Description des vases peints de la. collection Hamilton
5. Le nom de Caylus, mort sur ces entrefaites, revient souvent dans les derniers volumes de l'oTivrage de d'Hancarville, accompagné des éloges les plus enthousiastes, et parfois les plus amphigouriques.
accidents. Le Recueil offre en ce genre des modèles qui n'ont pas été dépassés. Pas de trou, de moulure, de saillie, qui ne soit un indice. Que d'erreurs d'interprétation ainsi dénoncées par la présence d'un seul détail jusqu'alors inaperçu ! Quoi de plus naturel, au reste, que de demander à l'objet lui-même sa destination ? Montfaucon nous en présente un qu'il baptise du nom de van, vamius lacchi. Làdessus, il lâche la bride de son érudition. Nous voyons qu'il connaît très bien les textes où il est parlé de van, mais nous ne voyons pas que son prétendu van en soit nécessairement un. Caylus ne court pas à sa bibliothèque : il prend l'objet, le retourne, le palpe, se demande à quoi il peut servir, et finalement déclare que ce n'est pas un van \
Enfin lorsque l'objet ne révèle rien sur son origine ou sur son usage, que faire? Deux méthodes seulement avaient été jusque-là employées : ou « lire tout ce qui a été écrit sur la matière et voir ce qu'on peut dire de nouveau », — ou interpréter sans preuves et hasarder des conjectures. Trop peu savant (ce sont ses termes) pour adopter l'une, et trop prudent pour pratiquer l'autre, Caylus se tire de ce mauvais pas par une a exacte description ^ », sorte d'échappatoire si l'on veut, à moins qu'on n'y voie une réserve très scientifique. Winckelmann a beau l'en railler spirituellement et ne voir qu'ignorance dans cet étalage de précautions ^, on peut trouver aussi que Caylus a donné un bel exemple de modestie, et que son doute est souvent instructif. Les lignes suivantes ne sont pas plus d'un ignorant que d'un charlatan : « Je ne me flatte assurément pas d'éclairer un pareil monument; je tente une autre voie, et je me renferme uniquement dans les descriptions. Elles