‹ Essai sur le commerce de Marseille, ouvrage couronné en 1833 par la Commission chargée de décerner le prix fondé par le baron Félix de Beaujour. 2. éd., augm. et continuée jusqu'en 1841Chapitre 111 sur 181 · SOMMES · texte numérisé non relu

SOMMES

3fr.

Total

Le montant des matières employées en 1836 avait été de fr. 4,912,511; en 1827, de 2,501,785 fr.

La Statistique des Bouches-du-Rhône évalue le prix des constructions neuves, armement compris, à 190 fr. par tonneau, pour les navires à un pont, et à 280 fr. pour ceux à deux ponts.

En 1837, ces derniers ne revenaient plus qu'à 265 fr. (1)

Cette branche importante d'industrie décroît. Notre marine lutte avec trop de désavantage contre la marine étrangère. Les lois et réglemens auxquels la navigation française est soumise devraient être réformés. Il serait nécessaire aussi pour rendre quelque activité à nos chantiers, que tous les objets étrangers employés dans la construction des navires, surtout les chanvres et les métaux, fussent livrés aux constructeurs exempts de droits dédouane et d'octroi.

Le ralentissement des travaux de construction et de radoub provient aussi de la cherté excessive de la main-d'œuvre à 31arseille , et du défaut d'emplacement convenable.

Pour obvier à ce dernier inconvénient, la Chambre de commerce de Marseille a consacré une somme de cent mille francs à l'achat d'un emplacement au Pharo, pour l'établissement d'un chantier de construction , qui offrira une plus grande surface et permettra d'affecter aux opérations du commerce , sur les quais de Rive- Neuve, un terrain bien précieux occupé aujourd'hui par le chantier.

Mais ce n'est pas tout, pour ranimer l'activité des constructions navales à Marseille , il faut que nos constructeurs joignent à la pratique des connaissances théoriques avancées. Il faut qu'ils modifient les anciennes formes des navires , de manière à leur faire porter, à tonnage égal, une plus forte quantité de marchandises (2).

S n. — PROFESSIONS ACCESSOIRES.

Établissemens divers en 1830 et en 18 iO. — Cordages de chanvre. — Cordes et autres ouvrages de spart.

Voici l'état des professions qui se rattachent à la construction des navires tel qu'il a été dressé en 1830 et en 1840. Le nombre des ouvriers et la valeur des produits sont dans le paragraphe précédent.

(1) Voir au tome premier , page 169.

(2) Cette observation date de la première édition de ce livre ; aujourd'hui il y a progrés. Il est sorti depuis quelques années des chantiers de Marseille des navires qui réunissent la vitesse à la solidité, la facilité des manœuvres et l'élégance des formes à une puissante capacité.

1830 !840 Charpentiers et constructeurs de navires

ei barques, etc 18 14

Avironniers ou fabricans de rames 3 5

Voiliers 4 11

Pouîieurs 7 8

Hydrographes 5 6

18 fabricans de cordes , occupant 80 ouvriers, voient la plus grande partie de leurs produits absorbés par la marine. En 1830, on en comptait 14 avec 60 ouvriers. Outre 5 à 6 mille q. m. cordages livrés à la marine , ils en fabriquent environ 5 mille , soit en cordes soit en ficelles, pour l'emballage des caisses et balles , pour les charrois, les raffineurs de sucre, etc., ou pour l'exportation qui enapris, en 1837, 330 q. m.; en 1838, 412; en 1841, 1,103.

On fait aussi des cordages de spart de différentes grosseurs pour des amarres, des filets pour la grande pêche et les madragues; on natte encore le spart pour des couffins et autres ustensiles; on en forme des paillassons , etc.

Aujourd'hui, comme en 1830, 18 fabriques de ce genre sont établies à Marseille: 60 ouvriers sont employés dans les ateliers. La filature et le tressage qui se font à la main, occupent à heures perdues, soit en ville, soit à la campagne, 2 à 3 mille personnes, femmes ou enfans. La valeur des produits est estimée 500 mille fr.

Il a été exporté de Marseille , en 1841 , pour l'étranger et les colonies, 191 q. m. cordages de sparte.

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