‹ Essai sur le commerce de Marseille, ouvrage couronné en 1833 par la Commission chargée de décerner le prix fondé par le baron Félix de Beaujour. 2. éd., augm. et continuée jusqu'en 1841Chapitre 3 sur 181 · Tome III · texte numérisé non relu

Tome III

è cette paix fatale qui devait entraîner la ruine du commerce Britannique , et quelques années après , la même ville demandait Fauiorisation de creuser de nouveaux bassins pour ses navires , dont le nombre avait doublé par suite de ses rapports avec les Etats-Unis (1).

On a parlé de l'importance que l'Angleterre attache à la possession de ses colonies et des sacrifices qu'elle s'impose pour leur assurer le monopole de sa consommation. Mais quelle différence entre sa situation et la nôtre ! Pour elle , les colonies sont un vaste marché peuplé de 118 millions de consommateurs (2). Pour nous , au contraire, pour un royaume de 34 millions d'habitans , que sont 371,000 individus qui vivent dans nos colonies ?

Néanmoins , je le répète , je suis loin de méconnaître les avantages que le commerce national trouve dans ses rapports avec les colonies. On ne devrait renoncer à ces avantages qu'avec la certitude d'en trouver de plus grands ailleurs. En l'état, il faut songer à les accroître , et je crois que des modifications sagement libérales et progressives atteindraient ce but. Je les indiquerai dans le résumé de ce chapitre.

S II. — MARTINIQCE.

Son commerce xivec la France et avec Marseille pendant le dernier siècle — De 1828 à 1841.— Principaux articles importés et exporiés. — Régiemens.

La Martinique est admirablement située pour servir d'entrepôt au commerce français dans le golfe du Mexique ; la baie de Fort- Royal est l'une des plus belles stations militaires des Antilles.

Voici un aperçu de son commerce depuis le dernier siècle :

Marchandises importées delà Martinique en 1775.

A Marseille En France.

Sucre brut tête et terré. . • . . , 4,058,811 kil. 12,221,929 kil.

Café • • 1,189,285 » 4,844,485»

Indigo 2,583 » 57,354»

Cacao 351,318 » 432,832»

(1) Blanqui , Histoire de l'économie politique, tome 1, page 348.

(2) Et cependant le dernier cabinet wigh n'a pas craint de proposer au Parlement , en 1841 , de réduire de 63 shellings à 3C , la surtaxe snr le sucre étranger, tout en maintenant à 24 shellings la taxe sur le sucre colonial. Cette motion a été rejelée par l'influence des tories.

à Marseille. en France.

Cotons 50,147 » 550,620 »

Cuirs 47 p«^ 919 p"'

Carret 258 ki). 1,455 kil.

Canëfice 95,882 » 98,318 »

Bois... ..• — 6,250 »

Les articles d'exportation étaient à peu près les mêmes qu'aujourd'hui.

La valeur des importations de la Martinique en France, pendant l'année 1775 , fut de 18,241,312, fr. En 1792, de 62,834,000 liv., et les exportations de France, de 14,745,000 liv. (1).

Depuis 1828 le montant des transactions entre la France et la Martinique est ainsi qu'il suit ; (y compris le numéraire) :

Importations Exportations

en France. de France.

1828 20,999,677 fr. 19,921,447 fr.

La Martininique a expédié, en 1831 et 1840 les articles suivans :

Sucre terré 4 21,284 kll. 4,638

Sucre brut 27,846,212 » 22,401,158

Café- , 379,804 » 422.371

Cacao 121,616 * 149,851

Tafia 110,164 » 193,363

Sirop ou mélasse 5,727,524 » 3,575

On voit, par la comparaison de ces chiffres avec ceux de 1775, que la culture du café a été considérablement réduite à la Marti-

(1) Bulletin des douanes , page 3'IQ. Le prix des denrées coloniales était alors très élevé.

nique ; celle du sucre , au contraire , a reçu un grand accroissement. C'est le résultat de la protection exclusive dont ce produit a été l'objet en France.

Navigation entre la France et la Martinique.

ENTRÉES EN FRANCE

SORTIES DE FRANCE. 1

ANNÉES

Nombre

Nombre

Nombre

Nombre

des

Tonnage.

des

des

Tonnage.

des

navires.

hommes.

Navires.

hommes.

En 1834 , et de 1837 à 1840 , le mouvement de la navigation entre la Martinique et les porls de France , a été ainsi qu'il suit :

PORTS

NAVIRES

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