‹ Essai sur la vie, les méthodes d'instruction et d'éducation et les établissements d'Henry PestalozziChapitre 1 sur 5 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

« Examen critique du système (f [ns traction et d* Éducation de Pesùdozzi y « considéré principalement dans ses rapports avec le bien-être et la mora-a lue des classes pauvres, »

Telle était la question posée en 1 847 par T Académie des Sciences morales et politiques, comme suj«t du concours fondé par M. Félix de Beaujour ; telle est la question traitée par ce mémoire.

Je sais le sort qui attend un travail aussi imparfait, et mon amour-propre d'auteur ne s'abuse pas plus sur sa valeur que surdon succès. Les rej^ards que retiennent captifs le spectacle des événements et les agitations des hommes, n'iront point se perdre sur une étude terminée pendant des heures plus calmes. Dans le cercle restreint de la publicité intime à laquelle seule je Tai de tout temps destinée, à peine sera-t-elle l'objei d'une rapide attention, suivie d'un plus rapide oubli.

J'ose cependant surmonter ces hésitations et les sages raisons (|ui me commanderaient le silence.

Il est toujours des esprits fermes et généreux , qui savent trouver , au milieu des émotions du présent, l'heure du loisir et la volonté de la ré-

flexion , pour étudier les questions qui dominent l'avenir de la France. C'est à eux que je soumets quelques pages sur cette grande question de l'enseignement , imposée à chaque siècle comme sa responsabilité principale . et qui renferme Téducation religieuse , la rénovation morale , le progrès intellectuel , la «grandeur , la force , la durée des générations humaines.

S'il ne s'agissait que dépensées, que de doctrines qui me fussent personnelles, je saurais me souvenir que le silence est la première bienséance de la jeunesse. Mais je viens exposer à mon pays les principes d'un homme juster)jent estimé dans toute l'Europe ) comme un des maîtres de la science de l'éducation. Si l'heure semble mal choisie pour appeler sur les œuvres de Pestalozzi un juj^ement attentif, il y a du moins quelque opportunité, dans un temps où le salut public demande que le sacrifice devienne une vertu commune , à présenter sa longue et courageuse vie , en exemple des miracles toujours opérés par la constance d'un dévouement qui ne se décourage pas.

Qu'on me permette d'ajouter enfin que le désir de suivre de loin les exemples de mon vénéré père , a été pour moi l'objet d'une pieuse ambition. C'est à l'éducation , et particulièrement à l'éducation des classes laborieuses et pauvres, qu'il dévoua toutes les facultés de sa haute intelligence, toutes les passions de son noble cœur , toutes les forces et tous les momenis d'une existence si dignement occupée et si prématurément ravie. Je dédie au nom de mon père ce faible essai ; ses yeux ne Tauront point lu ; sa parole ne le recommandera pas 5 mais je le place avec respect , comme toute ma vie , sous la tutelle et sous l'inspiration de son souvenir.

Août 1848.

Sur un monument simple et modeste , élevé le 12 janvier 1846, à Birr, dans le canton d' Argovie, en Suisse , on lit cette inscription :

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