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San Fernando, capitale de la Colchahaa et siège des autorités notables de la province, est une ville mesquine et d'apparence assez pauvre. Sa position, sur le bord même du torrent Tinguiririca , l'expose à des inondations dangereuses, lors de la fonte des neiges. 11 en arrive autant à Rengo, exposé aux débordements du torrent Claro. Ces deux villes ont déjà été détruites, à plusieurs reprises et presque en totalité, par leur redoutable voisinage; cependant, c'est en vain que les autorités ont voulu en déterminer les habitants à s'établir dans les localités aussi belles que sûres qu'on a mises à leur disposition à quelques centaines de mètres plus loin, sur des hauteurs hors de l'atteinte des grandes crues.
Curicô est une assez jolie petite ville, et présente beaucoup plus d'agréments que la capitale.
La garde nationale se compose de .2112 soldats, dont 1235 d'infanterie et 877 de cavalerie.
Linstruction publique n'offre sur 10,61 habitants qulm individu ayant appris à lire et à écrire, et un sur 8,67 ayant appris à lire seulement.
Division de la propriété territoriale et dlme prélevée en 1852.
Province
Départements
Propriétés
Revenus S
Dlme prélevée
Golchabua
San Fernando Gurico . .
Gaupolican .
ToUl
En examinant Tétat de llndustrie de la proTinee, nous trouvons que les travaux agricoles y sont aussi arriérés que dans toutes les autres parties de la Répablique, et que l'exploitation de ses mines y est encore loin de la perfection. Il est inutile, hormis cela, de signaler ses pedtes industries, filles de Téconomie domestique^ et ne pourvoyant le plus souvent qu'aux besoins immédiats de ceux qui s'y adonnent sans y introduire des améliorations notables.
Les autres provinces que nous avons parcourues ne sentent point la nécessité, pressante des irrigations, parce que leur climat frais^ humide et pluvieux entretient dans les campagnes de gras pâturages naturels. Aussi s'y lîvre-t-on de préférence à Télève des bestiaux, pour la vente sur pied. Il en est autrement en Colchahua. Cette province a partout de vastes prairies artificielles de luzerne assez bien entretenues, et de larges canaux d'irrigation croisent en tout sens la majeure partie de sa vallée centrale. Dans ces prairies, on assemble les bêtes à cornes à la fin du mois de septembre, et déjà en février on procède à leur abatage. Les produits qu'on en retire, et qu'on livre au commerce intérieur et extérieur, sont le charqui '), la graisse, le suif, les peaux et les cornes; le reste est considéré jusqu'à présent comme n'étant d'aucune utilité. Chaque animal fournit, à l'ordinaire, cent livres de charqui et autant de graisse et de suif.
La fabrication des fromages qu'on appelle de Chanco dans le commerce, quoiqulls ne proviennent de ce
^3 Viande lé^èremeat salée, et séchée au soleil sur des hangars.
district qa*en petites quantités, est très étendue. On en fait presque dans tuutes les fermes* Le nombre des vaches, dans chaque laiterie, n'est jamais inférieur à cent et va souvent jusqu^à quatre cents. Dans la saison où l'on fabrique du fromage, chaque vache en fournit un peu plus de cent livres. Cette saison dure généralement depuis le mois d'octobre jusqu'à la fin de février.
Le vin qu'on envoie à Valparaiso presque aussitôt qu'il a accompli sa fermentation tumultueuse, n>st que du moût auquel on ajoute quelquefois, au moment même de l'expédier, une quantité de jus de raisin qu'on a eu soin de concentrer par TébuUition dès qu'il est sorti du pressoir. Cette mélasse, lorsqu'elle n'est pas très concentrée, est connue dans le commerce sous le nom de cocido, et sous celui d'aiTope, lorsqu'elle a plus de consistance. L'eau de vie que Ton fabrique dans la province est faite de marc et des vins qui tournent à Taigre; elle a un goût corrosif et
une odeur empireamatique.
Pour retirer le miel du palmier, on abat l'arbre, puis on fait une entaille dans le noeud vital, et Ton concentre par Tévaporation au feu la sève sucrée qui en découle. Ce miel très estimé est connu dans le <;pmmerce sous le nom de miel de palma; le fruit du palmier porte le nom de coqulto (coco).
C'est au port de Valparaiso que se rapportent toutes les données statistiques sur le commerce d'esportation deâ quatre provinces de Colchahua, de Santiago, de Valparaiso et d'Aconcahua; nous jetterons un coup d'oeil sur ces trois dernières avant de donner le résumé du mouvement commercial.
Province de Santiago.
Les renseignements défectueux dont, faute de meilleurs, nous nous sommes servi jusqu^à présent, doivent faire place, pour ce qui concerne la province de Santiago, à des observations plus exactes faites dernièrement^ diaprés l'ordre du Gouvernement, par le professeur Plssis.
Il résulte de ces observations que cette province est comprise entre 32<) 54' et 34^ 26' lat. S. et entre 720 et 74<> 12' long. O. du méridien de Paris. Elle est bordée, au nord, par les montagnes de Cbacabuco, rendues célèbres par la victoire du même nom, remportée par le général San Martin sur les troupes du roi d'Espagne, le 12 février 1817. Au sud, elle est limitée par la province de Colcbahua; à Test, par la ligne culminante des Andes, qui la sépare des Provinces Argentines, et, à l'ouest, par les montagnes de Zapata et par le Pacifique. L'étendue de son territoire, si nous supposons exactes les dernières observations astronomiques, ne peut dépasser de beaucoup mille lieues carrées.
M. Pissis établit une relation de 10 à 14 entre la région des Andes en général peu appropriée à la culture et l'étendue des montagnes secondaires et des plaines du reste de la pVovince. Elle a deux bassins principaux: celui du Maipo, au centre, lequel en occupe la plus grande partie, et celui qui est formé par le côté septentrional du Cachapoal. Le premier, outre lès torrents andins qui grossissent le volume de ses eaux dans la partie des Cordillères, reçoit le Mapocbo par son bord septentrional , dans la vallée
centrale, et la rivière d'Angostura par sa rive australe. Dans la vallée de la côte, le Puanqui conflue aussi avec le Maipo par la droite, et quelques ruisseaux de peu d'importance lui apportent leurs eaux du côté Ai sud. Le Cachapoal n'a dans la province aucun tributaire digne d'être mentionné. On remarque dans la vallée de la côte deux petits bassins, nommés Cartajena et Alhué et coulant vers l'Océan, l'un au nord et l'autre au sud du Maipo. Le petit lac d'Acnleo, renommé par sa beauté et par la délicatesse des poissons quil renferme, est au sud de ce fleuve et à Test de la vallée centrale. Il compte 10^500 mètres de longueur, sur 4000 de largeur. Le seul port de la province est San Antonio, par 33® 37 lat. S. Quoiqu'il soit assez mauvais, il rend de grands services poar l'exportation des produits de toute la section de la côte.
Nous avons déjà présenté quelques observations sur les variétés du climat de toute la province. La richesse de son sol n'est pas non plus uniforme. La renommée de celui des extrémités nord et sud de la vallée centrale, Colina et Kancahua, ainsi que de la plus grande partie des vallées de la côte, est due aux récoltes considérables de céréales qu'on y obtient annuellement. Une récolte de mille hectolitres de blé n'a presque pas de signification pour un riche propriétaire dans ces districts; il faut qu'elle monte à 6, 10, 15, 20 et quelquefois â 25,000, comme il arrive .à Chacabuco et à la Compania, pour qu'elle mérite le nom d'importante. Le rendement moyen des terres ensemencées est en raison inverse de la grandeur des semailles, et varie, en moyenne, entre 8 et 40 pour on. Les districts agricoles de Colina et de Codao offrent
tout ce qu'on peat désirer poar la cultare des lëgumineases, et les vallées du Mapoeho et du Maipo sont réputées comme étant douées des meilleurs terrains de la République, pour la formation et Tentretien des prairies artificielles de luzerne.
La province de Santiago, placée au centre de TEtat, et siège de ses premières autorités, possède toutes les richesses territoriales, sans en excepter une seule, qu'on remarque dans chacune des autres provinces, et a, en outre, celles que Findustrie et la civilisation y ont introduites dans ces derniers temps: telles que la culture du mûrier et Télève des vers-àsoie, qui, bien que sur une petite échelle, commence a se développer; l'éducation des abeilles, à laquelle on.se livre presque partout, de manière que le miel et la cire indigènes fout déjà concurrence, dans Tintérieur, au commerce européen ; la culture du houblon, dont la qualité supérieure a été reconnue par tous }es fabricants de bière, etc. Liatroduction des races d*animaux les plus renommées de l'Europe y prend de jour en jour plus d'extension, et, en général, tous les travaux industriels et agricoles y ont une perfection relative qu*on ne trouve nulle autre part au Chili.
La province se divise en quatre départements: Rancahua, Melipilla, Victoria et Santiago.
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Le premier occupe toute la partie australe depuis les Andes jusqu'à POcéan. Rancahua ^), ville cheflieu, considérablement embellie depuis quelque temps, ne présente de remarquable que le glorieux souvenir de sa défense sanglante contre les troupes espagnoles, en octobre 1814. On peut encore en voir les traces empreintes sur les parois de ses tours. Elle a quelques beaux édifices, plusieurs églises et une belle promenade publique.
Le territoire de ce département est composé de grandes fermes, autour desquelles la population est groupée. Ses prairies artificielles fournissent à la capitale de la République la plupart des vaches et des boeufs gras pour la consommation immédiate, et les chevaux qu'on y élève sont tenus en grande estime, à cause de leur beauté et du soin avec lequel ils ont été dressés. Ses productions particulières sont: les mines d'or, dont les gisements les plus considérables se trouvent dans la chaîne centrale^ sur les montagnes de Peumo et d'Alhué; ceux de galène aurifère et argentifère sont sur ces mêmes montagnes; ceux de cuivre, sur les Cordillères de la CompaBia, sur les montagnes centrales d*Aculeo, sur celles del Carmen et dans plusieurs autres localités près d'Alhué. Le cobalt existe près du volcan de Maipo; le sulfure de zinc, dans la mine d'or appelée la Leona, sur les montagnes centrales d'Alhué; et le fer, presque partout. Le sel commun se travaille sur la côte de Bucalemu, i l'embouchure de la petite rivière de Yaliyali ou Albné, et le sulfate de barite se trouve sur les mon-
^) Fondée, en 1740» |Mir k eomte de Superanda.
tagnes andines de San Pedro Noiasco, au nord-est de la ville de Rancahua.
Le département de Melipilla est sur lacdte, au N. O. de celui de Rancahaa. La ville de Melipilla ^)^ chef-lien, située sur le bord septentrional du Maipo, dans la vallée de la côte, est en général dans le même cas que tous les chefs -lieux de nos départements qui ne sont pas des ports maritimes. Les riches propriétaires n^y séjournent presque jamais, et on ne rencontre dans leur enceinte aucun des agréments qui sont le charme de la vie dans les grands centres de population. Outre la petite ville de San Antonio, on compte dans ce département plusieurs villages méritant à peine une mention, tels que Pomaire, Curacavi et Bnstamante ; ces deux derniers sont placés le long du grand chemin qui relie le port de Valparaiso à la capitale de la République. De grands canaux dHrrigation, frayés au travers des montagnes, pour condaire Teau de la vallée centrale dans les belles plaines de San José et de TEsmeralda, commencent déjà à changer l'aspect de nos côtes, généralement arides et sèches en été.
Le département de la Victoria doit son nom à la victoire célèbre de Maipo, remportée par les Indépendants^ sous le commandement du général San Martin, sur les troupes du roi d'Espagne, le 5 avril 1818. Cette bataille donna le coup mortel à la domination espagnole au Chili et prépara celui d'Ayacucho, qui mit le sceau à l'indépendance américaine. Elle se livra à la vue de la capitale, sur les petites collioes d'Espejo, où Pon montre une modeste chapelle pour tout souvenir de ce fait mémorable.
^) Fondée par le comte de Superunda» en 1742.
Ce département est situé dans la vallée centrale, entre le fleuve Maipo, au sud, et le département de Santiago, au nord. Le village de San Bemardo, ^) qui en est le chef-lieu, est de création trop récente et se trouve trop près de la capitale, pour quil ait pu faire des progrès dignes de remarque comme ville. Les habitations modestes des campagnards y alternent avec les beaux jardins et les maisons de plaisance des riches propriétaires. Les autres villages du département sont le bourg de Talagante, à l'ouest de San Bemardo, et le petit village minier de San José, sur les Andes. Le territoire de la Victoria est traversé en tout sens par des canaux qu'on tire du Maipo pour les irrigations des belles plaines qui environnent la capitale de l'Etat On travaille des mines dVgent dans les Cordillères de San José, et de la pierre à chaux sur les montagnes de la Calera, près dç Talagante. Les grandes prairies artificielles, au centre et à l'est de ce département, et les canaux nombreux qui déversent une grande partie des eaux du Maipo dans les vallées du nordj ont porté par les infiltrations de graves^atteintes aux terrains de l'ouest, notamment à ceux du district agricole de Santa Cruz, où les besoins du drainage se font sentir avec urgence; mais on n'a pas encore tenté ce moyen, le seul par lequel on puisse rendre à Tagriculture son importance dans cette contrée.
Le département de Santiago, au nord de la province, occupe toute la vallée centrale et la partie des Andes comprise entre la province d'Aconcahua et le
'} Fondé, sous la protection du Président de la République Oralle, par l'illaslre citoyen Eisaguirre, en 1830.
département de la Victoria. Il est limité à toaest par celui de Melipilla et par la province de Valpa* raiso. Quoiqull ne soit pas aussi favorisé par la na« ture que quelques autres parties de la République, on ne saurait lui disputer la suprématie quil doit en même temps à sa population, à son industrie et à sa position politique.
La petite rivière du Mapocho, avec ses afflumits, était, du temps de la domination espagnol e^ la chétive ressource du département pour le soutien d'une agriculture négligée, dont les produits suffisaient à peine à la consommation immédiate de la capitale. Mais le nouveau régime ayant ouvert -les portes à lindustrie, Pesprit du travail et de l^ssociation a changé subitement en un vrai jardin de délices les plaines arides et brûlantes qui environnaient la ville de Santiago. Une foule de larges canaux, alimentés par le Maipo, donnent la vie à ces riantes campagnes; et le Mapocho, à son tour, a pu répandre la fraîcheur et la verdure dans les vallées du nord, qui n'attendaient que ce puissant élément pour devenir ce qu'elles sont deveni^es, tout ce qu'il y a de meilleur en fait de terres pour la culture des céréales et pour toutes les productions des pays tempérés
Plusieurs substances minérales concourent à augmenter la prospérité que ce département doit déjà à Tagriculture, On trouve de l'argent sur les Andes de la Dehesa; du cuivre sur les montagnes de Tiltil; des pierres calcaires dans le district de Porpaico, et du sulfate d'alumine ainsi que du kaolin dans celui de la Dehesa.
Les eaux thermales sont assez fréquentes sur les Cordillères; mais les plus connues et les plus fré-
quentées sont celles d'Apoquindo, à trois lieues à I*est de la capitale, et de Colina, an nord, sur les Cordillères de Peldehue.
D'après le professeur Doroeyko, la composition des eaux d'Apoquindo serait sur cent mille parties:
Chlorure de sodium 82,1
„ de calcium 192,2
Sulfate de chaux 4,1
„ de soude et d*alumine 9,0
Les eaux de Colina» sur chaque mille partie en poidsy ont donné au même professeur le résultat suivant :
Chlorure de sodium 0,0092
„ de magnésie 0,0780
Sulfate de soude 0,0196
„ de chaux 0,0670
Carbonate de chaux 0,0070
Fer, alumine, silice 0,0160
La propriété territoriale du département est très divisée, particulièrement près de la capitale, et elle a acquis, dans les dernières années, une valeur si énorme, qu'elle est hors d'atteinte pour les capitalistes qui ne seraient pas de premier ordre. A côté de beaux champs de luzerne, parfaitement clos de murailles de terre pétrie avec de la paille, et bordés de peupliers, on y voit de grandes plantations de vignes^ d'oliviers et d'amandiers, pour la plupart assez bien entretenues, et de nombreux bosquets d'^arbres fruitiers, parmi lesquels on remarque Toranger, le grenadier, le pécher,
le figuier et tous les antres arbres à fruit que Ton cultire au nord et au midi de PEurope.
La seule ville qu'on y trouve est Santiago^ ^) chef-lieu du déparlement et capitale de la République. Parmi les charmants petits villages qui l'environnent^ il faut citer ceux de NuRoa et de Renca, très fréquentes par les habitants de la ville, lors de la réapparition des premières fleurs du printemps.
Santiago j fondé le 12 février 1540^ sur le bord austral du Mapocho, à 33® 28^ lat. S , par le conquérant Pedro de Valdivia, est une des villes les plus régulières que Ton connaisse, par rapport à son tracé, qui parait modelé sur un damier. Les rues se coupent en angles droits, suivant la direction des quatre points cardinaux du compas magnétique, et laissent aux constructions des carrés r/'guliers de 125 mètres et quelques centimètres de côté; mais elles ont le défaut d'être un peu étroites, n'ayant été calculées que pour être bordées par des maisons d^un seul étage, de crainte des tremblements de terre.
La capitale est bâtie sur une pente douce ayant une inclinaison de Test à Touest d'un sur 160: aussi il y a peu de villes offrant des moyens plus faciles pour fournir de l'eau aux édifices. On peut la faire monter aux plus hauts étages, sans avoir recours à d'autre agent que la gravité du liquide, que la nature tient suspendu^ pour ainsi dire, dans la ville même, au
*) Ou doit «Toir remarqué la diseUe de noms diifinclifs qui règne dans la g^éographîc du Chili: dans presque toutes les provinces, il y a des départements, des villes et des riTÎères dit même nom, — de manière qu'en se référant k ce nom seul, on ne met pas toujours d^aecord le laconisme et la clarté.
niveau des tours de ses églises. Mais on n'a pas encore introduit ces améliorations si nécessaires qui absorbent tant de millions en Europe et qui peuvent faire jouir de cet avantage naturel. Une charmante colline rocailleuse, h formes sévères, s'élève à Torient, au centre. du .premier quartier de Santiago, que le Mapocho sépare en deux sections; et de petits ruisseaux, que l'on augmente ou qu'on tarit à volonté, coulent le long de chaque rue, de Test à Touest. Malheureusement, remplacement que prend la ville est beaucoup plus grand qu'il ne devrait être relativement à sa population, laquelle, atteint à peine 100,000 âmes, y compris les faubourgs éloignés. Cette circonstance rend la police des rues tr^s difficile et le service de sAreté fort dispendieux. Cependant la sûreté personnelle dont on y jouit est sans exemple dans toute TAmérique* Les maisons ne sont pas doublées et même septuplées sur leur base, comme elles le sont assez souvent en Europe: elles n'ont d'ordinaire qu'un rezde-chaussée, ou tout au plus un étage sur la façade extérieure. Presque toutes ont deux ou trois grandes cours, où l'on entretient de beaux jardins et des arbres exotiques. On déploie dans les décors et dans Pameublement des. appartements un luxe qui contraste avec l'aspect extérieur des bâtiments; il est vrai qu'on ne suit plus aujourd'hui l'ancien système de bâtir, et, à en juger d'après les nouvelles constructions, la phy« sionomie de Santiago aura, sous peu, entièrement changé.
Les édifices les plus remarquables sont: le palais présidentiel, dont les usines de la Monnaie nationale occupent un des vastes compartiments; la cathédrale, toute bâtie en pierre de taille; l'église somptueuse des
RécolIetSj dont les colonnes, les autels, les images et les ornements les plus saillants ont été faits en marbre par les meilleurs maîtres d'Italie; le grand ba^ar ou Passage Bulnes, qui a 125 mètres de longueur et une annexe de 62, le tout parfaitement pavé, décoré et recouvert de cristal; las C^as; les d^ux Portâtes; le COMUlado; la petite chapelle érigée à la mémoire de Pierre de Valdivia, charmant ouvrage 'dans le style de la Renaissance et portant le nom de la Vera-Cruz; rinstitut national; l'hôpital de San Borja; le grand théâtre; la caserne d'artillerie et le pénitencier, sur le champ de Mars; le pont en pierre de taille et en brique jeté sur le Mapocho^ et la grande chaussée qui protège la ville contre les inondations de ce torrent.
Santiago, comme centre d'action de tous les pouvoirs constitutionnels de la République et siège de leurs principaux représentants, renferme aussi dans son enceinte les ressources générales et la plupart des établissements d'utilité publique. En sa qualité de capitale de la province, elle a son intendant, ses juges de lettres et une cour d^appel, comme la Conception et la Serena. Elle est divisée en dix paroisses. Comme capitale de TEtat, elle^est aussi le siège de la Cour suprême de Justice et celui du Congres national.
L'instruction publique compte dans le département de Santiago 37 écoles gratuites et 64 administrées par des particuliers, trois collèges tenus par l'Etat, treize par des particuliers et cinq par des corporations religieuses: en tout 122 établissements pour l'éducation ordinaire des deux sexes. En outre, TEtat soutient: un Institut national, pour l'enseignement général de toutes les branches supérieures des connaissances
humaines, et II établissements spéciaux, tels qae: le séminaire pour Tinstruction du sacerdoce; l'école polytechnique pour celle des militaires et du corps de génie; deux écoles normales pour former des professeurs des deax sexes, destinés aux écoles primaires; une école de sourds-muets ; une académie de peinture et de beaux -arts, et une autre de musique; Técole normale d'agriculture; celles des arts et métiers, et la corporation respectable composée des premiers professeurs des sciences et des lettres, laquelle, sous le nom d'Université Chilienne, a Tinspection et la direction de tous les établissemeuts d'éducation de la République. Il y a aussi une riche bibliothèque nationale, un musée d'histoire naturelle et un observatoire astro* nomique.
Pour les besoins de la bienfaisance publique, on y trouve deux hôpitaux dirigés par les soeurs de la Charité, un hospice pour les aliénés, un établissement où l'on reçoit et nourrit les enfants trouvés, et où on leur donne en outre de Tinstruction et du travail, et une maison d'asile pour les indigents invalides.
Les belles machines que Ton emploie pour battre la monnaie se font 'remarquer par leur puissance et leur perfection.
Le pénitencier de Santiago est digne aussi d'appeler l'attention. Ce vaste et solide édifice est la seule prison du Chili où l'on ait pu , jusqu'ici , par l'introduction d^un régime sévère et philosophique, faire marcher d'accord une juste punition avec l'amélioration morale des condamnés. Les pratiques de la religion et Tapprentissage des métiers contribuent k les rendre utiles à eux-mêmes et à la société.
Quant à Tindastrie, hormis celle* qui natt des grandes opérations agricoles, on peut dire qu'elle commence à se développer. Le simple énoncé des beaux objets présentés à Texposition annuelle de Santiago correspondante à Tannée 1856, fait Téloge des branches d'industrie existantes et montre celles qui sont encore à introduire.
L'éclairage au gaz est en voie de réalisation dans la capitale; des lignes télégraphiques la relient i Valparaiso et à Talca, et deux chemins de fer, ouvrages uniques dans l'Amérique Espagnole, l'un de Valparaiso à Santiago et l'autre de cette dernière ville à Talca, activés dans leur construction par le Gouvernement et par l'esprit d'association des Chiliens, seront dans quelques années livrés en totalité à la circulation.
La capitale a de ravissantes promenades publiques et un cimetière où le luxe des monuments contraste avec les idées qu'un pareil endroit fait naître.-
Les forces générales de la garde nationale de la province se montent à 10808 hommes: 6554 dUnfanterie et 4244 de cavalerie.
On trouve^ à Santiago, sur 5,96 personnes, un individu qui sait lire et écrire , et un, sur 4,83, qui sait lire seulement.
La propriété territoriale est divisée dans les proportions suivantes:
ProYince
Départements
Propriétés
Revenu $
Dîme prélevée en 1852. $
Santiago • <
Santiago Victoria Meli pilla Rancahua .
Total
Province d'Aconcahua.
La province d'Aconcahua est située entre Sl^ 39^ 30^^ et 33^ lat. S. Ses limites sont, au sud, les provinces de Santiago et de Valparaiso; au nord, la rivière de Chuapa, qui la sépare du Coquimbo; à l'est, les Andes, et, à Touest, TOcéan Pacifique. Son sol, beaucoup plus accidenté que celui de Santiago et, notamment, que celui de toutes les autres divisions territoriales que noiJi^ venons de décrire, est partagé de de Test à Touest en cinq vallées, formées par les torrents andins Aconcahua, Ligua, Quilimariy Conchali et Chuapa. Il règne dans ces vallées une fertilité étonnante; aussi faut -il admirer le soin qu'on apporte à les cultiver, surtout celle qui doit son origine à l'Aconcahua et qui est la plus grande et la plus importante des cûiq.
Les côtes n'ont pas de bons ports; les criques qu'elles présentent, et par lesquelles on exporte quelques chargements d'articles du pays, sont sous la dépendance du port de Valparaiso. Au nombre de
de ces criques, il faut cfter Papudo, Pichidanque et Sapallar.
La province d'Âcoiicahua occupe au Chili, par sa situation géographique et par la variété de ses productions naturelles, une position nioyemie entre les provinces agricoles du sud et les provinces minières du nord. Elle en réunit tous les produits, en moindre quantité, il est vrai; mais ses chanvres sont reconnus comme les meilleurs qui existent dans le commerce; ses eaux de vie sont excellentes et s'exportent avec profit, et la culture des fruits des tropiques exige très peu de soins dans quelques unes de ses vallées. Ses mines d'or les plus renommées sont sur la zone de la côte, où Ton trouve près de la rivière Concfaali un gisement considérable de terres aurifères et des mines très riches. Cata Honda, à Casuto, donne près d^une demi-livre d'or par jour. Le cuivre est très abondant dans sa région du nord, et ses mines argentifères , dans les Cordillères et sar quelques points de la chaîne centrale, sont également fort productives.
Cette province compte pariiy ses montagnes le pic d'Aconcahua, géant du système andin. On y trouii^e aussi la célèbre gorge des Andes qui livra passage, en 1817, à Tannée des Indépendants, laquelle, sous les ordres du général San Martin, vint aider le Chili à reconquérir la liberté.
Le prix de la propriété territoriale est encore plus élevé au midide TAconcahua qu'aux environs de la ville de Santiago. C'est près des villes de Quillota, de San Felipe et de Santa Itosa de los Andes^ et en général dans toute la vallée arrosée par le torrent d'Aconcahua, que. la division des terres est réa-
lisée. Les effets excellents qui en sont la conséquence^ tant par l'augmentation des produits que par la perfection de la culture et la valeur de la propriété, devraient servir d'exemple aux personnes qui attachent plus d'importance à accaparer des terrains qu'à les travailler convenablement, comme il s'en trouve malheureusement encore beaucoup au Chili. Toute la vallée, qui subit l'influence directe de la rivière d'Âconcahua, est couverte de prairies de luzerne, de vignes, de groupes d'arbres fruitiers, entrecoupés par des champs de blé et de légumes de toute espèce, et son commerce avec les Provinces Argentines lui donne en outre un mouvement d'activité et de vie que l'on ne voit dans aucune des provinces du sud. Cependant, la partie nord delà province ne ressemble à la vallée ni pour l'animation ni pour la perfection des travaux . L'Aconcahuase divise en cinq départements: deux au sud, Santa Rosa et San Felipe, situés sur la vallée du torrent d'Aconcahua, et trois au nord, La Ligua, Putaendo et Petorca. £n voici le tableau statistique:
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