‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 157 sur 197 · Cor/\, lettre XII · texte numérisé non relu

Cor/\, lettre XII

3. Il le compare au personnage d'Horace qui incedit pcr ignés suppositos cineri doloso.

sont moins brillantes que les systèmes; mais elles servent au moins à fixer l'attention de celui qui veut étudier, et à lui donner les moyens d'employer la comparaison des détails, et d'aller plus loin que celui qui les présente \ » Cette belle définition répond bien à l'usage qu'a su faire Caylus de la description. S'il a beaucoup décrit, c'est que Fon ignorait beaucoup de son temps; mais s'il a souvent vu le vrai, ou s'il a été aidé d'autres à le voir, c'est aussi que l'habitude de la description avait accoutumé ses yeux à distinguer dans la pénombre. Entre ses mains, ce procédé devient un outil, un élément de découverte. On n'a pour s'en convaincre qu'à parcourir les cent énormes pages qu'il consacre à cette Table isiaque ^ où tout pour lui est ténèbres. Quelle conscience, quelle foi dans l'avenir de la science ne fallait-il pas pour s'astreindre à pareil labeur! Quel art aussi pour le soutenir! Car c'en est un, et non des moindres, que de montrer nettement h des yeux étrangers ce que n'expliquent pas les vôtres. La description méthodique et précise, telle que Caylus l'a créée, est restée la pierre de touche des savants, et nul n'y a excellé qui ne fût déjà un maître en son art.

Cependant il n'est interprétation ou description si excellente que de bons textes ne fortifient. Comme les questions de matière rejetaient naguère Caylus sur l'histoire, celles de forme et d'usage le renvoient à l'étude des moeurs, des religions, des institutions. Le champ de travail s'élargit autour de lui, dans divers sens, mais régulièrement. Les monuments eux-mêmes faisant le centre de son étude, il ne pousse sa pointe en dehors d'eux que dans les directions strictement nécessaires. Tout converge vers l'objet principal : au lieu de le noyer sous un fatras de citations, l'au-

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