Mot de Benoît XIV à Paciaudi
lions une dissertation en latin sur la colonne Nani, et Le Beau lui adresse, au nom du corps savant, une lettre dans la même langue, complimenteuse et légèrement ironique \ Mais c'est autour des fouilles nouvelles d'Iierculanum que l'ancienne érudition va, qu'on nous passe le mot, tirer son feu d'artifice, à l'applaudissement du vulgaire, aux rires des gens d'esprit. En France, où un fort parti de lettrés avait toujours affecté de mépriser les gens à dissertations, il y avait dans ces excès une modération relative. De l'autre côté des Alpes, les savants entendaient moins raillerie, et relevaient parfois le gant, rendant aux rieurs sarcasmes pour sarcasmes. Rien de plus édifiant à ce sujet que la ])réface des Monumenta Pelopomiesiaca ^ Les érudits d'autrefois, pour la défense desquels le P. Paciaudi s'arme de pied en cap, y sont définis avec une rare candeur : Tanto minus argumentationi . . . IrUmunt, (juanto plus laboris v/f/iliceque interponunt ; qui, ingenio plus setiuo i^idulr/entes, qucv desperatissima erant aUiue ah hominum captu remota expiicare afp^essi, rem omnem frivolis suhtilitatihus, amhif/uis interpretanientis, testiinoni is lo7ir/issi)?ie accitis sic implicarunt, ut illorum dictis tantum credendum sit, quantum somniantium visis '\ A ce portrait injurieux, que Paciaudi place dans la bouche de ses détracteurs, le bon tliéatin oppose celui du vrai saAant, c'est-à-dire du savant selon son cœur. Hélas! il est à craindre qu'il ne diffère pas sensiblement du premier. Et il a beau s'écrier, dans un noble et dédaigneux langage : Desinant errjo Jemssimi quidam nostrx hujus œtatis ardeliones adolescentihus imponere, atque ah hisce nostris eruditis investifjationihus prohihere, perinde atque ni h il suhsit utilitatis \ tout chez lui, jus-