‹ Essai sur le collectionnismeChapitre 9 sur 54 · TS · texte numérisé non relu

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l'exprime J. Richard (1) : « On sait quand on commence une collection, on ne sait jamais quand on la finira ; c’est là le plaisir. » Cet esprit, toujours en éveil, qui ne demande qu’à chercher, à désirer, est encore stimulé par un autre élément.

c) L’émulation. — L'émulation, en effet, nous semble encore un élément primordial. Elle a pu être définie par Spinoza (2) : « Le désir d’une chose, désir qui se produit en nous par ce fait que nous imaginons que les autres ont ce même désir. » Ce qui montre bien que notre appétition se développe en fonction de celle que nous connaissons, ou attribuons, à autrui. Mais, à côté de cet élan, dû à une suggestion extérieure, se manifeste aussi la tendance, chez beaucoup, à se comparer à soi-même et, parlant, à se surpasser. L’auto-suggestion, en’ ce sens, crée un entraînement illimité, et « nulle raison ne nous oblige à ne pas vouloir aller le plus loin que nous pouvons (3) ».

Un tel développement paraît normal, aussi bien dans l’ordre intellectuel que physique, pour un organisme sain. [l existe déjà chez certains animaux, et le cheval qui ne veut être dépassé en fournit un exemple. On le retrouve dans les formes d’activité les plus évoluées, où il conditionne l’amour-propre, la vanité, les divers types d’ambition.

Chez le collectionneur, nous le constatons, il con-

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