‹ Essai sur le commerce de Marseille, ouvrage couronné en 1833 par la Commission chargée de décerner le prix fondé par le baron Félix de Beaujour. 2. éd., augm. et continuée jusqu'en 1841Chapitre 100 sur 181 · Tome III · texte numérisé non relu

Tome III

En 1830, il y avait à Marseille 7 fabriques de cire , dont 4 seulement avaient quelque importance. Elles produisaient environ 1,200 q. m. cire ouvrée chaque année.

Aujourd'hui cette industrie est en complète décadence. Nous avons encore 6 fabriques de cire, mais elles n'occupent que 5 ouvriers et ne produisent que 200 q. m. cierges et bougies, ;qui à 450 fr. font 90,0Oo fr. On devrait venirau secours de leur détresse en diminuant les droits de douane et d'octroi qui frappent la cire, dont le prix est toujours fort élevé.

La cause de l'amoindrissement progressif de cette fabrication est la création d'un produit rival, la bougie stéarique, dont nous allons parler.

S II. Bougies stéariques.

Importation de cette industrie à Marseille , par M. Frédéric Fournier. — Valeur et quantité des produits. — Exportations.

La science avait constaté la présence de l'acide stéarique dans le suif : il s'agissait de trouver un procédé pour le dégager avec économie. M. Demilly l'a découvert, et depuis 1832, il produit, à Paris , des bougies dites de ï Etoile , que leur beauté et leur bas prix ont fait adopter généralement de préférence aux bougies de de cire.

M. Frédéric Fournier importa en 1836 celte industrie à Marseille. Il y établit une vaste usine avec des machines perfectionnées, forma des ouvriers , adapta les procédés à la qualité des matières premières et au climat de notre pays. Le succès a couronné ses efforts et ses produits jouissent au dedans et au dehors d'une réputation méritée.

Marseille possède deux fabriques de bougies stéariques , employant 80 ouvriers des deux sexes et produisant 300,000 kil. de bougie qui à 3 fr. 20 c. font 960,000 fr.

Le suif renferme une proportion notable d'oléine. Pour l'utiliser , les fabricans ont joint à leur exploitation la production d'un savon mi-blanc d'une excellente qualité : la quantité produite est d'environ 3,000 q. m. qui à 80 fr. font 240,000 fr.

Il serait juste d'accorder à la sortie des bougies stéariques le remboursement des droits perçus sur les suifs. Nos produits trouveraient dans cette mesure une extension de débouchés qui augmenterait le travail et par conséquent la richesse du pays.

Les exportations de bougie stéarique et de cire sont relevées ensemble sur les états de douanes. En voici l'aperçu depuis 1826 ; les chiffres des dernières années doivent être attribués presque entièrement à la bougie stéarique : on n'expédie plus que quelques caisses de petits cierges de cire aux colonies qui autrefois en consommaient de très grandes quantités :

Bougies expédiées de Marseille à l'Étranger et aux Colonies.

(Commerce spécial.)

1826, 165 quintaux métriques. — 1827, 150. — 1828 , 166. — 1829, 224.-1830, 125.— 1834, 122. — 1835, 137- — «839, 275.— 1840,265.-1841, 245.

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