‹ Essai sur le cancerChapitre 7 sur 7 · CINQUIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

CINQUIÈME OBSERVATION

Madame femme de peine , à Plombières , avait depuis plusieurs années des vomissemens fréquens qui faisaient craindre une maladie cancéreuse de restomac. Cette année , ces vomissemens étaient devenus habituels , et la malade éprouvait de violentes douleurs qu’elle rapportait à la région de l’estomac. Elle maigrissait beaucoup , et son

teint devenait jaune-pailîe. Tous ces accidens ont entièrement disparu sous Fiiilluence de larges emplâtres doux dont j’ai recouvert la région épigastrique , et que je lui fais continuer depuis plusieurs mois.

Contre les cancers internes , les étuves convenablement ménagées ont une grande puissance. J’ai rapporté, dans la dernière édition de mon ouvrage sur le mode d’action des eaux thermales de Plombières , Fobservaîion d’un malade âgé de 60 ans et qui fut entièrement guéri par ce moyen d’une tumeur énorme située sous le foie et dont la suppuration icboreuse sortait par une plaie fîstuleuse du bassin. Pendant l’étuve , le corps de ce malade exhalait une odeur infecte , analogue à celle du pus que fournissait sa plaie. J’ai eu , en 1841 , Toccasion de faire une observation semblable sur un malade qui portait, dans la région hypogastrique, une tumeur en suppuration et trèsvolumineuse. Le pus, dans ce cas, qui eut une terminaison fatale quelques mois après le traitement des eaux , s’écoulait par une perforation intestinale. L’étuve , pendant que ce malade y était, avait l’odeur la plus repoussante. Son action aussi était avantageuse , mais le froid de la saison , la gravité du mal et peut-être aussi le défaut de persévérance dans le traitement , l’empêchèrent d’amener la guérison.

Dans les maladies de matrice contre lesquelles

nos eaux alcalines et thermales ont tant de puis-» sance, quand on dirige leur action sur Fensembîe de la peau , bien plutôt que sur Forgane malade ^ il arrive fort souvent que les régions hypogastrique et sacrolombaire sont habituellement trèschaudes , tandis que les pieds sont toujours froids.

Disons ici que les maladies de matrice presqu’inconnues dans nos campagnes , ne sont devenues si communes aujourd’hui que sous Finfluence d’un traitement débilitant général et d’un traitement local, que tous deux ne font presque toujours qu’aggraver le mal que l’on veut guérir , et rendre incurable une indisposition qui pouvait n’être que légère.

L’alun qu’administre alors avec un succès souvent très-remarquable mon confrère et mon ami M. le docteur Jacquot , de Saint-Dié , a pour premier effet de constiper les malades , de diminuer chez elles les sécrétions du foie, Fexcitation de tout l’appareil auquel cet organe appartient, et par une suite nécessaire , d’augmenter la tension électrique des sécréteurs acides , de réchauffer la peau.

Dans les maladies de matr’ce , les extrémités sont toujours froides , les sécrétions acides sont toujours de beaucoup diminuées ; réchauffons donc alors les extrémités et l’ensemble de la peau , combattons surtout ces maladies à l’aide d’une bonne hygiène. Prescrivons , avec un régime

suffisamment tonique , des lotions alcalines sur les extrémités , des vêtemens chauds , des chaussures épaisses , et un exercice soutenu au grand air et en plein soleil , les maladies de matrice et les cancers de cet organe ne seront plus alors que de rares exceptions.

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