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nature (1), exercé non par des banquiers, sur des transactions abstraites, mais par les commerçants d’une même catégorie sur les transactions concrètes de leur commerce. Le nombre d'industries dans lesquelles peuvent souvent se produire des compensaüons directes entre commerçants est limité, mais elles comprennent d'énormes mouvements d'affaires. La plus importante de toutes est celle des affaires de Bourse. Elles sont concentrées d'elles-mêmes entre un nombre d'hommes relativement petit, seuls vendeurs, seuls acheteurs reconnus ; il est presque inévitable que, dans un bref délai de temps, entre deux agents de change donnés, des titres de même catégorie aient été réciproquement achetés ; de à, des compensations.
Le slock-exchange clearing-house simplifie ainsi au premier degré des affaires de Bourse; il est calculé que 10 0/0 seulement des affaires donnent lieu à un règlement effectif. Les dettes non compensées du slock-exchange se traduisent par des chèques, iransmis au clearing-house de Lombard-street. Même ainsi réduits, les chifires de ces transactions sont tels qu'ils impressionnent très sensiblement, aux jours fixes où ils arrivent, les statistiques du clearinghouse (2).
(4) V. Arthur Ellis : The clearing system applied to trade
and industry. Journal of the Institute of Bankers. Avril 1881, :p. 208-40 ; — de Greef, op cit., 5° année, pp. 31 et suiv.
(2) Ainsi, le total des opérations du clearing-house de Londres étant, pour 1899, de 6.481,562.000 1.st., le total des jours de liquidation du Stock-exchange entrait, à lui seul, dans ce chiffre, pour 1.022.764.000.
Outre cet affluent considérable, le clearing-house a encore à côté de lui le Railway clearing-house, à Euston-square ; les compagnies de chemins de fer y poursuivent la tâche plus laborieuse de la liquidation et de la comparaison de leurs comptes. Les résidus non compensés sont liquidés par virements en banque.
Le commerce du coton, à Liverpool, s’est, lui aussi, assimilé le mécanisme du clearing, la « Cotton Brokers Bank liquide les marchés à terme. Les résultats sont considérables ; outre l’allègement de la circulation et du crédit, ils consisteraient aussi en « une compensalion des fluctuations excessives des prix et un abaissement du prix de la matière brute du coton (1) ». Le marché du fer, à Glasgow, aurait donné lieu, lui aussi, à une appréciable application du clearing (2).
Telle est, sous ses aspects les plus saillants, la collaboration donnée, en Angleterre, par le clearing en nature au clearing des banquiers, pénétrant dans la vie intime de plusieurs industries, formant à l'édifice du clearing, si prodigieusement puissant en Angleterre, une sorte d'infra-structure.
Et, tandis que l'institution poursuivait, en Grande- Bretagne, son œuvre, traversée par des crises passagères, mails toujours grandissante (3), avec la se-
(4) Schulz-Gavernitz, La grande industrie, p. 407, cité par de Greef, op. et loc. cit.
(2) V. Stanley Jevons, op. cit., p.231.
(3) Sur le territoire colonial de l'Angleterre s'élèvent le clearing-house de Melbourne (Australie), fondé en 1868, plusieurs
conde moitié du siècle, elle prenait à travers le monde un essor qui ne s'est pas ralenti. En 1853, le premier clearing-house américain se fonde à New-York, et, d'année en année, le territoire des Etats-Unis se couvre d'associalions analogues, loules créées par l'initiative privée, toutes autonomes comme les clearing-houses anglais. Il y en avait 34 en 1885, 70 en 1890, 101 en 1896 (1). Ils poursuivent leur œuvre parallèlement, concurremment : dans ce pays de liberté et de dispersion de la puissance des banques, ils n'ont pas au-dessus d'eux, pour coordonner leur action, une institution pareille à ce qu'est la Banque d'Angleterre. Chacun d'eux concentre en dernier ressort l’activité des banques d’une région déterminée. Le clearing-house de New-York avait,en 1896, compensé dans ses quarante-trois années d’existence : 1,102,864,012,832 dollars contre 51 milliards 306,942,821 dollars de baïances payées en numéraire (soit 4,65 °/,).
Le chiffre initial de ses compensations (1854) fut de : 5,790,455,987 dollars. En 1864, il en réalise pour 24,097,196,655 dollars ; en 1884, pour 34 milliards 092,037,337 dollars; en 1892, 36,662,469,200 doll. Après une dépression, en 1893, lorsque les affaires de Bourse se constituent un stock-exchange clearinqhouse, le chiffre des affaires, au palais de Room-
clearing-houses au Canada: Montréal, 527,851,000 doll. de compensations, en 1896; Halifax, Hamilton, Toronto, Winnipeg. (V. François : Bullelin de l'Institut international de statistique, t. X, Rome 1897, p. 76et suiv.).
(1) V. François, loc. cit.
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exchange, continue, en 1898, sa progression avec 41,972,000,000 dollars ; en 1899, avec 60,762 millions de dollars (1). Il s'ouvre à un nombre de banques toujours plus considérable ; sa politique semble avoir été, dès l'origine, plus ouverte que celle du clearinghouse de Londres. *"
La même progression accélérée s’accomplit à travers les autres clearing-houses américains (1899, Boston : 7,086 millions doll. — Chicago : 6,612 millions doll. — Philadelphie, 4,811 millions doll., etc.) (2). Le chiffre tolal des principaux clearinghouses d'Amérique, par l'ampleur des résultats qu'il embrasse, est particulièrement significatif ; les hausses, les baisses, qui traversent sa progression si active, donnent une lecture assez transparente de l’état économique général aux Etats-Unis; c'est un mode d’information plus sûr que le cours des fonds publics, parce qu'ilest plus neutre, en quelque sorte, moins influencé par les réactions énergiques des intérêts. Ce chiffre est, en 1899, plus haut que jamais, avec 93,904,000,000 doll. Les résultats effechfs de ce développement du clearing, devenu plus considérable que le clearing anglais lui-même, se manifestent par le rôle du chèque dans la cireulation. Une statistique, déjà lointaine, nous le montre atteignant 98,80 °/, de la cireulation, contre 0,65 de billets de banque, 0,55 d'espèces, à New-York, alors qu'à la même époque, à Londres, il représen-
(1) V. Tessier, op. cit., p. 236-7;— Francois, loc. cit., Eronomiste français, 1900, I, p. 10.
(2) V. E'conomiste français, loc. cit.
tait seulement 97,233 ‘/, contre 2,039 en billets de banque, 0,728 en métal. De même, il atteignait, dans l'ensemble des Etats-Unis, 94,09 ‘} contre 4,36 de billets, 1,55 de métal, tandis que, dans les seuls centres urbains de l’Angleterre, il n'était que de 68,220, contre 14,470 en billets, 0,728 en espèces (1). Le clearing américain a; comme le clearing britannique, d'importantes annexes : Slock-exchange-clearing-houses de New-York {1895, 14,480,300,000 dol. compensés.); de Chicago (1894, 9,207.000 doll. de transactions): de Philadelphie, Clearing house of the board of trade de Chicago (104,083,500 dol, compensés, balances,32,430,800 doll. en 1891 ; 81,814,000 doll. de clearing, 29,064,300 doll. de balances, en 1896, (2;.
Les Etats-Unis, devancés par l'Angleterre, l'ont dépassée. On n'en peut dire de même du continent européen, sur lequel se sont établies un certain nombre de chambres de compensation, plus particulièrement dans le dernier quart du XIX° siècle.
La vieille institution française du clearing-house revenait, en 1872, dans son pays d'origine. La cham-
.bre de compensalion des banquiers de Paris, formée entre nos principales institutions de crédit, d’abord éloignée de la Banque de France, puis, l'admettant, en 1873 (19 mai), s’inspire,semble-t-il, de la politique plutôt fermée, de la chambre de compensation de Londres.
Les affaires présentées à la chambre des banquiers
(4) V. Tessier, op. cét., p. 67.
(2) G François, id.