PÈCHES MARITIMES
§ 1er. __ Pèche de la baleine.
Origine de cette pêche. — Retours en 1792. — Revue de la législation relative aux primes , de 1792 à 1841. — État des arméniens de 1817 à 1840. — Part des divers ports français dans cette navigation. — Marseille. — Causes de l'infériorité de la marine nationale dans cette pêche. — Importations d'huile de baleine et de fanons , de 1828 à 1840. — Protection du gouvernement.
Les marins basques sont les premiers qui se soient livrés à la pêche delà baleine. Après avoir long-temps péché ce cétacésur leurs propres côtes , ils allèrent à sa poursuite jusques dans les parages du Canada , où ils découvrirent , avec ce qui faisait l'objet de leurs recherches , l'existence de cette multitude de morues dont les légions innombrables viennent périodiquement peupler chaque année les contours de l'île de Terre-Neuve et principalement les eaux qui couvrent le grand banc ; dès-lors ils joignirent à la pêche de la baleine celle de la morue.
La France peut donc revendiquer l'honneur d'avoir montré le chemin aux autres peuples pour l'exploitation des deux pêches maritimes les plus importantes.
Bientôt les étrangers, témoins des succès obtenus par les marins français, entrèrent en concurrence avec eux.
Pendant la guerre de l'indépendance des États-Unis , aucun armement ne sortit des ports de France pour la pêche de la baleine.
A la paix de 1783 , le gouvernement accorda avec une sage munificence des encouragemens pour raviver cette branche d'industrie ; et il y était parvenu lorsque les guerres de la révolution et de l'empire vinrent de nouveau arrêter toutes les entreprises de cette nature.
En 1792 il fut importé en France 88,826 k. baleine coupée, et en fanon des pêches françaises, et 45^070 de l'Europe et des Etats-Unis , et pour une valeur de 2,171,636 fr. huile de baleine des pêches françaises. (1 ) Plus 585,588 kil. huile venant d'Europe , du Levant et des Etats-Unis.
La loi du 27 mai 1792 accorda une prime de 50 livres par tonneau aux navires employés à îa pêche de la baleine et du cachalot. Il fut payé pour cet objet pendant la même année 411,750 livres.
A l'époque où le rétablissement de la paix rouvrit au pavillon français la carrière des n:vigations lointaines , le ministère songea à ranimer la pêche de la baleine , branche importante de la navigation commerciale , pépinière féconde de l'inscription maritime ; mais presque tous les anciens marins baleiniers avaient disparu , les traditions s'étaient éteintes et de nouveaux sujets n'avaient pu se former. Des encouragemens extraordinaires étaient donc indispensables; ils furent accordés.
En 1816 , une ordonnance royale accorda une prime de 50 fr. par tonneau , aux expéditions de la pêche de la baleine soit au Nord soit au Sud ; les navires étrangers y avaient droit. L'équipage pouvait être composé de deux tiers de marins étrangers.
L'ordonnance du J4 février 1919 , réduisit à moitié de l'équipage la tolérance des marins étrangers. La pêche du Sud fut gratifiée d'une prime au retour égale à celle du départ. Cette faveur ne fut étendue que pour moitié à la pêche au delà du cap de Bonne-Espérance. La prime fut établie ainsi qu'il suit :
1« De 40 fr. par tonneau lorsque le navire étant étranger , l'équipage était composé par moitié de marins français et étrangers , et que l'un des deux premiers officiers d'expédition était français ;
2" De 50 fr. par tonneau lorsque le navire étant français ou étranger , l'équipage était composé de deux tiers de marins français et d'un tiers de marins étrangers , et que le capitaine de l'expédition était français :
(t) Les élats de douane de 1792 conslalent une importation de 2,490,000 fr. , proYcnant de la pèche de la baleine au Groenland , au Brésil et à Madagascar.
3° De 60 fr. par tonneau lorsque le navire avait été construit et équipé en Franee et que l'équipage était entièrement composé de marins français.
L'ordonnance du mois de février 1825 n'apporta d'autre changement qu'une augmentation d'un sixième à la prime pour les armemens complètement nationaux , et l'assimilation de la pêche du Nord à celle au-delà du cap de Bonne-Espérance.
Depuis l'ordonnance du 7 décembre 1829 , les navires étrangers ont cessé d'être admissibles dans l'expioilation de nos pêches. La tolérance des marins étrangers dans les équipages et dans les étais-majors a été réduite au tiers. Le tarif des primes a été réglé d'une manière plus favorable aux armemens en raison de leur nationalité. La prime de retour accordée dix ans auparavant à la pêche du Sud , a été attribuée également à la pêche du Nord.
La loi du 22 avril 1832 , prenant pour point de départ la prime de 70 fr. accordée aux armemens composés de Français sans exception, statua, qu'à dater du 1" mars 1833 , cette prime diminuerait chaque année de 4 fr. , en sorte qu'elle ne serait plus que de 54 fr. du 1" mars 1836 au 1«^ mars 1837.
La prime était de 48 fr. sur les armemens dont l'équipage était en partie étranger dans les limites tixées par l'article 4 ; elle diminuait de 2 fr. chaque année ; en sorte qu'elle était réduite à 40 fr. du l^"" mars 1836 au l"mars 1837. Les autres articles étaient ainsi conçus :
Art. 2. Le navire qui aura fait la pêche soit dans l'Océan-Pacifique en doublant le cap Horn ou en franchissant le détroit de Magellan , soit au Sud du cap Horn à 62 degrés de latitude au moins , obtiendra au retour un supplément de prime s'il rapporte en produits de sa pêche la moitié au moins de son chargement , ou s'il justifie d'uno navigation de seize mois au moins.
Cette prime supplémentaire sera de 50 fr. par tonneau sur les armemens composés de Français sans exception , et décroîtra chaque année de 3 fr. jusqu'au 1^' mars 1836 ;
24 fr. sur les armemens composés d'équipages mixtes , et décroîtra chaque année d'un franc.
Art. 3. La prime supplémentaire sera réduite à moitié pour les navires qui auront péché à l'Est du cap de Bonne-Espérance , 45 degrés au moins de longitude du méridien de Paris , et à 48 et 50 degrés de latitude méridionale.
Art. 4. Aucun navire baleinier n'aura droit à la prime qu'à concurrence du maximum de 500 tonneaux.
Pour avoir droit à la prime , l'équipage mixte ne pourra être composé , en étrangers , que du tiers des officiers , harponneurs et patrons , sans que le nombre puisse excéder deux pour la pêche du Sud et 5 pour la pêche du Nord .
La loi du 9 juillet 1836 établit la prime à 50 fr. pour les armemens français avec réduction de 4 fr. par an jusques en 1842 , et pour les armemens mixtes de 37 fr. avec une décroissance annuelle de 3 fr. De sorte que les premières, à la fin de 1841 , seraient réduites à 34 fr. , et les secondes à 25 fr. Les pnm^s au retour devaient aussi être graduellement descendues à la même époque , les premières à 23 fr. , les secondes à 12 fr. 50 cent. En 1841 une nouvelle loi a réglé les primes ainsi qu'il suit : (X Art. 1. Les primes accordées par les lois du 22 avril 1832 et 9 juillet 1836, pour l'encouragement de la pêche de la baleine , seront fixées comme suit , à partir du 1 mars 1842 , savoir :
« Primes au départ ; 40 fr. par tonneau de jauge , au départ , pour les armemens entièrement composés de Français, et 29 fr. pour les armemens composés en partie d'étrangers , dans les limites déterminées par l'art. 4 de la loi du 22 avril 1832 précitée.
« Primes au retour : 27 fr. par tonneau de jauge , au retour , pour les armemens tout français , et 14 fr. 50 cent, pour les armemens mixtes , dans les conditions déterminées par l'article 2 de la loi du 22 avril 1832 , lorsque le navire aura péché soit au-delà du cap Horn , soit à l'est du cap de Bonne-Espérance , dans les latitudes fixées par ledit article 2 et par l'art 3 de la même loi.
« Art. 2. Il sera alloué , en outre , aux navires spécialement armés pour la pêche du cachalot , dans l'Océan Pacifique , et après une navigation de trente mois au moins, pendant laquelle ils se seront élevés au-delà du 28« degré de latitude nord , une prime supplémentaire sur l'huile de cachalot et la matière de tête qu'ils rapporteront du produit de leur pêche.
« Cette prime sera fixée comme suit , par cent kilogrammes , savoir :
« Pour les navires partis du 1 janvier 1842 au 31 décembre 1844 , 20 fr.
« Pour les navires partis du 1" janvier 1845 au 31 décembrde la même année , 15 fr.
« Pour les navires partis après le l*"^ janvier 1846 , jusqu'au terme de la loi , 10 fr. »
La durée de cette loi a été étendue jusqu'au 31 décembre 1850; celle des lois précédentes n'avait été que de cinq années. On a donné ainsi plus d'avenir aux entreprises en mettant les armateurs à l'abri des vicissitudes résultant des changemens trop fréquens de législation.
Les lois antérieures avaient aussi posé en principe la décroissance annuelle des primes. La loi nouvelle n'a maintenu cette décroissance ni pour la pêche de la morue ni pour celle de la baleine.
La concession des primes accordées pour la pêche du cachalot est un encouragement qui ne peut manquer d'être efficace. L'ordonnance du 10 août 1841 a réglé les conditions de cette pêche si propre à fournir à l'état des marins intrépides et au commerce des navigateurs expérimentés.
Voici le tableau des armemens , pour la pêche de la baleine, opérés en France depuis 1817. On peut y observer l'effet des diverses lois et ordonnances qui se sont succédées depuis i 816 ^ et que je viens de relater. Depuis 1832 , généralement les équipages sont français et les destinations pour la mer du Sud.
La pêche du Nord se fait sur les côtes du Groenland , mais plus particulièrement au détroit de Davis et dans la baie de Baffin.
La pêche du Sud , moins périlleuse , exposée à moins de frais et de dépenses que celle du Nord , est préférée par la plupart de nos navigateurs. Elle se fait communément par 34 à 49° de lat. S. , dans les eaux du Brésil et devant la côte des Patagons , ainsi qu'au sud du cap Horn et à l'ouest de ce cap dans l'Océan Pacifique , sur les côtes du Chili et du Pérou. A celte pêche se joint celle qui se pratique sur la côte O. de l'Afrique et à l'Est du cap de Bonne- Espérance. La pêche du Sud procure principalement l'espèce de baleine appelée cachalot , dont on extrait le spermaceti ou blanc de baleine.
Les points les plus favorables sur la côte occidentale d'Afrique, sont : Elisabeth Bay , Angra Pequena , excellente baie pour la pêche , la Conception bonne aussi, mais où les batimens sont exposés à des raz-de-marée , Walwich-Bay, bon mouillage, les Jardins, par 22». 38° longitude, le cîip Gross et toute la côte qui s'étend de ce point au Nord jusqu'à Tigre-Bay- Le port Alexan-
dre n'est fréquenté que par les baleiniers qui font leur retour en France. On ne trouve d'eau douce sur aucun des points de ces côtes. La pêche s'y fait depuis le 1" mai jusqu'à la fin du mois d'août.
Au large du cap Bonne-Espérance , la pêche se fait au mois d'octobre entre 33° et 35° de latitude , et depuis 12° jusqu'à 6® de longitude Est jusqu'au méridien.
» C'est dans l'Est du méridien , disait en 1835 le capitaine Ferrin , que j'ai aperçu le plus grand nombre de baleines. Dans cette partie, j'en ai rencontré quatre mortes. »
Etat des arméniens pour la pêche de la haleine opérés en France*
Années.
Batimens.
DESTINATION
Tonneaux.
HOMMES d'équipages.
Nord.
Sud.
Français,
Etrangers.
Le nombre des navires baleiniers était , en 1835, de 53 , dont 35 appartenaient au port du Havre , 6 à Nantes , 3 à Dunkerque, 2 à
Granville , 2 à Bordeaux , 1 à Dieppe , 1 à St-Malo , 1 à Cherbourg, 1 à la Rochelle et 1 à Marseille.
En 1837, parmi les navires expédiés pour la pêche de la baleine, 35 sont partis du Havre , 2 de Dunkerque , 3 de Nantes , 3 de Bordeaux , l de Marseille. — En 1838, 15 du Havre, 1 deBinic , 5 de Nantes , 2 de Paimbœuf. — En 1839 , 27 du Havre , 4 de Nantes. — En 1840 , 13 du Havre, 1 de SochefoU.
Jusqu'en 1833 , Marseille était demeurée étrangère à cette pêche. M. Toussaint Benêt apprit à nos marins la route de cette navigation lointaine. Au mois de septembre 1833 , le beau navire le Souvenir , de 393 tonneaux , partit pour la pêche de la baleine, commandé par M. Vidal aîné , de Cassis. Le 14 mars 1835 le Souvenir rentra à Marseille après avoir parcouru les mers de l'ïnde , la côte Patagonie , celle d'Afrique et l'île Tristan d'Hacuna , chargé de 1,000 veltes huile de baleine et 200 kil. fanons , produit de la pêche de deux baleines. Parti de nouveau , il effectua en 1837 son retour de la mer du Sud avec 153,970 kil. graisse de baleine , et 4,286 kil. fanon ; réexpédié pendant la même année, il retourna en 1839 avec 186,150 kil. graisse de baleine , 1,134 kil. graisse d'ours marin et 7,108 ki). fanon : valeur totale 137,248 fr. Depuis, cette pêche n'a plus figuré sur les états de la navigation du port de Marseille ; espérons que le commerce Marseillais ne se découragera pas et qu'il tentera de nouveaux efforts. Pourquoi Marseille n'aurait-elle pas , comme le Havre , ses 35 navires baleiniers ?
La pêche de la baleine est moins heureusement exploitée par les Français que par les Américains : plusieurs causes auxquelles il serait facile de porter remède concourent à nous tenir dans celte infériorité; les principales sont 1° le mode adopté par nos armateurs de faire commander leurs bâtimens par des capitaines au long cours, tandis que toute l'autorité est laissée entre les mains d'un patron ou capitaine de pêche ; 2° le manque de bons officiers de pêche ; 3° l'insubordination des équipages.
La première de ces causes suffit souvent pour occasionner parmi les équipages les troubles qui régnent à bord de beaucoup de baleiniers. En effet, là où il y a en même temps un capitaine de route et un capitaine de pêche, le désaccord qui existe presque toujours entr'eux se propage parmi les matelots. De là , tant d'actes d'insubordination , de violence même, et les mauvais résultats de l'expédition.
Il serait donc dans l'intérêt des armateurs que le capitaine fût pêcheur lui-même et secondé par un homme capable. J'ai été à portée de voir, disait en 1835 ;, dans un rapport au Ministre de la marine , le commandant Ferrin , qu'à bord des batimens où il en était ainsi , la pêche était plus heureuse et les équipages contens et subordonnés.
Qu'on embarque pour officiers de pirogues des marins actifs e t intrépides ; qu'on leur alloue une plus forte part au voyage ; qu'on exige d'eux plus de connaissances afin qu'ils puissent à leur tour être capitaines.
Celte industrie peut être encouragée encore par une augmentation de prime et un faible supplément mis à la disposition des capitaines pour être distribué en récompenses aux hommes qui montreraient le plus de zèle et d'aptitude ; une légère somme serait donnée par exemple à celui qui , étant en vigie , découvrirait la baleine, une à celui qui la harponnerait, et une autre à celui qui lui ferait souffler le sang.
Cette méthode de récompenser les pêcheurs est employée par les baleiniers américains.
Les États-Unis n'ont pas moins de 273 batimens baleiniers. Les Anglais affectionnent la pêche du Nord. En 1832 , ils ont envoyé 81 navires seulement dans les détroits de Davies et du Groenland. Le produit de cette pêche a été de 12,578 tonnes d'huile et de 670 ix. fanons. Le nombre des marins a été de 4,000.
La France est loin d'obtenir de pareils résultats de l'industrie baleinière; cependant depuis quelques années, au lieu d'être tributaires de l'étranger pour les huiles de baleine , nous lui en fournissons parfois. Nos exportations en graisse de poisson pour la Belgique, la Hollande Ja Suisse , l'Autriche, etc. , se sont élevées, en 1833, à 498,649 k. , en 1840 , à 255,477.
Voici le tableau des importations d'huile de baleine et de fanons dans tout le royaume depuis 1828 jusqu'en 1840 :
Huile de baleine, etc. Fanons bruts.
Huile de baleine etc Fanons bruts.
Dans ces quantités tout n'appartient pas a la pêche française ; ( I ) une partie de ces importations a étéeiTectuée par des navires venus des États-Unis. En 1833 , les valeurs importées directement des lieux de pêche française ont été de 2,726,312 fr. En 1840 de 4,462,836 fr.
Cette pèche procure de grands avantages au pays. Elle forme d'excellens marins ; aussi , elle est l'objet d'une protection spéciale. Indépendemment des primes dont j'ai déjà parlé, le gouvernement a soin de diriger des bâtimens de guerre dans les parages fréquentés par nos baleiniers. Ils ont souvent rendu de grands services. Le ministre de la marine vient de récompenser (1835) d'une manière spéciale le capitaine Baxter, qui comaiande un navire armé par la maison Lamotte , du Havre. En adressant aux autorités du Havre la croix de la Légion-d'Honneur pour ce brave marin , il leur a annoncé qu'elle était due « aux témoigna- » ges favorables qui lui sont parvenus sur les eiForts de M. le ca- « pitaine Baxter pour naturaliser en France la pêche de la baleine, <r à la promptitude et au succès de tous les voyages qu'il a entrec< pris , à l'habileté qu'il a développée , aux nombreux sujets qu'il « a formés , à Tordre et à la discipline qui , par l'influence de son ce exemple , ont constamment régné à bord des bâtimens qu'il a 9 ^commandés. »
Grâce à cette protection éclairée du gouvernement , il est permis d'espérer que l'industrie baleinière fera de nouveaux progrès en France et surtout à Marseille.
(1) Les produits rapportés de la pêche , en 1840, ont consisté en 0,226,764 kil. huile, et 207,651 kil. fanons. Ces retours ont été effectués par 27 navires de 11,704 tonneaux , montés par 801 marins; 22 au Havre , 4 à Nantes , 1 à Bordeaux. En 1839 les retours ont été de 6,497,719 kil, graisse de baleine , et 202,341 kil. fanons , etc. , importés de la mer du Sud par 28 navires au Havre , 2 à Nantes 1 à Marseille.
S II. — PÊCHE DE LA x^IORUE.
Produits de celte pêche. —Etats des armemens dans les ports français .en 1831 et 1840. — Tentatives des Marseillais pour se livrer à cette pêche. — Retours effectués à Marseille de 1783 à 1792. — De 1827 à 1840. ~ Dans les ports de France en 1833 et 1840.^ — Exportations de morue par Marseille en 1833 et 1840. — Primes. — Pèche sur la côte occidentale d'Afrique.
La pêche delà morue est l'objet d'arméniens très considérables en France. Elle a lieu dans deux contrées : en Islande , sur le Grand-Banc et à la côte de Terre-Neuve , et aux îles Saint-Pierre et Miquelon. C'est vers ces derniers points que se dirigent les expéditions les plus importantes.
La France possédait autrefois une partie de l'île de Terre- Neuve ; elle l'a perdue. Mais , par le traité de Versailles de 1783^ elle a repris la propriété des îles de Saint-Pierre et de Miquelon , et le droit de pêche et de sècherie depuis le cap Saint-Jean , remontant vers le nord , jusqu'au cap de Raye ; plus un simple droit de pêche dans le golfe Saint-Laurent, droit qu'elle ne peut cependant exercer qu'a trois lieues des côtes appartenant à la Grande- Bretagne , et pour les parages en dehors du golfe , qu'à quinze lieues des côtes de l'île Royale , et à trente lieues de celles de l'Acadie.
En 1792 , il fut importé en France d'Europe et des Etats-Unis , 430,600 kil . morues salées ; et des pêches françaises pour une valeur de :
1,008,873 fr. morues d'Islande
l'^lf/lll " " ™ i de Terre-Neuve. 2,474,567 » » vertes )
Il fut exporté 1,273,359 kil. morues salées.
La quantité de sel exportée pour les pêches françaises fut de
19,305,040 kil.
La pêche de la morue donne, dans las années abondantes , les
produits suivans :
Côtes de Terre-Neuve 16,000,000 kil.
Saint-Pierre et Miquelon 4,000,000 »
Islande 5,000,000 »
Grand-Banc de Terre-Neuve.. 5,000,000 »
30,000,000 kil.