‹ Essai sur le Cheval de trait du MaineChapitre 3 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans chaque région de la France existe pour chaque

espèce animale une race particulière, en rapports étroits avec la nature du sol sur lequel elle vit et dont elle con- : somme les produits.

. Cette vérité, indiscutée lorsqu'il ne s’agit pas d’animaux soustraits artificiellement, comme le pur sang anglais, à l'influence du milieu, remonte évidemment à l’origine des temps.

Lorsque l’homme fit, suivant le mot, si souvent cité, de Buffon, « sa plus noble conquête », l'espèce chevaline n’était certainement pas d’un type uniforme. Lourde dans les régions septentrionales, elle s’affinait en descendant vers le Sud à mesure que le climat devenait plus chaud et le sol plus sec. k

La civilisation progressant, cette différenciation s’accentua pour satisfaire aux exigences croissantes de l’homme. Il fallut des chevaux de selle, d’autres pour l’attelage, d’au-

tres enfin pour traîner les lourds chargements, concurrem-

ment avec les bœufs à l'allure trop lente.

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Dans chaque région on cultiva les aptitudes naturelles des chevaux indigènes et on les perfectionna, en éliminant dans la mesure du possible les éléments susceptibles de nuire au service recherché.

C’est ainsi qu'apparurent les races lourdes et calmes du Nord. Déjà plus nerveuses en appuyant vers l'Est ; dans l’ouest s’accusa le caractère rustique et la résistance à l’eifort de la race armoricaine ; dans le Midi, les chevaux s’affinèrent encore en devenant plus nerveux et fringants. Toutes ces dispositions présentant d’ailleurs une analogie frappante avec les caractères de leurs conducteurs : les uns et les autres avaient subi les mêmes influences des

«, circumfusa » et des « ingesta » : du climat et du sol. À notre époque, la spécialisation est poussée à un degré

extrême. La France est non seulement occupée par quelques grandes races chevalines à caractères morphologiques nettement tranchés, mais chacune d'elles se subdivise en sous-races, qui n’en diffèrent la plupart du temps que par des variations de format ou de robe.

Ce n’est pas sans tâtonnements que de pareils résultats ont été obtenus, surtout lorsqu'il s'agissait de faire un choix

entre plusieurs races. Ce que représente d'efforts et de désillusions une semblable recherche à la limite de trois zones, voilà ce que nous voudrions montrer dans l'étude qui va suivre.

Entreprendre une tâche si ardue pour qui n’est nullement

préparé à ce genre de travail par ses occupations quoti-

x LEONE

diennes, avec l'obligation bien souvent d'abandonner une page en son milieu pour s’en aller courir les chemins, eût | été au-dessus de nos forces si nous n'avions eu la bonne ïortune de nous appuyer sur de remarquables travaux antérieurs et de recueillir auprès de gens compétents de précieux renseignements.

Nous avons, en particulier, puisé dans les compte rendus du conseil général de la Mayenne et de la Société du studbook la partie historique ; emprunté à M. Masseron les éléments de notre étude géologique, tandis que son ouvrage sur Le livre généalogique du cheval de trait mayennais, publié en 1924, nous fournissait divers autres renseignements. Les préfaces faites par M. Janvier aux cinq volumes du stud-book parus à ce jour nous ont été également fort utiles. Enfin l’opuscule de notre regretté confrère de Laval, M. Sinoir, La production chevaline dans la Mayenne (1875), nous fut d’un grand secours pour fixer le point de départ de la race actuelle et mesurer ainsi le chemin parcouru.

De tels concours diminuent évidemment le mérite personnel de l’auteur, mais ils nous ont au moins permis de soumettre au jugement de nos maîtres un travail mieux do-

cumenté et plus digne d’eux.

Dans les pages qui vont suivre nous étudierons succes-

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graphique et géologique

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