‹ Essai sur le collectionnismeChapitre 37 sur 54 · RON · texte numérisé non relu

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l’on a acquis, même besoin de classement. On rencontrera également les modes variables de réalisation. Tantôt il s’agit de ceux qui, plus portés vers. une possession matérielle, entassent fiches sur documents dont ils ne se serviront sans doute jamais. D’autres fois, le collectionnisme devient plus purement intellectuel comme chez ceux-là qu'anime le désir d'apprendre sans cesse, uniquement pour apprendre. Leurs facultés intellectuelle sont un besoin. d'exercice constant, ils veulent toujours se dépasser eux-mêmes, ct, à l’imitation de Bouvard et de Pécuchet, ils accumulent notions sur notions. Ils recherchent les plus surprenantes, les plus rares, et leur érudition, souvent critiquée, a été qualifiée de fausse érudition « qui vient du désir de savoir ce queles autres ignorent » (La Rochefoucauld). On les oppose, de cette manière, à ceux pour qui la documentation méthodique n’est qu’un moyen tendant à quelque application pratique, à la compréhension plus claire de ce que les autres ont produit, ou même à la recherche personnelle. Dans ces divers cas, à ce qu’il nous semble, le mécanisme psychologique est identique, avec cette différence, essentielle, il est vrai, que tantôt il fonctionne en vue d’un but déterminé tantôt il s'exerce pour lui-même. C’est alors qu'ik est contigu au collectionnisme authentique.

Et nous estimons que l’on trouverait mêmes analogies à regarder de près le jeu de l’activité scientifique, notamment en ce qui concerne les sciences d'observation. Pour la science médicale, par exemple:

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il n’est pas exceptionnel de la rencontrer désintéressée, mue par un esprit constant d’émulation, cherchant le plus grand nombre de faits, tendant à compléterune série : la connaissance d’une spécialité, dans l'espèce. Même on y constate l'amour du cas plus rare, à côté du mépris pour la banalité. En l'absence même de toute idée d’application pratique, il est fréquent de voir un médecin s’écrier avecjoie devant un « beau malade » : « Voilà ce que je n’avais pas encore vu », exactement comme un collectionneur qui acquiert un exemplaire attendu. Ici, c’est la réaction d’un esprit joyeux d’exercer spontanément son ingéniosité sur un problème difficile, ou de s’enrichir d’une notion nouvelle. Recueillir des observations plus nombreuses, pouvoir en remplacer une imparfaite, par létude d'un cas plus pur sont les moyens d'application de cet esprit qui utilise le mot lui-même : collection de malades, collection d'anatomie, etc. Nous ne ferons que rappeler l'excellence de leur pratique pour l'enseignement et lès progrès de la Médecine.

HT. — Valeur

Il pourrait sembler, à un premier examen, non seulement irrespectueux, mais injuste de tenter tels rapprochements, et l’on se verrait adresser le reproche courant de voir, par déformation professionnelle, quelque tare mentale chez tout individu ; ce qui ne nous semble pas justifié,

Nous avons seulement tenté de montrer quels sont

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