‹ Essai sur le ChiliChapitre 23 sur 32 · CHAPITRE XH · texte numérisé non relu

CHAPITRE XH

ProvlAces de Golchahna, de Santiago, d'Aconcahua et de Yalparaiso,

Proyince de Colcbahuii,

créée par la loi da 30 août 1826.

La province de Colchahua est limitée, aa sud, par celle de Talca ; aa nord, par celle de Santiago, dont elle est séparée par les rivières Rancahua et Bapel; à l'esté par la ligne culminante des Andes, et, à l*ouest, par POcéan Pacifique. Elle est comprise presque, en totalité entre 34<^ 26' et 35^ 48' lat. S. Dans sa vallée centrale, on remarque trois rivières principales, d'origine audine, le Claro, tributaire du Cachapoal, la Tinguiririca, dont les eaux se confondent avec le Bapel, et le Tenu^ qui se jette dans le Lontué. Dans celle de la côte, on trouve le torrent de Nilahue, qui forme à son embouchure le lac remarquable de Câ- ImiL De nombreuses rivières et des sources secondaires croisent de tous côtés ces grands cours d'eau, telles sont: le Samorano, le Chimbalonco, le Guaiquillo et beaucoup d'autres. Malgré le nom modeste de ruisseaux qu'elles portent, elles se transforment en des torrents épouvantables, au fort de l'été, lors de

la fonte des neiges, et à Tépoqae des grandes plaies d'hiver.

Les côtes n'ont pas un seul port qui mérite ce nonL Toutes les tentatives faites jusqu'ici pour rendre accessibles au commerce les criques de Llico, de Pétrel et de Topocalma ont été à peu près inutiles. Il n'y a aucun doute que le beau lac de Vichuquen ne puisse devenir, par des opérations préalables, le Aieilleur port intérieur de TAmérique Méridionale; mais les travaux que demande le canal qui devra le mettre en rapport avec l'Océan, les jetées qu^il faudra établir dans une mer dont la force de destruction est difficile à combattre, et les chemins nombreux qu'il sera nécessaire de faire sur un sol très accidenté par les ramifications de la grande chaîne des montagnes de la côte, sont si coAteux, qu'on n*a pas encore osé en tenter l'exécution. Tous les produits de Colchahua sont donc encore condamnés à parcourir la voie de terre pour arriver aux centres de la consommation immédiate ou du commerce d'exportation. Âussi^ on attend avec la plus grande impatience que la voie ferrée destinée à relier la ville de Talca à celle de Santiago, vienne donner n la Colchahua, en facilitant l'extraction de ses richesses naturelles, un avantage qu'une seule province de la République, celle de Santiago, peut lui disputer. En effet, la Colchahua réunit, à elle seule, presque toutes les productions qui constituent le revenu des autres provinces. Rien ne peut être comparé à la fécondité de la majeure partie du sol de sa vallée centrale,* car il joint à une richesse étonnante un climat qui manque aux contrées que nous avons parcourues jusqu'ici. L*oranger, Tolivier, la vigne, le figuier, le grenadier, le pêcher

et ramandier alternent avec le pommier et le cerisier. Tous les fruits et tous les légumes des pays tempérés se plaisent en Colchahua comme dans leur pays natal. La côte est bordée des plus beaux pellines et de litres d^une dimension extraordinaire. On y voit également des forêts de palmiers produisant des cocos et du miel. Les coteaux, couverts de riches pâturages naturels, soutiennent nombre de troupeaux et donnent à Tagriculteur les récoltes les plus abondantes, sans qn*il ait jamais besoin d'avoir recours h l'engrais des terres. Les ravins de la pente occidentale des Andes rappellent les forêts vierges du Valdivia, par l'aspect de leurs bois et par leur végétation pleine de vigueur. Mais c'est dans la large vallée qui se trouve entre la chaîne des Andes et celle de la côte, que Ton peut apprécier la productivité du sol de la Colchahua. En parlant des autres provinces, je n'ai pas osé hasarder une indication statistique sur la quantité de la récolte par rapport à la graine semée, parce que la plupart des propiétaires cachent toujours le vrai rendement de leurs terres aux commmissaires du Gouvernement chargés de cette investigation, de peur d'une augmentation dimpôts. Mais ayant résidé dix années en Calchahua, je puis avancer les résultats de mes propres expériences. J'ai semé de la graine de haricot pendant six années à Cunaco^ une année aux Coulenes et trois années à Boldomavida. Une seule fois, dans ces dix années, j'ai été mécontent de ma récolte: elle n*avait donné que 80 pour un. Le dis* trict de Rauco, une partie des districts de Tenu, de Comalle et de Chimbalonco, ceux de Quinahue, de Naucahua, de Jaquil et de la Placilla, une partie de Callenque, la section de Taguatagua, les bords du

Rio Claro et une foule d'autres localités de cette vallée présentent les mêmes conditions de fertilité que la grande vallée. Toutes les légumineuses y viennent en très grande abondance. Il n*en est pas ainsi du blé et de l'orge : ils ne rendent que de 10 à 40 pour un. Le mais donne presque toujours plus de cent pour un, excepté sur la cdte et sur une zone assez infertile qui borde la vallée centrale vers l'orient et qui se compose d*un sol argileux, depuis la ville de Uengo jusqu'à Rehueleniu, et de gravelle, depuis ce dernier district jusqu'à la rivière Tenu. Les richesses de la Colcbahua ne se bornent pas aux produits végétaux; ceux du règne animal y sont également d'une grande importance. Les prairies naturelles et artificielles alimentent des masses de moutons, de vaches et de chevaux, dont il se fait un commerce animé avec les provinces du nord.

Les mines de la province ont aussi leur renommée. Celles des lavadeiOS de oro ont leur siège principal le long de la vallée de la côte; on les exploite toutes les fois qu'on trouve un cours d'eau pour faciliter la séparation de l'or d'avec le gravier et les sables auxquels il est uni. Des filons aurifères parfaitement caractérisés existent dans les collines du Sanse. D'anciennes excavations d'une réputation fabuleuse et les restes des usines que l'on avait établies sur plusieurs torrents des montagnes de la côte, pour l'exploitation des minerais d'or, attestent qu'on s'est livré avec empressement à cette industrie. Aujourd'hui, elle commence de nouveau à prendre son essor. La pente australe du groupe des montagnes de Llaquil, situées presque au milieu de la vallée centrale, est non seulement remplie de vieilles excavations; mais

les riches filons d'or qu elle recèle sont encore Tobjet de travaux actifs sur la montagne de Millahue ^), et ont donné lieu à la fondation de grands établissements industriels et. à la naissance du village de Llaquil, entièrement habité par des mineurs.

Des fiions de cuivre existent et sur les montagnes de la côte — où, à ce qu^on prétend, ils n'ont pas de continuité, malgré leur richesse extérieure — et sur plusieurs ravins de la Cordillère. Dans un voyage que j'entrepris pour examiner le passage andin de las Damas, situé un peu au nord de celui du Planchon, je ne pus qu'admirer la grande masse de minerai de cuivre qui ayant roulé des pentes des montagnes, se trouvait fracturé et entassé au fond de plusieurs ravins tributaires du torrent Claro, une des sources de la rivière Tinguiririca. Mais Pextraction de ce minerai n*est pas encore praticable, à cause de son gisemen si avancé dans l'intérieur de la Cordillère.

On se livre, sur la côte du département de Curicô, à la fabrication du sel marin, et les salines de Vichuquen, de Bollernca et de Cahuil fournissent au commerce intérieur une quantité très considérable de cette substance, sans quil soit employé d'autres moyens pour l'obtenir que Tisolement des eaux des hautes marées et leur. expositon naturelle à Taction du vent et du soleil.

Les eaux minérales de Cauquenes jouissent d'une grande renommée.

L'éloignement où cette belle contrée se trouve de l'élément étranger, par suite du manque de ports,

') Nom ludien signifiant région d'or.

a fait que ses habitants conservent encore^ dans presque toute sa pureté, le caractère espagnol originaire. Un de nos écriTaîns publics les plus spirituels appelle

cette section politique la proflBce campagnarde da CUli,

et elle Test en effet. Les villes de Colchabua sont plutôt considérées comme centres administratifs et dépôts de marchandises étrangères, que comme des localités offrant les plaisirs et les attraits de la société. Les commodités de la vie et quelquefois le luxe doivent être cherchés épars dans les campagnes, où le riche comme le pauvre a su s*entourer de la plupart des objets nécessaires à la vie de Thomme civilisé. Voici le résumé de la division politique de la province, la distribution de ses habitants, le nombre de ses villes, de ses écoles etc.

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