LE ES
On ne doit accepter que les animaux obtenant la moyenne pattout et un minimum de 80 points.
Le contrôle de la descendance se fait par des registres à souche fournis par l'administration chaque année aux étalonniers et visés à la @nairie de leur domicile.
Ces registres comprennent :
1° Un certificat de saillie ;
2° Un certificat de naissance.
Les feuilles individuelles sont envoyées au stud-book pour l'établissement de la carte d’identité.
Cette carte d’origine comprend :
Un numéro d'ordre ;
Nom et adresse des propriétaires ;
Nom de l’animal ;
Année de naissance ;
Taille ;
Robe ;
Particularités mentionnées sur une silhouette ;
Périmètre de poitrine ;
» de genou ; » de canon ; Généalogie.
Ne sont admis au Concours agricole départemental que les animaux inscrits au stud-book. Des primes de conservation sont attribuées aux meilleurs sujets.
Les sujets primés dans les comices agricoles sont ins-
crits de droit par une commission.
Li AB
Ceux qui ont obtenu des prix au concours départemental sont photographiés et cette photographie est insérée au livre généalogique.
Les cartes des juments mortes sont renvoyées au secrétariat. Le registre d'inscription devaifêtre fermé le 1° janvier 1914. |
Mais le 4 octobre 1913, la commission, jugeant les inscriptions trop peu nombreuses, décide de proroger cette clôture. La guerre étant survenue l’année suivante, le livre généalogique dont le cinquième volume est paru en janvier 1925 est resté ouvert. Quand le fermera-t-on ? Voilà une question difficile à résoudre. Evidemment, pour qu'il produise son effet il faudra bien clore les inscriptions, mais il est également indispensable qu’au moment où se fera cette opération le nombre des animaux figurant sur les contrôles soit suffisant. Il est donc nécessaire tout d’abord d’intensifier ces inscriptions et de faire affluer les candidaiures. Pourquoi cette indifférence générale dont souffre le stud-book ? Quand nous aurons trouvé létiologie du mal sans doute le traitement sera-t-il aisé. Il suffit, comme l’on sait, de supprimer la cause pour faire disparaître l’effet. « Sublata causa, tollitur effectus » comme on nous l’enseigna autrefois.
Les causes du mal sont multiples. Nous en connaissons déjà une qui réside dans l'obligation où est mis le métayer de supporter tous les inconvénients de l'inscription, Elle est
facile à supprimer.
ANNE à Mau
Ceci étant fait, le cultivateur n’étant plus détourné du stud-book il faut maintenant l'y attirer.
Quels avantages à l’heure actuelle retire-t-on de cette inscription ? Un seul : l’admission dans les concours. C’est sérieux évidemment mais n’intéresse qu'une infime quantité de nos cultivateurs. La plupart d’entre eux, en effet, d’un caractère très positif, estiment, comme l’a dit Racine, que :
Sans argent l'honneur n’est qu'une maladie,
et attendu que dans un concours il n'y a pas de prix pour tout le monde, que les animaux que l’on y veut présenter doivent être ménagés et bien nourris, le profit qu'on en retire est plutôt négatif.
Ce n'est donc pas cette corde qu’il faut toucher, il faut leur ofirir un intérêt pécuniaire.
On leur a bien dit : Quand vous avez un poulain à vendre, s’il est muni de sa carte le marchand vous le paiera plus cher. Or le marchand ne veut pas de la carte puisque en sortant de chez nous le poulain devient percheron d'emblée et s’il le trouve à son goût, s’il sait qu’il est issu d’un bon étalon et que la mère est d’un beau modèle, il le paiera le même prix avec ou sans carte. |
Que faut-il donc faire d’après ce que nous venons de . dire ? Puisque ce marchand attache tant d'importance à l’origine paternelle du poulain — et le fait n’est pas:contestable — il faudrait conserver un certain nombre d’étalons,
choisis parmi les meilleurs, aux juments inscrites au stud-
book. De ce jour-là, soyons-en certains, les rôles seraient renversés. Car il faut bien l’avouer, à l’heure actuelle, avant le passage de la commission d'inscription, nous tous, vétérinaires ou étalonniers, tous ceux qui sont en contact avec les-propriétaires des juments, nous devons les solliciter de présenter leurs animaux. Quelques-uns viennent, souvent pour nous faire plaisir, et quand passe la commission, elle doit prendre tout, sous peine, la fois suivante, de n'avoir plus personne. Alors ce n’est pas gai de faire ces tournées. On se sent un peu ridicules, surtout lorsque dans certaines communes il n’y a pas d'inscriptions, ce qui nous est hélas, arrivé, et chacun se décourage et se dérobe, et les commissions ne passent plus.
Si l’on veut que cela change il faut donc attirer les cultivateurs à nous, avoir des étalons réservés à ces juments, et le résultat sera certain. :
Ïl faut savoir qu’à tort ou à raison — nous ne le discuterons pas ici — tout éleveur est persuadé qu'une bonne jument saillie par un bon étalon après une mauvaise jument donne un mauvais produit. Quelle force pour nous le jour où nous pourrons leur dire : « Faites inscrire vos bonnes juments et les étalons qui les monteront n’en couvriront que de semblables. » Cette suggestion, qui a déjà la faveur de plusieurs dirigeants du stud-book, eñt été plus facile à réaliser dès le début. Elle eût passé avec les autres obligations acceptées par les propriétaires d’étalons départementaux. Il ne doit cependant pas être impossible,
Le AU RS
. puisque ce mot n’est pas français, de l’obtenir maintenant. Que la commission et le bureau du stud-book étudient la question sérieusement, qu’on voie quels avantages on pourrait Offrir aux propriétaires de ces étalons, et il serait bien Surprenant que la solution du problème, si ardue soit-elle, ne se trouve pas.
Et là encore l'exemple devrait venir d’en haut, c’est-àdire de la direction des haras. Il y a dans chaque station des étalons particulièrement recherchés par les cultivateurs et pour lesquels il y a beaucoup d’appelés et peu d'élus. Ne pourrait-on alors reconnaître un droit de priorité aux juments inscrites au stud-book et n’accepter les autres qu’à concurrence des places disponibles ? Un vœu a déjà été émis dans ce sens et il a été rejeté comme d’une réalisation impossible. Il nous semble que si l’administration supérieure voulait étudier ce vœu avec toute sa bienveillance, elle se rendrait compte que c’est, pour elle, la meilleure façon de faire de la séléction et d’aider, pour les juments, comme elle le fait déjà pour les étalons, ceux qui se sont attachés à l'amélioration de notre race chevaline. Nous avons le bon espoir qu’un avenir prochain verra se réaliser notre désir, et ce sera encore un pas important accompli dans la voie. du progrès. Ce sera, de plus, un précédent qui donnera un point d'appui à ceux qui voudraient voir cette même méthode appliquée aux étalons départe-
mentaux. , Et si nous pouvons obtenir la généralisation de cette
Colin.
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mesure, alors ce sera l’âge d’or des commissions d’inscription. On pourra se montrer difficile, appliquer le tableau de pointage, et plus on sera strict, plus les demandes afflueront en raison de la garantie offerte.
D'accord avec quelques personnalités du canton et sous leur égide, nous sommes en train d'organiser un syndicat d'élevage de la race bovine normande, pour relever Île niveau de notre cheptel bovin. L'affaire est en excellente voie et d'ici peu va fonctionner. Les adhésions affluent, et pourquoi ? Parce que le principe de cette société est le suivant : les taureaux inscrits au herd-book normand et subventionnés par nous seront réservés aux vaches et génisses que nous aurons choisies comme présentant des carac-
tères très voisins de la race que nous voulons développer.
Les bons taureaux réservés aux bonnes vaches. Dans quel-
ques années, avec ce système, il n’y aura plus de mauvaises vaches chez nous et notre cheptel bovin, au prix de sacri-
fices minimes, aura doublé de valeur.
/ Qu'on applique donc aux chevaux ce même système dans
la mesure du possible et l’on verra comment s’accélèrera cette amélioration qui, bien qu’indiscutable marche à tout petits pas.
Et cependant chacun dans sa zone d’action s'emploie
- à fond à cétte amélioration.
La plupart des étalonniers rivalisent d’émulation pour se procurer des animaux de choix, et d’année en année la
qualité de ces reproducteurs augmente. Mais les prix d’achat
RAR ls
de ces étalons suivant la même progression, beaucoup finissent par être effrayés par le capital qu’il faut ainsi exposer Gt qui peut être anéanti en quelques heures par une maladie quelconque. Pour parer à ce péril, à la réunion de la Société du stud-book du 17 septembre 1923, est déposé un projet de création d’une société d'assurance contre la mortalité. Cette société prenait le nom de « Mutuelle étalonnière du
Maine ». Elle était placée sous le patronage des sociétés d'agriculture de la Sarthe, du Maine-et-Loire, et de la
Mayenne, ainsi que des stud-books interessés dans la circonscription du dépôt d’étalons d'Angers.
Cette Mutuelle couvrait le risque de mortalité et, ultérieurement, celui de dépréciation des étalons admis à faire la monte (en principe, à partir de la saison 1925).
Elle devait commencer à fonctionner dès «qu’elle réunirait cent cinquante étalons et une valeur assurée de un million ».
Etaient inscrits les étalons de 3 à 10 ans. La garantie existait jusqu’à 15 ans inclus. Le maximum de prix était de 15.000 francs avec estimation annuelle.
Le risque était couvert suivant deux modes : soit du 1° janvier au 31 juillet, pour une prime de 3,50 % ; soit pendant toute l’année, moyennant une prime de 5 %.
Le remboursement était effectué à 75. %.
L'on remarquera que nous nous sommes toujours exprimé ‘au passé bien que ce mode soit peu élégant. Nous ne pouvions faire autrement car cette Mutuelle n’a pas vécu.
Elle méritait mieux cependant mais elle a sombré par
suite de l'indifférence des étalonniers, les uns étant déjà couverts par d’autres compagnies, les autres préférant rester leurs propres assureurs.
D'ailleurs, dans notre région, toute innovation est accueillie avec méfiance : les gens ont toujours peur d’être « roulés » comme on dit vulgairement. Ils cherchent avant tout quel intérêt à sa réussite peuvent avoir les promoteurs de cette nouveauté. S'ils n’en trouvent aucun, leur méfiance s’accroît car ils admettent difficilement qu’on cherche à aniCHÔres le sort d’autrui sans avoir lespoir d’en retirer un bénéfice personnel.
Et pourtant cette formule de la mutualité est celle de l’avenir et on doit l’encourager Lorsque les sociétaires en sont nombreux — et c'est la condition sine qua non de Sa vitalité “— ce genre d'assurance peut arriver à des conditions très avantageuses. C’est la suppression des actionnaires non participants et, par conséquent, la possibilité de répartition, au bout d’un certain temps, du bénéfice annuel entre tous ses membres soit directement, soit par l’abaissément du taux de la prime, soit par l'élévation de celui du remboursement. |
Les étalonniers du Maine ne l'ont pas compris. Ils n’ont pas vu les avantages qu'ils retireraient de cette association. ‘Il nous reste l’espoir que leurs yeux se dessilleront un jour et qu'après quelques déboires éprouvés ailleurs ils vou-. dront reprendre ce projet momentanément délaissé.
Dans cette même séance du 17 septembre 1923, il est