DÉS
ring-houses d'Edimbourg {1) etde Londres (2), toutes les vraisemblances historiques affirment en eux l'image continuée des paiements de Lyon (3}, qui vont disparaître chez nous en 1793.
Pendant toute la première moitié du XIX* siècle, l'histoire des clearing-houses va se concentrer sur le sol du Royaume-Uni, dominée par le clearing-house de Londres. Il constitue comme tous les autres clearing-houses britanniques, une association Hibre,entièrement autonome, à la différence de nos paiements de Lyon et aussi de quelques chambres de compensation modernes.
Le clearing-house de Londres, constitué entre plusieurs banques pour suppléer, entre elles, à un banquier supérieur commun, laissera donc complètement à l'écart, au début de son existence, la Banque d'Angleterre. Le groupe est d’ailleurs très fermé : 1l a néanmoins déjà pris assez d'influence sur la cireulation, au début du siècle dernier, pour lui rendre légère la longue crise déchaïnée par les guerres de la Révolution et de l'Empire sous forme de contraction monétaire, de cours forcé {en vigueur de 1797 à 1822). Le cadre de l'institution va d'ailleurs s’élargir de plus en plus. Ce sont d’abord les banques par actions, apparues depuis 1833 qui, en 1854 seulement, pénètrent dans le clearing-house. Elles étaient
(1) V. G. François : Clearing-houses, Lille, 1886.
(2) Dès 1773 on re‘rouve des quittances de loyer du clearinghouse (V. Heitton Price, clearing Room).
(3) V. en ce sens Gilbart, The prineiples and practice of banking (London, 1897).
alors au nombre de cinq, parmi lesquelles la Banque de Londreset de Wetsminster. Telle était l'importance de leurs transactions, qu'en 1848 elles étaient obligées, pour leursrèglements, de conserver 500,000 livres de banknotes au-delà du nécessaire (1). En 185$, un nouveau stade est franchi avec l'admission des banques provinciales (country-banks) — obtenue À grand peine, après une sorte de révolution, par les cflorts de sir John Lubbock (2). Enfin, l'institution prenait, en 1864, la physionomie qu'elle a sensiblement gardée depuis, en admettant parmi ses membres la Banque d'Angleterre. Cette dernière réforme tendait à donner, en Angleterre, à l’organisation du clearing la direction qu’elle suit de plus en plus: les créances se précipitant toutes, par l'entremise des grandes banques, au clearing-house de Londres, organe de concentration, d'élimination, de transmission entre elles et la Banque d'Angleterre. Placé au cœur même de Lombard Street, le clearinghouse de Londres tend à en résumer toute la vie.
Une progression énorme des chiffres d’affaires a suivi ces stades successifs de la politique du clearinghouse de Londres : en 1810, les opérations sont évaluées à 880.000.000 I. st. Après ce chiffre initial, le progrès réalisé dans la suite, après les trois catégories d’adhésions successivement consenties, s'affirme, en 1868, par le chiffre de 3.425.185.000 livres sterling. Après quelques variations on re-
(1) V. Tessier, op. cit., p. 93.
(2) V. Stanley Jevons, op. cit., p. 217.
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trouve les compensations, en 1882, au chiffre de 6.221.206.000 livres sterling ; — en 1889, elles s’élèvent à 7,618.766.000 livres sterling; — en 1891,retombent à 6.847.506.000 I. st., puis remontent vers le niveau atleint en 1889, le couvrent en 1898 avec 8.097.291 900 livres sterling — en 1899, avec 9:150:2609:0001 SEC
Une courbe analogue est décrite par les autres clearing-houses anglais, ramenés au même principe, collaborant à l'œuvre de la Banque d’Angleterre : clearing-house de Manchester. fondé en 1862, de Newcastle sur-Tyne (12 janvier 1872), clearinghouse d'Edimbourg, plus ancien encore que celui de Londres, etc. Les chiffres des principaux d’entre eux sont significatifs: Manchester, 202.971.600 livres sterling ; Liverpool, [28.960.000 liv. sterl.; Birmingham, 55.860.500 liv. sterl. (2).
Et si, pour évaluer approximativement l’œuvre des clearing-houses anglais, en 1898. on additionne le chiffre du clearing-house de Londres et ceux des cinq principaux clearing houses de la Grande-Bre tagne, on obtient un total de 8.577.810.100 1. st.
Ce chiffre est incomplet, non seulement parce que les principaux centres de clearing ÿ sont seuls indiqués, mais aussi parce qu'une forme très importante du clearing, en Angleterre, n'entre pas dans le cadre de ces statistiques : c'est le clearing en
(1) V., de 1868 à 1892, les tables de John Lubbock reproduites par Tessier, op. cùt., pp. 134-5 ; — de 1892 à 1899, Æconomiste francais, 1900, €. I, p. 836.
(2) £conomiste français, 1899, €. I.