HÉRAULT
Cette nous envoie une infinité de produits bruts et fabriqués du Languedoc , principalement des vins et eaux-de-vie.
Ce port mérite une attention spéciale. Il n'a cessé de faire les plus grands efforts pour enlever à Marseille une partie de son commerce. A chaque session législative, un député de l'Hérault monte à la tribune pour déclamer contre la franchise du droit de tonnage dont jouissent à Marseille les navires étrangers , et contre l'abolition de la surtaxe de navigation relative aux marchandises imposées à moins de 15 fr. les 100 kil.
M. Magnier de Maisonneuve a parfaitement répondu en prouvant que ces exceptions n'avaient pas été accordées et maintenues en vue de l'intérêt de Marseille , mais en vue de l'intérêt général de la France.
Cette jalousie date de loin. J'ai dit dans le premier volume les efforts constans de la province du Languedoc , au moyen-âge et dans les siècles suivans, pour disputer à Marseille le commerce de la Méditerranée. En 1713, le syndic général de cette province présenta à monseigneur Desmarets , contrôleur-général des finances , une demande tendante à obtenir la franchise du port de Celte et la faculté d'y faire le commerce du Levant. Cette demande fut rejetée comme contraire au bien du commerce général etàVintérest de V Estât (l).
En 1720 , pendant que la peste ravageait Marseille, Celte fut plus heureuse , elle obtint un arrêt du conseil du 18 mars 1721 , qui lui permit de faire le commerce du Levant ; mais celle permission fut bientôt révoquée par un auire arrêt du 31 mai 1723.
Nous avons vu quelle part active et importante Celte prend au cabotage de l'Océan ; voici le résumé de son mouvement commercial dans la Méditerranée.
(1) Registre des déiib. de la Chambre de commerce de Marseille , n. 6, p.
Cabotage de Celte avec les ports français de la Méditerranée.
Eutrée à Cette. Sortie de Celle.
Le principal objet de l'exportation de Cette est le vin ; cependant dans les expéditions de ce liquide faites par voie de petit cabotage dans la Méditerannée ,elle ne figure en 1840 que pour 21 pourVo , et Bandol pour 25. Il n'en est pas de même au grand cabotage. Elle entre pour 74 pour % dans les envois de vins de la Méditerranée à l'Océan ; Marseille pour 10 ; Port-Vendres pour 10.
Le commerce de Cette avec l'étranger, quoique en rapide progression, est moins considérable . On peut en juger par le produit de ses douanes, qui a été en 1833 de 45,589 fr. — En 1834 de 50,923 fr. — En 1835 de 45,598 fr. — En 1836 de 57,182 fr. — En 1837 de 67,761.
En 1840 de 819,981, — et en 1841 de 762,268. Voici le mouvement de sa navigation avec l'étranger de 1837 à 1840 :
Navigation faite concurremment avec l'étranger dans le port de Cette.
ANNÉES
NAVIRES FRANÇAIS