DEUXIÈME OBSERVATION
Madame **, des environs de Saint - Mhiel , âgée de trente ans , mariée sans enfans , avait au
à la dialhèsè cancéreuse; mais il faut alors en faire un long usage, insister sur les bains chauds et courts, les bains de vapeur et les douches; le traitement ne doit point fatiguer les malades auxquels on devra prescrire un régime tonique et peu abondant, des vêlemens chauds et la plus longue exposition possible au soleil.
(i) Je crois qu’à la fin de sa vie cette dame consulta mon ami M. le docteur Treille , auquel on doit , entre autres produciions remarquables, une monographie très-intéressante du cancer de la matrice.
sein droit une grosse tumeur dure , flottante ^ el dont Texistence était déjà assez ancienne. Cette tumeur avait résisté à différens moyens employés contre elle.
Madame me fut adressée par son médecin pour essayer de Faction de nos eaux. Je crus devoir ajouter à ces dernières la compression , d’après la méthode de M. le docteur Récamier. J’obtins à son aide une guérison complète de cet accident ; mais Faniiée suivante il se reproduisit plus menaçant encore dans le sein opposé , et cette fois nos eaux et la compression furent inutiles. ïl fallut plus tard recourir à l’extirpation. J’ignore ce qu’est devenue cette dame. Ces deux faits sont très-curieux. S’ils déposent de la puissance du bandage compressif de M. le docteur Récamier, ils témoignent aussi de son insuffisance. C’est que ce traitement ne s’oppose qu’à l’elfet du mal ; il en laisse subsister, il en aggrave même la cause.
Oserai-je parler ici de la cautérisation du docteur Canquoin, obtenue à l’aide d’une pâte composée de farine et de chlorure de zinc , après avoir préalablement dépouillé la peau de son épiderme ? Pourquoi non, si ce traitement réussit. Ah! contre une maladie aussi redoutable et aussi peu connue que le cancer, ne refusons aucuns secours , alors même qu’ils nous seraient fournis par le charlatanisme. Et puis j’aime à croire que l’Académie de Médecine, injuste peut-être, ou du moins trop
sévère envers M. Ganquoîii au début de sa carrière, Fa poussé elle-même dans la mauvaise voie qu il suit , beaucoup plus avant qu’il n'’aurait voulu
engager.
Mais laissons la personne de M. Ganquoin et revenons à son procédé, qui n’est qu^une modification d’un procédé ancien et bien connu. 11 agit encore à la manière de la compression en annulant les fonctions de la peau au-dessous et autour du cancer. Peut-être a-t-il la propriété de modifier Fétat électrique du tissu cellulaire aux limites duquel s’arrête son action , et de le ramener à l’état normal. G’est sans doute ainsi qu’agissent dans des cas analogues les préparations arsénicales à doses caustiques ou simplement altérantes ; mais c’est à des expériences directes à nous eclairer a cet égard; c’est à l’expérience aussi qu’il faut demander si la cautérisation partielle ii’a pas alors la propriété de fournir au reste de notre enveloppe une excitation générale et durable , qui mettrait ainsi plus de malades a 1 abri de récidives.
Disons toutefois que la cautérisation fait bien plus encore la part de l’effet que celle de la cause , quelle est donc un moyen incomplet, et qu elle a le grave inconvénient de causer beaucoup de douleurs.
Si , au lieu de comprimer la peau ou de la détruire, 011 se borne à la couvrir d’un emplâtre doux, on obtient, sans aiicime douleur, le même
résultat , la résolution de la glande squirrheuse ou cancéreuse. ♦ '
D’abord les emplâtres ne tiennent qu’un jour ou deuxj mais si on a soin de les remplacer aussitôt qu’ils tombent^ on voit leur adhérence augmenter progressivement et durer souvent pendant plusieurs semaines.
C’est alors que le squirrhe diminue de volume et que disparaissent les douleurs lancinantes qui 1 accompagnaient. De quelle manière agissent donc ces préparations empîastiques ? Ce n’est qu’en diminuant localement l’action de la peau ^ qu’en l’annulant, pour ainsi dire, dans la partie qui avoisine la tumeur, et qui entretient avec elle des relations si étroites et si fatales. Aussi, à mesure que la transpiration cutanée devient moins active , l’emplâtre reste plus long-temps attaché à la peau et la tumeur, qui semble manquer alors d’un des éîémens indispensables à sa nutrition , fond et disparaît.
Cette action de l’emplâtre sur la peau s’explique facilement. Contenant beaucoup de graisse, il est essentiellement négatif comme tous les corps acides et comme tous les acides étendus , il a la propriété de diminuer beaucoup la tension électrique de la peau qui est électrisée négativement elle-même, ainsi que l’ont surabondamment prouvé les travaux de mon frère.
Il est inutile de dire que cette diminution de la
tension électrique de la peau est, dans ce cas , une simple application de la loi de rélectrisation par influence.
Cette action est augmentée encore par Faccu* rnulation de la transpiration sur la peau que re* couvre F emplâtre.
On sait que cette transpiration est acide et par conséquent négative comme la peau qui ne la repousse de son tissu, qui ne Fexcrète qu'à cause de cela même. Or, comme elle est abondante encore pendant les premiers jours de Fapplication emplastique, elle contribue puissamment aussi à reflet que Fon veut obtenir.