CHAPITRE III
CABOTAGE
Son importance. — ObserTalions sur les étals de navigation dressés par la Douane.
La marine et la douane distinguent le cabotage en grand et petit. Mais toutes deux partent de bases différentes dans les distinctions qu'elles établissent. En matière de douane , on appelle grand cabotage la navigation d'un port français de l'Océan dans un port français de la Méditerranée , et vice versa , et l'on nomme petit cabotage , celle qui a lieu d'un port français sur une mer dans un autre port français de la même mer. J'ai adopté cette définition.
Le cabotage de Marseille , avec les ports de l'Océan et de la Méditerranée offre de grands avantages à celte ville.
(t) Voirie tome I , pages 142 et li3.
Son importance est telle qu'il emploie année moyenne (prise sur six années de 1825 à 1830) 3,650 navires , jaugeant ensemble 196,206 tonneaux , équipés de 18^82 hommes. (1) La France entière emploie à cette navigation 69,813 navires , jaugeant ensemble 2,203,989 tonneaux, équipés de 274,026 hommes (2). En comparant ces résultats , on remarque que Marseille fait à elle seule , en tonnage , les 89 millièmes du cabotage de la France (3) .
Je dois faire remarquer que la France n'emploie pas réellement 69,813 navires , montés par 274,026 hommes. C'est une manière fictive de présenter le mouvement de la navigation. Il n'y a qu'une chose réelle dans le résultat présenté, c'est que 69,813 navires sont sortis de France à destination de ports français , et qu'une capacité de 2,203,989 tonneaux , a été employée au transport des marchandises de cabotoge , et cela ne veut pas dire encore que 2 millions et tant de tonneaux de marchandises aient été transportés par cabotage , car souvent des navires sont expédiés ou sur lest , ou n'ayant point leur cargaison complète.
Les voyages d'un même navire caboteur sont d'autant plus fréquens que les distances qu'il parcourt sont plus rapprochées ; il est tel de ces navires qui ne fait qu'un voyage par an ; tel autre en fait 20 à 30.
Les navires armés dans les ports de l'Océan ^ pour la pêche de la morue , figurent annuellement sur les états de navigation pour deux voyages , s'ils ne font point leur retour dans leur port d'armement , et pour un seulement s'ils font leur retour dans ce port. Dans le premier cas , ils sont présentés comme revenant de la grande pêche , puis comme ayant fait un voyage de cabotage ; car généralement tous ces navires chargent au lieu de leur retour des produits pour leur port d'armement- Dans le cas contraire , c'està-dire , s'ils font leur retour direct au port d'armement, ils ne sont
(1) Voir pour 1792, le premier volume, page 106.
(2) Ces chiffres sont cenx de 1825 à 1330; en 1840 , le mouTement général du cabotage , en France a été de 85,978 navires , jaugeant 2,314,735 tx. , et montés par 331,874 marins. Cette navigation s'est répartie entre le grand et le petit cabotage pour le nombre des navires dans la proportion ci-aprés: 1 pour cent pour le premier, 99 pour le second. Marseille entre dans ce mouvement pour 3^262 navires , jaugeant 197,378 tx. , montés par 17;566 marins et chargés de 164,693 tonnes de marchandises.
(3) En 1840, la part de Marseille dans le cabotage de la France , est de 9 centièmes pour les marchandises repwes, et de 7 centièmes pour les marchandises expédiées.
repris que pour un voyage à la grande pêche. Cette espèce de navires est celle qui présente le moins de doubles emplois.
Celte navigation est protégée en France par l'exclusion des navires étrangers , sauf les espagnols , par le peu d'élévation du droit de tonnage sur les navires français au-dessus de 30 tonneaux, et par l'exemption de ce même droit sur les navires au-dessous de ce tonnage.