‹ Essai sur le commerce de Marseille, ouvrage couronné en 1833 par la Commission chargée de décerner le prix fondé par le baron Félix de Beaujour. 2. éd., augm. et continuée jusqu'en 1841Chapitre 8 sur 181 · Tome III · texte numérisé non relu

Tome III

de cuivre. Il a de plus payé 500 piastres pour visite d'amirauté , frais de port , notaire , etc.

Le conseil municipal de Saint-Paul a recherché les moyens d'obvier à ces graves inconvéniens. Les ressources de chaque localité ont été éiudices avec zèle, interrogées avec persévérance- On a trouvé à SainL-Giiies un bassin de grande dimension qui , au moyen de deux môles et d'un déblaiementdela passe, offrirait par sa situation un bon point de relâche et un lieu commode de carénage. Le conseil municipal délibéra en 1834 l'exécution de cet utile projet. Il vola 50,000 fr. et 30,000 journées de noirs.

Il est à désirer dans l'intérêt du commerce maritime que le gouvernem<'nt favorise et seconde cette utile entreprise.

Les bi'ise-laraes flottant inventés par le capitaine Tayler en faciliteront sans doute la réalisation.

L'île Bourbon a été le théâtre d'une innovation qui peut avoir une grande influence sur l'avenir colonial : M. Vincent, planteur de cette colonie , eut l'heureuse idée* d'appliquer à ses sucres les appareils perfectionnés employés pour le sucre de betterave. Il commença le 1" octobre 183$ , à fabriquer par les nouveaux procédés. Leur application lui p(Tmit de retirer du Vesou um^ quantiié de sucre surpassant de 30 à 40 p. «/o la moyenne dès produits prccédemmcni obtenus. Un autre résultat s'en est suivi : M. Vincent ne irouvani pas sur ses propres habitations de quoi alimenter la puissance industrielle de ses machines , prit le parti d'acheter les cannes de ses voisins. C'est le pnjmier exemple, aux colonies , d'une division établie entre l'agriculiure et l'industrie , jusques là jréunies dans les mêmes mains et soulTrant toutes deux de cette réunion.

M. Daubrée s'appuyant sur l'exemple de M. Vincent, a proposé d'introduire généralement aux colonies la division du travail. C'est le seul moyen de les régénérer ; les colons n'ont pas les capitaux nécessaires pour mettre leur indusirie au niveau de la science. Si on établissait une usine par groupe de cinq ou six habiiaiions, les iivances à faire seraient peu considérables; les capitaux de la métropole viendraient en aide à une réforme qui pourrait tripler <2n peu d'années les produits de la fabrication coloniale ei augmenter dans la même proportion le mouvement commercial et maritime auquel elle sert de base. Alors , les planteurs n'ayant plus à s'occuper que de la culture, y consacreraient tous leurs «oins, et l'industrie opérant sur une grande échelle appellerait à

son aide les ingénieurs ei les appareils perfectionnés de la métropole , toutes les ressources enfin , tant en personnel qu'en matériel, interdites aujourd'hui aux colonies obérées (1).

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