‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 152 sur 197 · L. II · texte numérisé non relu

L. II

quaires se gardent de négliger une telle sonrce d'informations : « réclaircissement d'nne difficulté historique dépend peut-être d'un fragment d'antiquité qu'ils ont entre les mains * ».

Dans cet infime canton des beaux-arts, il est curieux de voir Gaylus à l'œuvre. Volontairement il a descendu les divers degrés de l'art, pour s'arrêter au dernier dans l'ordre du mérite, au premier dans Tordre de la création. Le voilà tout au bas de l'échelle, encombré d'échantillons bizarres, hétérogènes , innommés et à première vue innommables. Il parviendra pourtant à les reconnaître, à les distinguer, à les classer. Gomment? Par la méthode expérimentale. Le terme de laboratoire, par lequel nous avons déjà désigné le cabinet de Gaylus, définit mieux que tout autre le caractère franchement scientifique de sa recherche. G'est d'abord l'examen, l'inspection minutieuse de l'objet sous toutes ses faces, dans tous ses recoins, jusqu'à ce qu'il ait dit à quoi il est bon : exercice de patience excellent pour former l'œil et ouvrir l'esprit à la réflexion. « Vous ne sauriez croire quelle est la ressource d'un songe-creux et d'un ermite qui regarde un objet sans distraction, et qui enfm ne le quitte qu'après s'être persuadé ([u'il en a connu l'usage ^ )) G'est ensuite, dans les cas douteux, la comparaison attentive, qui permet de conclure par induction ou par analogie. « L'inspection de plusieurs monuments rapprochés avec soin en découvre l'usage, comme l'examen de plusieurs effets de la nature, combinés avec ordre, en découvre le principe : et telle est la bonté de cette méthode, que la meilleure façon de convaincre d'erreur l'antiquaire et le physicien , c'est d'opposer au premier de nouveaux monuments, et au second de nouvelles expériences ^ »

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