Rec, I, iij
L'interprétation des détails, leur caractère accidentel ou permanent, ne sont pas l'objet de réflexions moins judicieuses. « Dans les détails, il ne peut y avoir ni de règle ni d'exception constante \ » C'est affaire de tact que de juger ce qui est négligeable, et ce qui est au contraire un indice révélateur ^ Enfin, dans les cas difficiles, la démonstration peut se faire par une série d'expériences. Voici un morceau qui prouverait que les anciens connaissaient la peinture entre deux verres. Comment restituer le procédé? Les textes sont muets, l'objet peu propre à l'analyse. Caylus n'est pas embarrassé : « On ne me croirait pas, si je disais : Elle est faite de telle façon. Je la cherche, je la trouve. Alors je dis : Je l'ai faite par ce moyen. Alors ils disent : Puisqu'un tel l'a faite, les anciens l'ont pratiquée, etc. Voilà ma confession ^ » Nous tenons bien, en effet, la « confession » de Caylus dans ces divers passages, et surtout dans les derniers, si décisifs. Etude extérieure et description exacte de l'objet; jugement par comparaison, hypothèses reposant sur des faits prouvés en attendant que d'autres faits nouveaux les viennent corriger, expérience appelée au secours de la démonstration, toute la méthode enfin offre la ressemblance la plus frappante avec celle des sciences. Ce n'est pas nous, c'est Caylus lui-même qui compare l'antiquaire au physicien, dès la première page de son premier volume : vue originale, en ce qu'elle assimile les productions de l'art à des phénomènes naturels dont les causes, les rapports, les lois enfin, peuvent être rigoureusement déterminés par l'analyse. Disons-le hardiment : c'est une science nouvelle dont il jette les bases, science com-