‹ Essai sur le commerce de Marseille, ouvrage couronné en 1833 par la Commission chargée de décerner le prix fondé par le baron Félix de Beaujour. 2. éd., augm. et continuée jusqu'en 1841Chapitre 124 sur 181 · DE DIVERSES AUTRES FABRICATIONS · texte numérisé non relu

DE DIVERSES AUTRES FABRICATIONS

§ I". — Gaz hydrogène.

Trois usines avaient été fondées à Marseille pour l'éclairage au gaz , l'une par la compagnie du Midi , l'autre par la compagnie Méridionale , la troisième par la compagnie Impériale et Con-

tinenlale. Cette dernière a absorbé les deux autres, et en ce moment elle fournit seule à l'éclairage au Gaz dans Marseille. C'est un établissement considérable et parfaitement organisé. Il occupe 110 ouvriers toute l'année et consomme 8 à 9,000tonnes de houille par an. Son revenu brut consiste en :

5,500 becséclairés, au prix de 90 f. par bec et par an 49E,000 fr. 100,000 hectolitres coke à 1 . 60 l'hectolitre 160,000.

§11. — Manufacture de Crins.

Importation de cette industrie à Marseille par M. Wuichet. — Nombre" des fabriques. — Des ouvriers. — Produits.

M. Wuichet a étabU à Marseille en 1823 la première manufacture de crins pour meubles , matelas , voitures , tissus , lignes pour la pêche , brosserie et surtout pour tissus grossiers nommés escourtins et servant aux huileries de graines. L'invention de ces tissus a été d'un grand secours, car ils résistent seuls à l'énorme pression des machines hydrauliques employées dans nos huileries.

Des ouvriers sortis des ateliers de M. Wuichet ont fondé des fabriques à l'instar de la sienne , mais dans de moindres proportions. On en compte en ce moment 4 à Marseille.

Le nombre des ouvriers est de 75 , dont 45 chez M. Wuichet.

La production totale est évaluée à 500,000 fr.

Les pays qui fournissent les crins en plus grande quantité sont : les bords de la Plata , Buenos- Ayres , Montevideo , Portalegro, Rio-Grande , Paraguay , le Levant et la Russie, d'où viennent les qualités inférieures. Les crins de porcs de la Provence et du Languedoc qui étaient presque sans valeur , parce qu'on n'en connaissait pas l'emploi , se paient maintenant 80 fr. les 100 kil .

M. Wuichet a aussi employé avec succès les crins de bœuf qui n'avaient presque pas de débouché et qui maintenant se vendent aussi cher que ceux de cheval. Il a inventé une machine à carder, ingénieusement combinée pour le cardagc du crin.

Sa manufacture a donné lieu à rétablissement d'un atelier de brosserie qu'elle approvisionne en grande partie.

S 111. — Eaux miner ale& factices et gazeuses.

En 1830 il n'y avait à Marseille qu'une seule fabrique : celle de M. Despine. A l'époque de l'invasion du choléra, l'usage de la bière fut généralement abandonné. La consommation des boissons gazeuses et des eaux minérales factices prit alors un accroissement qui n'a cessé de faire des progrès. On compte aujourd'hui à Marseille 5 fabriques occupant 15 ouvriers et produisant pour une valeur de 100,000 fr. On en exporte à l'étranger et aux colonies. En 1839 il en a été expédié pour ces destinations 94,893 kil. — En 1840 , 48,525. — En 1841 , 50,209 kil.

S IV. — Fabrique de couvertures de laine et de colon.

M. Lagache, après avoir observé cette fabrication dans les principaux ateliers du Royaume et de l'étranger , l'a importée à Marseille : 90 ouvriers sont employés à la filature et au tissage de ces couvertures. La production annuelle présente une valeur de 150,000 fr. susceptible d'une grande extension. Marseille est fort bien placée pour cette industrie , car elle reçoit les matières premières et exporte les produits à l'étranger, et aux colonies notamment aux États-Unis et à Bourbon.

M, Lagache fabrique aussi des molletons et un tissu grossier de coton qui a été employé avec succès au doublage des navires en remplacement du papier appliqué sous les feuilles de cuivre. Ces tissus ont l'avantage de ne pouvoir être percés par les vers qui attaquent et ruinent les bûtimens.

S Y. — Fabriques d'ébénisterie , de chaises , de menuiserie.

En 1830 les menuisiers , les ébénistes , tourneurs sur bois , faiseurs de chaises, etc., formaient une partie importante de la population ouvrière de Marseille. On y comptait 193 ateliers travaillant les bois de toute sorte et produisant pour une valeur de 3 millions.

Alors comme aujourd'hui, les meubles étaient fabriqués à Marseille avec beaucoup de goût et de soin. On en exportait pour environ 120,000 fr.

Depuis lors , celte industrie a pris à Marseille une grande extension , par suite des progrès non-seulement de la consommation

locale , mais encore de l'exportation. Les chaises surtout sont I expédiées en Levant , depuis quelques années , en très grande quantité.

Il y a maintenant à Marseille 347 menuisiers avec 500 ouvriers, 20 ébénistes avec 112 ouvriers, 23 fabricans de chaises et 175 ouvriers. — Total des ouvriers : 787 ; de la production : cinq millions.

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