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CHAPITRE PREMIER

Le Département de la Mayenne. — Sa géographie. — Sa géologie,

Pour se rendre compte de l'influence du milieu sur la production chevaline de la Mayenne et trouver les raisons de son orientation actuelle, une sommaire description géographique et géologique du département est nécessaire.

a) Description géographique.

Le département de la Mayenne tire son nom de la rivière qui le traverse en son milieu du nord au sud.

Enclavé entre la Normandie, le Perche et la Bretagne, il a des affinités avec ces trois régions, mais surtout avec la dernière sous le rapport de la configuration et de la structure du sol. C’est d’ailleurs le contraire que l’on constate si l'on se place au point de vue des caractères ethnologi-

que et des mœurs des habitants qui sont beaucoup plus voisins de ceux du Perche et surtout de la Normandie.

La Mayenne est un des plus petits départements de Fran-

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ce. Il forme un quadrilatère d’une superficie de 517.063 hectares allongé du nord au sud. ns

Il est limité :

Aunord par la Manche et l'Orne ; :

A l'est par la Sarthe ;

‘ Au sud par le Maine-et-Loire ;,

Au sud-ouest par.la Loire-Inférieure ;

A l’ouest par l’Ille-et-Vilaine.

La région est accidentée, sillonnée de collines séparant des vallées fertiles. Ces collines sont en général peu élevées, d’une hauteur moyenne de 80 à 100 mètres. Exceptionnellement, certaines d'entre ‘elles émergent, comme à l’ouest entre le Couasnon et l’Ernée (238 m.) ; celles portant la forêt de Mayenne dans la région de Chailland (215 m.) ; à l'est de Laval, celles de la forêt de Charnie (288 m.) ;, dans les Coëvrons, dont le point culminant 4 952% iL6 inont du Saule, plus au nord, dans la commune d'Hardanges, a 327 de ; dans la forêt de Villepail, le signal de Pail a 356 m. ; enfin, à la limite de l'Orne et de la Sarthe, dans la forêt de Multonne où la Mayenne prend sa source, le mont Souprat à 385 m., et le mont des Avaloirs 417 m: C'est le‘point culminant du Nord-Ouest de la France.

Ces hauteurs sont restées, en dépit des coupes abondantes qui y ont été pratiquées pendant et depuis la guerre de 1914, couvertes. de forêts d’étendue variable. Ces arbres

couronnant les vallées vertes entrecoupées de haies bordant les Champs, les prés et les chemins creux, le’ tout

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émaillé de fermes semées au hasard, loin des routes et à l'écart des agglomérations, donnent à toute cette région un aspect riant et prospère.

. Naturellement, au fond des vallées coulent une multitude de cours d’eau. | | | Ils dépendent presque tous du bassin de la Loire où ils Sont amenés par la Mayenne, qui les recueille tout le long

de sa route. Cette rivière, en effet, après sa sortie de notre

département, reçoit la Sarthe et le Loir, et, sous le nom de Maine, traverse Angers pour se jeter dans la Loire à la Pointe. | | Les principaux affluents qui la grossissent sont : À gauche : l'Aisne, qui la rejoint en aval de Couptrain ; l’Aron, qui descend de Baïs, pour aboutir près de Moulay ; la Jouanne, qui, venant du sud de Bais, reçoit les Deux- Evailles, pour se terminer au-dessous d’'Entrammes ; l'Ouette, qui, venant des Coëvrons, s’y jette dans la région d’Origné.

A droite : la Varenne qui naît à Serre-la-Verrerie dans l'Orne, reçoit l'Egrenne et se termine un peu au delà d’Ambrières ; la Colmont qui, venant de Fougerolles-du-Plessis, nous sépare de la Manche d’abord, puis de l'Orne, et, grossie de l’Ourde, se jette à Mons en aval d'Ambrières “LErnée qui prend sa source dans le canton de Gorron et se jette en amont de Laval à Saint-Jean-sur-Mayenne, après avoir arrosé Ernée, Chailland et Andouillé ; le Vicoin qui vient de la région du Bourgneuf, et enfin lOudon, l’aifluent le

plus important, qui, venant de la Gravelle, reçoit à droite le

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Mée, l’Usure et la Roë et à gauche l’Hière, arrose Segré et Le Lion-d’Angers pour se jeter dans la Mayenne à trois kilomètres en aval de cette ville.

Comme on le voit, le bassin de la Mayenne reçoit à lui seul la presque totalité des rivières du département et les affluents de droite sont de beaucoup les plus nombreux et les plus importants. Ceci vient de ce qu’à gauche les collines sont beaucoup plus rapprochées et qu’un certain nombre de rivières qui en descendent, telles que le Sarthou, le Merdereau, la Vandelle et l’Orthe, l’Erve et la Vaige, se jettent dans la Sarthe.

Dans la région de Juvigné-des-Landes, à l’ouest se trouve l’'Étang-Neuf, une des sources de la Vilaine, rivière qui, après avoir parcouru quinze kilomètres dans la Mayenne, reçoit à droite un petit affluent qui sépare ce département de lIlle-et-Vilaine.

Enfin, à gauche, sur le versant opposé à celui où l’Ernée prend sa source, dans la région de Montaudin, naît la Fu- “taie qui, grossie de la Bignette, prend le nom de Déron et après avoir également servi de limite à la Mayenne et à. l’Ille-et-Vilaine, va se jeter dans la Sélune à Saint-Hilairedu-Harcoët. C’est le seul cours d’eau du département qui soit tributaire de la Manche.

Le climat appartient à la région séquanienne. Il esr froid et surtout humide à cause de ses nombreuses rivièr:s, de ses étangs et de ses forêts.

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b) Description géologique.

Quelles sont l’ossature de ces collines et la composition du sol de ces vallées ? Autant de questions dont les réponses vont nous indiquer les faisons de 14 fertilité de la région et les améliorations qu’on y peut apporter.

Comme la Bretagne, la Mayenne et les départements qui l’entourent font partie du massif armoricain. C’est dire que les terrains primaires et les roches éruptives anciennes y prédominent.

Térrains primaires. —— Le cambrien est représenté par des schistes micacés, renfermés dans le granit dans la région d’Ernée et de Landivy.

Les phyllades de Saint-Lô ou schistes de Rennes se rencontrent surtout dans l’arrondissement de Château-Gontier et à l’est du département. Dans la Sarthe on en fait des ardoises grossières. Entre Voutré et Evron convergent trois

“bandes de ces schistes orientées est-ouest.

Le silurien est représenté par le grès armoricain, qui supporte la forêt de Charnie et forme le promontoire de Sainte-

Suzanne. On l'utilise pour la fabrication des pavés et l’entretien des routes.

Au-dessus de ce grès sont les schistes ardoisiers qu'on rencontre à Juvigné-des-Landes, de même qu’en Ille-et-Vilaine, à Vitré, et dans la Sarthe, à Saint-Denis-d’'Orques. Ce sont eux qui approvisionnent les ardoisières d'Angers.

Ils sont recouverts par une mince couche de grès de Maz surmontée des schistes, à Trilobites constituant les ardoi-

sières de Renazé et de Chattemoux.

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Le dévonien n’est représenté que par ses assises inférieures : le grès à Orthocère ou grès de Gahard. On le rencontre surtout dans l’arrondissement de Laval.

. - Ce grès est surmofité de calcatre à fossiles alternant avec du schiste noir argileux rempli de spath calcaire blanc et

cristallin.

Le carbonifère est représenté par deux étages : au plan inférieur l'anthraxifère, au supérieur le houillier.

L'anthraxifère est mélangé de calcaire noir ou grisâtre, compact, veiné de blanc par du spath. C'est encore dans l'arrondissement de Laval qu'on le rencontre et surtout dans la ‘partie ouest et sud. À proximité de Laval, il est schisteux, dans la région de Bouère, Saint-Berthevin, Ar- géntré et Louverné, il forme du marbre, que l’on y exploite depuis 1547.

L'’anthracite n’est extrait qu'à L’Huisserie, Montigné-le- Bruant et Le Gesnest. Près de cette dernière localité, on exploita de 1900 à 1914 l’antimoine et le quartz aurifère. À La Baconnière on trouve un bassin d’anthracite utilisé de 1830 à 1869.

A l’est du département existent encore :

1) La bande de Vire ; 57 2) Celle d’Epineux-le-Seguin ; 3) Celle entre Epineux et Ballée qui pénètre dans la Sarthe ;

4) Le Bassin de Saint-Loup-du-Dorat et de Bouessé ;

5) Le petit bassin de Saint-Brice.

: Le houiller supérieur à été exploité de 1830 à 1880 à Saint-Pierre-la-Cour.

Roches éruptives anciennes. — Ce sont les granits qui couvrent 1.278 kilomètres carrés dans le département.

On en trouve dans larrondissement de Mayenne deux

grandes masses : l’une, au nord, venant d’Ille-et-Vilaine

et allant dans l'Orne ; l’autre, au sud, qui divise le département en deux parties sensiblement égales. Elles sont reliées par une bande transversale au niveau de Saint-Fraimbaultdes-Prières.

On en rencontre encore divers massifs isolés à La Pooté, entre Saint-Hilaire-du-Maine et La Croixille, à Orgères, Lignières-la-Doucelle, Saint-Calais, Saint-Cyr-le-Gravelais et Beaulieu.

La diorite de Sacé, Brée et Néan, Vautorte, Saint-Denisde-Gastines, Ernée et Gorron sert pour les empierrements.

Dans les Coëvrons existe du grès quartzifère et du pétrosilex qui fournissent les pavés de Paris.

Terrains tertiaires. —C’est le sable de grès et l'argile que l'on rencontre sur presque tous les plateaux de la

- Mayenne.

Il s’y trouve des poches de sable marin et également des sédiments d’eau douce. A Thévalles existe un petit lambeau lacustre comprenant deux bancs de calcaire verdâtre reposant sur du sable blanc, au-dessus est un dépôt calcaire. A Saint-Laurent-des-Mortiers et Beaulieu, il y a des fossiles marins ou faluns. | L

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Ces terrains tertiaires couvrent, entre Laval et Château- Gontier, le tiers de la superficie du département sur une ’ épaisseur de O m. 50 à O m. 60.

Terrains quaternaires. — Ceux-ci forment la partie fertile de la vallée de la Mayenne. |

On y note : |

1° Le gisement de Sainte-Suzanne à Rhinoceros Merkii ; | 2° le couloir de Louverné fait de limon et d’ossements ;

3° les grottes de Louverné et de Saulges renfermant des fragments de rennes.

Pour terminer cette étude géologique, un tableau comparatif d'analyse des terres établi par M. Paul Masseron, secrétaire du Syndicat agricole de la Mayenne, nous a semblé mériter d’être reproduit. C’est, en effet, sur de semblables données que l’on s’appuie pour améliorer le rendement d’une région. Elles font comprendre pourquoi, alors que dans une partie du département telle race animale s’acclimate, dans une portion voisine elle ne le pourra pas parce que n’y trouvant pas le genre de nourriture convenable. Ceci s'applique surtout aux bovins dont on élève dans la Mayenne deux races très différentes correspondant

à deux sols différents.

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Analyses comparatives des terres

Eléments Arrond Arrondt Arrondt

constitutifs de Laval de Mayenne : de e ee — Ch.-Gontier Matières organiques 30 à 60 %,..... 85 VA 79096 84 % Acide Phosphorique au-dessous de 1. 50 LAS 62 % 40 % Chaux au-dessous de 1..........., 67 DOS 100 % 83 % Potasse au-dessous de 1,5 : ......... 40 A 35% 30. % Azoterau-dessous/de erreur 15 A GE 15 % TENTE SA ENS E AR NAT AA pe 9 % 57196 11% Craie A A SAT RE vs TNT OS 319% SRE DANS PL 0 RE MRC RU C AMOR ENE MN ENNUE 6 GA ROM Do

Les conclusions à tirer de ce tableau sont que dans l’arrondissement de Laval les terres sablonneuses manquent surtout de phosphate de chaux et de potasse ; l’arrondissement de Mayenne totalement dépourvu de chaux demande aussi des phosphates et des nitrates : celui de Château- Gontier enfin, particulièrement sablonneux êt pierreux, manque de chaux, mais est plus riche en phosphates et potasses,

Partant de ces données, il semble qu’on puisse facilement améliorer le sol d’une contrée et la preuve en a été faite au moins une fois dans le département. -Voici cet exemple probant, rapporté par M. Sinoir,

Autrefois, dans la région sud de Meslay-du-Maine, les terres étaient composées de poussière de grès et les animaux, dont l’ossification se faisait mal, étaient atteints de

rachitisme et d’ostéomalacie. On améliora le sol en y ap-

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