‹ Essai sur le commerce de Marseille, ouvrage couronné en 1833 par la Commission chargée de décerner le prix fondé par le baron Félix de Beaujour. 2. éd., augm. et continuée jusqu'en 1841Chapitre 36 sur 181 · HÉRAULT · texte numérisé non relu

HÉRAULT

Cette nous envoie une infinité de produits bruts et fabriqués du Languedoc , principalement des vins et eaux-de-vie.

Ce port mérite une attention spéciale. Il n'a cessé de faire les plus grands efforts pour enlever à Marseille une partie de son commerce. A chaque session législative, un député de l'Hérault monte à la tribune pour déclamer contre la franchise du droit de tonnage dont jouissent à Marseille les navires étrangers , et contre l'abolition de la surtaxe de navigation relative aux marchandises imposées à moins de 15 fr. les 100 kil.

M. Magnier de Maisonneuve a parfaitement répondu en prouvant que ces exceptions n'avaient pas été accordées et maintenues en vue de l'intérêt de Marseille , mais en vue de l'intérêt général de la France.

Cette jalousie date de loin. J'ai dit dans le premier volume les efforts constans de la province du Languedoc , au moyen-âge et dans les siècles suivans, pour disputer à Marseille le commerce de la Méditerranée. En 1713, le syndic général de cette province présenta à monseigneur Desmarets , contrôleur-général des finances , une demande tendante à obtenir la franchise du port de Celte et la faculté d'y faire le commerce du Levant. Cette demande fut rejetée comme contraire au bien du commerce général etàVintérest de V Estât (l).

En 1720 , pendant que la peste ravageait Marseille, Celte fut plus heureuse , elle obtint un arrêt du conseil du 18 mars 1721 , qui lui permit de faire le commerce du Levant ; mais celle permission fut bientôt révoquée par un auire arrêt du 31 mai 1723.

Nous avons vu quelle part active et importante Celte prend au cabotage de l'Océan ; voici le résumé de son mouvement commercial dans la Méditerranée.

(1) Registre des déiib. de la Chambre de commerce de Marseille , n. 6, p.

Cabotage de Celte avec les ports français de la Méditerranée.

Eutrée à Cette. Sortie de Celle.

Le principal objet de l'exportation de Cette est le vin ; cependant dans les expéditions de ce liquide faites par voie de petit cabotage dans la Méditerannée ,elle ne figure en 1840 que pour 21 pourVo , et Bandol pour 25. Il n'en est pas de même au grand cabotage. Elle entre pour 74 pour % dans les envois de vins de la Méditerranée à l'Océan ; Marseille pour 10 ; Port-Vendres pour 10.

Le commerce de Cette avec l'étranger, quoique en rapide progression, est moins considérable . On peut en juger par le produit de ses douanes, qui a été en 1833 de 45,589 fr. — En 1834 de 50,923 fr. — En 1835 de 45,598 fr. — En 1836 de 57,182 fr. — En 1837 de 67,761.

En 1840 de 819,981, — et en 1841 de 762,268. Voici le mouvement de sa navigation avec l'étranger de 1837 à 1840 :

Navigation faite concurremment avec l'étranger dans le port de Cette.

ANNÉES

NAVIRES FRANÇAIS

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