues devaient se composer de quatre autres parties ayant pour objet : les premières éditions des classiques grecs et latins; les livres imprimés à moins de cent exemplaires ; les principaux ouvrages condamnés, supprimés et brûlés par autorité de justice; les grands voyages pittoresques.
Ce n'est qu'en 1822 que notre auteur publia son article sur les éditions princeps dans ses Variétés, Notices et Raretés bibliographiques ; il fait partie du long post-scriptum de la Lettre à Amanton, sur la trentième lettre du voyage de Dibbin, p. 57, et se compose de 20 pages seulement. On peut en rapprocher l'article consacré aux premiers Monuments typographiques, dans le Dictionnaire de Bibliologie,
En 1808, il publiait sa Bibliographie curieuse ou notice des livres imprimés à cent exemplaires au plus, suivie d'une notice de quelques ouvrages tirés sur papier de couleur; on trouve en germe dans cette publication celle qu'il donna sous le titre de : Bépert.oire de Bibliographies spéciales, publié en 1810, et
où les ouvrages imprimés sur papier de couleur forment une catégorie distincte.
La troisième partie traite des livres dont le texte est gravé, et la quatrième des livres publiés sous le nom d'A?ia (1), deux catégories qu'il avait omis d'énumérer sous le titre de Curiosités bibliographiques. Mais la notice la plus curieuse et la plus étendue de ce volume est la description des onze volumes de mystères, moralités, sotties et farces choisies, réimprimées par Caron à 100 exemplaires.
De même que les Variétés,\(i Dictionnawe ci'itique, littéraire et bibliographique des princiimux livres condamnés au feu...., pubhé en 1806, fait suite aux Curiosités. Il avait eu d'abord l'intention d'intituler ce répertoire : le Bûcher jthilosophique . Un ouvrage de cette nature échappe à l'analyse; nous citerons cependant, parmi les articles les plus intéressants, le mot Bulle, sous lequel l'auteur a fait l'histoire des luttes des souverains contre les papes, et celle des bulles qui ont été lacérées, brûlées ou supprimées en France par des décisions et arrêts souverains; il y a donné les pièces censurées et il a complété cette notice par l'indication de quelques thèses théologi-
(1) G. Peignot avait préparé un travail à part intitulé : Bibliographie spéciale et raiMunée de tous les ouvrages publiés sous le titre d'Ana. Manuscrits, n» XLii. Il annonçait, eu outre, sous le n» xxxu^ une deuxième édition des Curiosités qu'il aurait intitulée : Bibliothèque curieuse, entièrement composée d'ouvrages tirés à petit nombre, avec des détails analytiques, littéraires, descriptifs et beaucoup d'anecdotes sur ces sortes de raretés.
ques condamnées. L'article Bayle renferme une bonne hibliograpliie des ouvrages de ce savant critique; l'article Dolet, plusieurs épigrammes contre les moines; l'article Darigrand, une diatribe contre les fermiers-généraux. On trouvera la bibliographie de y Index, au mot Livres condamnés. L'article Rousseau contient l'histoire des fameux couplets ; l'article Raynaud, les titres des ouvrages bizarres de quelques théologiens sur la personne de la Yierge et de Jésus-Christ,
L'auteur lui-même a rendu compte, dans le discours préliminaire qui précède son Essai historique sur la liberté d'écrire, des circonstances qui ont contribué à rendre rare en France son Dictionnaire des livres condamnés. « En 1806, nous avions cédé une partie de l'édition (tirée à 1,000) à M. L. F., libraire à Paris; il trouva à placer sur-le-champ presque tous ces exemplaires dans le royaume de Naples. Vers 1820, le roi de Naples étant rentré dans ses Etats, on s'empressa de prendre les moyens de réprimer la liberté de la presse; nous avons été fort surpris de trouver dans un de nos journaux de France, du 27 juin 1821 , l'article suivant :
« M. Peignot va exercer à Naples la fonction de » censeur, non en personne, mais à l'aide de celui « de ses ouvrages qui est le meilleur à notre avis, ce son Dictionnaire critique des livres condamnés... « Le roi des Deux-Siciles, qui a chargé la commisce sion d'instruction publique de faire un second ce index des productions qui, à Naples, méritent le
« feu, a ordonné qu'elle prît pour guides l'Index de c< Rome et le Dictionnaire de M. Peignot,
« Dans le premier, la commission aura une liste « aussi sèche qu'immense des livres qu'elle pros- 0 crira; dans l'autre, au moins, elle pourra lire les c( passages qui ont motivé la condamnation, »
Dans cet ouvrage, l'article Voltaire avait été traité avec un soin particulier; néanmoins, l'auteur lui donna de nouveaux développements dans les Recherches sur les ouvrages de Voltaire, qu'il publia à Dijon sous les initiales J. J. E. G..., avocat. M. Amanton en rendit compte dans le Journal de Dijon, n° du 12 juillet 1817.
« M. J. J. E. G..., après avoir passé en revue « toutes les anciennes éditions du patriarche de Fer- « ney, entre dans le détail des condamnations que « la plupart des écrits clandestins de cet auteur si « fécond ont encourues; il finit par indiquer les meil- (c leure ouvrages dans lesquels ont été combattus « ces principes dangereux. Il était naturel, ayant « signalé le mal, d'indiquer les sources où l'on pouce vait puiser de quoi y remédier. »
On peut rapprocher de cet opuscule la Le^/re pour justifier l'exactitude de la date d'un arrêt du parlement de Paris, rendu le mardi 1" mars \oo{^ contre ung certain liuvre maulvais, exposé en vente soubz le tiltre de : Quatriesme Hure de Pantagruel. Cette date ayant été révoquée en doute par un éditeur, G. Peignot publia la lettre que nous venons de citer dans le n" du 31 mars 1826 du Journal de Dijon.
Afin de compléter les Curiosités bibliographiques, il restait à notre auteur à décrire les grands voyages pittoresques; cette notice, très écourtée dans le Répertoire bibliographique, devait sans doute faire partie d'un ouvrage plus considérable annoncé parmi ses manuscrits, sous le n° XLVI : « Notice chronologique et raisonnée de différents voyages exécutés autour du monde et des découvertes faites jusqu'à ce jour, surtout dans la mer du Sud, avec l'indication bibliographique de toutes les relations qui ont été publiées sur ce sujet (1). »
Le Répertoiî'e bibliographique universel, auquel nous avons souvent renvoyé le lecteur, renferme une série d'articles classés dans l'ordre alphabétique, sous chacun desquels on trouve la liste des principaux ouvrages qui traitent du sujet. Ce cadre était trop vaste, et quelques articles sont incomplets; néanmoins, un certain nombre présentent de l'intérêt. Tels sont les articles sur l'Histoire littéraire, la Bibliographie, les Catalogues les plus remarquables et les Manuscrits. Ce dernier est intitulé : Notice sur quelques Manuscrits des auteurs anciens, lors de la renaissance des lettres, c'est-à-dire depuis le quinzième siècle. On remarque parmi les notices qui s'y trouvent, celles qui concernent Pétrone et Tite-Live. Au mot Encyclop)édie, on trouve une bibliographie
(1) Voir à cet égard les Amusements philologiques, p. 528^ au mot Voyages.
de ces sortes d'ouvrages plus complète que celle qu'il avait donnée dans son Essai de Cuiiosités bibliographiques, p. 41-46 (1).
On lira aussi avec intérêt l'article Livre, qui renferme des indications sur la bibliographie, les préfaces, les ornements des livres, leurs titres et les dédicaces; sur la bibliomanie et les livres rares. Le § 4 est intitulé : De quelques livres sur lesquels on a fait des dissertations particulières. Ces dissertations avaient pour notre auteur un attrait particulier; quelques-uns des livres mentionnés dans ce paragraphe ont été décrits par lui à plusieurs reprises. Ainsi, la Guirlande de Julie fait l'objet d'une notice dans Y Essai de Curiosités bibliographiques, p. 62. Il a parlé avec la même complaisance du Codex Argenteus d'Ulphilas, conservé dans la bibliothèque d'Upsal, et du Codex Aureus de la bibliothèque de Stockolm, écrit sur pourpre et en lettres d'or (v. \ Essai de Curiosités bibliographiques, p. 32, et les Bibliographies spéciales, p. 130, 151). ^£"5502 renferme, en outre, une notice sommaire sur le livre unique intitulé : Liber passionis D. N. J. C. , cum figuriset caracteribus ex nulla materia compositis, dont il a parlé
(1 ) Voir aussi le Dictionnaire des Livres condamnés, t. I, p. 103-107, et le Dictionnaire raisonné de Bibliologie, t. Il, p. 250-268; t. III, p. 118-120. G. Peignot avait formé le projet de publier une Notice historique, littéraire et bibliographique de tous les ouvrages parus depuis 2,000 ans sous le titre d'Encyclopédie, en quelque langue que ce soit, ouvrage qui devait avoir de grands rapports avec son projet de Lexicographie universelle.
dans le Manuel bibliographique, p. 57, et dans le Dictionnaire raisonné de Bibliologie, t. I, p. 397.
Les recherches sur les dédicaces l'avaient amené à composer une « Histoire littéraire des Dédicaces, avec une notice raisonnée de toutes les critiques qu'on en a faites et un recueil choisi de celles qui sont les plus singulières et les plus remarquables, soit par le style, soit par la bassesse, soit par la malignité, soit enfin par la bizarrerie, depuis 1511 jusqu'à nos jours... » [Notice des manuscrits, n° XXXVI.) A la suite de ces lignes, Fauteur a reproduit une dédicace de Jean Marot à la reine Anne de Bretagne (1512). On peut, en outre, consulter sur ce sujet un article du Bulletin du Bibliophile de l'année 1839, p. 583, signé Olivier.
G. Peignot a extrait de cet ouvrage son article intitulé : Histoire des dédicaces d'Erasme, racontée par /m'-meme, et publié dans le même recueil, année 1836, p. 11-15. Erasme s'y plaint des personnages qui ne l'ont pas récompensé assez libéralement des éloges qu'il leur a donnés.
Quant aux titres des livres, notre auteur annonçait sur ce sujet un opuscule dont il a extrait un chapitre du Livre des Singularités : De quelques ouvrages mystiques On y trouve : l'Opiate de sobriété, les
Pilules spirituelles, les Lunettes, les Baisers spirituels, etc. L'ouvrage, d'après \b. Notice des manuscrits, n° XLl, aurait été intitulé : Bibliographie amusante, ou notice raisonnée des ouvrages dont les
titres sont singuliers^ originaux, plaisants, facétieux, satiriques, ridicules.
Il a consacré, en outre, à la description de plusieurs manuscrits des opuscules plus ou moins considérables que nous allons passer en revue. L'annonce seule d'un trésor de cette espèce lui mettait la plume à la main: c'est ainsi que, dans deux Lettres à Amanton, sur deux manuscrits précieux du temps de Charlemagne et publiés dans le Journal de Dijon, de l'année 1829, G. Peignot examina si la fameuse Bible apportée à Paris par M. Speyer- Passavant, de Bàle, était lo même manuscrit que celui qui fut offert par Alcuin à Cbarlemagne. La seconde lettre a pour objet la description du manuscrit : Y Evangéliaire on Heures de Cbarlemagne. L'une et l'autre ne présentent qu'un intérêt médiocre.
Le travail le plus sérieux en ce genre est le Catalogue dune partie des livres composant la bibliothèque des ducs de Bourgogne au XV siècle... Ainsi que l'auteur l'a expliqué dans une lettre préliminaire adressée à M. Amanton, il avait puisé les matériaux de cette publication dans les inventaires des joyaux, vaisselle, etc., délaissés à la mort des ducs et ducbesses de Bourgogne de la dernière race. Il y a donné quelques explications sur le goût de ces princes pour les lettres et pour les beaux manuscrits, ainsi que l'histoire sommaire des bibliothèques des ducs Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire. Puis, dans un postscriptum, il a inséré un court extrait des comptes de
dépenses des ducs de Bourgogne, pour achats, enluminures et reliures de livres, de 1373 à 1477. Cette lettre, qui n'a pas moins de 39 pages, est la partie la plus curieuse de cet opuscule, dont le seul défaut est de ne pas avoir plus de développements.
La liste des manuscrits, qui compose le catalogue proprement dit, est accompagnée de notices historiques et littéraires sur les articles les plus intéressants.
Cette publication avait paru d'ahord en articles séparés dans le Journal de Dijon, des années 1829 et 1830, qu'il réunit en un volume intitulé : De V ancienne Bibliothèque des ducs de Bourgogne. Elle eut assez de succès pour que Tun de ses correspondants de Gand lui offrît, en 1840, d'en donner lui-même une deuxième édition que l'on désirait en Belgique, pour le cas oii M. Peignot serait hors d'état de s'en occuper. Notre auteur la puhha à Dijon, en 1841, sous le titre que nous avons indiqué d'abord, et y ajouta le catalogue de la bibliothèque des Dominicains de Dijon, rédigé en 1307. Il aurait désiré la compléter par l'inventaire de l'abbaye de Cîteaux, dressé en 1480 et en 1482; mais l'étendue de ce document, qui n'a pas moins de 93 pages in-4% l'arrêta.
Il se donna carrière dans deux autres publications, 011 il put décrire à loisir un fort beau manuscrit du XV siècle, appartenant à l'hôpital de Dijon. Il lut à l'Académie une Notice de XXII grandes Miniatures de ce manuscrit, et ce travail, accompagné de quel-
ques recherches sur l'usage d'enrichir les livres de ces sortes d'ornements, fut publié dans les Mémoires de cette société savante pour l'année 183^. Lanotice se termine par la description de cinq manuscrits de l'histoire inédite de l'hôpital de Dijon, de 1204 à 1772, par frère François Calmelet, trente-huitième et dernier maître-commandeur de la maison de l'ordre hospitalier du Saint-Esprit de Dijon.
luHistoii'e de la fondation des hôpitaux du Saint- Esprit de Rome et de Dijon, imprimée (en 1838) dans le t. I" des Mémoires de la commission des Antiquités du département de la Côte-d'Or, renferme une description plus complète des miniatures du même manuscrit. Elle est accompagnée de gravures au trait et de notes, mais on n'y trouve pas les recherches sur les ornements des manuscrits. Un discours préliminaire renferme une analyse succincte des bulles des Souverains-Pontifes relatives aux privilèges de l'établissement; la brochure se termine par des notices sommaires sur les accroissements des deux hôpitaux du Saint-Esprit de Rome et de Dijon depuis leur origine, et sur chacun des maîtres, recteurs et commandeurs de l'ordre.
L'ouvrage de Calmelet, auquel G. Peignot avait emprunté ces documents, renfermait trente-cinq dessins au lavis, dont notre auteur avait l'intention de donner une description. Il devait y joindre des détails sur les mœurs du temps, les portraits et les épitaphes ; sur le tournoi de Marsannay-la-Côte (1443); sur les costumes des religieux, etc.; mais
l'étendue de cette nouvelle notice ne lui permit pas de la réunir à la précédente... (Voyez les Mémoires de l'Académie de Dijon, année 1832, p. 70-77.)
Dans ses Danses desMo?'ts, p. 173, il avait dit quelques mots des livres d'Heures chargés de notes de famille, à propos des Heures de la Vierge ayant appartenu à la famille du président Bouliier. 11 est encore revenu sur la bibliothèque de cet illustre magistrat dans un article intitulé : Souvenirs relatifs à quelques Bibliothèques particulières des temps passés . Cette notice a été publiée dans la Revue de la Côted'Or, t. I (1836), p. 165-184; elle se compose, en outre, de deux articles concernant les livres du Tasse et la bibliothèque de Yoltaire à Ferney,
Son goût pour les manuscrits et les livres devait le conduire à traiter des collections d'autographes et d'objets ayant appartenu à des hommes célèbres. Il publia, en 1836, des Recherches historiques et bibliographiques sur les autographes et V autographie, dont il avait tracé le plan dès l'année 1822 dans les Variétés, Notices et Raretés bibliographiques, p. 32. Dans ces Recherches, il insiste, comme l'a fait depuis M. Feuillet de Couches, sur l'importance des documents originaux émanant des homm.es qui appartiennent à l'histoire. Il cite quelquesamateurs d'autographes du dernier siècle ; il donne la liste des publications oi^i l'on trouve des facsimile d'autograplies, celle des catalogues de pièces, celle des amateurs; enfin il indique quelques objets ayant
appartenu à des souverains, depuis la lampe d'Epictète jusqu'au chapeau de Napoléon.
Son attention ne négligeait pas les infîniments petits : il publia dans le Bulletin du Bibliophile (année 1834-183o, p. 14), une notice intitulée : De quelques dates bizarres , singulières et énigmatiques, qui se rencontrent dans les souscriptions d'anciens ouvrages et ailleurs. 1\ y examine a ce point de vue les livres suivants : Grammaticœ methodus rhytmica, le Doctrinal du temvs présent, le Livre de Matheolus, etc. On peut rapprocher de cet article une note de M. Delmotte : De quelques dates fausses qui se rencontrent dans les souscriptio?is cV ouvrages. (Même vol., n" 19.)
La lettre de G. Peignot, Sur le livre des Prêtres, publiée dans le même recueil (année 1838, p. 448- 4S0), traite de plusieurs dates indiquées en vers dans quelques livres singuliers, tels que la Biblia sacra latina de 1470. 11 publia dans le môme recueil (année 1835, p. 13-15), sous le titre Anecdotes bibliographiques, chapitre des regrets causés par l'ignorance, une note sur l'ineptie des récollets d'Anvers, qui, en 1735, laissèrent leurs vieux livres et leurs manuscrits à leur jardinier, qui les revendit un ducat le quintal.
Non content de décrire lui-même les livres rares, il revenait, la plume à la main, sur les ouvrages des plus fameux bibliophiles consacrés à la description des belles collections. La moitié de son volume de Variétés est rempli par la Lettre sur un ouvrage an-
glais relatif à la Bihliograpliie, aux Aiitiquités, récemment publié à Londres, et sur la traduction partielle qu'on vient d'en faire à Paris. 11 s'agit du voyage bibliographique, archéologique et pittoresque, en France et en Allemagne, par Fr. Dibdin (Londres, 1821). Cette lettre, publiée d'abord dans le Journal de la Côte-cVOr^ année 1821 , est suivie d'un post-scriptum dont nous avons déjà parlé, et où se trouve la notice des livres dont le prix à atteint où dépassé cent louis. Le même volume des Variétés renferme une seconde lettre à Amanton, sur la neuvième lettre du voyage de Dibdin. Ces fragments sont remplis d'anecdotes sur les libraires, les imprimeurs, les bibliothèques et les bibliothécaires, et de descriptions de livres rares, imprimés ou manuscrits. Dans la deuxième lettre, G. Peignot a donné une note sur le Roxburgh-club et sur la société des bibliophiles français ; elle se termine par une bibliographie des ouvrages de M. Dibdin (1). Nous avons analysé, dans notre chapitre P% à peu près toutes les matières qui composent les Mélanges littéraires, philologiques et bibliographiques ^ publiés en 1818, où l'on trouve plusieurs essais sur les
(1) Il avait publié, dans le Journal de la Côte-d'Or du 6 juillet 1816, une Lettre sur la Bibliothèque du duc de Roxhurgh. On peut rapprocher ces notes de l'article inséré dans le Bulletin du Bibliophile de l'année 1841, sur le Roxburgli-club, sous le litre de Mélanges bibliographiques. Un autre voyage de Dibdin, dans le midi de l'Angleterre et en Ecosse, a été analysé dans le même recueil, années 1838, p. 463, et 1839, p. 554.
noms propres, les étymologies, les langues en général et l'écriture.
Nous ne reviendrons pas non plus sur le Dictionnaire raisniiné de Bibiiologie , ni sur le Manuel du Bibliophile, (lui parut en 1823, et oii il donna de nouveaux développements au Ti^aité du choix des livrées, publié en 1817. Nous avons déjà indiqué les principaux articles dont se compose le Manuel : bien que l'histoire littéraire, la bibliographie, et le goût des lecteurs aient fait, depuis le commencement du siècle, de sensibles progrès, on peut encore consulter avec fruit ce livre consciencieux, qui, dans un cadre restreint , initie le lecteur aux connaissances littéraires et bibliographiques les plus nécessaires.
On devait s'attendre à voir figurer dans la Notice des Manuscrits de Cj. Peignot, publiée par lui en 1830, un certain nombre d'ouvrages de bibliographie. Voici l'indication sommaire de ceux dont nous n'avons pas encore parlé :