‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 1 sur 197 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Les ouvrages du comte de Gaylus lui ont attiré dans le public deux sortes de réputation : pour les uns, antiquaire suranné; pour les autres, auteur fécond de livres frivoles, précurseur de la littérature poissarde. Ces deux réputations, qu'on ne peut pas appeler la bonne et la mauvaise, mais la mauvaise et la pire, ne sont pas entièrement imméritées. Gaylus les a justifiées, en partie par ses écrits, en partie par son dédain pour l'opinion, qu'il n'a jamais pris soin de détromper. En quoi il a eu tort, ou plutôt il a fîiit tort à sa mémoire. Depuis qu'on ne le lit plus, ses écrits ne plaident plus pour lui contre cette double et fausse accusation. En réalité, il vaut mieux que sa renommée. Cet homme qui passe vulgairement pour un pédant ou un licencieux, eut^'du savoir, du sérieux, des idées, et les études où il s'est complu ont depuis porté sa marque. Mais qui donc aujourd'hui, sinon de rares curieux, sait reconnaître les services qu'il a rendus à l'art et à la science de son temps?

Si de l'œuvre on passe à l'homme^ même contradiction dans les jugements. C'est, d'un côté, l'éloge ponipeux

Page 1