NAVIRES INDIGÈNES
sandales maures
TOTAL. 1
nombre
Tonnage
nombre
Tonnage.
nombre
tonnage.
nombre
tonnage.
L'accroissement du tonnage de 1839 à 1840 a été de 114p. 7*0, et de 1840 à 1841 de 31 70. Cet accroissement a été beaucoup plus sensible sur les navires étrangers que sur les navires français . Le gouvernement a cru devoir protéger contre cette concurrence la
(1) Ne sont pas compris en 1839 , 218 bâtiraens de l'État. — En 1841 , 695.
En 1840, 439.
navigation nationale par l'ordonnance du 7 décembre 1841, statuant que^ sauf le cas d'urgence, les transports entre la France et l'Algérie ne pourront s'effectuer que par navires français (1).
Voici la part respective qu'a prise dans le mouvement général de a navigation de rx\igérie chacun des ports de la colonie :
PORTS
Oran ...
Bone ....
Mostaganem Bougie . . .
Philippeville Cherchell...
aavires. tonnage
Totaux,
tonnage .
Ce tableau nous montre les progrès de Philippeville , création française. En 1839 ce port n'avait pas de navigation, en 1841 il a conquis le quatrième rang. Sa population, en moins de deux ans, s'est élevée de 1.800 à 6,000 habitans. Dans huit mois on y a bâti 400 maisons. En 1839, le chiffre de ses importations n'arrivait qu'à 800^000 fr., l'année suivante elles atteignaient 2 millions ; en 1841, elles sont montées à 15 miUions. La douane y a perçu, cette année , près d'un million de droits.
(1) L*ordonnance du 23 février 1837 avait admis le pavillon étranger à concourir avec le pavillon ' national à la navigation directe entre la Franco et l'Algérie. Un droit différentiel de 2 fr. par tonneau , était la seule faveur réservée au pavillon français.
(2) D'après un état publié à Alger, ce nombre se serait élevé k 6,119; il comprend les navires entrés à Djigelly , Arzew et la Calle, non compris dans le tableau ci-dessus. Ces 6,119 navires ont été répartis ainsi qu'il suit: Français , 1846. — Algériens francisés, 622. — Algériens avec congés , 399. — Anglais , 200. — Russes , 29. — Suédois et norvégiens , 65. — Danois 15. — Hanovriens, 1.— Hollandais, 10. — Belge, 1. — Prussiens, 4. — Autrichiens, 22i.;— Sardes, 478. — Toscans , 540. — Romains , 105. — Napolitains, 489. — Grecs, 52. — Étals-Barbaresques , 93. — Espagnols, 943. — Harabonrgeois, 2. — Mecklembourgeois ,1.
Marseille participe à la navigation de l'Algérie dans la proportion suivante :
Navires venus de l'Algérie Navires partis de Marseille
à Marseille. pour l'Algérie.
L'excédant des sorties provient de ce qu'un grand nombre de navires étrangers ont pris charge pour compte du gouvernement et ne sont point retournés à Marseille.
Les navires étrangers sont compris dans les entrées pour 87 en 1840, et 144 en 1841 (la presque totalité sur lest ) ; dans la sortie pour 197 en 1840, et 174 en 1841.
Aucun bateau à vapeur n'a pris part en 1 840 à la navigation entre l'Algérie et Marseille ; en 1841 nous en comptons 10 à l'entrée et H àla sortie , sous pavillon français.
Les rapports entre Marseille et l'Algérie ont pris une nouvelle activité par suite de l'établissement (en janvier 1842), d'un service régulier de paquebots à vapeur qui viennent d'Alger à Marseille en moins de 45 heures. Cette mesure, éminemment favorable à la colonisation et au commerce de l'Algérie, avait été instamment sollicitée par la Chambre de commerce de Marseille (1).
Les états publiés par l'administration des douanes assignent au commerce de la France avec l'Algérie , les résultats suivans :
Importations Exportations
en France. de France.
1831 7,242,873 fr. (2) 6,982,685 fr.
(i; Lettre du 20 février 1841, au ministre du commerce, (2) Dont 1,804,820 frr en numéraire .
Importations Exportations
en France. de France.
L'accroissement rapide de la valeur de nos exportations prouve l'iraportance do la possession d'Alger pour l'industrie et le commerce de la France. Et pourtant les avantages actuels ne sont rien en comparaison de ceux que promet l'avenir.
, Voici la part de Marseille dans ce mouvement commercial :
Importations Exportations
à Marseille. de Marseille.
1833 1,003,372 fr. 8,455,165 fr.
Dont 1 1,717,931 fr. en marchandise française
Ainsi, le progrès des relations entre la France et l'Algérie est loin de se ralentir, et l'on voit par les chiffres qui précèdent que Marseille n'est pas la seule ville qui profite de la conquête d'Alger. Ses exportations ne forment en 1839 que les deux tiers de celles du reste du royaume , et elles se composent des produits du sol et des manufactures de toute la France.
Tous les ports de la Méditerranée prennent une part active à ce commerce. Toulon seul a expédié , en 1834 , 5,700,000 litres de vin. La diminution de nos envois en cet article prouve que ceux des autres ports augmente considérablement.
Voici un aperçu des imporlaiions et des exportations entre l'Algérie et Marseille ;
(1) Cette somme se décompose ainsi qu'il suit : Produits naturels , 15,611,442 francs , dont 8,399,143 français. — Objets manufacturés , 16,096,612 fr. , dont 13,696,139 français. — Numéraire , 1,253,740. — Ce n*est là qu'une partie du commerce de l'Algérie ; beaucoup d'expéditions se font directement des ports étrangers.
Principaux articles importés d'Algérie à Marseille.
Peaux sèches grandes., q. m. 706 1,479 8,576 9,969 11,847
Laines fix S6, 1 44 341, 785 466, 728 263, 653 97, 729
Cire q.m. 347 318 370 109 103
Os de bétail » 3,789 3,483 4,103 2,715 5,568
Cornes de bétail » 217 251 410 297 976
Huile d'olive » 4,127 11,852 84 11 102
Cuivre et plomb » 5 50 438 116 176
Tabac' en feuille >> — — 213 28 26
Argent brut kil. 301 145 12 12 —
Argent monnayé kil, 679 441 75 30 91
Principaux articles exportés de Marseille pour l'Algérie.
Morues q.m. 283 324 1,220 2,232 2,555
Viande salée » 165 442 403 1,088 1,282
Soies écrues grèges.... » 73 68 560 70 74
Fromages » 1,097 972 1,764 2,921 3,736
Grains de froment .... hect. 25, 786 38, 767 1 53, 577 110, 693 96, 7 5 5
Farine q. m. 50,648 30, 779 29, 408 94, 473 83, 651
Riz » 2,088 1,243 1,044 979 6,111
Pommes de terre » 1,771 741 2,057 1,433 1,037
Légumes secs » 2, 241 2, 623 2, 72 1 5, 686 5, 205
Sucre brut » 618 138 1,889 288 427
Sucre terré >. 1,287 2,677 2,090 3,218 6,349
Mélasse •. » 110 249 531 456 579
Café » 1,305 1,375 2,933 5,263 4,394
Clous de girofle >. 34 102 132 16 21
Poivre » 198 223 476 199 368
Huile d'olive » 649 619 2,277 3,450 4,856
Bois à constr . scié . . . met. 181,643 1 7 6, 587 65, 378 59, 3 1 2 99, 452
Fer en barres q. m. 3, 072 3, 465 1, 581 919 557
Fil de fer >. 47 136 242 203 223
Acier forgé » 120 145 145 85 102
Plâtre » 1,144 1,653 2,495 1,507 3,84^
Tuiles, briques, etc. millions. 0.2 0.6 1.09 2.5 3.5
Plantsd'arbre q.m. 55 91 59 62 152
Selmarin • 3,739 6,702 1,372 359 1,959
Parfumeries >» 25 34 43 104 175
Savon » 391 864 2,208 4,317 736
Chandelles » 416 326 536 1,305 2,115
Sucreraffiné » 3,114 3,829 6,877 11,975 14,874
Vin ordinaire en fut. . . hect.
Vin ordinaire en bout. . »
Vin de liqueur »
Vinaigre »
Bière »
Eau-de-vie de vin »
Liqueurs »
Poterie grossière. . . . » . q. m .
Faïence » »
Verrerie »
Fil de chanvre et de lin . »
Fil de coton »
Toiles de lin »
Tissus de laine »
Tissus^iesoie »
Rubans de soie »
Tissus de coton »
Guinées pièces
Papier q.m .
Livres français >
Peaux tannées et cor-
coyées. »
Peaux ouvrées , souliers »
Instrumens aratoires ... »
Limes »
Scies >»
Outils de fer et acier. . . »
Ouvrages en fer, quinc, »
Coutellerie... »
Mercerie //
Meubles fr.
Argent monnayé kil.
L'Algérie est, après la Turquie, î'Espugne et l'Italie, le pays pour lequel le montant des exportations de Marseille est le plus élevé. Cependant ces relations sont encore dans l'enfance. On conçoit facilement de quel immense développement elies sont susceptibles. Les importations ne sont rien en comparaison de ce qu'elles seront un jour. Il y a surtout trois objets qui sont de la plus haute importance : le colon , l'huile et la soie. Alger peut nous les fournir en abondance et par conséquent diminuer le prix trop élevé de ces articles. Quels avantages n'en résulteraient pas pour tous les intérêts,
pour ceux du producteur comme pour ceux du consommateur, pour le commerce comme pour la navigation ! Et l'on reculerait devant de teis résultats pour des motifs de mesquine économie ! Non, cela n'est pas possible ; et quand même l'honneur national n'interdirait par l'abandon d'Alger, l'intérêt général, un intéiêt immense en ordonnerait la conservation et la colonisation.