S IL — PAPETERIES
Nombre des papeteries en Provence en 1727.— Réglemens. — Situation actuelle de cette industrie. — Exportation.
Le papier formait autrefois une des principales branches de nos exportations en Levant. On comptait en 1727, en Provence , 56 papeteries , savoir : 1 à Sisteron. — 2 à Moustiers. — 2 à Baudun. — 3 à Varages. — 2 à Pélissane. — 2 à Jouques. — 2 à Meyrargues. — 3 à Pignan. — 3 àSolliés. — 5 à Belgencier. — 3 à Méounes. — 3 à Brignoles. — 5 à Auriol. — 2 à-Boquevaire.
— 4 à Gémenos. — 2 à Aubagne. — 2 à) la Penne. — 1 à Barjols. — 1 à Cadenet. — 1 au Bar. — là Cuers. — 1 à Signe.
— 1 à Sainl-Zacharie. — 4 à Saint-Marcel (Marseille) (1).
Une surveillance sévère était exercée sur les papiers expédiés à l'étranger. Les négocians eux-mêmes veillaient à la stricte exécucution des réglemens.
Le 17 juin 1658, le Premier-Consul, Lazare de Vento-Labaume, président de la chambre de commerce, lui fesait part des plaintes de divers négocians au sujet « du grand abus qu'il y avoit au com- « merce des papiers qu'on envoyoit en Levant, en ce que, ancien- » neraent la main estoit de 25 feuilles, et par une mauvaise tolé- » rance ceux qui les fabriquoient ne composoient la main, depuis » quelque temps, que de 24. Mainienijnt , ajoutait le président, » comme ils ont vu que celte tromperie leur a esté tolérée , ils en » commettent une plus grande et ne composent les dites mains que » de 23 feuilles , de sorte que si le bureau ne remédie au désor- » dre, on ruinera ce commerce en Levant tout de même qu'à esté » fait celui de la draperie (2), outre que cela cause de grandes » pertes aux particuliers en ce que les Turcs , Mores et Juifs qui » achètent les dits papiers en Levant, font des avances aux ven- » deurs et cela pourroit mesme causer la ruine de quelques- uns. . . » Sur quoy a esté résolu que dorénavant, les mains de papiers qui » se vendront en cette ville, seront toutes composées de 25 feuil- » les la main.. . . à peine de confiscation et d'amende, applicable » aux hospices Saint-Esprit , Notre-Dame-de-la-Charité , ete. »
Cette surveillance sévère , ces restrictions rigoureuses paraissaient dims le siècle suivant fort onéreuses et nuisibles au cemmerce. Nous voyons dans les archives de la chumbre, qu'en 1740 elle réclamait un peu plus de liberté. Après avoir démontré l'impossibilité matérielle de vérifier dans le bureau institué à cet effet, toutes les mains des 4,000 ballons de 24 rames chacun , expédiés
(1) Registre des délib. de la Chambre de Commerce, no 10, page 2U.
(2) Il est dit en effet, dans le procès verbal du même bureau , que les draperies exportées de Marseille n'avaient plus de courS en Levant, et que presque personne n'en portait plus à cause de deux abus : lo mauvaises teintures qu'on faisait en cette ville; au bout de quatre ou cinq jours ils changeaient de couleur et déteignaient sur le linge ; 2o on mesurait, à Marseille , le drap par la lisière au lieu de le mesurer par le dos , et lorsqu'on le vendait en Levant il y avait 10 pour cent de manquement de mesure. De sorte , dit le procès verbal, que le commerce des draps audit pays est entièrement anéanti .
chaque année (l), elle ajoutait: « La chambre supplie de consi- » dérer qu'une manufacture dont on veut introduire la consom- » mation à l'étranger ne doit pas être d'une valeur plus haute que
» celle de même qualité que nos voisins y portent et que si
» nous ne pouvons donner les nôtres au même prix qu'ils vendent » les leurs , on en fera la consommation au détriment des nô- D très (2). »
Les progrès des papeteries d'Annonay nuisirent aux fabriques de la Provence, dont le nombre est aujourd'hui réduit à 24.
Depuis peu d'années MM. Redortier etD ont établi à Méounes une manufacture qui par la beauté des produits et la perfection des machines, rivalise avec les plus beaux établissemens d'Annonay. Bien qu'elle ait été fondée avec des capitaux marseillais et que le siège de sa consommation soit à Marseille , nous ne ferons pas entrer les valeurs de sa production dans nos calculs restreints au travail industriel qui s'opère dans l'enceinte de notre commune.
Sur 13 papeteries qui sont dans le déparlement, Marseille n'en a que 3 en activité ; elles sont bornées à la fabrication des papiers communs et d'enveloppe. Elles occupent seulement 20 ouvriers des deux sexes. Leur production jointe à celle de 8 fabriques de cartons, qui emploient 18 ouvriers, peut-être évaluée à 140,000 fr.
Voici l'état de l'exportation du papier par le port de Marseille :
pap
d'env(
îloppe, 3,841