‹ Essai sur le Cheval de trait du MaineChapitre 21 sur 21 · LES PEER · texte numérisé non relu

LES PEER

Les cultivateurs doivent comprendre qu’il ne faut jamais vendre, parce qu’on en trouve un gros prix, une bonne pouliche pour en conserver une médiocre. Tous ceux qui ont sur eux quelque influence doivent leur répéter sans cesse cette vérité pour la leur ancrer dans l'esprit à tout jamais et leur éviter de succomber à la tentation. j

Il faut également qu’ils s’attachent à l’amélioration de leurs terres par un apport judicieux d'engrais afin d’augmenter en qualité et en quantité la nourriture récoltée.

Si l’on trouve k moyen de leur faire rechercher l'inscription au stud-book, alors l'amélioration sera plus rapide encore puisque la sélection plus’ sévère. Et peu à peu nous deviendrons pour nos voisins les Percherons des rivaux redoutables. Nous ne voulons pas dire que, semblables à la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf, nous ayons la prétention d’éclipser quelque jour cette race célèbre, à juste titre, dans le monde entier. Loin de nous cette audace. Ce que nous désirons, c’est nous créer à côté d'elle une place enviable. Leur laissant le gros percheron nous pouvons produire le petit sous un autre nom.

Mais nous ne croyons pas toutefois que nous devions prendre comme idéal de nous suffire à nous-mêmes et de devenir une contrée, d'élevage. Vendons dans le Perche, comme autrefois, nos poulains en surnombre, au risque d’en retrouver quelques-uns parmi les étalons que nous impor-

terons.

Restons ce que nous sommes : naïsseurs et cultivateurs,

FR Sir

Il n’est que temps d’enrayer l'extension des herbages qui, si nous n'y prenons garde, nous rendront totalement tributaires de l'étranger pour le pain qui constitue la base de notre alimentation nationale. Si quelque nouvelle guerre surgissait comment supporterions-nous cette cruelle restriction ? Par quoi remplacerions-nous le)bléwPar la pomme de terre ? Mais l'herbage la tue aussi.

Modernisons donc nos méthodes, utilisons les engrais, sélectionnons les semences pour produire davantage puisque ailleurs on produit moins.

C'est là, nous semble-t-il, le parti le plus sage et nous faisons des vœux pour que chacun le comprenne avant qu’il Soit trop tard, ävant que l'herbe ait étouffé le blé.

Vu : Le Doyen, Vu : Le Président, H. ROGER. GOSS'ET:

Vu et permis d'imprimer :

Pour le Recteur de l'Académie de Paris,

L'Inspecteur de l'Académie, MAUREZLET

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