FABRIQUES DE CHAPEAUX
Etat de cette industrie en 1789. —En l'an xii . — En 1830. — En 1842.
En 1789 , cette fabrication occupait 800 ouvriers et 400 ouvrières. Le nombre des fabriques était d'environ 60. Elles confectionnaient annuellement 360,000 chapeaux, représentant une valeur de 2,900,000 fr.
Le principal débouché de ces fabriques était dans nos colonies, et surtout à Saint-Domingue, d'où on répandait ces produits dans les colonies espagnoles.
En l'an xii , la consommation bornée à la localité , n'alimentait plus à Marseille que 9 fabriques de chapeaux, occupant l'une dans l'autre chacune 6 à 8 ouvriers , ce qui en totalité en élevait le nombre à environ 60 ou 70 , auxquels il faut ajouter une cinquante d'ouvrières.
En 1830, Marseille avoit 22 fabriques de chapeaux .
On lit ce qui suit dans la Statistique des Bouches-du-Rhône sur cette industrie :
<c La Restauration semblait devoir rouvrir au commerce des sources de prospérité. Cependant ces espérances ne furent pas en entier réalisées. La Révolution avait lancé sur tous les points d\x globe, les hommes les plus industriels de la France.
(1) Moniteur du 30 septembre 1806.
» L'étranger se trouva en possession de nos procédés et nous ne trouvâmes partout qu'une concurrence difficile à vaincre.
» Ces difficultés ont tourné à l'avantage de notre fabrication. La chapellerie de Marseille a acquis un très haut degré de perfection et une préférence exclusive aux Colonies étrangères; mais après avoir, par ses efforts vers la pertection, réussi a atténuer les effets de la concurrence , elle ne pourra manquer de succomber tôt ou tard sous les droits ruineux auquels elle est imposée dans les pays étrangers.
» En 1820, une trentaine de fabriques de chapeaux de toute classe existaient à Marseille et employaient 200 ouvriers fouleurs, qui confectionnaient annuellement 120,000 chapeaux , pour une valeur de 1,200,000 fr. , dont un tiers pour l'exportation et deux tiers pour la consommation de la localité et de l'intérieur.
» Depuis cette époque les mêmes causes agissant toujours et se développant avec une progression toujours croissante , la fabrication a encore diminué. L'usage des casquettes et des chapeaux de paille qui s'étend de plus en plus, soit en France, soit dans les colonies , nuit aux feutres.
» Des fabrique sont établies partout. L'émancipation des états de l'Amérique du Sud s'est faite au profit des États-Unis , qui , dans huit jours, sont au courant des besoins de ces contrées , et peuvent les approvisionner dans le même espace de temps. Les fabricans doivent donc diminuer tous les jours leurs exportations , malgré la haute perfection de leurs produits, et ne voient d'espoir de relever cette fabrication que dans des traités qui porteraient les puissances étrangères à diminuer les droits imposés aux chapeaux français , ou dans une prime accordée à la sortie. »
Voici , d'après les états de douane, le nombre de chapeaux exportés de Marseille de 1826 à 1830 :
1826 51,969 chapeaux fins 8,613 communs.
Depuis que les peluches de soie ont remplacé , en partie , les feutres dans la chapellerie et ont permis de diminuer le prix des chapeaux, cette fabrication a repris quelque activité à Marseille. On y compte trente fabriques de chapeaux occupant 600 ouvriers des deux sexes.